La Villa, avenue de Friedland, décoiffant!

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20091230 la villa La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

La Villa, brasserie moderne
37 avenue de Friedland, 75008 Paris.
Tél. : 01 82 28 75 08. Site Web

Marie Claire nous apprend, dans son numéro de Janvier 2010 que les « maitres » du « Café Chic et du Magnifique » ont ouvert deux nouvelles adresses, face à face, avenue de Friedland : « un restaurant chic« , La Villa et un « boudoir« , Le Secret (en fait un bar à cocktails). La boîte à sorties nous apprend également l’ouverture de cette nouvelle adresse, « un « lounge spacieux » appartenant à Addy Bakhtiar (qui a des parts dans le Régine, la honteuse Paiva, le sale ShowCase et autres adresses de la nuit). La Villa a un  responsable RP efficace!

C’est en cherchant une adresse où déjeuner ensemble que A (LesRestos.com), toujours très bien informé et à l’affut des nouveautés m’apprend que le chef de la Villa a changé. Les maigres résultats que j’obtiens sur internet sur la Villa Friedland ne font pas très envie, mais je fais confiance à mon ami et réserve une table pour deux, mercredi à 12h30.

C’est dans l’article sur lesRestos.com (rédigé suite à notre déjeuner) que l’on trouve le plus d’informations factuelles. On obtient notamment les noms de tous les propriétaires : Julie et Olivier Demarle, associés à Addy Bakhtiar. On apprend également que le chef, Pierre-Thomas Clément, est passé par les Ateliers de Joël Robuchon de Paris et de Londres. Son second est aussi un ancien de Joël. Le 5 janvier 2010, Emmanuel Rubin, du FigaroScope, décerne deux cœurs à la Villa.

La Villa est le genre d’adresse dont je ne suis pas fan à priori : tenue par des propriétaires spécialistes de la « Nuit », ce qu’on voit en premier dans ce genre de restaurant bar brasserie lounge aux grands volumes, c’est la déco, puis l’équipe de salle souvent castée, et une clientèle presque toujours m’as-tu vu qui se croit branchée, mais que je trouve pathétique… Du Costes-like, sauf qu’en plus ils sont installés dans des quartiers particulièrement ingrats : le 75008. Buddha-bar, Man Ray, Cantine du Faubourg ne sont que des exemples. Cela « loungeait » à fond à la fin des années 90. Certains vivent encore grâce à l’inertie de la réputation auprès des touristes, étrangers, provinciaux ou banlieusards, d’autres ont disparu, certains se maintiennent et se permettent d’être hautains et désagréables avec leurs clients. Et très souvent dans l’assiette c’est banal et cher, au mieux correct…

Un petit effort pour laisser ses préjugés à l’extérieur. On découvre d’abord la terrasse de la Villa, qui accueillera cet hiver les fumeurs, en attendant que le petit salon fumoir soit opérationnel. Du blanc éclatant et tout neuf. J’espère pour eux que ça ne vieillira pas aussi mal qu’au White de Beyrouth.

20091230 la villa 0 terrasse La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Une fois la grande porte franchie, on traverse un couloir donnant sur la première salle côté rue. Je garde mon imper avec moi et décline la proposition de le laisser au vestiaire. A est déjà installé, avec une demi-bouteille de San Pellegrino (4,5€, pas donné, mais en ligne avec le quartier…) et une assiette de jambon cru ibérique extra tranché archi fin. Un bon cadeau de bienvenue, de la part de Vincenzo, le responsable de salle, qu’A croise de temps en temps, au fil de ses pérégrinations restaurantesques.

20091230 la villa 0 table+jambon La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Un coup d’œil rapide à la salle confirme que la décoration est toute fraiche : même blanc éclatant que dehors pour les banquettes moelleuses. Les tables au plateau de marbre foncé proposent un bon contraste, alors que les grands panneaux de bois gris qui recouvrent les murs apportent une touche zen et chic.

20091230 la villa 0 table La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope) 20091230 la villa 0 salle La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

C’est encore tout nouveau, il n’y a que quelques tables occupées. En plus de Vincenzo, deux jeunes femmes élancées et jolies (une blonde et une brune) assurent le service avec attention.

La carte, comme dans d’autres établissements du même style,  est bien rangée (par prix croissants) et assez variée : entrées de 12 à 28€ (gyoza, carpaccio de boeuf, cambas, burrata, salade césar, tartare de daurade, saumon fumé, crabe et homard), encas faciles 16-20€ (tartare de boeuf, burger et jambon), poissons 24-34€ (thon, Saint-Jacques, sole), pâtes et risottos 16-32€ (spaghetti tomate basilic, ou carbonara, risotto de gambas ou « linguini au lobster« )… Le plat du jour est à 21€, les viandes sont à 21-34€ (poulet, foie de veau, épaule d’agneau, tournedos ou entrecôte). On ne manque pas de choix non plus sur les accompagnements (6-10€) : frites maison, haricots verts, purée maison, pommes grenaille, purée truffée. Pour les formages, c’est plus laconique, l’assortiment est à 9€. Desserts classiques 9-12€ : Paris Brest, Fontainebleau, Mont Blanc, Saint Honoré, tartes, au citron meringué ou aux pommes au beurre salé. On peu s’en sortir autour de trente euros avec un petit appétit, alors que ça peut vite dépasser les cinquante euros par personne si on se lâche un peu.

A démarre avec le tartare de dorade (18€), frais légèrement assaisonné, bien iodé et avec ce qu’il faut de fermeté.

20091230 la villa 01 tartare dorade La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Pour moi, le velouté de châtaigne (14€) proposé avec une crème de lard. Une belle entrée de saison, dans laquelle on sent bien la châtaigne, sous forme liquide et avec quelques lamelles. Ce n’est pas très original, mais c’est bien réalisé et les produits sont de qualité. Un verre de Saint Joseph (autour de 8€, il me semble, qui sera finalement offert) pour accompagner mon repas.

20091230 la villa 01 veloute chataigne creme lard La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

A se laisse tenter par le plat du jour (21€), une belle escalope de veau à la crème proposée avec une fricassée de champignons et accompagnée de frites. Tendreté et goût sont au rendez-vous. La crème a pile la bonne texture, ni trop liquide, ni figée, ça vit, c’est bon.

20091230 la villa 02 escalope veau La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Noix d’entrecôte de Bavière (30€) servie avec une bonne sauce béarnaise et des frites maison pour moi. Les frites sont vraiment bonnes et sont mieux réussies que chez Tico (qui présente pas mal de points communs avec la Villa : grand espace, tarifs bien en ligne avec le quartier, carte variée…). Mais l’entrecôte, elle, est mythique : tendre, savoureuse,  fondante, extra quoi! Je pense tout de suite à celle proposée à l’Atelier de Robuchon, avant de savoir d’où vient le chef et je me dis intérieurement qu’ils doivent avoir le même fournisseur. En fin de repas, le chef confirmera son « origine » et celle de la viande. Une très grande qualité, un énorme plaisir!

20091230 la villa 02 noix entrecote baviere bearnaise La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Je ne peux pas m’empêcher de zoomer sur cette belle bête.

20091230 la villa 02 noix entrecote baviere bearnaise zoom La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

A, après avoir bien hésité avec le Paris Brest, se décide finalement pour la tarte au citron meringuée (11€). Jolie, sobre et bonne.

20091230 la villa 03 tarte citron meringue La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Mon fontainebleau aux fruits rouges (9€) est joliment présenté. Le fromage+crème fouetté est honorable et pas servi trop froid, les fruits rouges donnent un bon rendu visuel, mais ce n’est plus forcément de saison…

20091230 la villa 03 fontainebleau fruits rouges La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

A termine avec un cafe (qui sera offert). Nous prenons notre temps pour terminer tranquillement. Vincenzo nous présente le chef et son second, que nous félicitons et encourageons à garder la même qualité. Il revendique de faire de la cuisine de brasserie de qualité, simple, avec de bons produits. Oui, pourvu que ça dure! Nous demandons ensuite l’addition qui mettra quelques minutes à arriver. Un peu moins de 60€/personne avec un verre de vin rouge et un café offert (je n’en prends pas), c’est en ligne avec ce qu’on peut payer dans ce genre d’établissement, en mangeant à la carte. Pas vraiment donné, certes. Pas de miracle au niveau du prix. Par contre, la différence entre la Villa et une Cantine du Faubourg, un Tico ou un Costes se fait dans l’assiette : c’était bon chez Tico, mais j’ai trouvé ça plus réussi à la Villa. Avec un peu de chance, l’accueil et le service garderont leur bonne humeur et ne sombreront pas dans les travers de leurs concurrents. Je compte y retourner bientôt.

En partant, un petit tour dans la grande salle à laquelle on accède après avoir longé le bar. C’est vrai qu’il y a de l’espace!

20091230 la villa 0 salle 02 La Villa, avenue de Friedland, décoiffant! (ChrisoScope)

Voir également l’article d’A, sur le même déjeuner.

Rédigé le 10 janvier 2010.