Retour au Chateaubriand

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20080604 chateaubriand Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Le Chateaubriand, 129 avenue Parmentier. 75011 Paris.
Tél : 01 43 57 45 95.

Testé il y a deux ans, j’avais été emballé par ce que j’avais mangé, au point de fermer les yeux sur le service (ça ne démarrait qu’à 21h, c’était déjà très nonchalant), sur la déco (toujours aussi quelconque) et le bruit (ça casse les oreilles quand c’est plein). Pourtant, je n’y étais jamais retourné.

On le retrouve dans plusieurs guides, beaucoup de monde, depuis, en a parlé : CityVox, bien sur (qui n’a pas viré les avis sur l’ancienne adresse!), avec un score moyen de 3,5/5 pour une dizaine d’avis. Web Radio du Goût dresse un portrait du chef basque, Inaki Aizpitarte. Sur L’Internaute, c’est un peu moins bon, avec 3/5. Je ne suis pas le seul à avoir du mal avec le service, on dirait. Sur Qype, François Simon et Thierry Richard ont contribué, avec d’autres, le score est plutôt bon (4/5).

Le Fooding parle de table la plus adulée et détestée de Paris, d’un menu à 40€ (il est à 43€ maintenant), la facture posée à côté ne correspond pas trop à ce qui est décrit dans le texte, va comprendre… Ils mentionnent, eux aussi, de l’insolence… François Régis Gaudry de l’Express, en a dit pas mal de bien en septembre 2007. Voir aussi la vidéo de François Simon.

Mr Lung y est allé en octobre 2006, les vins l’avaient laissé sur sa soif. À l’époque, il y avait encore une formule entrée+plat+dessert, avec trois choix pour chacun, à 39€ (contre 36€ lors de l’ouverture, au printemps 2006). Il y est retourné en mars 2008, la formule a changé : pas de choix, formule unique à 40€ pour cinq services (depuis septembre 2007, semble-t-il).

C’est une des adresses préférées de Thierry Richard, des Chroniques du Plaisir. À midi, ça n’a rien à voir, mais il parait que ça peut être bien. C’est bon ça a dîné là bas fin 2007 et a été un peu déçue. Misshello semble confirmer que le service est très aimable avec les jeunes femmes (seules entre elles, sans hommes?).

20080604 chateaubriand salle Retour au Chateaubriand (ChrisoScope) 20080604 chateaubriand table Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Rendez-vous à 20h30, avec Monica et Oanèse. C’est déjà bien rempli, il faut dire qu’il y a deux services maintenant, pas comme au début. Les bobos, ça prolifère, une véritable infection. Que ce soit le service ou beaucoup de clients, ça refoule le « jeune à la cool », genre négligé recherché…

Monica, arrivée un peu plus tôt, termine sa bière. Menu à 43€, sans choix. Pour le vin, un vin de table, « Tue-bœuf, la Caillère » (32€, tout de même), mouais, plutôt rond et fruité.

20080604 chateaubriand tue boeuf Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Plus de services, pas de choix, finalement, ils se sont facilité la vie en cuisine, on reste de tout façon en dessous des 9 entrées/plats/desserts de la formule précédente.

Cela démarre avec un boudin purée revisité. La purée est assez liquide, elle est légèrement sucrée et parfois acide, grâce au fruit de la passion. Ce n’est pas Frankie, mais Inaki c’est bon! C’est rigolo, ça change et c’est bon, sans voler très haut. Bon début.
20080604 chateaubriand boudin puree Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Nous enchainons rapidement sur des dés de sardine, posés sur une onctueuse purée de betteraves. Toujours dans la dominante mou, un peu écrasé, il faut dire que les bobos, ça aime le régressif, finalement, ce sont de grands enfants (un peu simplets, parfois). L’originalité, ici, réside non pas dans les quelques radis et dans les feuilles vertes, mais dans une préparation à base de graines de basilic réhydratées, qui prennent une consistance ludique, visco-aqueuse, à cheval entre les têtards et les œufs de poissons. C’est audacieux. Dans la bouche, c’est bon, mais pas autant que promis. Les graines n’ont pas vraiment de gout!
20080604 chateaubriand sardine betterave Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Arrivera ensuite un filet de Saint Pierre (alors que c’est de la barbue qui avait été annoncée), servi avec des salicornes. Ah, salicorne, un végétal dont le principal intérêt est surtout le nom (et son utilisation pour faire du savon), sauf s’il faut voir un jeu de mot passe-pierre/saint-pierre, qui sait? Bref, c’est marin, minéral et végétal, c’est un peu de l’esbroufe, mais c’est loin d’être mal. Le poisson est d’ailleurs très bon!
20080604 chateaubriand barbue Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Après des petites choses bonnes et plutôt légères (même le boudin purée était plutôt aérien), on passe à du plus costaud : une joue de boeuf, façon pot au feu, dans un bouillon tiède, avec quelques légumes et des graines de sésame. Un peu opposé au sésame, à priori, je suis vite rassuré, on ne le sent presque pas, il absorbe le bouillon et se fait discret à côté des autres composants. La joue est tendre, fondante (confite comme il faut, quoi…). L’ensemble est réussi et agréable, même si à priori, c’est plutôt un plat d’hiver (avec la météo pas terrible, ça ne tombe pas si mal!).
20080604 chateaubriand joue boeuf Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)
Fromage basque tranché très (trop?) finement, presque translucide, avec une pâte de fruits (cerises noires ou coing). Pas mal, mais pas formidable.
20080604 chateaubriand fromage Retour au Chateaubriand (ChrisoScope)

Les filles prendront un dessert, à base de fraises, de rhubarbe + quelques petits trucs. Encore une fois, ça part dans tous les sens, ce n’est pas mauvais, mais j’espérais son gulab jamun (lait ribot et rose). Je suis un peu déçu.

Bilan : environ 55€/personne, disons que c’est la tranche supérieure pour les bistrots + (hormis le Comptoir du Relais, mais là, c’est +++). Pour ce qu’il y a dans l’assiette, c’est très honnête. Le service n’a pas été désagréable. Non, tout est bien, sauf le cadre, toujours sans intérêt, et la clientèle, exaspérante. Heureusement, bien entouré, on fait parfaitement abstraction de ces bouffons! Prévoir un autre diner là-bas avant que la formule atteigne les 50€!