juil 15

Cela m’avait échappé, il faut dire que le 26 juin, j’avais d’autres chats à fouetter!

Trouvé via Taillevent : François Simon a répondu aux questions de lecteurs du site l’Internaute. Rock’n roll, mais pas trop, on le sent passionné… par l’écriture. Des échanges plutôt instructifs, dans lesquels il alterne franchise et langue de bois pirouettes (ouaf ouaf).

Morceaux choisis :

Comment y[Figaro] êtes-vous entré ? J’y suis rentré parce qu’on est venu me chercher.

Hum, c’était juste pour faire plaisir alors…

Je suis fan de vos critiques, je vous lis toutes les semaines dans le Figaro et j’aimerais devenir critique. Avez-vous des conseils à me donner ? Cassez-vous, c’est occupé.

Pas très gentil ça, faut encourager les fans et préparer la relève, donner leur chance aux jeunes.

Quelle est votre formation ? Vous avez toujours été attiré par la gastronomie ? Aucune formation, jamais attiré par la gastronomie.

Ah, pour la formation pour être critique gastro, je suis d’accord que ça n’existe pas vraiment, hasard, coïncidences, opportunité. Ne pas être attiré permet d’avoir et de garder une certaine distance, d’avoir du recul. C’est sans doute ce qui manque à certains.

Le proverbe « les gôuts et les couleurs sont dans la nature », se justifie t’il dans votre cas ?
Non, car le travail d’un critique, c’est précisément de mettre ses goûts et ses couleurs de coté, pour ensuite analyser professionnellement l’assiette avec des critères honnêtes. Il ne s’agit pas de dire « j’aime » mais de dire si c’est bon ou non.

Ce point est aussi très intéressant, mais pour quelque chose d’aussi subjectif, aléatoire, éphémère et pas forcément reproductible, est-ce vraiment réalisable?

La meilleure pizzeria toujours sur Paris ? Bistrot Napolitain, Sale e Pepe…

Bravo!

Ce qui est un peu surprenant (disons que c’est de l’ouverture), c’est que le public de l’Internaute (ceux qui laissent des avis), semble plutôt éloigné de celui de Simon Says…. En effet, 19.200 restaurants préférés en France, c’est trop, non?

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12 Réponses à “Chat de François Simon sur l’Internaute”

  1. stephane a dit:

    Moi ce que j’aime c’est ses chaussettes blanches je trouve que cela montre l’homme, apres pour le Tchat…j’aime le passage sur son incognito, une légende pour le lecteur Lambda…

  2. Qifen a dit:

    Sa réponse sur les goûts et les couleurs, elle est bien marrante, si c’est bon, c’est parce qu’on a aimé, non? (où peut-être que je suis trop neuneuh pour comprendre les subtilités)

    Enfin…Certains mangent avec leurs yeux, bouche et coeur, d’autres avec leur cerveau, fric et intérêt sans doute.
    Il faut de tout pour faire un monde : les goûts et les couleurs ne se discutent pas, à ce qu’il paraît.

  3. chrisos a dit:

    >Stéphane : voyons, les chaussettes, c’est un détail, l’habit fait-il le moine? en tout cas ça fait un indice de plus pour les restaurateurs qui guettent sa venue ;) .

    >Qifen : je suis d’accord avec toi, mais il semble que FS recherche la vérité absolue et intrinsèque. Ce qui fait qu’on arrive au paradoxe suivant : certains aiment ce qui n’est pas bon (le fast food?) et d’autres n’apprécient pas ce qui est bon (certains chefs très créatifs?).
    Pourtant, il reconnait que sa grille d’analyse varie en fonction de l’adresse…

  4. mixlamalice a dit:

    En meme temps, heureusement qu’il ne juge pas sur les memes criteres La Coupole, l’Ambroisie et le petit bar a vins du quartier, ça serait problématique tout de meme (de meme qu’on ne demande pas la meme chose a Balzac et a Michael Chrichton, ou a Michael Bay et Wong Kar Wai). Apres, on peut etre plus sensible a un style que l’autre, mais il faut aussi s’adapter un minimum. De toute façon, l’humeur du moment est un critere malheureusement tres important dans son appréciation du resto ou on est, et difficile de s’en affranchir ou de la prévoir (on peut planifier un bon resto gastro et le jour J etre plutot dans l’etat d’esprit pates-survet-match de foot).

  5. Aude a dit:

    Le « cassez-vous c’est occupé » est tranchant sec mais marrant. J’ai lu l’itw en entier sur l’Internaute, il a un bon humour pince-sans rire le critique ;-)

    Et celle-là, tu ne l’as pas retenue pourtant elle est bijou :
    Préférez-vous manger à la fourchette, aux baguettes ou avec les doigts ?
    « A quatre pattes. »

  6. stephane a dit:

    Chrisos « Tout ce qui brille n’est pas or »…
    Quand même, il y a des limites, lorsque l’on est Bobo a ne pas depasser, je commence a comprendre certaines choses maintenant ;-)

  7. chrisos a dit:

    >Mix : oui, ça prouve qu’il n’y a pas de règle, qu’on ne peut pas généraliser et donc pas facile de dire ce qui est bon dans l’absolu…
    et oui, ça dépend autant de notre état et de nous que de ce qu’il y a autour (décor, service, assiette, autres clients…)

    >Aude : oui, il ne manque pas de répartie!

    >Stéphane : je suis d’accord, mais fermons les yeux sur cette (petite) faute de goût… tu as compris quoi?

  8. mixlamalice a dit:

    Plus généralement, depuis le temps que des commentateurs s’échinent a comprendre et juger la production artistique quelle qu’elle soit, s’il y avait un critere objctif et généralisable, ça se saurait. Pour revenir au vieux débat (période la Grenouillere), meme etre un « spécialiste » ne dispense pas de raconter des conneries de temps a autre (récemment il y a un bouquin qui est sorti sur les critiques faites par des auteurs célebres sur d’autres auteurs célebres… le temps ayant fait son oeuvre, il y a parfois de quoi se marrer: typiquement, une bonne partie des écrivains recommandés par Sainte-Beuve, LE critique littéraire du 19eme siecle, sont tombés dans l’oubli le plus total, alors que parmi ceux qu’il honnissait, un certain nombre est devenu « Classique »).

  9. youplaboum a dit:

    Très admiratif de ce que tu fais ici, mais faut arrêter la mégalo. Critique de restos, ok (et c’est bien fait) ;critique de critiques, cela a-t-il un sens? Et quand je lis que le Figaroscope aurait copié le Chrisoscope… excusez, je sors rire une heure ou deux…

  10. chrisos a dit:

    >mix : sauf que, comme les paroles, les restos et les chefs s’envolent, contrairement aux écrits (quoique, la durée de vie d’un guide de restos est très limitée, vu la vitesse à laquelle changent les adresses et les équipes). Le côté mode/éphémère est beaucoup plus présent dans les restaurants. Les institutions finissent par laisser la place aux challengers.

    >très cher (chère?) cha-la-la youplaboum,
    pourquoi n’y aurait-il pas de critiques de critiques? tout le monde peut s’améliorer, le monde de la critique professionnelle de restaurants en France est un milieu fermé. Cela pue les renvois d’ascenseurs, limite consanguinité (pas autant que le monde du cinéma, certes), un regard neuf et un peu de recul ne font pas de mal…

    Il faut lire entre les lignes… content de vous avoir fait rire, ça vaut mieux que pleurer, non?

  11. mixlamalice a dit:

    Les mauvais écrits finissent par s’envoler aussi, le temps caractéristique est simplement plus long. Mais je suis d’accord avec toi sur le coté plus éphémere de l’art culinaire (meme pour le consommateur: 1 bon repas = 2 heures, 1 bon roman = 1 mois). Cela dit, avec les nouvelles pratiques de l’édition, on s’en rapproche un peu parfois (cf les « écrivains » kleenex, a la mode pour leurs 3 premiers bouquins sortis en grande pompe avant de rejoindre les oubliettes).
    Le meilleur critique, c’est sans doute le temps.

  12. chrisos a dit:

    >oh non, les mauvais écrits partent très vite. Il faut dire que de nos jours, presque tout le monde peut écrire un livre ou trouver un nègre pour le faire à sa place : politiciens, sportifs, stars du show business… Même certains chefs, dont beaucoup n’ont pas le bac (qui ne veut plus dire grand chose, certes), s’y mettent. Du coup, ça fait beaucoup de bruit.

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