
Glou, bar à vins, bistrot
101 rue Vieille du Temple, 75 003 Paris.
Tél. : 01 42 74 44 32. Blog-vitrine.
Glou et les gogos?
Vous vous demandez ce qu’est Glou? Mais vous débarquez ou quoi? Dur d’échapper à l’immense campagne autour de cette adresse, ouverte au début de l’hiver 2009. LesRestos.com aime à la folie! Le Fooding se la joue militant, c’est un peu long, ils en font trop, mais je trouve leur texte distrayant. Le FigaroScope lui décerne deux coeurs. Seulement? Bizarre, alors que François Simon en parle comme de l’adresse du mois! L’Express Styles me barbe un peu, quand il parle de crise. Cuisine en choeur aime bien et name droppe à gogo : Foin, le patron, les fournisseurs… Zut trouve ça original (ah?).
Glou et les gastros?
Tous les bloggeurs gastro habituels, pros ou wannabe (the usual suspects) y sont passé début 2009 et nous en ont parlé : Table à Découvert (« bistrot de copains », elle a tout dit), Chroniques du Plaisir (qui aime l’atmosphère), les Gourmandises de Philippe (c’est amusant les jounalistes, ça vit en circuit fermé, ils se font des renvois d’ascenseur sur la confiture de lentilles qui nappe un certain dessert), et Toque (FR Gaudry en remet une louche avec son blog people), FoodIntelligence en était aussi. Que d’éloges, que de louanges!
Anti-Glou?
Il y a quelques contradicteurs : John Talbott est mal tombé (frustré de ne plus avoir d’huïtres) et déçu, alors que même en le lisant, ça n’avait pas l’air si mal. Cuisiner en Ligne n’aime pas les bobos (il a raison, mais pourquoi se la jouer beauf? on dirait que ce sont les patates qui viennent de chez Ospital!)
Déjà quelques avis sur Qype, dont certains que l’on a pu lire en entier ailleurs. Rien sur CityVox!
Glou et le blabla
Bon, alors c’est simple, j’avais tellement lu de choses sur cette adresse, que je ne voulais pas y aller. Et puis l’occasion s’est présentée, je n’ai pas rechigné et je ne regrette rien. Réservation un petit peu en avance, pour ne pas faire marche arrière. Initialement trois, je réserve pour quatre et nous sommes finalement cinq : A, A, M, O et moi. Alors oui, comme on peut le lire ailleurs, la carte est nette, simple : c’est le produit qui est mis en avant, tout simplement. Que ce soient les entrées (charcuterie, thon, sardines, huitres, terrines de 9 à 18€) à partager, les plats (14-22€), le fromage (7-16€) ou les desserts (7-8€), il y en a pour toutes les sensibilités. C’est simple et bon.
Glou et autres borborygmes
Pas mal de choix niveau vins. Glou, ça m’évoque les « repas-torche » à Supélec. Le principe: de grandes tablées, de la nourriture et du vin (souvent simples et pas forcément de belle qualité) à profusion, dans le but de s’amuser à se saouler entre amis : « Ami Chrisos, ami Chrisos lève ton verre, et surtout, ne le renverse pas (bis), et porte le au frontibus, an mentibus, au ventribus, au sexibus et glou et glou et glou et glou… ». Une fois le verre bu : « il est des nooôtres, il a bu son verres comme les autres, c’est un ivrooogne, ça se voit rien qu’à sa trooogne »". Bref, une espèce de rite initiatique, bon enfant, qui se terminait parfois en jeu vicieux consistant à faire boire les autres très vite et trop, pour s’amuser de les voir faire n’importe quoi. Il y avait d’ailleurs une majorité de Supélec à table ce soir là. L’ambiance, très amicale et agréable, fut quand même plus raffinée. Point de cubi chez Glou. Un joli choix de bouteilles : les bulles et les premiers prix (vins de copains, à partir de 18€), les vins de traverse sont moins ordinaires (à partir de 19€), alors que la méditation démarre autour de 30€. Les vins d’exception (à partir de 60€, ce qui reste raisonnable) et les Magnums complètent bien le répertoire.

Glou’time
Le temps que tout le monde arrive (la déco est assez épurée, contrairement à ce que j’ai pu lire ailleurs, je n’ai pas eu l’impression de me retrouver ailleurs), ça se remplit et ça devient vite assez bruyant (incovénient des murs presque nus, ça réfléchit le son). C’est une jeune serveuse, dynamique et souriante qui s’occupe de nous, mais elle ne sera pas la seul, il me semble que Ludo (dont le nom figure sur la note) sera également actif, surtout sur le vin.
Après simulacre de vote, nous démarrons avec une Terre Inconnue (Guilhem, 2005), du Languedoc (vin de table, 29€). La première gorgée, la bouteille à peine débouchée, fait peur! Ouhlalala, encore ces saletés de vins bios qui vont mettre deux-trois heures à s’aérer un peu pour devenir buvables. Quelques minutes, ça va déjà mieux. Dix minutes après, ça commence à être bien, c’est plutôt puissant (mais pas tant que ne le laissait penser la première impression) et bien frais.

Glou glou et miam miam
Nous nous partageons quatre entrées. Une bonne terrine de campagne (10€), avec une salade déjà vue, déjà mangée.

Ce fameux thon blanc non menacé de l’île d’Yeu, en fines tranches, un peu façon sashimi : les réactions sont variées, j’ai trouvé ça bon, mais rien d’extra (je trouvais que ça ressemblait un peu à du saumon fumé…), contrairement à A qui s’en est délecté.

Le jambon ibaïona (11€) est fameux, avec ses petits grains de raison confits. Le beurre est discutable.

La planche de charcuterie de Noir de Bigorre (chorizo, jambon, lomo, 18€) est sympathique également. Mais les tranches sont un peu fines. Ce sont de très bonnes choses, mais elles sont tout de même assez chères! Cela me rappelle un peu la Châtaigne, rue Miromesnil. La critique serait facile : on pourrait manger la même chose chez soi, et c’est d’ailleurs vrai. Mais comme le prix est, pour l’instant la seule petite réserve, ce n’est pas si grave.

Les entrées finies, nous passons à une bouteille de Cocalières (2006, 34€, oubliée sur l’addition?) qui sera tout de suite décantée. Le vin s’avèrere plus fruité et plus consistant que son prédécessur.

Glou round 2
Niveau plat, les Gambas de Madagascar (22€) et purée de patate douce, recueilleront trois suffrages. M prendra la Morteau (17€, servie avec des lentilles, et coupée en trois).

Burger 100% Salers (22€) pour moi. Avec, once again, le même accompagnement vert (OK, on s’habitue) et des petites pommes de terre. C’est vrai, c’est bon. La viande est irréprochable. Néanmoins, il manque un petit côté un peu plus cool, un peu plus fun que j’attends lorsque je commande et consomme un burger. Je ne parlerai pas d’âme burger, non, mais peut-être d’un peu plus de juteux, d’une sauve originale au fromage de Salers… Bref, c’est bien, pas top, mais bien.

Glou et mat
Pour les desserts, ce sera riz au lait (7€, avec un sablé mouton bogato), ou tarte ca-ca (8€cajou caramel) de ce pâtissier next door, Jacques Génin. Riz au lait bon, assez sucré (de toute façon, aucun riz au lait n’égale ceux de ma grand-mère paternelle, c’est bien connu), honorable.

Dommage pour cette petite tarte, nous avions lu tellement de bien des autres, que celles ci, archi sucrée et pas des plus légères, s’est avérée à moitié convaincante.

Légère déception sur les desserts (peut-être faute d’avoir pris un yaourt aux lentilles?). Mais qui n’entame pas la bonne impression (voire surprise) due au fait que hormis, le bruit, tout s’est déroulé comme sur des rails. Que de bonnes choses à dire sur le service, pas grand chose à redire sur les autres clients (OK, c’est parfois un peu m’as-tu vu, mais rien d’ostentatoire ni de rédhibitoire). La note, au final est de 45€/personne pour quatre entrées pour 5, un plat chacun, deux bonnes bouteilles de vin autour de 30€, dont une qui n’est pas facturée, quatre desserts, trois cafés et des carafes d’eau. C’est loin d’être donné, et je comprends que certains trouvent ça cher, même si ça a l’air simple.
Gloups
Le créneau de vendre plus cher des bons produits n’a rien de nouveau. Certains trouvent ça facile, ce n’est pas faux, mais si le résultat est satisfaisant à l’arriver, on ne leur reprochera pas de réussir en ayant été malins. Et c’est un peu ce qui se passe chez Glou. En soi, en faisant une bête décomposition, il n’y a rien de spécial, ni même de remarquable : des cadres simples, contemporains et sympas, il y en a plein, des bons produits aussi, un service bon et efficace, c’est plus fréquent qu’on ne le pense. Mais tout ça ensemble, c’est déjà plus dur à obtenir, et c’est justement le mérite de Glou, qui n’a aucune ambition culinaire particulière, si ce n’est de faire et de se faire plaisir. Faire du simple et du bon, c’est déjà très bien!
Quelques cafés (2,5€), alors que T nous rejoint pour la suite de la soirée.
Rédigé le 27/02/2009.
Complément du 05/03/2009 : un échange de quelques mails avec Julien Foin et sa femme confirme le bien que je pense de cette adresse.
Rédigé par chrisos
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