
At’Tarbouche, restaurant(?) traiteur, spécialités libanaises.
24 rue La Boétie, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 68 01 36.
Les hasards de la marche aléatoire. Pour changer un peu, je remonte la rue Miromesnil, jusqu’au métro éponyme. Tiens, il y a un restaurant libanais ici! Il est plus grand que le snack de la rue de Courcelles (L’Orient des Champs), il y a du monde, essayons. Hélas, à peine entré, j’ai eu envie de partir, mais pour aller où? Allez, passons outre cette première impression. En fait, c’est le présentoir réfrigéré et le micro onde qui m’ont bloqué. Ils font traiteur et on peut manger sur place. Ah, et puis tarbouche, c’est une espèce de chapeau ridicule, un peu comme un fez. Rien de comestible.

Bon, une table est libre mais pas débarrassée, je m’assieds quand même et puis là, pas, j’aperçois Rachid, avec qui j’ai été en classe du collège au Lycée (6e au Bac), que j’avais vu à Manhattan il y a un peu plus de deux ans. Je me lève pour le saluer, il me prend d’abord pour mon frère Laurent (mon nouveau look? plus de cheveux, moins de kilos, barbe de quelques jours?), enfin, quand je lui sors ma carte d’identité, il n’a plus le choix. Nous allons discuté quelques minutes dehors, vu qu’à l’intérieur il y avait pas mal de monde. Pour la petite histoire, un différend nous opposait en Terminale, et j’avais fini par le catcher en lui faisant une prise de soumission, certains camarades m’en parlent encore, c’est pratique quand nous n’avons pas grand chose à nous dire, ces petites anecdotes. Cette fois ci, c’était beaucoup plus cordial, si si, je vous assure. Il m’a même invité à son mariage (au Liban).
Ma table enfin prête, je m’installe, commande une Almaza (bière libanaise de base, 2,5€) et une assiette de chich tawouk (brochette de poulet mariné, sauce à l’ail, taboulé, hommos moutabbal, le tout pour 10€).

Le cadre n’est pas terrible. La serveuse n’est pas méchante, juste débordée. Ma bière arrive peu après, avec du pain. Le chich taouk traine un peu : pourtant, il faut juste mettre les trucs dans l’assiette et faire réchauffer deux brochettes au micro onde… Un serveur me demande, étonné, si mon chich taouk est prêt. Belle inversion des rôles, non? Je lui dis que peut être, mais qu’il n’est pas près de moi en tout cas. Deux minutes après, mon assiette arrive. Entre temps, la table entre la mienne et celle de Rachid et de ses deux collègues se libère, nous discutons un peu à distance. Liban, lycée français, restaurants libanais à Paris : il préfère Naï à Rimal. Je reste calme, pas la peine de lui faire une corde à linge pour ça.

L’assiette arrive, j’ai presque envie de pleurer (non, ce n’est pas l’émotion d’avoir revu un ami de 16-17 ans, dont 8-9 sans réel contact), c’est cette assiette triste, déprimante. Le bois des brochettes est mou! Les morceaux de poulet sont secs, hommos et moutabbal sont mélangés. Taboulé fait avec du gros grain. Et l’ail? Parlons en de l’ail, il m’a pourri toute l’après-midi leur ail. Yalla, avalons cette saleté rapidement, je le savais que ça allait être moyen, ce fut pire.
À côté, une des invitées de Rachid trouve le mouhlabieh (flan libanais parfumé à l’eau de leur d’oranger, à moins que ce ne soit à la rose) dégueu. Vite, payons : 12,5€. La bière n’était pas mal et pas (trop) chère. Et puis j’ai revu un copain d’enfance, on n’a pas tous les jours cette chance. Pour la bouffe, ça ira mieux un autre jour.
Rédigé par chrisos
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