Shang Palace Paris, restaurant cantonais, Shangri-La (75116)
Tags: 75016-75116, Chinois, Dim Sum, Exo-Chic, Frank Xu, Iena, Paris, Philippe Labbé, Shang Palace, Shangri-La, thé, Vapeurs
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Shang Palace, restaurant gastronomique, cuisines de Canton et de Huaiyang.
Hôtel Shangri-La
10 avenue d’Iéna, 75116 Paris France.
Tél. : 01 53 67 19 92. Site Web.
Résumé
Le Shang Palace, restaurant gastronomique chinois du Palace Shangri-La, a ouvert ses portes en septembre 2011, et propose une haute cuisine, plutôt fidèle à la tradition chinoise. Le test des Dim Sums est tout à fait concluant, et les autres spécialités goûtées ne sont pas en reste. Dépaysement garanti! La carte est longue et riche, plusieurs visites seront nécessaires pour se faire une idée complète de tous leurs talents.
Introduction
Revue de presse et de blogs
LesRestos.com, aime passionnément. Emmanuel Rubin lui a décerné trois cœurs, en parle dans l’Officiel. Le FigaroScope en fait la meilleure table exo-chic de 2011. Pudlo trouve ça fade mais so chic, et le dit aussi dans LePoint. Sur Slate, Nicolas de Rabaudy prédit trois étoiles Michelin en mars 2012! Philippe Couderc en parle en vidéo. Alec Lobrano lui décerne un A-/B+. Mry a eu droit à un test en avant première, et trouve tout excellent sauf les desserts. FigaroMadame s’intéresse aux différences culturelles entre Philippe Labbé et Frank Xu. Pierre Rival en parle dans LesEchos.
De nombreux sites : IntheMoodforLuxe et l’Hôtellerie-Restauration, PositiveEating, Positive Living, semblent reprendre le dossier de presse, DoItInParis, Parnasse, ParisBouge, aussi, en version courte. Un peu plus de travail sur ParisLifestyle. Pas mal de détails intéressants sur le lancement et les préparatifs sur l’Express.fr.
François Audouze y retournera. P’tipois, qui séjourne souvent en Chine, trouve le Shang Palace très bon, excellent, mais cher. Deux visites de ChihiroMasui : la première en mi-teinte, la deuxième plus convaincante grâce aux Dim-Sums. Luxeat trouve le Shang Palace bon, mais pas aussi bien qu’un bon restaurant en Chine. Le Shang Palace est référencé sur ParisbyMouth. Sur CityVox, c’est un 5/5.
>Le Shang Palace Paris, ouvert à la rentrée 2011, bénéficie déjà d’une très belle couverture médiatique!
Curiosité
Je me demandais à quoi peut bien ressembler un restaurant gastronomique chinois très haut de gamme. À Paris, en général, la cuisine chinoise est plutôt associée au traiteur de quartier bon, voire très bon marché, ou au bouiboui sordide autour de l’avenue d’Italie ou de Belleville. Certes je n’ai pas testé les adresses préférées de Sophie Brissaud). Les nouveaux venus : Yoom (non testé), Sum et Mitsou ne m’ont pas convaincu. Ces deux derniers donnent plus l’impression d’être dans des fastfoods à thème opportuniste que dans une vénérable et respectable institution chinoise. Je ne suis pas fan non plus des Chez Ly (plusieurs adresses à Paris), à cause de la cuisine hybride chinoise-thaïlandaise et de l’abus de mono sodium de glutamate.
Il y a, bien sur, quelques adresses parisiennes plus haut de gamme, mais aucune véritable adresse de référence. Je ne garde pas de traces précises d’un diner chez Chen dans la première moitié des années 2000 (hormis l’emplacement peu probable rue du Théâtre, et une carte assez dispendieuse, avec des matières premières exotiques : nid d’hirondelle, aileron de requin, méduse…). Mais j’ai de très bons souvenirs de mes trois diners chez Vong.
Ayant découvert les Dim Sums à Singapour en 2009, et O gardant de bons souvenirs de Dim Sums de Hong Kong, nous voulions nous faire une bonne expérience Dim Sum à Paris. Nous restions un peu sur notre faim, peu convaincus par Pacifique de Bellevile (qui a comme avantage, à défaut d’être central, d’être relativement bon marché). L’ouverture du Shang Palace et son flot de commentaires quasiment tous positive, ainsi que la description élogieuse donnée par A finissent de nous convaincre. Et comme A a de bonnes relations et ne fait pas les choses à moitié…
Découverte
Les lieux
Nous avons eu l’occasion et le plaisir de découvrir le Shang Palace dans des conditions privilégiées. Le Shangri-La, installé dans l’ancien hôtel particulier de Roland Bonaparte, remplace UbiFrance, dont le siège a déménagé près de Denfert Rochereau.
On est quasiment sur la place d’Iena, à deux pas du Conseil Economique et Social (devenu CESE, puisqu’il est aussi environnemental, maintenant). Après avoir été accueillis par Claudia Hubig-Schall (responsable communication et presse de l’établissement) et Jérôme Legendre (nouveau directeur de la restauration, suite au départ d’Arnaud Duhem), nous avons droit à une visite guidée pour découvrir l’endroit (la salle à manger, les salles à manger privées et leurs petits salons), et l’envers (les cuisines, avec un imposant et impressionnant four chinois) du Shang Palace. Le Palais de Roland Bonaparte où est installé le Shangri-La est sur la butte Chaillot, donc sur un terrain en pente. Le Shang Palace est deux niveaux sous le rez-de chaussée lorsque l’on entre avenue d’Iena. Pas d’ouverture directe vers la lumière naturelle, dans cette partie là, mais la décoration très fidèle nous transporte en Chine, version chic et élégante. Le service en salle est mixte, eurasien.
Menu Dim Sum +
Nous parcourons l’épaisse et dense carte : quelques explications bienveillantes et bienvenues (qui seront résumées oralement par une serveuse : pas le même enchainement qu’en France, mais arrivée au fur et à mesure, partage des plats par l’ensemble des convives…), la carte (qui s’étend sur douze pages!), la carte des Dim Sum (vapeur, rôtis ou frits, de 14€ à 19€). À midi, un menu Dim Sum (58€, au déjeuner, en six services) et le Menu Jade (70€, en six services également). Le soir, deux menus dîner : le Jade s’enrichit (7services) et passe à 98€, alors que l’Emeraude (8 services) est proposé à 128€. Rafraichissante coupe de champagne. Sur les conseils de nos hôtes, nous partons sur le déjeuner Dim Sum, enrichi de quelques plats phares choisis à la carte. Un voyage initiatique. Une jeune serveuse, passionnée par la culture Chinoise au point d’en parler la langue (oups, étant complètement ignare je n’ai pas demandé si c’était du mandarin, du cantonais ou un autre dialecte), nous conseille sur un thé (bleu?) qui nous accompagnera tout au long de la dégustation (là aussi, étant assez barbare en thé, à part le noir, le blanc, le vert… je n’y connais pas grand chose).
Sur les tables, c’est très chic, vaisselle d’une très grande finesse. Pour faciliter le passage des plats, pas de verres à pieds très hauts, ni de bougies. Et il y a même des baguettes de service!
En route!
Nous commençons avec un plat de saumon Lo Hei (sashimi de saumon, fruits et légumes émincés, julienne de méduse, sauce aux graines de sésame, 42€ à la carte), qui se partage sans problème à quatre. La tradition veut que chaque convive mélange et fasse un vœu. Nous déléguons cette lourde responsabilité à la serveuse, qui s’en acquitte fort bien. Une belle fraicheur, un saumon extra, un jeu de saveurs (un peu de sucré salé), de textures : poisson, légumes légèrement croquant, méduse et sauce légère très réussis. Cela commence bien, très bien même.
Première étape Dim Sum : Ha Kao et Siu Mai
Ou, en français, raviolis aux crevettes et bouchées de crevettes et porc. Fraichement préparés et cuits à la vapeur. Les raviolis sont fins, transparents, et pas luisants. Ils contiennent ce qu’il faut de gras pour que ce soit bon, sans que ça ne deviennent écœurant ni lourd. Est-ce fade? Comme j’ai pu l’écrire à propos d’Oth Sombath, je ne vais pas au restaurant, même de cuisine asiatique, pour me faire bruler la langue ou arracher le palais. J’apprécie les goûts et les saveurs en finesse et en délicatesse, ceux qui titillent les papilles, sans les saturer ni les violenter. Et je trouve que ces premiers dim sums remplissent bien le contrat. On sent bien la crevette, que ce soit sa texture ou son goût. Idem pour le Siu Mai, dont la texture, par construction est moins fidèle à celle de la matière brute, mais qui restitue pleinement son goût. Il y a ce qu’il faut d’exotisme mais pas trop.
« Buns » de porc façon Shanghaienne
Trois bouchées au fond aplati, remplies de bouillon bouillant. Le but du jeu est, en se servant d’une grand cuiller, de percer délicatement chaque bouchée pour permettre au jus chaud se s’écouler un peu, sans nous bruler. On attaque alors la bouchée et on termine le jus chaud, éventuellement agrémenté d’un peu de vinaigre. Amusant, captivant et bon, l’enchantement continue.
Madeleine de Proust N°1
C’est le nom de code des « Buns de porc laqué sucré-salé » (18€ les trois pièces à la carte). Arnaud Duhem, ancien directeur de la restauration, appréciait particulièrement cette variante, au point qu’il a réussi à la faire mettre sur la carte permanente. Jérôme Legendre fait donc un clin d’œil à son ancien patron. Un clin d’œil dont nous sommes les premiers bénéficiaires. Au premier abord, on dirait presqu’un dessert : la vue, l’odeur y font penser. Et puis, en ouvrant la bête, on découvre que le cochon, même laqué garde, sa force salée. Le résultat en bouche est déroutant et difficile à décrire, surprenant et entêtant.
Ravioli de crabe au bouillon
Tout est dans le titre, et c’est bien cela que l’on retrouve dans nos bols. C’est bon, goûteux, toujours un bel équilibre de textures, de saveurs. Une finesse et une légèreté toutes les deux très appréciables. Pas de gras inutile. N’oublions pas le chou pak-choi. Là encore, je ne suis surement pas qualifié pour dire si c’est fidèle aux recettes de là-bas, mais je peux en tout cas vous dire que ça me plait beaucoup!
Crêpes de riz rouge aux crevettes (madeleine de Proust N°2)
Il s’agit cette fois de la Madeleine de Proust de Jérôme Legendre, qu’il nous fait découvrir (19€). Moins étranges que les buns de porc laqué sucré-salé. On joue dans un registre plus classique, c’est très bon aussi. Toujours ce bel équilibre, ce goût bien présent dans une crêpe roulée fine.
Nouilles sautées au poulet et pousses de soja
Peut être que je n’avais plus très faim. Les besoins physiologiques comblés, c’est mon cerveau qui plane et qui suggère que c’était déjà très bien comme ça. C’était fin, léger et digeste. En mettant bout à bout toutes ces belles et très bonnes petites choses, même un grand appétit comme moi n’a plus faim. La satiété peut être aussi bien physique (estomac très bien rempli) que mentale (sentiment d’avoir déjà bien mangé, de s’être régalé. Ici, l’on est nettement dans le cas où la satiété et la satisfactiond ‘avoir très bien mangé participent au bonheur. Je comprends très bien ce « pauvre » (?) moine qui a inspiré le nom du plat : « Bouddha qui saute par dessus le mur » (55€, un bouillon de volaille, porc et fruits de mer aux herbes chinoises et vin de riz de Hua Diao, ormeau, fruits de mer séchés et champignons noirs). Les nourritures terrestres, bienf aites, valent très bien certaines nouritures de l’esprit.
C’est peut être pour cela que ce dernier plat m’a, relativement, moins emballé que tout le reste de ce repas-voyage. La sauce XO (une sauce épicée et concentrée, à base de poissons et crutacés, de piments, oignons et ail) apporte une touche de piquant bienvenue, c’est bon, mais cela ne me fait pas plus décoller.
Crème de mangue, pomelo et perles de sagou
Pour finir, un dessert frais, fruité. Très bon goût de mangue, fraicheur toujours agréable et énergisante. Les perles de sagou (ou perles du Japon), apportent un jeu de textures pas désagréable.
Bilan de la dégustation
Frank Xu (le chef) et son équipe auront réussi à me faire faire un beau voyage, pendant deux bonnes heures bien remplies. Le dépaysement est là, les produits et la qualité sont impeccables. J’ai (re)trouvé des parfums et saveurs découverts à Singapour ou dans le 75013, version gastronomique, c’est à dire plus recherchées, plus fines, plus légères. Des préparations plus digestes, saines. Je ne regrette pas le voyage. Retour sur terre peu évident : ce fut difficile de retourner travailler après cette évasion remarquable.
Bilan du déjeuner
Une très belle découverte, en bonne et intéressante compagnie (ils se reconnaitront). Cela donne envie de revenir et de découvrir leur carte plus en profondeur. Il faudra notamment explorer la Rôtisserie et les Viandes et Volailles. Peut-être pour un déjeuner en famille fin janvier?
Le Shang Palace, c’est un ensemble de petits détails (déco, service, cuisine, produits, atmosphère…) qui, mis ensemble, donne un résultat abouti. Le luxe est dans les détails.
Merci beaucoup à toute l’équipe du Shang Palace (en salle et en cuisine), ainsi qu’à la gentille organisatrice et à Jérôme Legendre (bonne chance pour ces nouvelles fonctions, cela me parait plutôt bien parti!).
Le même déjeuner raconté sur Presque-Moi.
Rédigé par chrisos
Lire aussi :
- Yauatcha, dim sums londoniens de l’espace
- Adresses testées récemment
- Top 2011 : brunches, chinois, italiens
- Chez Vong, somptueux
- Claude Colliot, restaurant

Un compte rendu minutieux et attentif. Je souscris à toutes tes impressions. Même si à mes yeux ce ne sera jamais aussi intéressant qu’un restaurant populaire ou même un peu plus raffiné en Chine continentale (la limite entre les deux, côté culinaire, n’est pas très définie), et même qu’un bon restaurant chinois parisien à prix modéré (il y en a), il faut saluer les efforts et le talent du chef Frank Xu.
Comme je l’ai déjà écrit, la cuisine a été allégée en gras pour se conformer aux préférences occidentales, et en cela elle perd pas mal de son goût et de son intérêt (c’est pour cette raison que Pudlo trouve ça « fade », parce que par ailleurs il n’y a pas le cache-misère qu’est le monoglutamate de sodium pour rattraper le coup). Mais c’est tout de même un très bel exercice et le won-ton de crabe au bouillon est très réussi.
@Ptipois :
je suis d’accord avec toi sur le principe :
c’est le cas de la majorité des restaurants de cuisines étrangères. Pour les restaurants libanais ou italiens, que je connais mieux, et que j’ai pratiqués dans leurs pays d’origine il est évident que malgré tous les efforts du monde, ce sera toujours plus réussi sur place avec la mer, la montagne ou les lacs, le soleil et des produits plus frais et plus naturels qu’à Paris.
j’aime bien le gras « naturel » dans une côte de boeuf, une entrecôte, des frites, mais je ne supporte pas l’abus de beurre, huile ou d’additifs/exhausteurs de goûts ou de textures.
Pudlo semble en effet préférer la cuisine au glutamate, puisque qu’il aime beaucoup Chez Ly (il y en a un près de mon bureau, le luisant trop salé, j’ai pratiqué et je préfère éviter).
pour en finir avec le gras, c’est peut-être pour ça que j’ai eu du mal à digérer le burger du camion qui fume…
Le gras dans la cuisine cantonaise, c’est du gras naturel, parce que cette cuisine est prévue pour ça. C’est une cuisine, en fait, assez grasse. Cela fait partie de son équilibre. Et si l’on altère cet équilibre, on compromet l’harmonie (et aussi la digestibilité, paradoxalement).
Cela se ressent particulièrement dans la cuisine des dim sum où une quantité suffisante gras de porc est indispensable. Sans cela, c’est sec, c’est trop dense, c’est pas bon et indigeste.
Donc le dim sum « allégé » est une aberration, et cela concerne aussi bien certains plats du Shang Palace que les traiteurs chinois du coin… Si au Shang Palace ça reste bon parce qu’on a tout de même affaire à de sacrés cuisiniers, on ne peut pas en dire autant des seconds.
Pis que tout : les restos à dim sum pseudo-branchés avec dossier de presse, genre Yoom et Sum, calamiteux… Tandis que les uns s’émerveillent des dim sum « basses calories », les Chinois évitent d’y mettre les pieds. Je crois que je préfère encore le traiteur du coin.
Pour le Camion qui Fume, tu voulais dire que le burger était trop gras ou pas assez gras ?
Pas vraiment étonnée que Pudlo aime Chez Ly. Il avait aimé Lily Wang si je me souviens bien. Il y a vraiment un gros malentendu sur la Chine, aussi bien celle qui se mange que celle qui se boit… Il est loin d’être le seul critique « professionnel » à louper le coche régulièrement sur les cuisines asiatiques.
Pour le gras des dim sum, je rajouterais que la boisson est importante le fait de les boire avec du thé balance très bien le « gras » de la farce, d’ailleurs je crois que c’est un plat de petit dej qui se boit avec du thé à la base.
Et c’es vrai que si la pate de Yoom est bonne à la base c’est tout sec et sans goût, et bien trop cher. mais il est vrai que si on ne connait pas un resto qui sert de bonnes vapeurs, c’est dur de tomber sur le bon et on peut enchainer des déceptions, et qu’on aille pas me dire que les vapeurs du Pacifique sont bonnes, les dim sum de when zhou salon de thé en face sont 100 fois mieux, malgré un choix rès restreint.
Ptpois, sais-tu les vapeurs du Newnewlaville rue de l’orillon valent le coup ?
En tout cas j’essaierai bien le Shangri La quand mes finances se porteront mieux, ce qui vu l’année 2012 s’annonceet nos boulots respectifs ne risque pas de se produire de si tôt
@Ptipois : d’où provient le gras? du porc? des produits eux mêmes (canard plus gras, porc plus gras?) c’est sans doute un réflexe de nez long, mais dans ce que j’ai mangé, je ne vois pas vraiment la source de plus de gras… pas dans la cuisson à la vapeur, peut être un peu d’huile à gauche à droite, mais je ne vois (peut-être à tort) pas de sauces à la crème, ni au beurre dans les cuisines chinoises…
bien sur le gras joue un rôle de liant et de vecteur de saveurs et de parfums, mais dans ce cas, je n’ai ressenti aucun manque (mais je ne connais pas la VO locale, c’est sur).
pour le coup, j’ai plus l’impression de manger du je ne sais quoi et du gras chez les dimsums branchouilles. Le pire était Mitsou (http://chrisoscope.com/Additions/2011/01/20110106-Mitsou-01-all.jpg, http://chrisoscope.com/Additions/2011/01/20110106-Mitsou-02-dim_sum.jpg, présentation en dessous de tout).
Pour le Camion qui Fume, j’explique ma première expérience malheureuse par : une vingtaine de minutes entre le départ du camion et l’arrivée chez moi. Une viande probablement plus grasse que celle à laquelle je suis habitué. En plus ils avaient des problèmes de gaz, donc la cuisson a pu être gâchée…
Pudlo est pourtant allé manger en Asie… Mais quelques repas ne suffisent assurément pas, il faut une pratique plus intensive pour maitriser vraiment une langue ou une cuisine.
J’ai testé (rapidement, juste un plat) le Bistrot de Pekin (rue de Ponthieu), que Pudlo a bien aimé aussi : http://www.gillespudlowski.com/33459/restaurants/comme-a-pekin-paris-8e, beaucoup de clients chinois, dont de grandes tablées conviviales, glutamate à gogo, un peu salé pour moi. Tarifs relativement abordables pour le quartier.
Autour du Yangtse (rue du Helder), plus jeune, moins de clients Chinois. Ils proposent des bouchées shanghaiennes à la vapeur, qui n’ont bien sur que le nom et l’idée générale en commun avec le Shang palace, mais qui se laissent manger dans une cantine de quartier. et j’ai mangé ma première tête de lion : amusant.
@Emma : oui, j’avais lu ça aussi sur les Dim Sum : petit déjeuner.
pour de bonnes vapeurs, je crois que Ptipois conseille Tricotin depuis plusieurs années maintenant.
Je crois qu’il s’agit de choisir des morceaux gras, genre l’échine vs la côte de porc et pour les nouilles sautées au wok, si elles ne sont pas « enrobées » dans la sauce finalement assez huileuse c’est moins bon. Perso c’est gras à mon goût, ca ne correspond à mes gouts cuinaires habituels et je ne tolère pas un tel taux de gras dans une autre cuisine, mais c’est un peu comme la cuisine du sud ouest, si tu mégotes sur la graisse d’oie dans les pommes de terre sarladaises, c’est pas bon.
C’est sur qu’il ne faut pas en manger tous les jours, et ca se digère souvent pour ma part avec un citron pressé ou un coca zéro pour « alléger » l’estomac.
Effectivement j’ai testé et renouvelé Tricotin pour les vapeurs, et aussi LikaFo sur les conseils de p’tipois, miam…
Emma décrit parfaitement ce que je veux dire, elle est « spot on », comme on dit.
C’est bien ainsi, et ça va même plus loin : le gras de porc est consubstantiel à une cuisine cantonaise réussie, particulièrement pour les dim sum. Par exemple le har gau (le ravioli rond aux crevettes dans une pâte blanche translucide) se compose d’une forte proportion de porc gras haché avec les crevettes. Pas de porc gras = pas de har gau, c’est quasi immangeable. Cette importance du gras de porc se retrouve dans les siu mai et les won ton, mais on ne ressent pas l’excès de gras en raison de la finesse et de l’équilibre de cette cuisine. Je pense que c’est cet équilibre sur le fil du rasoir, entre autres, qui rend la cuisine de dim sum si difficile.
Autre exemple, les boulettes de bœuf à la sauce d’huître (autre dim sum vapeur) sont faites d’une farce de bœuf haché avec beaucoup de saindoux, et il faut la pétrir avec les mains jusqu’à ce qu’elle soit tiède, luisante et élastique. La texture spongieuse et légère, la saveur, etc., sont à ce prix.
Je ne dis pas que la cuisine cantonaise repose sur le gras, c’est seulement qu’elle sait le « cultiver » quand c’est nécessaire. Un char siu (porc laqué caramélisé) pas gras, ce n’est pas bon, ce n’est pas un char siu.
Le gras de porc n’est pas là juste pour le plaisir du gras, c’est un savoir-faire très précis qui produit une des cuisines les plus délicates du monde. C’est vrai, c’est comme la cuisine du Sud-Ouest sans la graisse de canard, la cuisine indienne sans le ghee, la cuisine grecque sans huile d’olive…
C’est pour cette raison que le principe « basses calories » pour les dim sum occidentalisés me fait toujours beaucoup rigoler…
@Ptipois : bien compris l’importance du gras!