fév 06

Je ne veux pas défendre le Guide Michelin. Loin de là, je leur reproche de ne pas être transparent, de ne pas fournir assez de détails dans leurs guides, ce qui ne permet pas aux lecteurs de savoir selon quels critères et avec quelle importance sont évalués les restaurants. En gros, il faudrait leur faire aveuglément confiance, ce qui n’est pas une mince affaire.

Et je trouve que le Fooding n’est pas meilleur à ce niveau-là. C’est même parfois pire, avec des commentaires pas forcément très clairs… Certes, ils sont actifs, ils ont un très bon réseau et sont donc bien renseignés, ce qui leur permet d’arriver souvent en premier, mais ils n’ont pas le monopole. L’article de Bruno Verjus (Bib Gourmand Copy Cat) sur le sujet m’a paru un peu gonflé, un poil snob et assez prétentieux.

Je conteste notamment son très binaire et simpliste : « Il suffisait que le Fooding y pense pour que tous s’y engouffrent !« 

J’ai réagi à chaud dans les commentaires, et je lui dis à nouveau : non, le Fooding n’est pas une entité dotée de super-pouvoirs, ils font ce qu’ils peuvent, souvent avec réussite, mais il reste encore pas mal de place pour les autres.

Pour étayer mes propos, je me suis amusé à parcourir rapidement la liste des restaurants parisiens répertoriés dans le Fooding. En quelques minutes, j’ai trouvé quatre adresses dont j’ai parlé sur ce blog entre quelques semaines à quelques années avant le Fooding : l’Afghani (Fooding), Pramil (Fooding) , le Passage de Senderens (Fooding), et Makoto Aoki (Fooding).

Ces adresses là, je les ai connues par le bouche à oreille. À part l’Afghani que j’ai moyennement apprécié, ce sont des valeurs sures, avec un rapport qualité/prix plus que correct. Je suis seul à animer ce blog pendant mes heures de loisir, je fais à la fois le « terrain », les photos, la gestion du site, les textes, et j’ai réussi à « trouver » quelques adresses et à en parler avant le Fooding!

En plus, Pramil et Makoto Aoki étaient dans le Michelin avant que le Fooding n’en parle! Il ne fait aucun doute que la « couverture » du Fooding n’est pas suffisante et que le Michelin et d’autres sont toujours d’actualité.

Je pense qu’avoir plusieurs sources d’information et d’idées de qualité est une très bonne chose dans tous les domaines. Pour les restaurants à Paris et dans le reste de la France, Michelin et Fooding ne visent pas les mêmes personnes et sont d’ailleurs souvent complémentaires… Les amis du Fooding n’ont aucune raison d’être jaloux du Michelin, ni de s’imaginer qu’ils ont le monopole du bon goût. À moins que la « philosophie » du Fooding ne soit totalitaire et que les zélateurs du Fooding ne soient des ayatollahs.

Une fausse guéguerre.


Rédigé par chrisos


Lire aussi :

6 Réponses à “La route est encore longue pour le Fooding et ses adorateurs”

  1. Bruno Verjus a dit:

    Bravo cher Chrisoscope ! Vous êtes le meilleur, pas prétentieux du tout, une chance …
    En revanche les lectures que vous faites de mes post sont obliques.

  2. chrisos a dit:

    >Bruno Verjus :
    vous avez trouvé le débat stérile et vous n’avez pas publié mon dernier commentaire. Je me suis donc permis de développer un peu et d’exposer des faits montrant que le Fooding « suit » aussi les autres et parfois le Michelin.
    Quant à Makoto Aoki, je n’ai toujours pas compris pourquoi vous ne l’avez pas trouvé dans l’esprit Fooding et pourquoi E.R. (Emmanuel Rubin?), lui, l’a trouvé.
    Je suis toujours partant pour une initiation, ou du moins quelques pistes, pour mieux cerner la « philosophie » Fooding (que je ne trouve, au passage, ni meilleur ni pire que les autres Guides sur les restaurants).

  3. stephane a dit:

    tu écris en parlant du fooding « ils n’ont pas le monopole » et conclure qu »En quelques minutes, j’ai trouvé quatre adresses dont j’ai parlé sur ce blog entre quelques semaines à quelques années avant le Fooding » « un poil snob et assez prétentieux » non?

  4. chrisos a dit:

    >Stéphane qui ne veut pas qu’on mentionne son nom de famille :
    Ah, ah, commençons par une petite remarque sur la forme. Sur quatre lignes de commentaires, il n’y en a même pas une entière de toi!
    Passons au fond
    Contrairement à Bruno Verjus qui fait partie du Fooding et pour qui : « Il suffisait que le Fooding y pense pour que tous s’y engouffrent », je ne m’amuse pas, en temps normal, à me vanter d’avoir découvert une adresse, et je n’en veux pas aux autres s’ils recommandent eux aussi une adresse que j’ai appréciée et dont j’ai écrit du bien, au contraire…
    Dans cet article non plus, il n’y a aucune prétention de ma part. J’illustre simplement ma théorie selon laquelle le Fooding n’est pas qu’un découvreur, mais aussi parfois un suiveur : les quatre adresses dont je parle étaient déjà découvertes et référencées dans d’autres guides que le Fooding, ils n’ont donc pas systématiquement la primeur.
    Ce qu’il fallait voir ici, c’est que, si un petit bloggueur amateur et franc-tireur parvient à parler d’adresses avant ce grand guide (avec sa propre philosophie!) qu’est le Fooding, c’est que le Fooding n’est pas si grand ni si « puissant » que ça.
    Sur ce blog, pas question d’être snob, au contraire, le but est de vulgariser, démystifier et apporter plus de transparence au petit monde des restaurants, avec une touche subjective affirmée et revendiquée. Proposer directement et explicitement aux lecteurs qui le souhaitent de se joindre à notre petit groupe pour des diners occasionnels, je ne trouve pas ça snob, mais plutôt une marque d’ouverture.

  5. stephane a dit:

    Ces quatre lignes résumes parfaitement l’esprit de ta note il n’était donc pas nécessaire d’en rajouter.
    Enfin pour un franc tireur, on ne peut pas dire que tu sois très joueur, tu sembles avoir la procédure facile, sans doute un reste de l’affaire Alain N.

  6. chrisos a dit:

    >joueur, je suis très joueur, de quoi parles-tu?
    c’est amusant, tu fais sans cesse allusion à des histoires passées et dépassées, à quoi te refères-tu quand tu parles de l’affaire « Alain N. »?

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