Kaveri, Indo-Pakistanais ++
Tags: Asnières, Clichy, France, Gabriel Péri, Hallal, indien, Indo-pakistanais, Kaveri, La Défense, Les Grésillons, Levallois Perret, Neuilly sur Seine
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Kaveri, restaurant indo-pakistanais
3-5 quai Aulagnier, 92600 Asnières-sur-Seine.
Tél. : 01 40 86 10 11. Site web.
Intro
Kaveri Jha est une jeune femme indienne, candidate au « concours » Miss Inde en 2005, devenue starlette de la TV et de Bollywood. Mais avant tout, le Kâverî est le nom d’un fleuve indien. Et c’est, depuis quelques mois, le nom d’un restaurant indien (indo-pakistanais, ne soyons pas sectaires) installé à quelques mètres de la Seine, à Asnières. D’ailleurs, pour la petite histoire, le Kaveri est installé à la place d’un restaurant qui s’appelait le Fleuve… Belle continuité non?
Emmanuel Rubin est allé au Kaveri pour le FigaroScope a apprécié et lui a décerné deux cœurs et 6,5/10. Déjà un avis avec 4/5 sur CityVox. Le Kaveri est dirigé par Didier Gobardhan, qui tenait auparavant un autre restaurant, Shah Jahan. Je ne connaissais pas ce restaurant, qui avait pourtant des avis souvent très favorables (et aussi quelques déçus) sur le net. Certains clients habitués de Didier n’ont d’ailleurs pas hésiter pas à faire le chemin pour le retrouver dans sa nouvelle adresse (même s’ils changent de prénoms en cours de route).

Accès
C’est F, gastronome élitiste (parfois radical?) à la plume bien trempée, responsable de la promotion et de la communication du Kaveri, qui nous donne envie d’y diner. Rendez-vous pris. Le jour J, après une demi-heure de voiture conduite par O, au cours de laquelle nous avons récupéré en route S, de 1001 Gourmandises, F, de Coup de Fourchette et WM, de Mr. Lung, puis traversé le périphérique et enfin la Seine, nous arrivons au Kaveri, laissons la voiture au parking et retrouvons A et F. L’emplacement du Kaveri n’est pas vraiment central pour des parisiens purs et durs, mais l’accès est plutôt facile, le parking permet d’éviter bien des tracas et ce quai d’Asnières n’est vraiment pas loin de la Défense, de Neuilly, de Levallois Perret ou de Clichy. En transport en commun, la station des Grésillons (RER) n’est pas trop loin, le métro Gabriel Péri est par contre moins évident.
Arrivée et cadre
Accueil cordial et sympathique par Didier, déjà précédé par sa bonne réputation. Vers 20h30, un mardi, il y a déjà quelques tables occupées par des couples ou de petits groupes. La salle est un grand rectangle pouvant accueillir une bonne soixantaine de couverts. Le mètre carré n’a pas besoin d’être exploité avec l’outrance de Paris, les tables sont grandes, l’assise confortable, il y a suffisamment d’espace entre elles pour ne pas être dérangé par les voisins et inversement. Nous nous installons à la grande table ronde située dans le coin à l’opposé de l’entrée. Parquet sombre, murs blancs, décoration sobre. Bien sur, quelques tableaux aux murs et des éléments de mobilier nous dépaysent un peu, juste ce qu’il faut. Kitsch et surcharge, les principaux reproches que l’on pourrait formuler sur la décoration des restaurants sont intelligemment évités ici. On s’éloigne du cliché parisien pour tendre vers une adresse de qualité et de standing. Je pense assez vite au Bombay Palace de Londres. C’est moins feutré, moins coincé et moins vintage que chez Yugaraj, plus dégagé qu’au New Jawad.

La carte
L’intégralité de la carte est ici. Les ingrédients servant de base sont les légumes, l’agneau, le poulet, le lieu noir ou les gambas et des épices. Loin d’être sectaire, la cuisine de Kaveri se veut ouverte à tous (les épices sont utilisées avec modération), notamment hallal compatible.
Les entrées vont de 5 à 22€ : des raita, pakora, samossa ou oignons bahjia pour des saveurs simples et nautrelles au plus riches mixed grill et gambas tandoori, en passant par les classiques kebab, tikka ou tandoori. Mention spéciale pour les cailles tandoori. Niveau pains (maison, bien sur) celles et ceux qui en ont marre du cheese nan (pain levé à la vache qui rit fondue), il y a, bien sur, d’autre types de nans, mais aussi du chapati (nature, non levé, à la farine complète) et du paratha (triangulaire, beurré, non levé).
Pas mal de choix au niveau des plats (agneau, boeuf, poulet et poisson, de douze à vingt-quatre euros) et des accompagnements : biryani (grand plat de riz aux 25 épices, 15-19€), légumes (des curry à base d’aubergines, lentilles, épinards, gombos, 8-9€), et riz basmati (safran, petits pois ou fruits secs, 2-3€). Contrairement à certaines adresses parisiennes où l’on facture des riz autour de 10€, au Kaveri, c’est nettement plus raisonnable.

La carte des desserts est mi-indienne (usual suspects: kheer, gulab jamun, khulfi), mi-glaces (boules, ou coupes glacées). Niveau boissons : le lassi proposé au Kaveri est fait maison, avec de la pulpe de mangue et différents parfums. Eaux, bières et sodas sont à des tarifs corrects par rapport à la moyenne parisienne (5€ le litre d’eau). Niveau vins, les plus curieux pourront goûter la production indienne, sinon il y a quelques bouteilles françaises standard (24-36€). La carte devrait s’étoffer de rhums (le patron est Indien, certes, mais de la Guadeloupe). Enfin, notons l’existence de trois menus à 24 (le midi uniquement, sauf dimanche) , 34 et 42 euros, qui ont l’avantage de cadre le prix et de limiter le choix des indécis. Après avoir pris connaissance de la carte et explorée, nous commandons et pouvons enfin passer aux choses sérieuses.
Round 1 : apéro
Des papadams croquants (2€) et agréablement parfumés pour accompagner l’apéro : lassis pour la majorité de la table. À la banane pour moi : frais, onctueux et assez léger. Lassi donc, en alternance avec du champagne (M&C, 68€ la bouteille) offert par Didier (merci!).

Le service est gentil, bien intentionné et plutôt compétent, malgré un peu de relâchement vers la fin de service.
Round 2 : les pains et sauces
Après l’apéro, les pains arrivent. Et avec les pains, du vin, un agréable Brouilly (31€). Longtemps adepte de la bière avec les préparations épicées et ou exotiques (les cuisines libanaises et de la Méditerranée ne le sont pas, à mes yeux), c’est chez le vénérable Tan Dinh de Monsieur Vifian que j’ai réalisé qu’un bon vin corsé pouvait faire un pendant respectable à des plats relevés. Le choix d’un vin du Beaujolais (Moulin à Vent chez New Jawad) n’avait pas déçu. Différents pains : nan nature ou cheese, encore tout chaud et légèrement gonflés ou paratha. Ce dernier étant pour moi. J’ai tendance à préférer ce type de pain à la farine complète, à la fois parce que je trouve le goût meilleur, mais aussi parce que la farine blanche me réussit un peu moins bien.

La bestiole se laisse manger avec les doigts (c’est légèrement beurré mais pas gras), nature, ou accompagnée d’une des trois sauces de la trilogie : douce et sucrée au tamarin, verte, plus relevée à la coriandre ou carrément épicée (avec des morceaux).

Round 3 : le plateau d’entrées
Les entrées ne tardent pas à arriver. Un bel assortiment sur un plateau géant comprenant des samossas légumes et poulet, beignets d’aubergines, des viandes au tandoor, et notamment une très bonne caille. Chacun pioche dans le plat. Goûte, se régale et échange avec les voisins.

Fidèle à la tradition (ou au folklore), des légumes tapissent le fond du plateau et décorent l’ensemble. il s’agit ci dessous du même plateau, pris de l’angle opposé. La sculpture en carottes est impressionnante!

Une belle façon de découvrir l’étendue des possibilités. Une mention particulière pour la caille et les beignets. Alors que, une fois les entrées et le pain terminés, je me fais la réflexion que j’ai déjà bien mangé (en qualité et quantité) je réalise que ce n’est pas si épicé que ça. J’avoue que ça me convient très bien, je n’aime pas avoir à boire une gorgée d’eau après chaque bouchée. Certains de mes petits camarades aurait bien aimé une touche un peu plus « hot’n spicy« . Une autre fois, il ne faudra pas hésiter à le préciser à la commande.
Round 3 : plat de résistance et accompagnements
Après un petit intermède, la suite se déroule aussi bien que jusqu’à présent. La table se remplit de petits plats : batter, vindaloo, masala, dal sag, shahi korma, avec de l’agneau, du poulet ou des gambas pour les plats. Un, puis deux, puis trois…

Les accompagnements arrivent à leur tour : dal sag, aubergines, épinards, dal makheni, riz…

On pioche, on goûte, on se fait sa propre sélection, et on recommence…

Agneau tikka masala : d’abord saisi et grillé au four, avant d’être attendri par sa sauce. Madras un peu plus relevé. Shahi korma: du gigot (bien fondant) parfumé aux fruits secs: pistaches, noix de cajou, amandes effilées. Le madras, assez tendre, a obtenu un certain succès. Ce n’est jamais facile de juger si la quantité est suffisante à priori, quand tout est réparti dans de petites assiettes. Je vous assure qu’ici, c’était très copieux. Mais la gourmandise pousse les plus courageux à finir les petits plats.
Round 4 : desserts et digestifs…
Nous avons très bien mangé jusqu’à présent. Les plus raisonnables calent et se contentent d’une boisson (un lassi à la rose, par exemple). Les autres se laissent tenter par des desserts typiques.Il n’y avait plus de Gulab Jamun, je me console donc avec un kulfi à la mangue (11€ : glace indienne maison, lait, pistaches, noix de cajou et mangue). Mes camarades finiront avec des kulfi mangue, des kulfi « nature » (9€) ou des gujrela (6€, un gâteau essentiellement à la carotte). La texture du Kulfi est particulière : rien à voir avec les glaces à l’occidentale (italienne, française ou américaine), ni à la Moyenne orientale (l’originelle, où les sherbet / sorbets sont nés). Sans être particulièrement froide, et sans doute parce que le mélange n’est pas complètement homogène, les ingrédients semblent cristalliser et donnent une consistance assez particulière au kulfi. Rien à voir avec une mauvaise glace qui aurait mal recongelé, mais ça peut surprendre la première fois.
s
Cafés ou digestifs pour ceux qui ont encore un peu de place.
Conclusion
Une très bonne soirée. Dépaysement, à la fois parce qu’on sort de Paris mais surtout grâce à ce qu’on trouve dans nos assiettes. L’attention de Didier et son sourire rajoutent au charme de l’adresse. Certes, il y a bien quelques petites améliorations (être plus proche de Paris, quelques coquilles sur la carte, éventuellement proposer à ceux qui le souhaitent des plats plus épicés), mais, dans l’ensemble, le Kaveri s’en sort très honorablement et rejoint le New Jawad parmi les indo-pakistanais de très bon standing avec un rapport qualité prix raisonnable. Le New Jawad est plus proche de chez moi, mais le Kaveri est plus chaleureux et possède quelques avantages.
J’ai été invité et particulièrement bien traité (merci!) au Kaveri, et j’y retournerai avec plaisir. Ils ont en plus le bon goût de livrer à domicile et ils desservent le 7e, à tester? D’autres avis sur le Kaveri chez S, O, F, A.
Pour en savoir plus sur la cuisine indienne, vous pouvez faire un tour sur le blog de Pankaj.
Rédigé par chrisos
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Un grand bravo au patron de cet établissement, d’abord pour saluer l’esprit entrepreneur, par les temps qui courent il semble juste d’encourager de telles initiatives. Il est sympathique, chaleureux, sincère et son établissement sera à son image lorsqu’il aura quelques mois d’existences ! Sinon la cuisine excellente, des plats gouteux. Un cadre contemporain pour une cuisine exotique, c’est bienvenu.
Bonne chance et surtout beaucoup de succès
[...] virée à Asnières sur Seine pour diner au Kaveri avec des amis bloggueurs. Le voyage ne fut pas [...]
Effectivement, la cuisine est vraiment excellente. Avec les restaurants indiens, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre, et là, bonne surprise! J’ai aussi beaucoup apprécié le côté authentique: on peut manger indien de l’entrée jusqu’au dessert, et même jusqu’au thé Punjab’. En ce qui concerne la déco, le cadre est jolie mais j’avoue que je n’y ai pas vraiment attention. Juste une chose: les tables sont espacés, on ne se marche pas dessus… bref on est à l’aise.