Etche Ona, bistrot
15 Place Floquet, 64220 St Jean Pied de Port.
tél. : 05 59 37 01 14.
Le deuxième restaurant conseillé par notre hôte à Saint Jean Pied de Port, après Iratze. Un avis avec un très bon score sur CityVox, le prix de la formule est annoncé à 29 euros. Ces 29 euros étaient déjà là depuis 2006 (l’Express) et toujours en 2007 (le Point). Le Fooding rapporte le même tarif, en avril 2008.
Seulement 3/5 sur Qype alors qu’il est écrit qu’il mérite le détour, où l’on apprend que le père et patron, Jean-Claude Ibargaray (Food & Wine) aurait remplacé son fils en cuisine… Le fils, c’est Michel, qui a affiné sa technique à Paris, chez Etchebest et Dutournier, passé quelques années à Saint Jean avant de retourner à Paris, pour s’occuper de la Cantine du Troquet.
Un coup de main et un coup de jeune, une parenthèse de quelques années avant de retourner à la grande ville? Je n’en suis pas sur à 100%, mais je pense que nous avons eu droit à la cuisine de Jean-Claude, ce qui pourrait aussi expliquer le prix plus raisonnable et moins parisien du menu-carte entrée, plat et dessert à 22 euros (sinon, entrée à 8EUR, plat à 12EUR et dessert à 6EUR). Coïncidence ou pas, c’est le même prix que le repas basque pris la veille chez Iratze…

Ce dimanche soir de la fin août, il y a déjà moins de monde dans le centre. La terrasse de l’Etche Ona est loin d’être comble et nous trouvons une table sans problème. La nappe est plus grande mais toujours rayée, dans des tons plus doux qu’ailleurs. Couverts standards.

La fin de la saison hôtelière d’été et ce retour au calme n’est pas déplaisant, en effet, la terrasse donne sur une place rond-rond point, un carrefour, qui peut être bruyant…

Le menu-carte est concis : trois entrées, trois plats et trois desserts, plus une ou deux suggestions du jour. La cuisine est assez bistro gastro et s’affiche moins basque traditionnelle que chez Iratze. Ils sont plus Fooding, assurément…
Service assez jeune, et plus expérimenté. Bon enchainement au début et jusqu’au plat. Un peu de flottement à partir du dessert. Les autres clients du restaurant avaient tous un certain âge, alors qu’il restait quelques randonneurs plus jeunes côté café lors de notre arrivée. L’emplacement central et l’apparence de cet hôtel restaurant peuvent attirer des touristes de base, comme ce couple et ses deux adolescents qui voulaient juste manger des glaces et qui sont finalement allés voir ailleurs.
La solution de facilité pour les propriétaires de l’Etche Ona aurait pu être de servir de la nourriture standard et pseudo typique, avec des menus touristiques, pour attirer les gogos. Heureusement, ils ont choisi une autre voie, celle de la qualité pour un prix pas vraiment plus élevé que dans un attrape touristes de base.
Assiette de charcuterie ibérique : du jambon, du gros chorizo et du lomo, belle portion, tout à fait réglo.

Une superbe entrée pas vraiment basque : tarte fine au parmesan, tomates confites et gambas poêlées.

Une jolie composition qui se mange très facilement. Intéressant jeu de textures et de saveurs.

Nous poursuivons avec le pavé de cabillaud aux écailles de chorizo, polenta crémeuse aux olives noires. L’accord poisson chorizo est assez classique, mais bien réussi, c’est bon et plutôt copieux. La polenta crémeuse ressemble à des œufs brouillés, mais c’est bel et bien du maïs. Là encore, c’est bien vu et bien fait.

Le feuilleté de joue de bœuf est plus original, plus rare. Il faut aimer la joue, son côté un peu cuit et parfois un poil gélatineux. Le feuilletage apporte un peu de sec à ce morceau moelleux. La sauce dense et riche aux câpres apportent à la fois rondeur et légère acidité. Les gros quartiers de pomme de terre, un peu soufflés complètent bien ce plat terrien.

Pour finir, le mi cuit au chocolat, sorbet aux poires recueille un franc succès. Cuisson impeccable qui lui donne LA bonne texture, chocolat fort et puissant, mais pas trop.

Nous avons accompagné ce diner d’une bouteille d’Irouleguy blanc (une vingtaine d’euros), ce qui a porté l’addition à un peu plus de trente euros par personne. Repas très agréable et belle surprise. Nous avons payé directement au comptoir, ce qui explique que je n’ai pas de trace de l’addition.
Rédigé le 24 décembre 2009.
Rédigé par chrisos
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