
KGB, Kitchen Galerie Bis,
25 rue des Grands Augustins, 75006 Paris.
Tél. : 01 46 33 00 85.
Pour lire ce qui a pu être écrit sur le KGB, je vous invite à consulter le teaser (KGB, FBI). Parfois c’est trop gros. Et quand c’est gros, je suis intransigeant : si on parle autant d’une adresse, c’est forcément parce qu’elle est nettement au dessus du lot, qu’il y a vraiment de l’innovation intéressante et positive. Et pas uniquement parce que le restaurant joue sur une réputation bien établie et sur une bonne agence de relations publiques…
La carte du mois de septembre est ici, le dossier de presse est là.
Réservation pour cinq dès mardi matin (il sont fermés dimanche et lundi, et avec tous les papiers qu’ils ont déjà eu, ils devraient vite être complets s’ils « délivrent » vraiment). Visiblement j’ai de la chance, puisque ça ne pose aucun problème. En plus de la presse, deux avis féminins très élogieux gonflent encore mes attentes. Sur iTaste, malgré quelques oui mais, les avis sont très favorables. Arrivé avec O un peu après 20h, nous retrouvons A qui était déjà là.

Nous sommes installés à la table d’hôtes (au fond de la première salle), une table haute qui accueille jusqu’à 8 personnes. Nous devions être six, mais nous ne serons que cinq, finalement. F arrive assez vite. Nous faisons connaissance, observons les lieux et étudions la carte. Pas fan de la déco de Ze Kitchen Galerie au début, je m’y suis fait. Pas sur que j’adhère à celle du KGB. C’est un peu trop brut, avec un éclairage blafard (ça se verra sur les photos), à cheval entre un service d’urgences et une morgue. Et puis ces murs nus, la réverbération sonore risque d’être gênante avec le remplissage de la salle!
La jeune serveuse nous propose un apéritif. Nous déclinons sa proposition et demandons de l’eau. Elle nous explique alors qu’ils traitent sur place l’eau du robinet (du réseau) avec un filtre au charbon, injectent du CO2 pour obtenir de l’eau gazeuse le cas échéant. 2,5€ la bouteille (de 50 ou 75cl?). Hum, c’est moins cher qu’une bouteille d’eau, certes, c’est plus écolo, OK, mais niveau marge, je pense que c’est encore plus scandaleux! Ce genre de solution est souvent proposé en Italie (où demander l’eau du robinet au restaurant ne se fait pas trop), par contre, elle est vendue moins d’un euro, et on ne compte pas les re-remplissages. Un peu agaçant!

M arrivera autour de 20h30. Nous avons eu le temps de nous pencher sur la carte des plats, et celle des vins. En entrée, des « zors d’oeuvres« , que William Ledeuil voit comme un équivalent français de tapas, antipasti voire de mezzés. 7€ les deux, 14€ les quatre, 20€ les six. Deux zors d’oeuvres font une entrée, d’après les explications de la serveuse puis de son collègue. Ils changent tous les jours, selon l’inspiration du chef et le marché. Soit, nous sommes cinq, nous prendrons deux fois six zors d’oeuvres (2*20€). Une autre bouteille d’eau municipale traitée. Pour le vin, il n’y a plus de Pic Saint Loup, un Saint Chinian (Canet Valet 2006, 32,6€) fera l’affaire. Vers 20h30, alors que les plats du jours annoncés étaient de l’agneau et de la rascasse, il ne reste plus d’agneau. O doit donc se rabattre sur le maquereau grillé, sans grand enthousiasme.
Nous sommes en bonne compagnie et échangeons nos bonnes adresses, partageons nos déceptions culinaires, conseillons certaines adresses. Pour une fois, nous n’avons pas été trop langues de putes…
Les zors d’oeuvres arrivent au bout d’un certain moment : en double, puisque nous en avons pris deux fois six. En vrac, une boulette à l’agneau, de la betterave, de la sardine, du cabillaud à l’aïoli qui ne sent pas vraiment l’ail… Un joli spectacle, mais niveau convivialité, on repassera. On ne peut pas vraiment se partager ces mini portions, parce qu’en général, en deux bouchées, c’est fini, hop! Ce que j’ai goûté m’a plus (boulette d’agneau) ou moins (betterave un peu simplette) plu. Peut mieux faire!

Amusant, mais pas assez abouti selon moi. Et on ne peut pas dire qu’on mourra étouffé avec ces entrées format dégustation pour nourrisson.

Les zors d’oeuvres terminés, nous avons encore le temps de disserter sur les mérites de tel ou tel chef trois étoiles (méritées ou pas), avant d’obtenir nos plats. Au passage, le pain m’a l’air un poil moins bon qu’à la maison mère. Les plats arrivent (peut être pas assez chauds, même ceux qui sont dans les cocottes Bernardaud, plus décoratives qu’autre chose) enfin.

Maquereau grillé (23€), laqué aux agrumes, miso pour ces dames (O et M), avec une purée légèrement exotique. Un peu tiède, dommage!

Joue de veau, girolles, jus thai, mostarda (26€) pour A et F. Très fondant, bien réussi.

Travers de porc confit, grillé, coriandre, gingembre (25€) pour moi. Pas mal du tout, même si ce n’est pas très pratique de manger dans ce récipient; et même si, à ce prix, j’aurais bien vu des portions un peu plus copieuses et autre chose que de petites pommes de terre. Fondant, gras et légèrement doux : ça se mange très bien.

J’avais déjà écrit que j’étais moins fan des desserts de ZKG que des entrées et des plats. Quid du KGB? Ils sont tous à 8€. Capuccino fraise, pistache, wasabi pour F.

Figues rôties, sorbet Fjord griottes pour O. J’y ai goûté, mais je n’en plus ai aucun souvenir, moins d’une semaine après!

Prunes « Reine Claude » confites, glace au gingembre, pour A et M. L’acidité marquée des prunes pousse M à se demander si ce n’est pas plutôt de la rhubarbe!

Pot chocolat Gianduja, glace coco, noisette du Piémont pour moi. Je ne retrouve pas la photo. A m’a envoyé une photo (merci!). Si l’on aime ce genre de chocolat (très sucré), why not, par contre, la cuiller épaisse qui sert à ramasser la glace fondue sur un plat plat sans bord n’est pas optimale. Pas vraiment vu de liant entre la glace et le chocolat liquide, servi dans un pot… Pour une raison qui m’échappe, il sera facturé 8,5€ au lieu des 8 annoncés sur la carte.

Café (3€) pour les afficionados. On s’en sort à une cinquantaine d’euros par personne pour un repas complet (entrées partagées, un plat, un dessert chacun, un peu d’eau, une bouteille de vin pour cinq), mais loin d’être extravagant. C’est fin, léger et digeste!
Pour résumer : zors d’oeuvres mini assez bons et un peu décevants, plats bons ou très bons, mais peut être pas assez chauds, desserts corrects. Nous avons passé une bonne soirée entre nous, le service (à part l’insistance pour les apéros) est gentil et aimable. L’endroit est très bruyant, à croire que les patrons de ZKG sont sourds ou n’ont pas appris du lieu précédent : c’est très surprenant! Je trouve qu’on a trop écrit et surtout trop vite sur le KGB. Il y a un potentiel évident, quelques défauts flagrants, mais surtout, il faudra encore un peu de temps pour finir de se roder et atteindre une vitesse de croisière durable. Je ne suis pas sur d’y retourner avant un bon moment. Je préfère nettement l’original…
Merci à mes camarades de diner : M, O, A (voir son article) et F pour la très agréable compagnie, pour m’avoir fait goûter certains de leurs plats et pour les photos.
Rédigé par chrisos
Lire aussi :
- Bistrot de l’Alycastre, 75006 : bonne maison
- La Rôtisserie d’en face (Jacques Cagna)
- Coco & co.
- Shu
- Diner au Comptoir du Relais


Le titre et le teaser sont plus « sanglants » que le reste de la chronique. Globalement c’était plutôt bien et pas trop rodé, c’est un peu souvent comme ça quand un nouveau resto ouvre (sauf s’il est de le départ dégueulasse bien sûr), non?
Je trouvais KG trop cher, vu que ça a encore augmenté avec l’étoile, je me rabattrai peut-être sur le bistrot, quand je rentrerai d’ici quelques mois. Avec un peu de chance ils seront plus « smooth » d’ici là.
Il ne semble pas vraiment y avoir de GRANDE différence avec le VRAI. Je ne comprends pas du tout l’idée ?? C’est pareil mais en moins bien , quoi. Je me contenterai de retourner au N°1… Et puis ces atroces bols-auge, ah non ça jamais.
Rosemary, très bien vu les auges!!!
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Qu’est-ce que c’est que ces prix ridicules pour les vins?
Quitte à payer un Limoux 38 euros, qu’on ne me le facture pas 38,1€!
>molok : j’aurais aimé dire que c’est la baisse de la TVA, mais non, puisqu’ils ont ouvert après le 1er juillet et qu’elle ne s’applique pas sur le vin et les autres boissons alcoolisées ou alcooliques
il n’y a pas de petit profit!
[...] adresse récente. Même les émanations des chefs reconnus ont besoin d’un temps de rodage (KGB est le dernier exemple). Il y a certainement plein de bonne(s) volonté(s) au Rue de Verneuil : la [...]
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