Mini Palais : bien joué!
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Mini Palais, restaurant lounge
avenue Winston Churchill, aile gauche du Grand Palais (entrée au niveau du Pont Alexandre III) 75008 Paris.
Tél. : 01 42 56 42 42. Site Web (éternellement en construction? il fallait aller vers la Tour Saint Jacques!).
Ouvert en juin 2007 (j’aurai aimé écrire au début de l’été 2007, seulement je n’aime pas mentir gratuitement), ce restaurant, powered by Gilles Choukroun, dispose de pas mal d’atouts intrinsèques pour réussir : emplacement, cadre (le Grand Palais, excusez du peu). Bon travail de relations publiques, et profusion de descriptions plus ou moins critiques sur le net : l’internaute (pas mal de détails, et des photos, by Émilie Dupont), Chroniques du Plaisir (très bon podcast, également disponible sur radiocasseroles). Le blog gourmand nous parle de la déco (faute de mieux?)! Pour le FigaroScope, c’était la terrasse 2007.
Alain Fusion m’a habitué à mieux! Sur GogoParis, c’est, également, très factuel. On y a confirmation de l’origine du nom de l’endroit. Mini Palais, contraste avec le Grand Palais, certes, mais surtout affiliation avec Mini, la légendaire marque de petites voitures anglaises passée dans le giron du groupe BMW. Une annonce sans grand intérêt sur Blastblog.
Louise (alaparisienne) a trouvé ça bien, mais cher. Le Fooding karchérise la carte et la Gilles Choukroun attitude, avec une belle chute, « la star, c’est la terrasse ». Que penser de la retenue et des pirouettes de François Simon au sujet de cette adresse? Sur CityVox, le score (3/5) est moyen, à cause du prix et de ce qu’on y mange…
Pas vraiment de consensus, pour une fois. Agacé par la prétention du Café Véry, et après avoir lu quelques critiques je n’étais pas très chaud pour tester le Mini Palais. Pourtant, la veille, au Pavillon Élysée, lorsque ma mère m’a demandé des adresses de restaurants avec terrasse, je n’ai pas longtemps hésité à mettre le Mini Palais en première place des endroits à tester. D’où notre déjeuner de samedi à trois (avec Céline).
Arrivés un peu après 13h20, Céline laisse ses clés et sa voiture au voiturier en T-shirt rouge qui n’a plus de tickets et qui ne lui donne rien en échange… Nous montons les marches, entrons.

Il n’y a personne au premier comptoir. Soit, nous passons devant un mur rempli de compteurs de Mini indiquant l’heure dans de nombreuses grandes villes, un peu partout dans le monde. Ah, c’est pour ça que ce la s’appelle Mini? Soit. Nous allons ensuite à gauche, nous débouchons sur une grande salle, plutôt sombre (d’où photo pourrie).

Bar à droite, jusqu’à la terrasse, quelques grands luminaires. Et puis juste à gauche, un autre comptoir, avec deux serveurs qui discutent en regardant l’écran de leur caisse, sans regarder autour d’eux. De trois, nous passons à une petite dizaine de clients qui attendent, et les deux compères ne semblent pas plus concernés que ça… Soit. Une jeune femme vient alors nous accueillir, nous déclinons notre nom de réservation, elle nous emmène à une table en terrasse. Au passage, les barmen (25-35 ans) nous souhaitent gentiment bonjour. Elle nous installe et nous donne un peu de lecture. Ouf, ça commence moyennement. Heureusement, le cadre est splendide. C’est une terrasse semi ouverte, couverte, comme au Café Marly. Du coup, s’il pleut légèrement, cela reste vivable. Attention au vent par contre! Le samedi, la circulation n’est pas trop bruyante, c’est vraiment agréable et appréciable. Vous aimez la Belle époque qui fait du Classique? Alors venez tout de suite.

Pour une raison que je ne comprends pas, il y a trois cendriers sur notre table (chacun le sien?). Un serveur passe et retourne les deux verres de ma mère (mais pas le mien ni celui de Céline), il retournera les nôtres quelques minutes après! Une fois notre choix fait et la commande passée, on nous apporte du pain (style à l’ancienne, en petite boule, bon) et des petites tranches de pain grillé + dip (caviar d’aubergines ou tapenade, je ne sais plus, mais c’était pas mal).

Une grande bouteille d’Evian (7€, dans ta gueule!), avec à nouveau un contre temps. Le serveur arrive avec deux demi bouteilles, une d’Evian et l’autre de Chateldon. C’est moi qui suis décalé ou quoi? Pour le vin, ce sera un Roc (qui mérite bien son nom), cuvée Don Quichotte (2004, Fronton rouge, Ribes 32 €, marge d’environ x3, classique). Costaud, un peu rude à l’ouverture, beaucoup plus agréable au bout de 40 minutes.

Petit mix-up au moment de nous apporter les entrées (un autre serveur), mais nous obtenons finalement notre club sandwich (herbes, frites, salade, 17€) et le rouleau de printemps (saumon fumé, haricots verts, crème légèrement épicée, 14€). Beaucoup de ressemblance avec la carte du Café Véry, les prix sont plus élevés, mais on dirait que la qualité et la réalisation sont meilleure et plus soignée.

Bonne petite salade verte

C’est joli, assez copieux (deux entrées partagées à trois), et puis c’est plutôt bon. Cela passe très bien avec l’ambiance, effectivement assez orientée fric et chic et plutôt beautiful : pas de gros, très peu de moches, pas de gens plus mal habillés que moi (enfin si, une vieille fausse blonde moche, refaite et siliconée, mais à part ça, rien à dire). Une grande table (une vingtaine de convives) semblait fêter quelque chose (un mariage civil?). Les tables ne sont pas trop proches les unes des autres, on ne subit pas la conversation des voisins, niveau discrétion, c’est très bien! Par contre, ce n’est pas happy few, la terrasse est pleine!
Après les entrées qui commencent à me réconcilier avec M. Choukroun, les plats. Rumsteak, courgettes et poire en dés (28€) pour moi, saignant comme il faut, découpé en trois pièces, pour la présentation. Pas vraiment compris l’intérêt de la poire, viande et courgette, c’est déjà très bon comme ça.

Tartare MBC (menthe basilic coriandre, avec frites et salade verte, 21€) pour Céline, là encore, test réussi. Pas d’extravagances, juste comme il faut.

Gambas (+avocat, fèves vertes au gingembre, 28€) pour ma mère. Moi ça m’a rappelé mon week end à Varsovie et le Boat House. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu de bestioles dignes de ce nom. Archi fondantes, bel accord avec l’avocat. Les petites fèves au gingembre sont une tuerie.

Nous aurions pu nus arrêter là, mais nous ne sommes pas comme ça. Bien que n’ayant plus vraiment faim, ce que nous avons goûter pour l’instant et la carte loufoque ne pouvaient que nous donner envie… On ne dirait pas comme ça, mais nous sommes très communistes en famille, allez, hop, deux desserts pour trois. Ma mère choisit la poêlée de framboises (12€) : très bonne idée, ça change tout, et au moins les framboises ne sont pas trop froides. La glace au yoghurt est par contre un peu décevante, le goût m’a à moitié emballé.

Chargé de décider du second dessert à partager-parce-que-nous-sommes-communistes-(entre-nous), j’opte pour le (la?) pizz’choco, qui est en fait une petite tarte au chocolat noir, sorbet chocolat noir, quelques graines : noi(settes), autres graines effilées… et des choco (coco?) pops! Bien cachés, je me demande à quoi ils servent… En tout cas au gout, on ne les sent pas… C’est le côté ludique et enfant attardé de Gilles Choukroun. Un côté décalé, une expérimentation, parfois limite foutage de gueule… Mais non, même si ces petits détails (des private jokes, un jeu de piste caché, un message secret, voire destiné aux extraterrestres?) ne servent parfois à rien, ça ne gâche pas grand chose non plus. Et comme le reste est plutôt bon, voire très réussi, ça passe. Attention, ce n’est pas de la haute cuisine, juste de la cuisine contemporaine bien vue et bien réalisée. Dans l’assiette, c’est OK!

Encore quelques contretemps au niveau du service, mais le samedi, ça passe, et c’est même bien, ça permet de prolonger le plaisir et de profiter du cadre. En semaine par contre, j’espère que c’est plus rapide et que ça tâtonne moins. Service débordé? En tout cas, ils sont très gentils et donnent l’impression de faire de leur mieux. Notre serveur trottinait même vers la fin.
Petit passage aux toilettes, et là, même si je sens que ça ne va pas plaire à au moins une lectrice, j’ai bien envie de leur décerner un carton rouge. La propreté des lavabos était satisfaisante, mais c’est un sèche mans électrique (pas de papiers, pingrerie, pour un endroit comme ça ça fait tache), et puis surtout pour l’état plus que limite d’un WC. J’espère que c’était un accident de parcours, sinon c’est grave…
Bilan : je suis peut être influencé par le fait que je n’ai rien payé (merci Maman) et que j’y allais avec quelques a priori. OK, je ne me referais pas. Niveau assiette, j’ai été agréablement surpris, c’est à peu près au même niveau qu’au Saut du Loup, avec un rapport qualité prix légèrement en faveur de ce dernier. Le cadre est à tomber, comme prévu. La clientèle, je l’aime bien, nous avons passé un déjeuner (un peu moins de deux heures) très agréable. Pas sur que ce soit aussi que cela soit aussi bien dedans, si quelqu’un l’a testé un jour de pluie et de vent, ça m’intéresse!
Rédigé par chrisos
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