Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés…

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20070707 Fines gueules Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés... (ChrisoScope)

Les Fines Gueules, bar, bistrot gastro. 7/7.
43 rue Croix des Petits Champs (croisement rue de la Vrillière), 75 001 Paris.
Tél. : 01 42 61 35 51. Site Web.

Encore un restaurant ouvert début 2007. Je passe souvent dans le coin, et j’ai tenté d’y aller un groupe, le week end, à l’improviste. À chaque fois c’était plein. Resto samedi soir avec Anne et Michael, Sophie et David, je passe vendredi soir pour réserver pour 5 à 21h. Tiens, le carnet des réservations n’est pas très plein deux-trois autres lignes avant moi, seulement.

Je suis assez d’accord avec l’article de l’Express, mais j’ajouterai qu’il font du name dropping implicite (appeler le boucher par son prénom, par exemple…) . Food Intelligence en a parlé, un visiteur n’a pas été convaincu. Le FigaroScope en fait un des 20 spots de l’éte 2007. John Whiting en parle (en anglais) dans Paris-Bistrots. Avis mitigés sur EGullet. Sur Table à Découvert, Caroline Mignot a trouvé ça très bon.

Arrivé un peu avant 21h, je ne me lasse pas d’admirer ce bel immeuble d’angle. J’entre, dit bonsoir aux personnes au bar et retrouve David et Sophie dans la salle au fond, un peu plus bas. Un couple (la trentaine) vient d’arriver, ils dîneront assez vite. Pas de carte, tout est marqué sur des ardoises, que ce soit les plats ou les vins. Pour attendre et faire arriver Anne et Mike, nous ommandons à notre serveuse de la soirée (35 ans?, brune, un peu maigre, efficace, parfois drôle) une bouteille de blanc, de Saumur (24€, Château Tour Grise, agriculture bio-dynamique), puis une assiette de bulots mayonnaise (8€).

Cela les fait en effet arriver, vers 21h10. Cela commence mal pour Michael, il a horreur des bulots, qui le dégoutent. Heureusement, niveau vin, c’est comme il faut. Moi j’aime beaucoup leur mayonnaise. Nous commandons une grande assiette de charcuterie (17€) : jambons, pâté, saucisson et autres cochonnailles. Très bon, assez varié (mais pourquoi seulement deux cornichons?), avec un peu de beurre et du très bon pain de chez Poujauran.

L’apéro, bulots, charcuterie ayant fait office d’entrées, nous passons tout de suite aux plats : tartare de limousine d’Hugo au couteau, noirmoutiers, salade (16€) pour les femmes. En clair ça donne : Hugo, le boucher (Hugo Desnoyer), limousine, c’est la race de la bestiole, noirmoutiers, c’est une variété de pommes de terre. Les hommes prennent chacun un pigeonneau rôti, salade de charlottes et guéméné (22€). Pigeonneau OK, charlottes : encore des pommes de terre et Guéméné, c’est un endroit où l’on fait (de) l’andouille. Avec une bouteille de Sancerre rouge (30€, Riffault), les autres voulaient un Saint Emilion (29€), mais je ne suis vraiment pas Bordeaux.

Michael ayant son verre à vin vide, il le rince et la serveuse lui fait goûter le vin. Une bouteille juste ouverte, c’est parfois surprenant. Michael est gêné, il demande un autre avis. La serveuse revient et explique que c’est parce que c’est du pinot mais qu’il n’est pas bouchonné. Elle propose de le mettre en carafe. Riche idée. Je le goûte un peu après : je le trouve pas mal du tout. Il ne fera que s’améliorer au cours du repas. Et malgré un début laborieux, j’ai bien aimé (points communs évidents avec le Moussière du Passiflore, mais deux fois moins cher). Les vins commencent à une vingtaine d’euros, il y en a pas mal autour de 30, et certains vont bien plus haut. Bon échantillon des différentes régions vinicoles française (dont Alsace, Jura, Côtes du Rhône, Beaujolais…).

J’ai bien aimé mon pigeonneau (bien rosé, un régal à manger avec les doigts), ainsi que le mix patates, andouille. Pour Michael, hélas, suite des déconvenues : il aurait préféré son pigeonneau plus cuit et n’avait pas percuté que Guéméné = andouille (qu’il n’apprécie pas beaucoup plus que les bulots). Les quatre autres étaient, par contre très contents de leurs plats.
20070707 fines gueules pigeonneau roti Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés... (ChrisoScope)

20070707 fines gueules tartare hugo Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés... (ChrisoScope)

Après quelques carafes d’eau, nous passons au dessert : rien pour les femmes (raisonnables), crumble pommes mousseron (8€) pour David et moi, mousse au chocolat Valrhona (9€) pour Michael. Photos pourries, désolé. Il y avait apparemment de la marmelade d’oranges dans la mousse (et autre chose, je ne sais pas je n’ai pas goûté, du gingembre?).

20070707 fines gueules mousse chocolat valronha Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés... (ChrisoScope)

Le crumble est un faux, mais c’est bon quand même : c’est en fait une compotée de pommes chaude avec des petits morceaux de champignons (mousserons) et quelques noisettes rôties, avec un biscuit façon pâte à crumble dur. Original et pa mal, mais c’était trop chaud au début. Une petite boule de glace vanille aurait été la bienvenue.

20070707 fines gueules crumble pommes mousserons Dîner aux Fines Gueules : pour les initiés... (ChrisoScope)
Bilan : 42€ par personne. 4 personnes sur 5 très satisfaites, Michael dépité (désolé!). Pas si rempli que ça finalement. Dans la petite salle au fond, moins de 50% de taux de remplissage, après le couple qui n’est pas resté longtemps, 3 adultes et un gamin à baffer (que fait un gamin de moins de 7 ans un soir après 23h dans un restaurant?) on pris la table du fond. De bons ingrédients (et du name dropping à la carte), un bon service, une réalisation réussie, c’était bon, pas bouleversant, certes, mais vraiment bien vu et bien fait. Donc globalement bien!

Après ça, un verre au Café Noir (pas de DJ, donc beaucoup plus calme), jusqu’à l’arrivée de deux trous du cul qui ont pris la rue Montmartre, pourtant piétonne, avec un Range Rover et une Porsche, avec bruit de moteur puis exubérance et show off au moment de retrouver leurs « amis », installés à la table à côté de la nôtre. Une vraie caricature, mélange bâtard de latino et de Vérité si je mens. Il y a vraiment des balles perdues qui se perdent.