
Etc, épicure traditionnelle cuisine, restaurant.
2 rue la Pérouse, 75116 Paris.
Tél. : 01 49 52 10 10.
Ouvert en avril, l’internaute les référence, ainsi que CityVox. Pour l’envers du décor, cet intéressant article de l’Hôtellerie nous retrace le parcours de Christian Lesquer et nous montre que c’est avant tout un homme d’affaires aguerri. Caroline Mignot, de Table à Découvert, est séduite, même si elle reconnait que ce n’est pas pour tous les jours. Thierry Richard, des Chroniques du Plaisir, admet que c’est un peu cher mais trouve que ça vaut le coût et a hâte d’y retourner. Les risques pris par Le Squer l’excite (pour avoir des émotions contrôlées en voiture, rien ne vaut une Porsche, les Jaguar, c’est moyen).
Philippe Toinard est fan de la « technique » et du chef. Je ne sais pas combien vous dépensez dans un bistrot, mais contrairement à ce qui est écrit ici, toutes les personnes que je connais espèrent s’en sortir avec une addition à moins de 50€ par tête. On est bien loin de l’authentique esprit bistrot, puisqu’ETC fait partie d’un groupe employant plus de 100 personnes. Picrocol y a bu du vin Carrefour. François Régis Gaudry salue la tentative de diversification (est-ce vraiment un grand écart?) de LeSquer, mais trouve que la réalisation est perfectible. Marine de Montalivet, malgré quelques bémols, est presque conquise. Mr Lung y a passé un mauvais diner, et ne le recommande pas! On ne comprend pas trop si le Fooding a vraiment aimé, mais le coup du SMS est vrai, j’ai eu droit au même, mot pour mot, le lendemain : bof!

C’est avec O que j’y déjeune, un vendredi de juillet. Situé à l’angle des rues La Pérouse et Belloy, il dispose donc de deux côtés donnant sur la rue. On aurait pu espérer en profiter un peu, surtout qu’il fait beau, mais non, nous sommes installés dans le coin opposé à l’entrée. Déco archi contemporaine, un peu nordique (version chic, pas ikéa). Moi je trouve ça un peu froid. Pour manger, pas énormément de choix à midi…
Le menu du marché à 68€, proposé avec deux verres de vin, consiste, ce jour-là en : gnocchis soufflés, rondins d’asperges (18€ à la carte) en entrée, tranche de lard, harissa et semoule de blé comme plat de résistance, et tarte chocolat et glace café. À boire, un verre de Montlouis sur Loire (2005, domaine Frantz Saumon) avec l’entrée, puis un verre de Bad Boy (Bordeaux, 2005, Thunevin). Menu pour moi, et à la carte, mais en fait, ce sera juste le menu sans le plat, pour O. Le verre de vin est à 8€ à la carte.
Le pain est bon.
Pour un menu déjeuner à 68€, on aurait pu espérer un petit amuse bouche : rien, nada! Quand on pense qu’au Passage de Senderens, dans la formule, à moins de 40€, il y a un amuse bouche… Et quand on se dit qu’au Bristol, aux Ambassadeurs et dans d’autres restaurants étoilés, il y a des menus déjeuners autour de 90-100€ (sans boissons, certes), où l’on est bien plus généreux… on se dit que l’Etc doit être sacrément sur de lui. Le service n’est pas méchant, mais, vu que l’endroit était presque vide, plus de présence et d’attention n’auraient pas été du luxe.
Les gnocchis sont fins, légers, bien foutus, mais ils trempent dans une sauce/jus un peu trop oléagineux. Les quelques morceaux d’asperges sont préparés comme il faut. C’est joli, c’est bon, mais ça ne laisse aucun souvenir marquant. Le Montlouis est très agréable et va bien avec le beau temps que l’on devine dehors.

La tranche de lard et son couscous harissa stylis, épuré, est une hérésie. Le couscous au cochon me choque plus que la soupe au lard. Un peu comme le taboulé à la graine de couscous ou le hommos sans pis chiches. Puisque les chefs inventent de nouveaux plats, qu’ils inventent de nouveaux noms, au lieu de piller/récupérer des noms de plats existants. Le lard, c’est excellent, mais honnêtement, dans un menu à ce prix, dans un restaurant appartenant, entre autres, à un chef trois étoiles, on serait en droit de s’attendre à mieux. Produit plus noble, recette moins originale mais plus réussie. Le lard, c’est très bien chez J’Go, ou à la Cantine du Troquet, dans un vrai bistrot, abordable. Ici, c’est limite foutage de gueule! Cela fait désordre avec cette déco.

Bref, O a bien fait de s’en passer. En faisant abstraction du cadre, du standing et de mes attentes, ce plat « décalé » n’est pas mal du tout, mais un peu salé et pas forcément de saison. Plus de légèreté n’aurait pas fait de mal. Le Bad Boy aide à absrober un peu le côté salé du plat.

Pour finir, ce sera le dessert chocolat et café. Je tolère le café lorsqu’il reste discret, là, manque de pot, il est puissant, il domine presque le chocolat noir. Amusante présentation : une tartelette ronde coupée en quatre, entourant la boule de glace café pour former un carré. Cette figure s’incrit dans le creux carré d’une assiette ronde. Conceptuellement et esthétiquement, c’est réussi. Niveau goût, j’ai d’abord goûté le choclat tout seul : il pourrait être plus fort. À partir du moment où j’ai eu la glace au café sur la langue, je ne sentais presque plus que ça! Dommage!
À l’arrivée, avec menu du marché (68€), une entrée du jour (18€ pour des gnocchis aux pointes d’asperges), et une « fine barre de chocolat » (15€) plus deux verres de vin (16€) (ie. le menu sans le plat), on arrive à 117€ à deux, soit près de 60€/tête. Ce n’était pas désagréable, mais il y a un net soucis de rapport qualité plaisir/prix. À 40-45€/personne, à la limite, mais là, c’est clairement too much. François Simon l’avait très bien vu!
Rédigé par chrisos
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Je confirme, je préfère tes articles détailles aux semainiers ! Je me suis bien marrée en te lisant. C’est clair que je trouve ça cher. Que proposent-ils en plus des autres , pas grand chose … Ca me donne moyen envie (pas du tout en fait). Et puis au niveau de la déco et du visuel, ça a pas l’air de se démarquer.
Quand je pense à l’ apéritif chez Drouant ! Ca a l’air autre chose.
Tout pareil que rosemary.
Je suis fan de tes notes précises et agrémentées des photos.
Le dessert a une belle gueule en tout cas.
[...] sur, j’ai été et ai plus ou moins apprécié la Bigarrade (moyen : oui, mais!), Etc (pas trop) et l’Agapé (beaucoup), et je n’ai toujours pas sorti mes critiques. Pour le [...]
Six ans après la bataille mais j’avais pas remarqué: alors paf.
Ils me fatiguent tous ces gastronomes ou chefs qui foutent du Epicure partout… Depuis le Cercle des Poètes Disparus, ce contresens sur l’épicurisme n’arrête pas: Epicure, c’était pas franchement un rigolo et pas le genre à aller dans un resto étoilé s’en mettre plein la panse en picolant des grands crus.
L’épicurisme pour faire simple, est une propension à la sagesse qui pousse à trouver le bonheur sans le chercher, bref à savoir se contenter de ce qu’on a, généralement peu.
« Lorsque nous disons que le plaisir est le souverain bien, nous ne pensons pas aux plaisirs des débauchés ni à ceux qui consistent dans les jouissances physiques.[...]Le plaisir dont nous parlons consiste dans l’absence de souffrance physique et de trouble de l’âme. »
« Grâce soit rendue à la bienheureuse Nature qui a fait que ce qui est nécessaire est aisé à obtenir, tandis que les choses difficiles à se procurer ne sont pas nécessaires. » Épicure
Aimer la bonne chère, ça relève plutôt de l’hédonisme.
j’attends avec impatience une adresse se réclamant de Diogène!
Bonjour
j ai travaillé au pavillon ledoyen au moment ou E T C a ouvert et j y ai été déplacé quelques temps en renfort
riche de constater que plusieurs plats sont des reprises et peu interessants d ailleurs pour en revenir a etc il semble que l harissa ait trouvé la place qu il merite c est à dire quitter le ledoyen pour un bistro la tarte au pomme a changé aussi car elle est l ombre de ce qu elle a ete la gelee pomme verte roquette etait peut etre trop dure a confectionner
j ai été tres deçu d y travailler de même pour le ledoyen beaucoup de cinema et de materiel pour si peu pourquoi un roner pour pocher du turbot sous vide meme pas assaisonné sans parler des amuses bouche ledoyen pale copie de concept ferran adria
en resumé un bon restaurant est le lieu ou on pratique la simplicité du produit frais preparé simplement et avec amour et respect du produit et du client
en plus ils ont une etoile pffffffffffff
bien a vous
Philippe