We feed the World – le marché de la faim. Film autrichien d’Erwin Wagenhofer. 2005. Site web, fiche sur Allociné. Un bon petit documentaire qui m’a fait penser à The Big One, du très vilain (il est moche quoi!) Michael Moore. Il s’agit ici des scandales et absurdités de l’agro-alimentaire mondial. On commence en Autriche, avec les surplus quotidiens de pain qui finissent dans un camion puis un hangar, on passe ensuite en France, à Concarneau, où l’on voit la différence entre le « bon pêcheur » (artisanal) et le « mauvais pêcheur » (industriel), les différences entre le bon poisson et le mauvais poisson. C’est plutôt intéressant. Puis on voyage au Brésil, où la forêt vierge est attaquée pour faire pousser du soja. Ce soja sert à nourrir les bestioles en batteries dans le reste du monde, alors que les pauvres paysans brésiliens meurent de faim. Petit détour par la Roumanie, deuxième terre agricole en Europe après la France. En compagnie d’un responsable de Pioneer (pas les chaines hifi, le leader mondial des semences), on voit travailler les paysans roumains à l’ancienne. Le gars de Pioneer avoue qu’il préfère les aubergines moches mais naturelles, qui ont plus de goût que les aubergines très esthétiques mais insipides, obtenues à partir de graines de synthèse. On termine par une usine super moderne de volailles (poulets dégueus). En voyant à quel degré la chaîne est déshumanisé et mécanisée/automatisée (de l’obtention des oeufs fécondés) à l’abattage de la bestiole, j’ai pensé à la redoutable efficacité germanique, et aux chambres à gaz aussi. De l’industrie de masse quoi. Zoom sur le sud de l’Espagne avec ses serres qui produisent des légumes élevés hors sol et emploient des Africains dont les frères, restés au pays, sont victimes du système : puisque des légumes européens sont vendus moins chers à Dakar que des légumes produits localement. Ces légumes voyagent d’ailleurs pas mal (en camion) : vivement la taxe carbone sur ces saloperies, ça augmentera leur prix et réajustera la balance en faveur des produits locaux et régionaux. Pour finir, visite du siège de Nestlé et interview de son PDG, Peter Brabeck, qui explique pourquoi il faut payer pour avoir de l’eau. Cela m’a fait penser au compteur à air et j’ai eu envie d’acheter des actions Nestlé! Tout ça a été entrecoupé d’interventions de Jean Ziegler, qui apporte des précisions et des compléments. J’ai bien aimé et appris pas mal de choses. Ce film dénonce les inepties des politiques agricoles dans les pays développées et les biais engendrés par les subventions à ce secteur. Il y aurait de quoi nourrir 12 milliards de personnes, pourtant beaucoup (trop?) de monde meurt de faim tous les jours (pas dans les pays développés, of course). Parti pris, bien sur, ce n’est pas un problème simple, mais veut-on vraiment une solution? La partie « bons produits », sur les légumes et le poisson est vraiment très bien, pour le reste, bof…
Rédigé par chrisos
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