Racines, 75002, si vous êtes dans le quartier et que vous avez 50euros+ à claquer, pourquoi pas!

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Racines, cave à vins, bistrot
8 Passage des Panoramas, 75002 Paris.
Tél. : 01 40 13 06 41.

En bref

Racines, crée fin 2007 par Pierre Jancou, a vite été revendu fin 2009. L’équipe restante (Ewen Lemoigne, sommelier intégriste, et Sven Chartier, chef) n’est pas restée longtemps sous la direction de David Lanher (le repreneur) avant d’ouvrir Saturne. Pourtant le concept reste à peu près inchangé : une cave à vin où l’on propose à manger. De la cuisine simple (le chef s’appelle Renaud Marcille depuis l’automne 2011), avec de (très) bons produits. La déco quelconque, l’assise peu confortable et la cuisine assez simple sont pour moi synonymes de bon marché relatif. Pouvoir y déjeuner à une grosse trentaine d’euros (sans les boissons) me semblerait honnête et ce serait une vraie bonne affaire. Mais quand il n’y a pas d’adresse décente dans le quartier et qu’on joue la carte produits top, on dépasse vite les cinquante euros/personne avec un pauvre verre de vin. En soi, je trouve ça trop cher! Comme je ne travaille pas dans le quartier et que cela ne m’a pas emballé, j’ai peu de raisons ou d’occasions d’y revenir. Cela ne les empêche pas d’être complets.

Sur-exposition médiatique

On comprend donc que Racines a été ouvert, Passage des Panoramas, par Pierre Jancou (liquidateur des Caves Miard, devenues la Crèmerie) le 16 octobre 2007, avant d’avoir le gaz. Quelques temps après, début 2008, le gaz était branché, des plats chauds pouvaient enfin être servis. Sven Chartier officiait en cuisine, Ewen Lemoigne en salle. Pas mal de monde en a parlé au moment de l’ouverture :  l’ExpresslesRestos.com, Caroline Mignot, François Simon, moi-même (2007), re TableàDécouvert, Chroniques du Plaisir (suiveur) Coup de Fourchette et David Lebovitz (2008), Olif, voir aussi ParisbyMouth. Même des bloggueurs non gastro en ont parlé : Thomas Clément, et Mry (qui semble y avoir ses habitudes).

Fin 2009, Pierre Jancou, après avoir bien lancé l’affaire, retire ses billes (mais on dirait qu’il reste propriétaire du local), pour préparer le lancement de Vivant fin 2010. Meg Zimbeck gratifie d’ailleurs Pierre Jancou d’un « émouvant » post d’au revoir (dans lequel il admet avoir choisi cet emplacement puisqu’à côté de la plupart des rédactions!). Deux cœurs décernés par le FigaroScope après le départ de Pierre Jancou (2009), à nouveau Thierry Richard (2010), un « Bien » dans Télérama (2010, anachronique, puisque Jancou est parti fin 2009!). Sven Chartier et Ewen Lemoigne rendent leurs tabliers début 2010, pour ouvrir Saturne mi-2010. Une autre équipe les remplace en cuisine (Nicolas Gauduin) et en salle. Poële à gratter apprécie (fin 2010). Cela se calme un peu en 2011, avec Resto-de-Paris (2011), le Fooding (remis à jour mi 2011?), Le Monde (qui parle des deux adresses). Sur Chowhound, les avis sont moins enthousiastes (très bien, mais bof, trop convenu). En cuisine, Nicolas Gauduin sera transféré, en octobre 2011 à Racines 2. Il est remplacé par Renaud Marcille.

La palme de la sur-exposition revient sans conteste à FoodIntelligence : début novembre 2007, janvier 2009, mars 2009, septembre 2009, novembre 2009, janvier 2010, février 2010, juin 2010, octobre 2011, Racines (2) en octobre 2011.  Dix mentions, dont 4 en 2009, 3 en 2010 et 2 en 2011 (ouf, en principe on ne devrait en avoir qu’une en 2012!). Il faut dire que ça tourne, changement de propriétaire, changement de chef, changement de serveur. Dommage que l’on n’ait pas été gratifié d’un portrait du plongeur ou du comptable…

Sur les sites d’anonymes, les avis sont entre très bons et moyens sur CityVox, et Qype.

Déjeuner du 6 décembre 2011

J’y déjeune en compagnie de Docteur Mix, camarade de prépa (Nice, 1997-1999), parfois co-équipier au foot, et retrouvé grâce aux blogs quelques années plus tard à Paris. Je le retrouve sur le boulevard Montmartre, à l’entrée du Passage des Panoramas. Le temps d’accrocher mon Vélib’ à la borne, et hop, nous entrons voir le panorama. C’est plus animé que lorsque je passe par là d’habitude (le soir ou le week end). Le passage est même envahi par les « terrasses » de plusieurs adresses pas forcément toutes très excitantes (mais bientôt toutes couvertes par Resto-de-Paris?). Arrivés devant Racines, j’ai l’impression que ça n’a pas vraiment changé par rapport à ma visite il y a quatre ans, jours pour jour (6 décembre 2007). La salle est loin d’être remplie à 12h30 (Mix avait appelé la veille pour réserver), ce qui nous laisse la possibilité de choisir notre table : table pour deux, sur la gauche en entrant.

Prix ++ pour un bistrot

Nous nous installons, essayons de déchiffrer la carte ardoise : quatre entrées (11-14€), trois plats (28-30€), deux desserts (8-9€) et deux choix de fromages… Les prix volent haut pour un bistrot. Le prix d’un plat est à peu près ce que j’aurais espéré et apprécié pour une formule déjeuner dans un endroit de ce genre. Droit de bouchon de 8€ pour chaque bouteille de vin (nature, bien sur) bue sur place. De toute façon, à midi, pas question de boire plus qu’un ou deux verres.. J’avoue que les entrées m’inspirent moyennement.

FAT

Nous partagerons donc une tourte froide de gibiers, mesclun : 14€, pas mal, mais pas très généreux, sauce salade pas mal du tout.

Le service (masculin) est gentil mais inégal.  Entre le moment où nous nous sommes assis et celui où nos plats sont arrivés, plus de quarante cinq minutes se sont écoulées. La table derrière moi, arrivée peu après nous, a reçu ses plats avant nous.

Mix prendra ensuite le gigot de mouton doublon (castré) rôti aux herbes, aubergines au massala (28€ présentation comme à la cantine, bon car assez gras, aubergine super grasse), cuisse de chapon (castré, lui aussi) rôtie sur la peau, légumes Racines (30€, très bonne volaille, mais là aussi, les légumes étaient luisants) pour moi. Ils semblent spécialisés dans les castrats! Dommage de servir des légumes enrichis en gras quand la viande ou volaille est déjà suffisamment grasse. Cela masque un peu le goût des légumes et alourdit inutilement l’ensemble. Je ne sais pas si c’est le vin ou l’excès de beurre, mais la digestion de l’après-midi ne fut pas évidente.

>Les plats sont très bons, même si trop gras. C’est copieux. Encore heureux, à 30€ le plat, avec un dressage inexistant.

Desserts sans grand intérêt

Les desserts, aux intitulés prometteurs, et aux dressages plus soignés que ceux des plats, s’avèrent OK, mais sans plus. Nous partageons les deux desserts du jour. Fraicheur d’ananas à la coriandre, espouma (sic) coco (8€) : de la gueule mais plus grand chose quand elles passent en bouche. L’ananas mériterait d’être plus mûr. La coriandre apporte de la fraicheur, mais l’accord est très conventionnel et il y a trop de cordiandre (pour masquer le gout de l’ananas?). Mettre de la noix de coco avec de l’ananas est aussi très standard. Un classique pas très bien restitué. La crème tendre de chocolat, anglaise safranée (9€), vue en photo ailleurs, ne doit pas être un dessert du jour, mais du mois ou de la saison. Le chocolat en soi n’est pas mal, même si il pourrait être plus fort. Par contre, les billes recouvertes de chocolat noir qui décorent la quenelle apportent en drôle d’effet, niveau texture et niveau goût (ce n’est pas du chocolat noir pur, à l’intérieur c’est fade). Quant à la crème anglaise safranée, c’est plus un effet de style qu’autre chose, cela n’apporte rien.

>On peut passer les desserts sans rater grand chose. Mix avait demandé son café en même temps que les desserts, il a fallu le réclamer.

Bilan

Je garde un bon souvenir de mon chapon, même si les légumes sont trop beurrés. Le vin (un St Joseph ou voisin, ~7€ le verre) ne m’a pas vraiment marqué. Le reste n’était pas mal, mais pas  marquant. Le service n’est pas méchant, mais ne s’est pas très appliqué avec nous. À l’arrivée, on s’en tire à environ 105€ à deux (une entrée partagée, un verre de vin chacun, un plat chacun, un dessert chacun, et un café pour Mix) sur une note rédigée à la main, assez chaotique et peu lisible. Ce n’est pas désagréable, mais c’est cher pour ce que c’est. Donc pas vraiment une adresse où je retournerai bientôt. Une fois tous les quatre ans, c’est largement suffisant!