
Le Comptoir du Relais
5 carrefour de l’Odéon, 75006 Paris.
Ah, le Comptoir du Relais, un bon bistrot dont on ne se lasse pas, vraiment? Bien sur, il y a quelques défauts : la liste d’attente pour avoir une table, les suppléments sur le menu, le fait que le menu à 50€ soit un produit d’appel et qu’on s’en sorte souvent pour pas loin du double. Sympathique à midi et le week end, très bien le soir en semaine. Le Fooding aime bien son chef et patron, Yves Camdeborde, et inversement. Un patron qui a le sens des affaires, ne l’oublions pas (hôtel, avant comptoir relooké fin 2009…). Alors bien sur, on peut être déçu, ce que je comprends très bien. Mais il faut remettre les choses à leur place : ce n’est qu’un bistrot amélioré et très médiatisé…
J’y ai mangé quelques fois, gardant toujours un super souvenir du plateau de fromages. Ayant effectué une réservation bien longtemps à l’avance, je me demande, jusqu’au bout, si nous irons ou pas, et puis finalement, même si ça ne tombe pas très bien (soirée de Noël T’Exane à l’Elysée Montmarte en même temps), nous y allons quand même. Ce soir là, c’est avec O et A que j’y dine.
Quelques chips de Vitelotte pour commencer. Pas vraiment de changements. Le menu (50€) de ce jeudi 11 décembre 2008 (Saint Daniel) consiste en 5 services deux entrées, un plat, les fromages et le dessert.

L’argenterie, le linge blanc sont aux rendez-vous, ainsi que le verre marqué du cochon noir.

On attaque très vite avec une bouteille de Mémé Gramenon (79€) et une Chateldon (5€). Service pas mal du tout, mais pas top non plus.

Round 1 : Bouillon crémeux de lentilles vertes du Puy, menthe perle du Japon et foie gras. Un très bon démarrage : les petites tranches de foie gras sont extra, le plat est à la fois chaud par la température (bouillon), mais frais grâce à la menthe. Le crémeux et l’onctueux sont contre-balancés par le croustillant qui surplombe l’assiette.

Le bouillon est fin et délicat. L’ensemble est très agréable.

Round 2 : Grosse Saint Jacques rôti choux fleur, Mousseline et croquant. Une belle grosse noix qui fait envie. Encore mieux, elle est bonne.

Je me suis laissé tenter par l’œuf au plat truffes (+15€) : sympathique, plutôt bon ; mais trop cher pour ce que c’est : des œufs avec un peu de truffe.

Round 3 : Cochon de lait des Pyrénées, parmentier de céleri. Le morceau de cochon est très bien, cela devait être une belle bête. La gousse d’ail rôti et fondant fait toujours plaisir. Le parmentier de céleri est original et un poil déroutant. Un plat qui tient bien la route.

Round 4 : le moment tant attendu est arrivé, le plateau de fromages affinés par la maison Boursault est là. Nous le partageons avec un couple d’Américains du Mid-West, de passage en France, qui s’est fait pistonner pour décrocher une table. Les tables sont assez proches, ce qui crée des liens avec les voisins. Un autre client, à la table d’en face, viendra taper la discut’. On ne peut pas nier qu’il y a une atmosphère et une ambiance dans cet endroit. Si la convivialité n’est plus forcément garantie par les restaurateurs, les clients peuvent très bien prendre le relais, avec l’aide du vin… Fromages de France, il y en a pour tous les goûts. Au centre, du caillé de brebis, de la gelée de piment d’Espelette, du miel, de la confiture de cerises noires (le chef est d’origine basque, ne l’oublions pas). On pourrait se contenter d’un diner avec ce plateau là. La première fois, on est agréablement surpris, mais les fois suivantes l’enthousiasme ne retombe pas : on veut toujours gouter à tout!

Elle n’est pas belle cette assiette? Pour accompagner, on reprend du vin : Pommard (15€ le verre!) pour A, château Le Puy (7€ le verre, relativement plus raisonnable, mais scandaleux aussi dans l’absolu) pour O et moi.

Round 5 : Pralinette au chocolat Guanaja de chez Valrhona, Glace vanille de Tahiti, granité café pur Arabica. J’ai merdé en oubliant de prendre la photo sur le dessert intact. Il faut croire que j’avais encore de l’appétit après les fromages. Il faut dire que ce dessert est un peu tiré par les cheveux et qu’il étonne : pourquoi diable aligner chocolat, Tahiti et café? Quel snobisme pédant a pu écrire « Guanaja de chez Valrhona »? Guanaja Valhrona ou Guanaja de Valhrona ne suffit pas? Bref, ce dessert suscite de grandes réactions, mais déçoit un peu, finalement : cela reste une juxtaposition.

Bilan : un classique honnête et un diner très agréable, malgré quelques imperfections (œufs à la truffe et dessert). Les 90€/personne sont dépassés. On pourra y retourner, mais il vaudrait mieux faire une descente chez Boursault, dans le 14e.
Rédigé le 24 octobre 2009.
Rédigé par chrisos
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