
Le Chateaubriand, 129 avenue Parmentier. 75011 Paris.
Tél : 01 43 57 45 95.
Testé il y a deux ans, j’avais été emballé par ce que j’avais mangé, au point de fermer les yeux sur le service (ça ne démarrait qu’à 21h, c’était déjà très nonchalant), sur la déco (toujours aussi quelconque) et le bruit (ça casse les oreilles quand c’est plein). Pourtant, je n’y étais jamais retourné.
On le retrouve dans plusieurs guides, beaucoup de monde, depuis, en a parlé : CityVox, bien sur (qui n’a pas viré les avis sur l’ancienne adresse!), avec un score moyen de 3,5/5 pour une dizaine d’avis. Web Radio du Goût dresse un portrait du chef basque, Inaki Aizpitarte. Sur L’Internaute, c’est un peu moins bon, avec 3/5. Je ne suis pas le seul à avoir du mal avec le service, on dirait. Sur Qype, François Simon et Thierry Richard ont contribué, avec d’autres, le score est plutôt bon (4/5).
Le Fooding parle de table la plus adulée et détestée de Paris, d’un menu à 40€ (il est à 43€ maintenant), la facture posée à côté ne correspond pas trop à ce qui est décrit dans le texte, va comprendre… Ils mentionnent, eux aussi, de l’insolence… François Régis Gaudry de l’Express, en a dit pas mal de bien en septembre 2007. Voir aussi la vidéo de François Simon.
Mr Lung y est allé en octobre 2006, les vins l’avaient laissé sur sa soif. À l’époque, il y avait encore une formule entrée+plat+dessert, avec trois choix pour chacun, à 39€ (contre 36€ lors de l’ouverture, au printemps 2006). Il y est retourné en mars 2008, la formule a changé : pas de choix, formule unique à 40€ pour cinq services (depuis septembre 2007, semble-t-il).
C’est une des adresses préférées de Thierry Richard, des Chroniques du Plaisir. À midi, ça n’a rien à voir, mais il parait que ça peut être bien. C’est bon ça a dîné là bas fin 2007 et a été un peu déçue. Misshello semble confirmer que le service est très aimable avec les jeunes femmes (seules entre elles, sans hommes?).

Rendez-vous à 20h30, avec Monica et Oanèse. C’est déjà bien rempli, il faut dire qu’il y a deux services maintenant, pas comme au début. Les bobos, ça prolifère, une véritable infection. Que ce soit le service ou beaucoup de clients, ça refoule le « jeune à la cool », genre négligé recherché…
Monica, arrivée un peu plus tôt, termine sa bière. Menu à 43€, sans choix. Pour le vin, un vin de table, « Tue-bœuf, la Caillère » (32€, tout de même), mouais, plutôt rond et fruité.

Plus de services, pas de choix, finalement, ils se sont facilité la vie en cuisine, on reste de tout façon en dessous des 9 entrées/plats/desserts de la formule précédente.
Cela démarre avec un boudin purée revisité. La purée est assez liquide, elle est légèrement sucrée et parfois acide, grâce au fruit de la passion. Ce n’est pas Frankie, mais Inaki c’est bon! C’est rigolo, ça change et c’est bon, sans voler très haut. Bon début.

Nous enchainons rapidement sur des dés de sardine, posés sur une onctueuse purée de betteraves. Toujours dans la dominante mou, un peu écrasé, il faut dire que les bobos, ça aime le régressif, finalement, ce sont de grands enfants (un peu simplets, parfois). L’originalité, ici, réside non pas dans les quelques radis et dans les feuilles vertes, mais dans une préparation à base de graines de basilic réhydratées, qui prennent une consistance ludique, visco-aqueuse, à cheval entre les têtards et les œufs de poissons. C’est audacieux. Dans la bouche, c’est bon, mais pas autant que promis. Les graines n’ont pas vraiment de gout!

Arrivera ensuite un filet de Saint Pierre (alors que c’est de la barbue qui avait été annoncée), servi avec des salicornes. Ah, salicorne, un végétal dont le principal intérêt est surtout le nom (et son utilisation pour faire du savon), sauf s’il faut voir un jeu de mot passe-pierre/saint-pierre, qui sait? Bref, c’est marin, minéral et végétal, c’est un peu de l’esbroufe, mais c’est loin d’être mal. Le poisson est d’ailleurs très bon!

Après des petites choses bonnes et plutôt légères (même le boudin purée était plutôt aérien), on passe à du plus costaud : une joue de boeuf, façon pot au feu, dans un bouillon tiède, avec quelques légumes et des graines de sésame. Un peu opposé au sésame, à priori, je suis vite rassuré, on ne le sent presque pas, il absorbe le bouillon et se fait discret à côté des autres composants. La joue est tendre, fondante (confite comme il faut, quoi…). L’ensemble est réussi et agréable, même si à priori, c’est plutôt un plat d’hiver (avec la météo pas terrible, ça ne tombe pas si mal!).

Fromage basque tranché très (trop?) finement, presque translucide, avec une pâte de fruits (cerises noires ou coing). Pas mal, mais pas formidable.

Les filles prendront un dessert, à base de fraises, de rhubarbe + quelques petits trucs. Encore une fois, ça part dans tous les sens, ce n’est pas mauvais, mais j’espérais son gulab jamun (lait ribot et rose). Je suis un peu déçu.
Bilan : environ 55€/personne, disons que c’est la tranche supérieure pour les bistrots + (hormis le Comptoir du Relais, mais là, c’est +++). Pour ce qu’il y a dans l’assiette, c’est très honnête. Le service n’a pas été désagréable. Non, tout est bien, sauf le cadre, toujours sans intérêt, et la clientèle, exaspérante. Heureusement, bien entouré, on fait parfaitement abstraction de ces bouffons! Prévoir un autre diner là-bas avant que la formule atteigne les 50€!
Rédigé par chrisos
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Yep cela fais plusieurs que l’on passe devant et que l’on se dit qu’il faudrait aller s’y faire une bonne bouffe un de ces 4 soirs donc il va falloir y penser avant que cela ne passe là barre des 50€ par tête de pioche…
Au fait, qu’est ce que tu entends par « clientele bobo ». Le mot bobo a été tellement mis a toutes les sauces que je ne sais plus trop ce qu’il veut dire. Ou plutot j’ai l’impression qu’il désigne une catégorie de personnes propre a l’idée que se fait chaque utilisateur de l’expression. Bref, pour moi, bobo ce n’est pas vraiment péjoratif, et Oanese et toi par exemple vous en feriez plutot partie: un bobo, a mon idée, c’est quelqu’un de plutot éduqué venant d’une famille pas malaisée financierement (le coté bourgeois) et qui s’intéresse d’assez pres a tout ce qui touche au culturel (le coté boheme). Dans mon esprit ça peut etre péjoratif parfois notamment sur le coté boheme quand le bobo se la raconte grave, mais dans ton article on dirait que tu parles plutot de ce qu’on appellerait dans le Sud des kékés (ou des mias), et ici des minets. Bref, avec le coté bourgeois 16eme ou 8eme, mais aussi le pseudo-rebelle a la mode (Slipknot ou tectonique ça dépend des années), et pas trop le coté boheme finalement.
c’est vrai que bobo veut dire plein de choses…
pour moi, et ça n’engage que moi, le bobo est plutôt aisé, mais pas super aisé, il a plutôt des idées de gauche (lecteur de Libération?), mais un peu un comportement de droite : consumériste…
on pourrait presque dire la gauche caviar avec moins de moyens.
Les bobos ont investi des quartiers autrefois populaires : 9e (rue des Martyrs & co), 10-11e (Canal St Martin), 17e (Batignolles), ce qui a entrainé une gentrification.
Le bobo a un certain look, cheveux un peu longs, barbe entretenue, mais qui fait négligé, vêtements assez tight… Chez les femmes, la mode change trop vite pour que je suive…
Certains sont très caractéristiques et un peu caricaturaux et ils ont l’air de se la péter avec leurs attitudes. Le // avec le kéké est bien vu.
Disons que les mauvais bobos partent de la bohème et aspirent à être bourgeois, ce qui leur donne un côté parvenu, je me la pète… Alors que les « bons » bobos font l’inverse : plutôt bourgeois au début, ils s’orientent vers un côté moins matérialiste et un peu plus spirituel. Ce qui n’empêche pas certains de continuer de se la péter…
Moi je suis plutôt de droite, même si je ne me reconnais pas dans la droite actuellement au pouvoir qui ressemble de plus en plus à un clan pseudo mafieux.
Oui, certains définissent les bobos comme ayant le portefeuille a droite et les idées a gauche… Donc placent ça du coté plutot politique (« bobo de gauche » c’est un peu l’insulte a la mode). Pour moi, c’est plutot une catégorie sociale que je décris un peu ci-dessus (techniquement, je me classerais plutot dedans, version un peu prolo). Qui a aussi ses caricatures (tout ce que dit les Inrocks est parole d’Evangile, tout ce qui plait au populo c’est de la merde en barre). Pour moi, le look du bobo, c’est plus étudiant fac de lettres, genre j’ai pas le sou mais je passe quand meme trois heures par jour a me faire un look (apres ils meublent leur appart avec Emmaus parce que c’est in): y en avait pas mal comme ça au Canal ou ma copine a habité il y a trois ans. Le look « tight », lunettes aviator, chaussures pointues et barbe de trois jours savamment entretenue, j’appelais ça bobo aussi mais je pense désormais que c’est plus les minets qui s’habillent comme ça (en gros eux ne s’intéressent pas du tout a la « culture » -restos, bars et fringues- des qu’elle n’est plus a la mode). On en croise pas mal dans les facs de droit ou dans le sud-ouest parisien… Ou a Cimiez (Nice). Apparemment c’est plutot cette catégorie la au Chateaubriand (et moi non plus je peux pas les blairer: ils ont cette vulgarité horrible que peuvent avoir certains des qu’ils ont un peu de fric).
[...] Paris : Itinéraires de Sylvain Sendra, le Chateaubriand d’Inaki Aizpitarte, Procacci à Vienne, Ladurée, au déjeuner sur les Champs, ou Ladurée, [...]
Qu’est-ce que ça fait d’être allé dans le nouveau numéro 11 des 50 meilleurs restos du monde?
Quand on compare à ceux que je connais dans le reste de la liste, ç’a quand même pas l’air de jouer dans la même catégorie…
C’est le Fooding au comité décisionnel ou quoi?
Cela dit, on retrouve aussi Daniel en numéro 8, alors que j’ai rarement lu des critiques dithyrambiques sur cette institution new-yorkaise, qui déçoit plutôt… enfin, le Michelin leur a aussi filé la 3ème étoile cette année.
(et le NY Times 4 étoiles, avec seulement 5 autres restos dont 3 autres sont aussi dans le top 50: Eleven Madison Park, Per Se et le Bernardin).
Ben disons que c’est bien la preuve que c’est un classement de baltringues!
Le Chateaubriand est sympathique et le chef a de bonnes idées, mais leur ambiance et services bobos m’agacent.
il y a eu qq articles de réaction à ce classement, j’ai bien aimé celui de Ribaut
http://ribaut.blog.lemonde.fr/2010/04/29/exacerber-le-nationalisme-culinaire/#xtor=RSS-32280322
En même temps j’ai l’impression que l’effet de mode de ce classement commence à s’estomper: autant ça avait beaucoup fait jaser les 2-3 dernières années, autant cette année je n’ai été au courant que par le biais d’une dêpèche AFP restée 2h en ligne sur le site du Monde…