L’Antre Amis, bon bistrot de quartier +, avenue de Breteuil (75007-75015)

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L’Antre Amis, bistro gastro
9 rue Bouchut, 75015 Paris.
Tél. : 01 45 67 15 65. Site web. Fermé samedi et dimanche.

En bref

L’Antre Amis, abstraction faite du jeu de mots discutable, est un agréable et recommandable bistrot de quartier, où le chef fait un effort pour privilégier produits de saison, fait maison. La carte-ardoise est courte et efficace. Clientèle de quartier donc (quelques bureaux et l’UNESCO pas très loin), pour cette adresse à la déco rétro. Un rapport qualité prix tout à fait honorable pour l’emplacement. Attention, quand même, certains plats peuvent être trop salés.

Sous-exposition médiatique

L’équipe du Giufeli installé dans le 14e (dans ce qui est brièvement devenu le Nuxis, maintenant le Bistrot des Jumeaux) s’est embourgeoisée en s’installant à deux pas de la place de Breteuil, dans le haut 15e, limite 7e. Bizarrement, la critique n’a pas suivi, puisque l’on trouve peu d’avis en ligne sur ce restaurant. Télérama trouve l’Antre Amis « Pas Mal » (été 2010). Le FigaroScope et lesRestos.com l’ont référencé, mais aucun avis de la rédaction. Les Restos nous apprend que le chef s’appelle Michel Craca, la patronne Gaëlle Potel et que les fromages viennent de chez Marie Quatrehomme. Plus de Cirage a aimé (début 2011). Pas d’avis récent sur CityVox (il semble que les avis concernent l’ancienne formule), à peine plus sur RestoàParis et sur Qype. John Talbott y est allé deux fois pendant l’été 2011, plus enthousiaste la première que la seconde (qui était quand même très bien).

Déjeuner du vendredi 16 mars 2012

J’avais repéré l’adresse la dernière fois que j’avais fait des recherches sur des adresses autour de l’avenue de Suffren, fin décembre 2011. L’Antre-Amis étant fermé début janvier, nous étions finalement allés au Casse-Noix. Ce vendredi-là, jour des 3-4 sorcières, je m’échappe du bureau pour assister à la première visite chez la pédiatre d’H. Tout va bien, il fait un beau soleil de printemps, nous décidons donc de l’emmener pour la première fois au restaurant. L’Antre Amis, dont je ne me souviens pas tout de suite du nom, me revient à l’esprit, il ne reste plus qu’à trouver l’adresse, la rue et tenter. Trois minutes après, nous entrons.

Il y a bien encore quelques places en terrasse, mais avec un bébé de 11 jours, il vaut mieux s’installer à l’intérieur. Un grand comptoir/bar à l’ancienne, ainsi qu’une trancheuse vintage posent un peu l’ambiance. Nous nous installons dans un coin tranquille. Sur la quarantaine de couverts que semble pouvoir accueillir l’Antre Amis, il devait y avoir une grosse douzaine de personnes dehors, et un peu plus à l’intérieur. La salle du fond, pourtant pas désagréable, est resté inanimée. À table, nappe en tissu sur fond de bois old fashion.

L‘ardoise/carte/menu propose une formule « découverte » en trois services à 32€, une formule « dégustation » en cinq plats à 45€ et à 69€ en tout si l’on choisit en plus un accord mets et vins. Cela reste assez abordable. Deux choix d’entrées, trois de plats, une assiette de fromages et deux possibilités pour le dessert. À deux, nous pourrons donc couvrir presque toutes les propositions. Pas trop de suppléments : seule la côte de boeuf de Blonde d’Aquitaine, pour deux, est marquée d’un +25€ (en tout ou par personne?).

Nos choix fais et transmis, nous avons droit à un amuse-bouche qui mérite bien son nom (puisque vraiment amusant) : un club/croque monsieur encore bien chaud-tiède. Sans prétention, mais très bien pour se chauffer et patienter un peu. Mon Riesling sec (pas noté les références, dommage) est vraiment très bien! Heureusement, à 8€ le verre!

O commence avec un bien rouge « tartare de boeuf, copeaux de foie gras et son toast« . Présentation sobre, rectiligne, et à angles droit. Pas très copieux, mais suffisamment riche et goûteux pour une entrée, même si le tartare, agrémenté de câpres, aurait été meilleur avec un peu moins de sel! Pour moi, un « œuf bio cuit à basse température, émulsion cressonnière » , probablement inspiré du recueil « Terroir Parisien » de Yannick Alléno. La cuisson basse température m’amuse toujours, mais elle commence à fait un peu « has been » maintenant, on l’a un peu trop vue et revue… Cela n’empêche pas mon entrée d’être agréable, surprenante et bien fraiche. Le cresson me rappelle notre diner au Galopin, où tout était très réussi, sauf peut être cette petite sauce au cresson qui était trop forte. Je me réjouis (un peu vite, vous comprendrez pourquoi après) de la forme de mon plat à œuf, signé le Creuset? Bref, des entrées agréables, pas forcément révolutionnaires, mais plutôt bien pensées et réalisées.

O enchaine sur le « filet de biche, gratiné de macaronis« . Présentation en parallèle, toujours dans le même type de grande assiette ronde et blanche qu’à l’entrée, pas mal de sauce. Viande bien cuite saignante/rosée et plutôt tendre, bon gratin. Pas très originale mais bien, bref, un bon plat de bon bistrot de quartier. Mon plat, la « lotte cuite tout doucement, farce de champignons sauvages et jambon ibérique, émulsion légère » est un poil plus inventive et audacieuse. Certes, poisson et jamon, ou poisson et chorizo, et aussi les champignons, déjà vus ailleurs,  mais plutôt dans des restos gastros ; saluons donc l’effort d’innover un peu et de proposer une déclinaison bistrot-gastro. C’est joliment bon. Ond écouvre les petite légumes de fin d’hiver, encore croquants. Autant le plat d’O se concentre autour de deux essentiels, autant ce plat est beaucoup plus riche en saveurs et ingrédients. Un contraste surprenant, mais un peu perturbant : le chef aurait donc différents styles? Dur de le cerner! On fermera les yeux sur le fait que nos plats ont chacun été servis dans le même type d’assiette que nos entrées respectives (grand assiette blanche, plate et ronde d’un côté, plat à œufs rouge et noir de l’autre).

O a plus de chance que moi, pour le dessert elle a enfin droit à un autre contenant : une coupe à glace assez élancée contient sa « crème à la vanille bourbon, feuilletage et caramel cassant« .  Une bonne pioche, pas trop sucrée ni écœurante malgré le généreux caramel. Sobre et efficace, digne du gastro. La présentation de la « compotée de rhubarbe au miel de châtaigne, crème et financiers au thé matcha, sorbet perrier-citron« , toujours dans ce satané plat à œufs et son esprit rappellent furieusement mon lotte : ça part un peu dans tous les sens, mais c’est bon, très bon même, et pour le coup bien original et réussi, avec ce mélange de saveurs, textures et températures! Cela détonne et cela dénote assez avec le cadre! Clairement du gastro+.

Service correct, un peu dissipé ou trop occupé ailleurs en fin de service.

Bilan

72€ à deux, avec un menu E+P+D chacun (2*32=64€ et un bon verre de Riesling sec, pas donné, à 8€). Le menu est plutôt une bonne affaire (même tarif qu’au Casse-Noix à midi), et si le choix est limité, les propositions sont plutôt inventives, même si tout n’est pas au même niveau! Dommage qu’il y ait parfois un peu trop de sel. Et dommage aussi que les trois plats que j’ai choisis et mangés aient été tous servis dans le même plat!

Nous n’aurons pas beaucoup d’occasions d’y retourner, sauf peut-être après une visite chez notre pédiatre, et dans ce cas, pourquoi ne pas retenter… Mais ce genre d’adresse pourrait plus intéresser Vanessa, Mix la Malice ou encore Vincent, qui n’habitent pas très loin.