C’est vrai ça, tous les ans, des petits « malins » (François Simon, Stéphane Riss et d’autres) se prennent au jeu des pronostics, avec des méthodologies et des sources encore plus obscures que les critères du Michelin lui-même. Fuites savamment orchestrées? Ensuite, un grand nombre de blogueurs et journalistes se sentent obligés de donner leurs avis et souvent expliquer que le Michelin ne sert à rien, est dépassé, à la traine, d’une autre époque… Ce qui n’empêche pas nombre de ces détracteurs de publier le classement intégral : ce serait dommage de se priver de trafic à si bon compte.
Pour le Fooding, il y a également beaucoup de bruit. Ils ne font pas l’unanimité contre eux, au contraire, ils ont plein de zélateurs et de fans dévoués pour relayer l’information. Et, de temps en temps, j’ai l’impression qu’ils (très habiles en communication) provoquent volontairement des polémiques (ex : le Dauphin, fin 2011) pour entretenir le buzz.
Si l’on parle de ces deux guides, forcément imparfaits, mais pas si mal que ça, c’est parce que ces deux là sont les seuls à compter en France.
Par analogie, si l’on ne parle presque pas du Pudlo, du Lebey, du Gault & Millau, de Champérard, d’Omnivore et des World’s 50 Best Restaurants, c’est parce que, justement, ces guides ne servent pas à grand chose, et que tout le monde s’en fout, parce que pas grand monde ne les lit… De modestes tentatives d’explications!
- Le Lebey n’est pas mal, mais on peut se contenter d’en acheter un tous les 3-4 ans. Leur guide en ligne est payant ; ils sont discrets et ont autant de charisme qu’un poisson rouge! Lebey n’est plus derrière le Lebey, mais il n’y a pas eu de grands bouleversements, à part, une petite présence web (enfin!). Je vous laisse regarder les adresses proposées autour de la Gare de l’Est (Ma Sa et le Safran, respectivement dans le 17e et le 18e), pour vous apercevoir qu’il y a encore du progrès à attendre!
Disclaimer : j’ai acheté quelques Lebey, le dernier il y a plus de 4 ans. - Pudlo aime tout dans son guide, son blog est plus intéressant, puisqu’il est gratuit, qu’il y a des images, et que, de temps, en temps, il se lâche (énorme moment avec Périco Légasse au Tarmac).
Disclaimer : j’ai acheté un ou deux Pudlo avant 2005. - Gault & Millau : les cousins de LaFourchette. Un nom qui ne veut plus rien dire puisque les deux fondateurs n’ont plus rien à voir la dedans. C’est bien d’avoir une éthique, mais la Nouvelle Cuisine c’est plus vieux que moi. Le G&M n’a pas apporté grand chose à la gastronomie française depuis bien longtemps. Et une « sélection » de 5000 hôtels et restaurants sur toute la France, c’est trop!
Disclaimer : jamais acheté leurs guides, ni leurs magazines. - Omnivore : si je vous dis qu’il y a Andrea Petrini (que François Simon n’aime pas, et l’autre lui rend bien), Sébastien Demorand et Bruno Verjus dans ce truc, ça vous suffit? La SARL Omnivore a été radiée très récemment!
Délocalisation?Non, rapprochement avec le groupe GL Events (mis à jour suite à commentaires).
Disclaimer : jamais acheté leurs salades, ni participé à leurs mascarades. - World’s Best 50 Restaurants : pas vraiment un guide, plus le résultat d’un sondage, auprès d’une petite communauté d’ « experts » con-sanguins et auto-sélectionnés (chefs, critiques, restaurateurs, foudeux), bref, aussi intéressant qu’un micro-trottoir dans un JT.
Disclaimer : je parcours quand même leur classement une fois par an. - Champérard : si je vous dis qu’Alain Bauer, « professeur de criminologie » et Franc-Maçon est derrière ce guide, ça vous suffit?
Disclaimer : je n’ai jamais touché à ça!
Rédigé par chrisos
Lire aussi :
- Pudlo se lâche
- Comment parler des restaurants où l’on n’a pas mangé?
- Le guide de restaurants sur Internet « lesrestos.com » aurait eu un commercial
- La route est encore longue pour le Fooding et ses adorateurs
- Andrea Petrini contre Michelin dans Alimentation Générale : sacré fripouille!


je suis plutôt d’accord avec ton commentaire sur Pudlo: il fait tres sympathique mais il aime tout, du coup on a du mal à distinguer ce qui est vraiment bien de ce qui ne l’est pas!
Homme d’influences, en plus de son guide, l’ancien patron du guide Lebey ne détestait pas, à l’occasion, proposer de vendre du vin dans les restaurants où il se rendait, pour les évaluer pour son guide, souvent dans les premiers arrivants.
Ou à se livrer à l’activité de placement de chefs.
Et, dit on, a des recherches immobilières pour des ouvertures de restaurants pour des chefs amis.
Sans négliger pour autant son rôle de directeur de collection dans une maison d’édition.
Quels talents ! Avec toutes ces casquettes, il était aussi aimé qu’estimé.
Les nouveaux patrons du guide ont du pain sur la planche s’ils veulent faire aussi bien.
Bon article, avis de restaurant commerciale,y en a marre de ce marketing bidon!
Salut Chrisos,
C’est dommage en effet de ne pas lire plus souvent du « Pudlo qui se lâche », quand il feint (parfois) d’avoir mangé ici où là !! Sinon, je dois avoir un ou deux Champérard (de l’époque de son géniteur à crinière avec des envolées textuelles « critique gastro des 70′s ») à te refiler, preuve qu’il n’en n’était pas le seul lecteur (blague qui lui a collé à la peau très longtemps)…
Bon, allez, c’est encore moi qui m’y colle…
« Pourquoi parle-t-on… ? », dites-vous. Mais qui est ce « on » ? Et où et comment et pourquoi ? C’est la vue depuis votre clavier, depuis votre meurtrière, sans doute. Pourquoi pas. Nous sommes dans l’opinion, la polémique, très bien. Rien à dire, c’est un genre en soi.
Juste quelques précisions factuelles sur Omnivore, puisque c’est le sujet que je connais le mieux (j’écris pour le Carnet, le Magazine et Omnivore.com, je vous épargne des recherches sur l’Internet).
Or donc, Andrea Petrini en fut, oui. Il n’en est plus. Et quand bien même. Une fois que vous avez fait du name dropping, y ajoutant Sébastien Demorand et Bruno Verjus, vous avez dit quoi avec votre air entendu ? Développez, mon ami, développez.
Quant à la SARL Omnivore, je ne suis ni dans le secret des Dieux ni dans celui des extraits Kbis mais la vérité, officialisée depuis novembre dernier, c’est le rapprochement entre Omnivore et GL Events, qui laisse à Omnivore toute son autonomie sur l’éditorial et sur ses propres événements. Mais là aussi, vous avez certainement un avis sur la question. J’ai bien dit un avis, pas un témoignage, puisque vous n’avez visiblement jamais lu les publications ni fréquenté les manifestations de cette petite entreprise inconnue dont on ne parle pas.
Dernière chose. Le jour de l’annonce de la sortie du Guide Michelin 2012, qui a-t-on vu dans un sujet sur la question au 20H de France 2 ? Luc Dubanchet, fondateur d’Omnivore. Je n’en tire aucune conclusion, juste que les faits sont têtus, parfois.
En vous remerciant.
@Thekitchenaroundthe corner @Docadn :
Pudlo gagnerait à être plus incisif, en effet.
Les Champerard doivent être précieux, pour leur rareté!
@Patrice :
c’est beau le mélange de genres, drôlement efficace. Des plus jeunes se laissent tenter également : Bruno Verjus, Andrea Petrini…
@Dorothée : pas tout compris
@Stéphane :
le on, c’est à la fois le grand public, la presse nationale et le microcosme des gourmets/gourmands qui échangent sur le sujet sur internet.
c’est gentil de parler de meurtrière plutôt que d’œillères!
Merci pour ces infos sur Omnivore.
Andrea Petrini s’est fait virer? Sébastien Demorand et Bruno Verjus sont des personnages que je n’apprécie pas et en qui je n’ai pas confiance, est-ce un problème? ce n’est pas nouveau: http://chrisoscope.com/tag/bruno-verjus/ et http://chrisoscope.com/tag/sebastien-demorand/
J’adore votre candeur et naîveté cher Stéphane!
« c’est le rapprochement entre Omnivore et GL Events, qui laisse à Omnivore toute son autonomie sur l’éditorial et sur ses propres événements. »
GL Events, une société cotée en bourse, qui ferait dans le mécénat!
Comme le rachat de G&M par le même groupe que LaFourchette, le tournant donné par les nouveaux propriétaires du Lebey, ou encore les restructurations dans les Guides Michelin, le « rapprochement » d’Omnivore avec GL Events a déjà provoqué des changements : l’édition français 2012 s’est faite à Paris, à la Mutualité, gérée par Gl Events (http://www.maisondelamutualite.com/).
GL Events semble adopter, à son échelle, une approche intégrée à la Vivendi époque Messier : contrôler le contenu, le contenant et le tuyau pour l’amener au consommateur final. Le personnel de Canal + n’avait pas apprécié le « rapprochement »…
En effet, j’ai un vrai métier, et donc pas le temps d’aller faire le guignol à Deauville ou à la Mutualité. Je ne suis pas adepte de la starification des chefs, qui me fait penser, à celle de certains sportifs. Si je veux voir un vrai spectacle, je vais au théâtre ou à l’opéra.
Dernière chose : le jour de l’annonce du Palmarès Omnivore, en a-t-on parlé à la TV?
@Chrisos,
Je n’échangerais en tout cas pas ma candeur et ma naïveté (si tant est que) contre votre cynisme et votre défiance.
Quant à votre aversion à l’encontre d’Andrea Petrini, Sébastien Demorand et Bruno Verjus, elle m’est totalement égale en cela qu’elle ne me dit rien d’autre sur eux que votre opinion forcément caricaturale. Ce ne sont certainement pas des êtres parfaits mais évidemment pas non plus les canailles que vous stigmatisez avec morgue et mépris. Lisez ou fréquentez de l’Omnivore sans vos a priori dogmatiques et reparlons en.
Idem pour le poids de GL Events sur l’évolution d’Omnivore. Il semble que vous soyez passés maître dans l’art du procès d’intention mais là, le scénario que vous décrivez est de l’ordre de la cartomancie. Je veux bien venir faire mon mea culpa en public si vos prévisions sont justes. En attendant, je peux témoigner que, si les trois premières étapes du Omnivore World Tour, à Genève, Paris et Bruxelles, ont pu bénéficier des structures de GL Events, et c’est bien le sens de ce genre de rapprochement qui n’a rien à voir avec du mécénat (fallait-il vraiment le préciser ?), elles n’ont en tout cas en rien échappé au contrôle d’Omnivore lui-même. Cela vaut aussi pour le Carnet 2012 et pour le Volume 3 du Magazine dont aucune ligne n’a été dictée par autre chose que par la ligne éditoriale définie depuis l’origine et décrite dans la préface du Carnet. Pour finir sur ce sujet, je vous accorde que la médiatisation des prix remis par Omnivore a été faible. Il faut croire que le savoir faire de GL Events en matière de communication et de marketing n’a pas encore fait son méchant oeuvre.
Le débat sur la « starification » des chefs est plus intéressant. Je n’arpente pas les chemins de ce petit monde depuis suffisamment longtemps pour avoir un avis tranché sur la question. Plusieurs choses, malgré tout.
Je n’ai rencontré aucun cuisinier à qui l’on aurait fait violence pour monter sur une scène ni que l’on aurait maltraité une fois dans la lumière. Tous ceux qui se livrent à l’exercice sont assez heureux de présenter leur métier, leur travail, leurs choix. Ils y mettent du coeur, de l’envie. Il y a du stress, des doutes mais, au bout du compte, ils retirent beaucoup d’énergie positive de l’échange avec le public.
Dans une économie de la restauration extrêmement fragile, c’est aussi une façon assez respectable de faire connaître pour faire venir.
Il s’y dit enfin, au-delà de la cuisine stricto sensu, des choses sur notre monde et notre société qui sont souvent passionnantes et porteuses de questionnements, de débats.
Il peut y avoir des dérives, bien sûr. Les cuisiniers ne sont pas davantage à l’abri d’attraper la grosse tête que d’autres. Et les marchands de temps de cerveau disponible peuvent être tentés d’exploiteur leur candeur et leur naïveté (tiens, les revoilà, celles-là).
Mais bon. On peut ne pas participer à ces événements, ne pas regarder ces émissions, et leur préférer d’autres distractions. L’un n’empêche pas l’autre. Moi, j’aime bien tout voir, tout entendre, tout comprendre, pour m’enrichir ou m’agacer, mais en connaissance de cause.
Quoi qu’il en soit, d’une manière générale, je préfère les gens qui essayent de construire, quitte à se tromper, plutôt que ceux qui détruisent systématiquement.
@ SM
Avec de telles initiales, j’aurais du plus me méfier…
Je ne cherche pas à vous changer, et vous faites bien de rappeler nos différences.
Si mon opinion est si caricaturale, passez votre chemin et ne perdez pas de temps avec moi.
Reparlons d’Omnivore et de Gl Évents fin 2012, pour l’instant, ce sont encore de jeunes mariés, laissons les vivre leur lune de miel, ce beau voyage de noces en 12? etapes…
J’en ai jamais dit que les chefs étaient maltraités ou forces de faire leur show, ni par Omnivore, ni par d’autres. Je dis simplement que certains ont vraiment des choses intéressantes à raconter et partager, que beaucoup ne sont que des petits vendeurs vraiment pas passionnants ni charismatiques et que leur médiatisation est vaine.
Mon avis sur votre « grand » Alexandre est ici: http://chrisoscope.com/2008/03/23/la-grenouillere-etoile-filante/, 4 ans après et de gros travaux de cosmétique, ce petit homme est toujours bloqué à une étoile.
Ne pas être d’accord avec vous n’est en rien destructif. Je propose un point de vue différent, puisque mes références et mes valeurs différent des vôtres. Une approche de pure mauvaise foi ne tenterait pas un dialogue ou une tentative d’échange. Via commentaires interposes, c’est encore moins évident.
Je vous propose une « confrontation » réelle, mi avril, à l’occasion d’un déjeuner. Vous avez mon adresse mail, à vous de décider et de voir si vous pouvez m’expliquer la philosophie Omnivore et en quoi elle pourrait m’intéresser ou intéresser le gourmand curieux…
@Chrisos
Vous êtes un bien étrange personnage.
Qui tente de me disqualifier en utilisant mon CV (sur le site Atabula), qui me menace, même (dernier commentaire sur le site sus cité), qui dénie globalement toute légitimité à la très grande majorité des journalistes (je suis journaliste), qui dénigre de façon redondante un cuisinier (sur lequel j’ai écrit un article très positif), mais qui finit par souhaiter me rencontrer.
Mes initiales (tiens, c’est la première fois qu’on me la fait, celle-là) vous collent en effet à la peau.
Mais comme je suis un garçon charmant, curieux et, surtout, bien élevé, je ne peux pas refuser une invitation. Nous en reparlerons en privé, donc.
@Stéphane Méjanès :
(cela vous va si je vous appelle comme cela?)
Il y a visiblement eu quelques malentendus entre nous dès le départ, et une escalade par commentaires interposés.
Ce que je voulais dire, sur le blog Atabula, en prenant pour exemples les restaurants et la finance de marché, c’est que la majorité des journalistes n’ont pas le niveau d’expertise suffisant pour m’apporter une information fiable, intéressante et à véritable valeur ajoutée (parce que je me considère, peut-être à tort, comme suffisamment aguerri et connaisseur dans ces domaines). Je voulais également rappeler que les restaurants et la gastronomie, quoi que l’on en pense, sont un sujet assez futile. Entre payer un « journaliste » pour aller nous raconter ce qu’il a mangé et un envoyé spécial/un vrai journaliste d’investigation, je préfère que les supports généralistes mettent la priorité sur les seconds.
Je n’ai jamais souhaité l’éradication de quiconque, et surement pas de journalistes. Je pense que c’est vous qui avez tiré des conclusions un peu rapides sur ce coup.
Bref, je trouve que malgré nos différences, vous êtes loin d’être inintéressant. Je ne sais pas si vous êtes vraiment et bien élevé, mais je veux bien prendre le risque d’essayer.
Je vous envoie un mail pour organiser cette rencontre.
Roger Feuilly · Paris, France
Allez, je me lance puisqu’il s’agit de parler de guides, autant faire connaître le mien qui n’a, ici, pas les honneurs du commentaire : « Le Feuilly » 900 adresses à Paris et alentours, en Province et même au-delà, dans sept pays européens (dont une cinquantaine en Belgique francophone notamment). Pas de notes, pas de symboles, juste des endroits que j’aime. Qu’est-ce qu’en dit Chrisoscope ?