mar 23


La Grenouillère, auberge, restaurant.
Route de la Grenouillère, 62170 La Madelaine sous Montreuil.
Tél. : 03 21 06 07 22. Site Web.

Quand on lit le Fooding, on a envie de sauter sur son téléphone et d’y aller tout de suite. Le récit lu sur GoT fait également saliver (pour une grenouille, baver serait plus approprié). Une étoile au Michelin (promotion 2008) pour le chef de la Grenouillère, Alexandre Gauthier, 28 ans, membre de Générations C. Il n’en faut pas plus pour que je décroche mon téléphone et que je réserve une table pour deux, pour le dîner du dimanche de Pâques (une semaine avant, c’était complet samedi midi et soir et dimanche midi). Philippe Toinard (qui ne cache pas ses bons rapports avec Roland et Alexandre Gauthier) décrit la Grenouillère comme la meilleure table de la région.

Bien sur, une semaine avant un week end de trois jours, l’Auberge était complète, mais heureusement, je trouve de la place dans un hôtel de Montreuil (sur Mer) intra muros (si si, il y a des remparts), histoire de pouvoir profiter au maximum de cette expérience et de ne pas avoir trop de route.

Passé vers 19h pour repérer les lieux et vérifier que la neige sur la route ne sera pas un problème, j’en profite pour entrer, confirmer notre venue. La lecture de la carte à l’entrée est alléchante. C’est une jeune femme qui m’accueille et me montre la table qui nous a été réservée, une table carrée dans la salle de gauche. La déco est contemporaine et assez sobre, si l’on fait abstraction des kitscheries batraciennes. La salle à manger est un peu basse de plafond, poutres apparentes. La table, près d’une fenêtre, m’a l’air pas mal du tout.

Nous revenons un peu avant 21h. Accueil standard, on nous prend nos manteaux, puis, c’est Roland Gauthier, en habit de chef qui nous accueille. Lui, c’est le père du chef, le propriétaire, qui avait une étoile Michelin jusqu’au début des années 2000. Il a cédé la place à son fils en cuisine, mais est toujours présent : il fait un peu l’accueil, prend les commandes et fait les additions. Nos vestes prises, il nous entraine dans la salle face à la porte. Je m’étonne parce qu’on m’avait montré une autre table tout à l’heure, occupée à présent par un homme d’une soixantaine d’années et une femme d’origine sud-asiatique. La table ronde, juste à côté est encore libre et nous est attribuée. Derrière moi, une table carrée avec une mère et sa fille. Il y a deux autres tables “familiales” dans cette salle. Près de la cheminée, il y a déjà deux femmes, deux jeunes filles et un homme en plein menu “dégustation”. Sur l’autre table, un groupe de cinq personnes débarquera vers 21h30 et prendra aussi le menu à 80€.

La table est plutôt grande, verres Riedel, jolis couverts, superbe assiette. Pour chipoter un peu, on remarquera malgré tout que fourchette et petite cuillère ne sont pas disposés comme il faut. Ce n’est qu’un détail, certes…

La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Une serveuse vient nous demander ce que nous voulons boire. Je lui réponds : “Une carafe d’eau, s’il vous plait”. -”La carte des vins?”. -”Oui, une carafe d’eau et la carte des vins”. La carafe d’eau arrivera vite, presque en même temps que la carte des vins. C’est Pâques, il y a le choix entre un menu en 7 services et la carte. On nous apporte quelques bonnes chips, avec une émulsion au vinaigre un peu trop aigre. Pas envie de tenter le menu, puisqu’Oanèse n’est pas fan de quelques ingrédients (moules, certains poissons).
La Grenouillère, restaurant, Montreuil

Saint Jacques à crue/condiment mango-mango (25€, sans doute un jeu de mot crue, à cru?) pour Oanèse, Gnocchi/truffes d’hiver/artichaut (30€) pour moi. Suivra la composition végétale de saison : légumes de saison en différentes cuissons / gnocchis de pommes de terre / mousse végétale (30€), que nous partagerons à deux. Homard rôti/petits choux/fumé minute sous cloche en verre (45€) pour Oanèse, Ris de veau on (cuit au lait, pour préserver son goût et ne pas le “contaminer” par les matières grasses, dixit M. Gauthier), champignons filaires, dés de citron (et de gingembre?) (34€) pour moi. La commande des plats étant prise, Gauthier père nous souhaite bon appétit.

La carte des vins est sur notre table depuis près d’un quart d’heure, nous avons eu le temps de la parcourir. Une mise en bouche arrive moule frite new look : une frite (de riz, je l’ai appris après?)+2-3 mini-moules sur une brochette, dans un verre, fond de sauce hollandaise. C’est joli, c’est bon, la frite seule, est étrange, un peu sèche, la hollandaise est plus réussie que la sauce vinaigre des chips, par contre, ça a l’air tellement riche qu’on n’ose pas finir la sauce à la cuiller, ni saucer avec du pain. Pain de seigle pour Oanèse, gros pain blanc (campagne) pour moi. Le cÅ“ur des tranches a une texture originale, encore humide, un peu baveux, ça change, c’est intéressant. Il y a aussi une mini-baguette, dont je ne suis pas fan. L’amuse bouche terminé, le pain aussi (nous avions demandé du beurre, nous en aurons, du doux et du demi sel, bons tous les deux), nous attendons. Je n’ai plus la chronologie exacte, il me semble que le vin (un Tokay pinot gris d’Alsace 2003, 45€) a été commandé, par contre, il n’est toujours pas arrivé. C’est bien, de temps en temps, de laisser le temps passer, mais il ne faut pas que ça traine trop non plus…

La Grenouillère, restaurant, Montreuil

Quelques temps après, le sommelier arrive enfin avec la bouteille de vin (la cave n’est peut-être pas à côté?)… Belle teinte qui tire très légèrement vers le saumon, par contre, je le trouve un peu trop frais. Moelleux, un peu gras, agréable. Ouf, ça va!

Les entrées arriveront vers 21h50, à gauche, les St Jacques, à droite, les gnocchis. Très belles assiettes, mais trop grandes par rapport à ce qui est servi… Cela ne fait qu’accentuer le côté chiche, c’est dommage! Sauf si les assiettes se mangeaient, mais ça ne se devine pas… Les St Jacques, crues, coupées en fines tranches, sont déposées sur un lit de mangue + une touche de sauce/coulis à la mangue (d’où le mango-mango, vu que je n’ai pas vu de haricots mango). Bons produits, tranches de St Jacques goûteuses (y a-t-il plus d’une noix? deux à la rigueur!), mais pour la mangue, celle que j’ai achetée chez Mireille rue de Verneuil il y a deux semaines était autrement plus savoureuse. C’est bon, mais la créativité de cette entrée ne me touche pas plus que ça. Il y a peut-être un côté purement technique, mais que je ne retrouve pas lors de la dégustation. Bon, mais rien d’extraordinaire. Pour une raison que j’ignore, il sera facturé 30€ au lieu des 25€ annoncés.

Mon entrée (gnocchis, truffe noire d’hiver, artichaut) est plus réussie, heureusement. Gnocchis fondants, très agréables. Avec la truffe, c’est extra. Artichauts pas mal, mais ils passent au second plan. Bonne sauce légère. J’en aurais bien mangé un peu plus… Entrée réussie. Rien de comparable avec les St Jacques, facturées le même prix!

La Grenouillère, restraurant, Montreuil La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Nos assiettes sont vite liquidées, elles partent au bout de cinq minutes. Mon assiette à pain, par contre, est tristement vide ; il ne reste plus qu’une gorgée de vin dans mon beau verre Riedel… Patience.

La Grenouillère, restraurant, Montreuil

La serveuse ressert en pain la table d’à côté, qui en est au fromage. Il a l’air au régime ce plateau, il ne nous donne pas très envie! Pas de fromage, nous n’en sommes pas encore là, par contre, du pain ne serait pas de refus! Pour le prochain passage…

La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Un peu de vin et une tranche de pain demandés après, nous avons le temps d’observer nos voisins et leurs assiettes. je fais remarquer à Oanèse quelques ressemblances avec le service madrilène : à la Madelaine, ça traine. La table de cinq arrivée avant nous reçoit deux plats, puis, deux minutes après, les trois autres plats (ils ont pris le menu, donc tout le monde a la même chose). Une bonne minute après, la sauce qui va avec ces plats arrivera! Même scénario pour la mère et la fille derrière moi : l’accompagnement arrivera 2-3 minutes après, alors que la selle d’agneau était déjà entamée. La sauce sera refusée. Après l’heure, ce n’est plus l’heure…

L’arrivée de la composition végétale partagée en deux arrive, ce qui nous permet de nous recentrer sur notre table et notre assiette. Là encore, j’ai coupé et re-cadré la photo, pour qu’on voit (un peu mieux) ce demi-plat. Pas mal, mais les deux gnocchis (”qu’il faut goûter” d’après Gauthier père) par assiette résistent mal à la comparaison avec les gnocchis et truffes. Légumes de saison bons, cuisson réussie, mais rien d’exceptionnel ni de très marquant au goût. Cela se mange bien (et vite, parce que là encore, ce n’est pas très généreux!).

La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Les assiettes sont débarrassées. Les couverts propres arrivent peu après. On attend la suite. Avec plus ou moins de patience. Ce sera Oanèse qui craquera en premier et qui redemandera du pain pour moi. On me resservira.

Le homard arrive, tout beau dans sa cloche (pour le fumé minute). Parce que ça commençait à sentir le traquenard… Le ris de veau “on” arrive aussi, avec ce qui ressemble à des champignons super fins et des dés de citron (et gingembre?) archi fort. Nous avons chacun le temps de prendre des photos des plats, de manger un morceau de pain, quand paf! Nous aussi, nous sommes tombés dans la panneau. Ignares que nous sommes, nous avions pourtant remarqué de la latence dans le service. Une verre haut et étroit, avec une émulsion de pommes de terre, arrive comme accompagnement pour chacun de nos plats. Une mini saucière avec du jus de citron arrive aussi, on m’en sers d’office sur le ris de veau, en me laissant la mini saucière à côté au cas où j’en voudrais plus. Et si je n’en voulais pas? Trop tard. La grenouillère nous aura à l’usure. Une brioche au beurre, sel de Guérande, sera servie avec les plats. Oanèse a bien aimé, moi, ça m’a laissé de glace.

Le ris de veau est pâle, imposant. À la limite entre fondant et fermeté, la texture est agréable. Le goût est fortement citronné, à cause de la sauce, et encore plus si l’on prend un petit morceau de cube de citron. La version ON devait préservé le goût originel du ris, pourquoi imposer l’acidité du citron? Les mini champignons ne m’ont pas marqué, le ris est bon, malgré l’overdose de citron. On en vient à bout sans trop se forcer, même si on finit un peu par se lasser à la fin. La prochaine fois, il faudra me donner le mode d’emploi!

Enfin, ce n’est pas un homard, mais du homard, sur un lit de choux de Bruxelles. Le choux de Bruxelles, je n’aimais pas ça avant et je ne suis pas plus fan après. Le homard, j’aime bien et je dois dire que ce que j’ai mangé était très bon et m’a redonné un peu le sourire.

La Grenouillère, restraurant, Montreuil La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Apercevant les crêpes suzette préparé pour le couple franco-asiatique, la quantité de beurre utilisée nous en détourne. La salle prend d’ailleurs un ou deux degrés de plus. Les desserts servis à la mère et à la fille plairaient bien à une anorexique. Le dessert au chocolat et celui à la poire gingembre semblent être des miniatures. Nous sommes sur le point de botter en touche et de sauter le dessert, pour rentrer au plus vite en ville et se prendre une bonne vieille gaufre. Puis on se dit qu’un palet de pommes/pomme caramel (12€), ça doit être du solide.

Pour patienter, on nous sert encore une miniature (de grâce, achetez-vous des plats plus petits si vous servez des mini portions). Désolé, il y avait de l’ananas, mais je ne sais plus ce que c’est exactement!
La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Le palet de pommes/ pomme caramel arrive et la serveuse nous annonce qu’ils nous ont fait une fleur : impossible de partager ce dessert en deux, donc nous aurons droit à deux desserts complets. Enfin, complet, c’est relatif… Pour moi, palet ça évoque quelque chose de rond et de breton. Mais je suis sans doute naïf… Le seul truc rond, c’est l’assiette. Certes, c’est très joli, la mise en scène est recherchée. Une bande de caramel, une autre de pâte/compote de pomme, des dés de pomme recouverts de caramel, une antenne de caramel et un peu de doré.
La Grenouillère, restraurant, Montreuil

Très très surprenant, vraiment original, au niveau de la présentation en tout cas. Dans la bouche, on s’amuse deux minutes du mélange de texture et des déclinaisons de goût. J’aime bien me creuser la cervelle pour essayer de trouver l’originalité ou l’effort dans un plat, mais si je ne ressens rien de spécial au niveau gout, je suis déçu. J’aime bien les pommes légèrement acides et encore croquantes. Là c’était doux et un peu ramolli à cause du caramel. No dessert for me. Merci quand même pour le second dessert offert.

Pas de cafés, et l’envie de ne plus rester très longtemps. Heureusement, finalement, que nous ne dormons pas sur place. Ouf, c’est presque fini! Mignardises quand même. Barbe à papa fun, avec une guimauve légèrement chocolatée au cÅ“ur. Fleur de caramel (à la fraise ou à la framboise, selon les tables ou les serveuses) : pas mal, amusant. Unanimité pour les chouquettes, parfumées à la fleur d’oranger, toutes simples et légères, que nous terminerons toutes.

La Grenouillère, restraurant, Montreuil La Grenouillère, restraurant, Montreuil

C’est presque fini, ce fut long, un peu triste, décevant en tout cas! Nous nous levons pour payer et récupérer nos manteaux. C’est Roland Gauthier qui fait notre addition, à la main, puis à la calculatrice. D’où viennent les 30€ d’apéritif? Il corrige, cela ne fait “que” 226€. J’ai un doute sur l’entrée à 25 ou 30€, mais je ne rêve que d’une chose, partir. Les 4€ de monnaie resteront sur le plateau, on peut difficilement laisser moins, malgré ce service catastrophique. Lorsqu’il nous demande comment c’était, je réponds, un peu crispé, avec un “bien”, un peu sec. Good en anglais, où il y a un certain décalage au niveau des superlatifs, c’est tout juste moyen. En effet, par rapport à nos attentes et aux moments formidables que nous espérions passer à la Grenouillère, c’est très moyen.

Cuisine inventive, certes, mais résultat plus mitigé dans l’assiette. La faute aux autres expériences et références récentes (Ze Kitchen Gallery, la Laiterie, le Grande Cascade, L’Arpège, le Sa.Qua.Na.)? Au niveau du budget, pour une adresse où le prix au mètre carré est le plus bas, c’est surprenant de payer autant, alors que niveau plaisir, on pourrait tellement mieux faire! Est-ce du à l’absence de concurrence dans la région? ll y a pourtant d’autres étoilés Michelin, plus traditionnels certes et plus sages, avec sans doute moins de surprises, dans la région.

En essayant d’avoir des feedbacks (post à chaud, et groupes facebook), je me dis que nous n’avons pas eu de chance. Pourtant, il y a des choses que je ne m’explique pas.

  • J’étais surpris de voir le “chef” faire l’addition et j’en avais déduit qu’il y avait un problème, du peut-être à l’absence du directeur de salle. Je n’ai pas vu où était Alexandre Gauthier (sans doute dans sa cuisine), mais le directeur de salle, ça devrait être Roland Gauthier, finalement pas présent dans notre salle. Il aurait pu un peu surveiller ce qui se passait en salle. Le fait que les clients soient répartis dans 2-3 salles ne simplifie pas la tâche, certes, mais je soupçonne le patron d’avoir discuté avec des amis ou habitués et d’avoir un peu négligé les autres…
  • Nous avons supposé que les plats étaient nouveaux, d’où des soucis en cuisine et des problèmes de service et de synchronisation. La majorité des plats existait depuis plusieurs semaines voire des mois. Je ne comprends pas cette inconstance.
  • Le chef se veut créatif, ce qui est très bien, mais la constance, c’est très important aussi. Je n’ai pas vraiment été emballé par l’ensemble, à part quelques plats, c’était bon, mais sans plus. Par contre, au niveau des portions servies, ce n’est pas énorme, et on dirait qu’il y en a encore moins que sur des photos vues ailleurs (il parait que ce sont des photos “com”, donc, comme au Mc Do, ça a l’air meilleur et plus copieux qu’en vrai). Encore un problème de constance?
  • Peut-être que nous avons mal démarré et que nous sommes restés sur cette impression? Je ne crois pas, pour avoir vécu une situation très similaire (un raté de taille au début, qui aurait pu tout gâcher, mais où finalement, après ce faux départ, tout s’est très bien déroulé), il y a peu, je ne pense pas que ce raté soit uniquement dans ma tête.
  • À moins que… et si la grenouille voulait se faire boeuf? Je sais elle est facile celle là, mais parfois le succès montre trop vite à la tête…

Bref, même si ce n’est pas si grave, c’est très contrariant. Comment se fait-il que cette expérience se soit avérée si décevante? Toutes les explications et éclaircissements sont les bienvenus.

01/04/2008 : mail envoyé le 31/03/2008 à la Grenouillère, avec le lien vers cet article, pour être “constructif” et peut être amorcer un dialogue.

14/04/2008 : réponse de la Grenouillère (signée par Alexandre Gauthier) qui est désolé que rien nous ait plu. Il répète qu’ils sont droits et honnêtes et ne souhaite pas donner suite à ma critique qu’il juge excessive et se pose des questions sur mon objectivité! Je pense que je n’aurai jamais de réponse de leur part, ce qui est dommage. De mon côté, après une énorme surprise à Resource à Bruxelles ce week end, je me demande s’il ne serait pas pertinent de simplifier la carte de la Grenouillère en supprimant justement la partie à la carte et en imposant de prendre des menus (avec différents nombres de services) à tout le monde. Il serait également bon de demander aux convives d’arriver autour de la même heure, pour simplifier la synchronisation.

23/04/2008 : grâce à Table à Découvert, nous avons confirmation que les portions servies au menu sont les mêmes qu’à la carte (et encore, Caroline a eu trois frites;)). Nous avons payé autant que si nous avions pris le menu à 90€, alors que nous avons eu deux fois moins de plats (et donc de quantités) et eu l’occasion de goûter moins de choses. Drôle de pricing, mais c’est sans doute la même logique qui fait que l’on taxe ceux qui prennent du vin au verre dans certaines adresses. Cela ne change pas mon appréciation de la cuisine d’Alexandre Gauthier (pas très fan), par contre, je ne peux qu’encourager ceux qui veulent aller à la Grenouillère à ne pas manger à la carte : au menu, c’est moins cher, et plus copieux!

18 Réponses à “La Grenouillère, étoile filante?”

  1. Oanèse Dit:

    Client(s) déçu(s), clients perdus…

  2. Laurent Dit:

    Salut Christophe,

    Intéressant en effet de lire ce CR afin de comprendre les raisons de cette déception. Super d’avoir autant de précisions, retours détaillés et argumentés.

    Alors voici mes quelques modestes commentaires/réflexions :

    - Le père (Roland) s’occupe quasiment tout le temps des additions… il n’y a pas vraiment directeur de salle. Roland à l’accueil et à la prise de commande, surveille le bon déroulement du repas et cloture par l’addition , tandis qu’Alexandre est aux fourneaux - il passe souvent une tête, au moins en fin de repas, peut-être n’était-il pas là. Dans tous les cas, ca reste une adresse familiale, à taille humaine, avec ses avantages et inconvénients.
    - Comme je l’ai dit, le service n’est pas extraordinaire mais fait de son mieux. Dernièrement, ils avaient réussi à faire cramer une serviette malencontreusement déposée sur des bougies… on en a plus souri que vraiment crié au scandale. Quant au service du pain et de l’eau, ce n’est pas régulier en effet, moi cela ne me choque pas pour un restaurant de cette réputation qui l’est avant tout pour l’assiette. Si je manque de pain, je demande, je relance, idem pour l’eau, je me re-sers si j’ai accès à la bouteille ou appelle un serveur. Et ces petites contrariétés (qui dépendent vraiment de chacun je pense) ne sont pas visibles que là. ZkG, c’est pareil et Dieu sait si j’adore ces adresses. Le fait est que pour moi, pour des 1* en tous cas, ce genre de maladresses ou déficiences ne me gêne pas, n’étant pas là pour le service mais d’avantage pour l’assiette et le plaisir de vivre un petit voyage culinaire, dans un cadre agréable, servi par des gens extras (crois-moi, les Gauthier le sont).
    - L’assiette et ces portions : j’ai toujours quitté la Grenouillère repu, voir archi repu, mais il est vrai que je n’ai jamais pris à la carte en 4 visites, toujours un menu dégustation variant entre 6 et 10 services… et je pense en effet que les portions sont quasi les mêmes (au moins pour le ris de veau). Il est donc possible que la carte soit moins “copieuse”. Pour revenir sur la cuisson du ris, unique vraiment, il est poché et volontairement servi “pâlot”, pour mettre en exergue sa texture et son goût, il est en effet complété par ce jus de citron vert tonique et vif en bouche. Trop ou pas assez, ca dépend à nouveau des goûts, moi j’ai totalement été conquis. Les enokis (ces champignons japonais) apportent un peu de croquant qui contrastent avec le moelleux du ris. Tout comme le homard, la frite de riz reconstituant un moule frite - miam, cette hollandaise.. :o) - ou ces gnocchis par ex. ce sont pour moi des plats originaux, un peu perturbants certes car inhabituels, mais qui génèrent des goûts intéressants, bien tranchés et qui m’ont toujours ravis (toujours cette histoire de goûts et de couleurs… :o)
    - L’assiette : je te rassure, pour pas mal de plats (st-jacques ou pigeonneau par ex), la présentation des produits est volontairement décentrée, presque coincée sur un bord de l’assiette. C’est une touche personnelle que revendique Alexandre, entre provocation et expression artistique, moi j’ai accroché tout de suite à ce concept décalé, qui change des assiettes classiques avec les produits soit au centre soit placés en //… ca met d’ailleurs je trouve mieux en valeur la structure de la présentation, concentrée, dressée comme cette patte de pigeonneau, alors que le blanc immaculé de l’assiette offre un espace vierge de tout aliment…
    - Revenons sur les plats, à l’exception de la composition de légumes que je n’ai jamais goûté et ne peut affirmer si récente ou non, tous les plats que vous avez pris figurent depuis au moins novembre dernier à la carte (voir plus comme la frite ou les gnocchis qui font figure d’incontournables)… pas ou peu de dernières créations donc.

    Voilà, évidemment bien dommage de rester sur cette impression. Peut-être des attentes trop élevées en effet. Ca m’est arrivé à L’Auberge de la Charme en novembre dernier chez Zuddas… un repas complètement décevant, mais là c’est le menu, le vin et qui étaient en cause.

    Tu comparais cette expérience avec L’Arpège, c’est évidemment un autre monde, même si pour le rapport qualité/prix, je ne sais pas lequel je retiens en premier :o)

    Va falloir y retourner, je le sens !! :o)

    Au plaisir,
    Laurent

  3. chrisos Dit:

    Laurent,

    merci pour ton long commentaire et ces précisions.
    Au niveau des faits, il n’apparait pas de différences majeures avec tes expériences. C’est au niveau du vécu et du ressenti que nous divergeons.
    Au niveau des quantités, je trouve ça un peu choquant de payer autant qu’au menu et d’avoir les même doses par plat (tant mieux pour les adeptes du menu me diras-tu), pour le reste, la gastronomie reste très subjective et je ne suis peut-être pas réceptif à la cuisine et à l’art d’AG.
    Dommage, je ne vais pas souvent dans ce coin et je ne suis pas sur d’avoir envie de retenter l’expérience…

  4. stephane Dit:

    Chrisos,
    je te trouve bien excessif dans tes propos.

    En effet tu parles d’une note elevée, mais si l’on retire les aperos (30euros) le vin (45 euros) on arrive a une note de 75 euros par personne.

    Pour ce prix tu as eu :

    Entrée : les St Jacques, à droite, les gnocchis.
    Plats:
    ris de veau et homard.
    Dessert:
    Le palet de pommes/ pomme caramel

    Penses tu vraiment que le prix est abusé?

    Quand les St Jacques sont des erquy
    le homard de bretagne et que le reste des produits sont plutot dans le haut du panier.

    Il faut relativiser, et comparer ce qui est comparable.

    Enfin, lorsque le pere,te pose la question ‘comment c’était’ tu n’as pas bronché. Alors que tu aurais du lui dire ta deception,tu as prefere que d’echanger, vider ton sac sur ton blog.
    Ce n’est pas tres constructif, non?

    Tu as decouvert ce chef, sa cuisine, comment peux tu dire qu’il n’est pas constant, pas regulier?

    Pour ce qui est du service, il faudrait peut ete t’interesser a ce qu’il se passe dans note metier pour essayer de comprendre….

    Stéphane

  5. chrisos Dit:

    Stéphane,

    merci pour ton feedback.

    Il n’y avait pas 30 € d’apéros, du coup, nous arrivons à 90€ de nourriture/personne ce qui est plus élevé que les 80€ du menu. Le prix, si nous avions passé un bon repas, aurait été plus que justifié : ça avait couté à peu près la même chose la veille à la Laiterie http://oanese.over-blog.com/article-18164590.html
    et ça n’avait rien à voir…
    A ZKG, pour une entrée, un plat et un dessert chacun, sans compter le vin, nous étions à une soixantaine d’euros/personne.
    Une étoile, même gamme de prix, expériences très différentes. ZKG a moins de prétentions : pain sur la table, vin aussi, c’est plus simple.
    La Grenouillère veut se la jouer grand restaurant : si l’important est dans l’assiette, pas la peine de faire de manière sur le service qui ne marche pas.

    À la fin, j’ai dit, par politesse, et tout doucement, “bien”, comme j’aurais dit bof, c’est vrai, mais il n’a pas cherché à en savoir plus et il y avait déjà eu un blanc le temps de faire l’addition, puis de corriger, nous faisions un peu la tête, et je ne voulais pas m’énerver encore plus, parce que je sais qu’à chaud je peux être excessif, et qu’il y avait en plus d’autres clients qui attendaient pour payer et partir. Le patron n’a pas cherché à en savoir plus.

    Quand je parle de manque de constance, je ne parle pas simplement du chef et de sa cuisine, mais de l’ensemble. En lisant des critiques ailleurs ça semblait paradisiaque, notre expérience fut moins rose, et je n’ai peut-être pas les atomes crochus avec le style Gauthier, ce n’est pas si grave, mais cette adresse ne fait pas l’unanimité!

    Pour le service, je suis au courant que le métier de serveur n’est pas bien payé, que ce sont des horaires difficiles… Mais d’autres adresses s’en sortent beaucoup mieux! Qu’ils se simplifient la vie en simplifiant le service : je n’aurais pas été choqué si le seau de glace dans lequel était notre vin était à portée de main ou si on nous avait mis une corbeille de pain à table.

    Cela dit, je veux bien avoir plus de détails à ce sujet, si tu as des lectures à me conseiller, je suis preneur!

    Merci!

    Chr

  6. Patrice Dit:

    Sur le fait de donner son feedback en direct au patron dans un resto :

    Je comprends à la fois Chrisos et Stéphane, ça serait bien de dire ce qu’on pense de vive voix, mais (i) notre éducation nous empeche souvent d’avoir ce genre de comportement, on a tendance à dire un petit “bien” et (ii) on donne alors l’impression de vouloir un rabais sur la note, ce qui personnellement me gêne atrocement.

    Alors prendre 2 heures pour rédiger un commentaire, que personnellement je trouve objectif et mesuré, sur un blog accessible à tout le personnel du restaurant concerné me semble une attitude plutôt positive.

    Je lis Chrisos depuis longtemps, il ne “dézingue” jamais un resto pour le plaisir, même si bien sur, il y a toujours une part de ressenti.

  7. Oanèse Dit:

    Décidément je ne comprends rien… Il faudrait tout pardonner à la Grenouillère?

    Il y a pas mal de choses à améliorer c’est un fait, et faire autant de pub pour cette table au détriment d’autres qui méritent sûrement un détour, c’est vraiment dommage.

    En effet nous sommes partis sans rien dire, par politesse vis à vis du(des) chef(s) et des autres clients, et parce que sous le coup de la déception nous aurions pu être excessifs.
    Mais avec un peu de sens de l’observation et s’il y a dialogue entre les Gautiers et leur personnel de salle, il était facile de savoir que nous étions mécontents.

  8. Addict @ Rimal - Oanèse Dit:

    Kramer auto Pingback[...] ça laisse amer (bon, moi ça m’énerve carrément même!). Faites un tour sur l’article de Chrisos à propos de la Grenouillère où nous avons dîné dimanche soir. Nous étions très enthousiastes [...]

  9. intra-entreprise Dit:

    J’ai lu de manière aléatoire le contenu de ta longue chronique, donc de manière superficielle, mais mon sentiment : en “pratiquant” des tables aux produits assurés et à l’idée d’une technique réfléchie, il m’arrive d’arriver à la même conclusion que la tienne : une décéption… gourmets, nous ne sommes pas des testeurs, mais des humains, trop humains, pas assez ? Le théâtre comme métaphore.

  10. Chazallet.com - La Grenouillère, La-Madelaine-sous-Montreuil, Pas de Calais, Nord Pas de Calais, dîner du dimanche 8 avril 2007 , Chroniques gastronomiques Dit:

    Kramer auto Pingback[...] souvenir !!! 31 03 2008 - 17:06 par Chrisostrès déçu par cette adresse encensée par les critiques http://chrisoscope.com/2008/03/23/la-grenouillere-etoile-filante/ Ecrire un commentaire Votre Nom *Votre email * Votre site Les champs marqués d’un * sont [...]

  11. Dîner à l’Arpège (Alain Passard) Dit:

    [...] La Grenouillère, étoile filante? [...]

  12. culilarius Dit:

    Chrisos,

    J’ai lu votre critique afférente à “l’étoile filante” Alexandre GAUTHIER et ne partage pas du tout votre point de vue.

    Y ayant dîné plus de 10 fois ces 2 dernières années, j’en suis toujours sorti rassasié quant à la quantité et de satisfait à comblé quant à la qualité des mets, leur saveur, texture, originalité, composition etc…

    Certes tout n’est pas parfait et la marge de progression existe…tant mieux !

    Pour avoir un avis objectif et éclairé, il faut plus d’une visite… En tout cas cet établissement le mérite.

    Quant aux baraques à frites, dont vous semblez être un spécialiste, vous pouvez vous y cantonner, une seule expérience doit pouvoir suffire…

  13. chrisos Dit:

    culilarius,

    Heureusement qu’il y a quand même des inconditionnels de la Grenouillère. Je suis ravi pour vous, nous n’avons pas eu autant de chance. Cependant, je ne comprends pas très bien ce qui vous a plu dans cette adresse et ce qui motiverait quelqu’un qui ne connait pas d’y aller plutôt que dans un autre restaurant.

    En effet, une visite n’est probablement pas suffisante. Mais pour faire plusieurs visites, il faudrait avoir envie d’y retourner, ce qui n’est pas mon cas!
    Par ailleurs, n’ayant pas eu de retour des restaurateurs plus d’une semaine après, j’en déduis qu’ils ne tiennent pas non plus à ce que je revienne.

  14. La Grenouillère, étoile filante? - Paperblog Dit:

    Kramer auto Pingback[...] La Grenouillère, étoile filante? Le 26 mars à 20:39 par Chrisos sur ChrisoScope (Voir l’article original). [...]

  15. patrick Dit:

    Bonjour,

    Je ne suis pas allé à la Grenouillère, j’ai juste publié “dans son jus” le compte-rendu d’un ami, je ne jugerai donc rien du repas.
    Néanmoins, une phrase me semble totalement inutile, ce n’est qu’un détail, mais les détails additionnés finissent par donner le ton à une chronique. Cette phrase concerne le jus citronné “Et si je n’en voulais pas? Trop tard.” Aujourd’hui 90 % des assiettes arrivent terminées de la cuisine, et effectivement si on ne veut pas d’un élément qui fait partie intégrante du plat, “trop tard”. Le fait que ce jus soit servi à posteriori n’enlève rien à l’unité de l’assiette, et doit être servi.

    Pour ce qui est de décrire toute une expérience ou d’en taire les mauvaises parties, je suis clairement partisan de la seconde solution, tout en ne blâmant pas les tenants de la première, tant que c’est argumenté. Le lecteur peut continuer à lire des chroniques avec lesquelles il est d’accord, ou cesser de les lire s’il est en désaccord continuel. De même que le mangeur peut aller ou pas dans un restaurant suivant qu’il l’apprécie ou pas. Ce n’est pas cette chronique qui va changer la vie des Gauthier, ce n’est pas la réponse d’Alexandre qui changera ta vie. Je trouve la polémique qui suit cet article excessive, pas l’article lui-même. Et j’apprécie beaucoup le commentaire de Laurent qui apporte des compléments d’information, et aussi les diverses réactions de Stéphane qui essaye de comprendre sans animosité. Pour le reste, posons-nous la question de savoir combien de personnes vont renoncer à aller à la Grenouillère à la suite de cet article ? La cabale de tous les professionnels bordelais contre Michel Portos lorsqu’il est arrivé au Saint James l’ont atteint passagèrement au moral, et ne l’empêchent pas de faire complet tous les soirs 3 ans plus tard. Relativisons le pouvoir des chroniques, tant professionnelles qu’amatrices. En revanche, car je ne dis pas souvent, un coup de chapeau à Stéphane pour ce qu’il apporte de positif à ce métier (cuisinier, pas chroniqueur).

  16. chrisos Dit:

    >Patrick :

    merci pour cet éclairage.
    en effet, ce sont les détails qui forment un tout. L’exemple de la sauce servait juste à illustrer, à nouveau, le service défaillant. La façon d’apporter ce jus de citron et de le verser manquait complètement de classe.
    Je sais bien que cet article ne changera pas grand chose, mais quand on ne lit que des louanges et qu’on débarque avec des a priori très bons, on est encore plus déçu quand ça se passe mal.
    Avec du recul, les explications sont simples et tiennent en 3 points :
    - le service n’est visiblement pas à la hauteur, malgré la présence d’une école hotelière assez réputée, pas très loin,
    -les adeptes des choix à la carte sont clairement désavantagés par rapport aux partisans des menus.
    -tout le monde n’est pas forcément très réceptif à la cuisine d’Alexandre Gauthier, nous devons en faire partie.

    Le but de cet article était d’exprimer ma déception, de comprendre pourquoi cela s’est mal passé, si c’était exceptionnel ou pas, et de dégager quelques conclusions et conseils pour quelqu’un qui cherche des informations sur la Grenouillère avant d’y aller pour la première fois.

  17. mixlamalice Dit:

    Ce qui est “amusant” en lisant l’article de l’ami de Patrick, c’est que finalement les expériences ont été assez semblables (pour résumer, service pas terrible et plats inégaux). La seule différence au final, c’est que pour l’un, quelques plats trouvés exceptionnels ont suffi a rendre l’experience globalement superbe, alors que pour toi, il n’y a pas eu ce petit truc qui a fait basculer le tout du bon coté. Bref, ca se joue a peu de choses.

  18. chrisos Dit:

    >mix : oui, le service perfectible est une constante (Laurent a raconté quelques grands moments aussi).
    J’ai dit que j’avais bien aimé quelques uns des plats, mais il n’y a eu aucune magie de mon côté, peut être mon côté ingénieur et docteur, la fantaisie et l’originalité, OK, mais à condition de maitriser les bases.
    ça ne tient effectivement pas à grand chose.

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