Afaria : oui, mais!

L’Express, le FigaroScope, et le Fooding sont tous plus enthousiastes les uns que les autres. En lisant leurs critiques (ou plutôt éloges), on a quand même l’impression qu’ils ont tous mangé la même chose, en tout cas, ils nous racontent un peu la même chose : le chef, Julien Duboué, un basque de 26 ans, passé par le Carré des Feuillants, Boulud à NYC et Drouant, avant de se lancer avec sa femme à l’Afaria… le menu : la révélation du boudin aux pommes et moutarde, la divine tourtière aux pommes… C’est limite louche (bon en même temps, la carte n’est pas très longue)! On retrouve déjà l’Afaria dans Mmmm!!!. Leur mention dans la lettre du Saint James et sans doute d’autres « guides » montrent que leur attaché(e) de presse et relations publiques se débrouille bien!
Réservation samedi midi pour trois, avec Elodie et Julien. Arrivé un peu après 13h00 à cause d’un agent de police en vélo zélé (vous savez, si les cons avaient des ailes, le ciel serait bleu et kaki), j’entre à l’Afaria (situé dans un coin obtus de rue). Tout droit, les cuisines, à gauche, une grande table hautes (tabourets) avec une douzaine de places, à droite le bar, assez quelconque. Il y a 4-5 personnes devant moi qui attendent d’être installés.

Quand vient mon tour, je décline ma réservation à une jeune femme aux cheveux clairs (la femme du chef?), qui m’installe au fond de la grande salle, à une table pour 4 (alors que juste derrière moi il y avait une jolie table ronde avec trois couverts – est-elle réservée aux VIP?) Les tables sont en tout cas très proches les unes des autres. La carte des vins est écrite en grand sur des miroirs géants fixés aux murs. Une plante verte déjà fatiguée, du monde, mais pas complètement plein. Niveau clientèle, on sent bien que c’est le quinzième : pas vraiment de bobos, pas mal de séniors et puis une bloggeuse gourmet, Monica, de Boca Pequeña.

Elodie arrive. Julien ne trouve pas la rue (depuis qu’il habite Rive Droite, il ne se repère plus dans le XVe), cherche… Nous commandons une bouteille de Viognier (23€, Vignes Orientales, 2006, 14°). Un peu agressif à l’ouverture (à cause des gaz dissous), il s’est avéré pas mal du tout après, version discrètement fruité.

Julien n’a pas tardé à arriver. Un verre, on discute… Peu après, la serveuse (grande, mince, brune, tout de blanc vêtue) nous apporte la carte, alors que l’ardoise des tapas avait été installée derrière moi à droite. La carte est assez concise : plats autour de 15€, 5entrées, 5 plats, 5 desserts, éventuellement une assiette de 3 fromages, selon 5 thématiques : « Sudistes », « Retour de voyage », « petits appétits », « à partager », « produits nobles ». Possibilité de formule entrée+plat à 19€, et entrée plat dessert à 27€ (mais pas avec les produits nobles). Sinon, c’est ~8-10€ l’entrée (pas noble), ~15-16€ le plat (roturier) et vers les 7-8€ le dessert. Les tapas vont de 3€ pour les radis à plus de 15€ pour le foie gras, pas mal de choix entre 5-8€.
Nous optons pour des formules. Boudin noir, pommes, moutarde, servie sur une ardoise, avec un peu de salade verte pour Elodie. Effectivement, la présentation est originale, on dirait un gâteau. Elle avait initialement peur que ce soit très lourd. Pas tant que ça à l’arrivée. Bon, mais elle n’a pas sauté au plafond. (Photo pourrie).

Emincé de thon rouge à l’Haïtienne (et pas à l’hawaïenne ou à la Tahitienne) pour Julien. Très bon selon lui.

Soupe glacée d’artichauts au jus de Grecque pour moi. Me demandant si on avait pressé une hellène pour en extraire le jus, je demande qui/ce qu’est le jus de Grecque. Réponse de la serveuse : le jus de cuisson des cœurs d’artichauts. En cherchant un peu, je n’ai rien trouvé dans mon Larousse « classique », par contre, j’ai trouvé cette définition : »fumet élaboré avec différents légumes, un bouquet garni et des graines de coriandre« , ici (menu de fête, élaboré par Alain Ducasse, servi sur le Concorde, début 2002). Cette parenthèse informationnelle refermée, la soupe était apportée à part et versée dans un bol noir où étaient joliment disposés quelques croutons et une espèce de quenelle/mousse au cœur d’artichaut. Etant moi même très cœur d’artichaut (le légume, what else?), j’étais ravi par cette délicieuse petite soupe fraiche. Petite fausse note de la serveuse blonde (que j’appellerai patronne), elle nous a apporté une serviette à pain (enfin, une panière souple, du même tissus que la nappe) avec seulement trois morceaux. Nous aurait-elle refilé la même que celle de mes voisins de droite qui avaient fini de déjeuner (il était déjà 13h55)? Négligence? Précipitation?

L’épisode du pain n’est pas si grave, quand nous en avons redemandé à la serveuse brune en blanc, nous avons été correctement resservis. Filet de lieu à la vapeur court bouillon de légumes pour Julien. Approuvé par Julien. Arrivés à la fin du viognier, nous restons dans le Languedoc avec une bouteille d’à l’improviste (Mas de la Barben, 2003, 22€) : c’est du costaud, mais je n’ai pas si accroché que ça!

Echine de cochon braisée, cocotte (pas Staub, pour une fois) de légumes (encore des artichauts, mais aussi des carottes…), partagés avec Elodie.

Bon copieux, fondant, bonne sauce qui permet à la viande de ne pas être trop sèche. 100% approuvé. Attention quand même, aux attaques de sauce sur une chemise qui était assez blanche. Attention aussi, à mon verre de vin qui se retrouve sur la table et sur mon jean (noir, heureusement), suite à une erreur d’appréciation de la délicieuse serveuse en blanc (pas la patronne, vous avez compris!)
Julien avait déjà choisi son dessert : la très jolie tourtière de pommes, ci dessous.

Elodie hésitait pour le fromage se disant que ça risquait d’être décevant (c’est triste les restaurants qui ont plein de qualité mais pas vraiment de bons fromages). Elle pensait même que la serveuse ne serait pas capable de citer les 3 fromages. Elle a eu tort sur ce point, mais a eu raison sur le fait qu’il y aurait du camembert… Bilan : etorki, chèvre et camembert. Un peu tristounette cette assiette (à 7€, ou à la place d’un dessert), vous ne trouvez pas?

Rien à dire (de mal), par contre, sur ma salade de fruits au gingembre. Juste une question : je me demande si la texture de ma glace , très légère, aérienne, était volontaire ou pas, si ce n’est pas le hasard, c’est rudement bien fait!
Cafés (2,5€ le café) pour Elodie et Julien. Petit passage aux WC (voir aussi ça) pour moi : ils ne se sont pas trop foulés, c’est correct. La partie lavabos est plus réussie.

Vers 15h30, nous étions les derniers dans la salle. Addition (~44€/personne) de ce qui fut globalement un très bon repas : belles idées, très bonne réalisation. Ce n’est pas parfait, notamment parce que la jolie serveuse brune en blanc était débordée (elles ne sont que 2 à midi), mais pour le prix, c’est une belle adresse, qui se bonifiera, je l’espère, après quelques mois d’existence. À refaire début 2008 donc, qui pour???

Rédigé par chrisos
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Salut,
bilan mitigé pour moi aussi. Bonne table mais un peu irrégulière sur certains points.
Ceux qui veulent lire ma revue complète: http://coupdefourchette.typepad.com/my_weblog/2007/11/afaria-paris-15.html
Bonne soirée
Y suis aller recemment.c’est blindé!!!L’assiette de fromage s’est améliorée.Les saveurs, des entrées au desserts, sont de mise. Pas de chichi, c’est vraiment bon. Et le service bien que speed est sympa.
[...] mais pour moi ils étaient encore au rodage, fin septembre. Pas de problème avec le service? http://chrisoscope.com/2007/10/06/afaria-oui-mais/ De quand date ta visite? J’ai préféré le Cristal de Sel, qui ne laisse pas sur une impression [...]
[...] que l’attente créée par le battage médiatique se heurte à une réalité moins idyllique (Afaria cet automne, par [...]
[...] quelques bonnes adresses dans le 15e (Grand Pan, Cristal de Sel), déception pour l’Afaria, mais il faudra lui redonner sa chance en 2008. Bien aimé le Comptoir du Relais, Spoon, les [...]