jan 03

Je vous souhaite plein de bonnes et belles choses pour 2013.

Ce que je souhaite aux blogs pour 2013, c’est que les journalistes, bloggueurs et chroniqueurs restaurants sur internet apprennent à vérifier au minimum ce qu’ils écrivent. Qu’ils aillent chercher de l’information de première main. Par exemple, comme expliquer que le nom de famille du chef du restaurant Garance (34 rue Saint Dominique),  ouvert fin 2012, se retrouve amputé de ses deux dernières lettres : le pauvre Guillaume Iskandar (Alexandre) est devenu « Guillaume Iskand ».

Cela a commencé avec Anne Demay sur son blog, (10/11/2012), et Yves Nespoulous dans le Fooding (12/11/2012). Puis Monsieur A dans le Carnet des Fines Gueules (20/11/2012) et Pudlowski sur son blog (4/12/2012). Et ça continue : Bruno Verjus sur son blog (25/12/2012). À quoi attribuer cette « erreur »? Une ouïe défaillante? ou une coquille pour les premiers à publier, un copier-coller trop rapide pour les suivants?

Une simple recherche sur Internet aurait pourtant permis d’éviter cette erreur grossière (ex: le site du restaurant, Facebook, Twitter du chef).

Merci à Alain Neyman, Sophie Brissaud, et François Audouze pour l’orthographe correcte.

juin 16

Dans le but de maximiser l’impact des billets publiés sur ce blog, je teste un nouveau format, que j’espère simple et concis. Commençons aujourd’hui par le fameux restaurant Laurent, situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Elysées. C’est en lisant cet article chez Morgon que m’est venue l’idée de revenir plus tôt que prévu de ma retraite momentanée.

  • avant tout, le quartier n’est vraiment pas top, et étant donnée l’adresse, on se doute que c’est tout sauf une pépite bien cachée
  • ensuite, c’est vraiment cher, trop cher pour un restaurant qui n’a qu’une étoile Michelin, mais dont les prix sont plutôt dans la fourchette haute 2-3 étoiles,
  • de plus, c’est un des restaurants préférés de François Hollande, qui a visiblement beaucoup d’humour, mais qui, physiquement, semble montrer quelques problèmes avec la nourriture
  • enfin, le Laurent a déjà sa clientèle d’habitués, qui passe ses additions en notes de frais, donc le personnel en salle risque de vous prendre de haut si vous débarquez sans être annoncés.
  • en bonus, en plus, les chauffeurs de ces habitués attendent très souvent comme des misérables dans leurs voitures, souvent garées en double file, à deux cents mètres de l’Elysée, quartier où la densité d’agents de polices dans la rue est trop élevée et très anormale, en tout cas inefficace.

Je ne vous donne pas l’adresse, ni le numéro de téléphone du Laurent, si vous voulez vraiment bien manger et dépenser de l’argent dans le quartier, allez plutôt au Bristol ou à la limite chez Ledoyen.

juin 15

Cette histoire pénible et douloureuse s’est déroulée il y a bientôt un an. Elle n’a, certes, pas grand chose à faire sur ce blog, mais il me fallait bien un support, donc voilà.

Grand deux pièces à vendre

Les propriétaires de l’appartement que nous occupions (mes parents) avaient décidé de le mettre en vente, puisque nous déménagions (enfin !). Pour cela, ils l’avaient montré à quelques agences immobilières du quartier et décidèrent de confier un mandat à Alexandre Ferey, de l’agence immobilière Isambert, située rue du Bac.

Motivations principales : agence (située 25 rue du Bac) à deux pas de l’appartement, avec une bonne réputation et l’agent prétendait pouvoir en tirer un prix plus élevé que ses concurrents consultés et mis en concurrence.

Le brave homme s’empressa alors de faire signer un mandat d’exclusivité aux vendeurs, probablement alléchés par la promesse d’en tirer un meilleur prix qu’avec les autres.

Acheteurs, où êtes vous?

L’annonce de vente fut affichée en vitrine de sa boutique, et elle fut peut être diffusée via d’autres canaux (visiblement peu efficaces, à en juger par le nombre de visites).

Quelques jours passèrent, puis une semaine, puis deux… Toujours aucune visite. Visiblement, Monsieur Ferey avait (volontairement?) eu les yeux plus gros que le ventre et surestimé le prix de vente. Pour avoir cherché un appartement pendant plus d’un an, je peux écrire que quand une offre m’intéressait, il fallait dégainer son téléphone, tenter d’en savoir un maximum au téléphone et tenter de décrocher un rendez-vous. Si l’offre correspondait à peu près à l’annonce et que le prix était correct, il fallait vite décider de faire une offre ou de laisser filer l’affaire.

Visiblement, l’annonce rédigée par ce baratineur n’attirait pas grand monde. Hop, une première baisse du prix fut demandée aux vendeurs…

Jusqu’à présent cela ne me dérangeait pas plus que cela. Certes, je n’approuvais pas la stratégie du vendeur (en contradiction avec les conseils donnés ici), mais ce n’étaient pas mes affaires, ni mon problème.

Deux visites et un cambriolage!

Et puis, tout à coup, plus de deux semaines après avoir « fait entrer le bien », Monsieur Ferey nous contacte un petit peu en avance pour nous annoncer deux visites mercredi 13 juillet 2011, le matin et à midi. Les horaires nous convenaient, puisque nous partions quelques jours en Bretagne, et qu’il avait les clés. Nous donnâmes donc le feu vert et l’informions de notre de retour le 18 juillet).

La première visite ayant lieu quelques minutes après notre départ, nous avions laissé l’appartement de la façon la plus présentable et la plus avantageuse qui soit (compte tenu de nos contraintes, l’appartement était surchargé, raison de notre déménagement proche) : volets roulants ouverts, rideaux ouverts, pour laisser entrer la lumière (appartement au premier étage). Ayant aperçu l’agent immobilier dans la rue juste au moment de partir, deux fenêtres furent laissées ouvertes (une des trois fenêtres du séjour et celle de la cuisine, en mode oscillo-battant). Histoire de se rassurer, nous lui avions demandé peu après notre départ, par un message SMS, de bien tout refermer à la fin de ses visites. Il accusa réception : « bien noté ».

Monsieur Ferey entra donc chez nous à deux reprises ce mercredi 13 juillet 2011. D’après ce qu’il nous dit à posteriori, c’était pour faire visiter l’appartement à des collaborateurs et autres vendeurs de son agence. Nous n’avons jamais réussi à savoir qui était vraiment entré chez nous pendant notre absence, sous la resposnabilité de Monsieur Ferey. Après sa deuxième et dernière visite, il partit et referma la porte d’entrée à clé. S’il avait refermé la fenêtre du séjour donnant sur la rue de Beaune, il avait laissé la fenêtre oscillo-battante de la cuisine ouverte. Il n’avait pas non plus jugé utile de baisser les volets, ni de tirer les rideaux.

Certes, on peut mettre ça sur le compte d’un oubli, d’une négligence. Mais cela en dit long sur le personnage : baratineur, er irresponsable ! Et quel sens de l’observation! quelle attention! l’appartement ne fait pourtant que 55m2 et comporte cinq fenêtres.

N’importe quelle personne dotée d’une intelligence normale et d’un minimum de conscience aurait pris 3 minutes pour vérifier que tout est bien fermé. Et n’importe quelle personne un peu plus intelligente que la normale aurait pris l’initiative de fermer les volets ou de tirer les rideaux, ou au moins d’appeler les occupants partis pour le week end pour leur demander s’il est judicieux et approprié de le faire. Visiblement, Monsieur Ferey n’y avait pas pensé (à fermer les volets) : on ne lui avait pas demandé. Et pour les fenêtres : il n’a pas vu. Monsieur a réponse à tout ! Au téléphone, il eut même le toupet de me dire qu’il n’était pas entré dans la cuisine (qui comporte deux parois vitrés ce qui la rend visible depuis l’entrée et le couloir!), et que ce n’est pas de sa faute!

Résultat : que ce soit depuis la cour intérieure ou la rue, n’importe quel observateur attentif avait pu remarquer que notre appartement était inoccupé pendant le week end du 14 juillet. Cependant, il fallait bien connaitre l’immeuble et notre appartement et avoir un œil assez attentif pour remarquer, depuis le palier de l’immeuble, ou depuis la cour intérieure, que la fenêtre de notre cuisine était restée ouverte en mode oscillo-battant.

Alors qu’en temps normal (fermées convenablement), les fenêtres double vitrage sont un moyen assez efficace contre les intrusions, en mode oscillo-battant, c’est autre chose. Il suffit de faire levier au niveau de la « faiblesse » (en bas, du côté opposé aux charnières) et hop, ça saute et la fenêtre est complètement ouverte. Cela crée donc un accès « facile » à un appartement.

Malheureusement, cela ne manqua pas. À notre retour lundi en fin d’après-midi, nous avons eu confirmation de ce que nous avaient annoncé plus tôt dans l’après-midi deux personnes de confiance : notre appartement avait été cambriolé et mis sans dessus-dessous, tous les bijoux (de ma femme, de ma fille, la montre ayant appartenu à mon grand-père décédé), les petits objets de valeur et la majorité du cash (en USD, GBP, CHF et EUR) avaient été volés!

La sensation de se retrouver dans un cauchemar, qui avait commencé trois heures plus tôt en voiture au moment du premier coup de fil, que l’on avait essayé de modérer en espérant que les malfaiteurs n’aient pas tout trouvé et emporté. Hélas, une énorme tristesse, une colère immense en découvrant et en comprenant ce qu’il s’était passé : la fenêtre de la cuisine n’avait pas été pas fermée correctement, ce qui avait constitué une voie royale pour les cambrioleurs

Troublantes coïncidences

J’avais habité cet appartement depuis 2001-2002, je l’ai géré et je suis parti plusieurs fois les weeks ends et souvent en vacances pour plusieurs semaines. Conscient qu’il s’agit d’un premier étage, donc plus vulnérable au vol, je vérifiais toujours que la porte d’entrée était bien fermée, que les fenêtres étaient entièrement fermées, les volets roulants baissés et les volets tirés (pour éviter que l’on voit ce qu’il se passe depuis la rue, mais aussi pour protéger l’intérieur du soleil et de la lumière). Je n’avais jamais eu aucun problème, mais parfois quelques inquiétudes (des appartements de la rue et de l’immeuble, généralement aux derniers étages, avaient été cambriolés il y a quelques années).

Monsieur Ferey refusa d’admettre une quelconque responsabilité (directe ou indirecte) dans ce cambriolage. Pour lui, on ne lui avait pas demandé de fermer les volets et de tirer les rideaux, il n’avait pas vu qu’il avait laissé une fenêtre ouverte, il ne voyait pas non plus de lien de cause à effet entre le fait qu’il était la dernière personne responsable à avoir pénétré dans notre appartement par la porte principale et le cambriolage qui eut lieu peu de temps après. Ce qui nous était arrivé semblait lui faire ni chaud ni froid.

Ce lundi là, ce courageux personnage n’avait pas le temps de passer chez nous avant 20 heures. Cependant, il avait eu amplement le temps de contacter les vendeurs (qui se trouvaient à l’étranger au moment des faits), pour tenter de se dédouaner et nous faire porter la responsabilité. Et il prétexta une excuse vaseuse pour ne pas se présenter à l’heure dite.

Morale et conclusion

Cette histoire nous a coûté très cher, à la fois parce que ces objets volés avaient une valeur pécuniaire, mais surtout parce que beaucoup étaient des cadeaux, avaient une vieille histoire et nous étions très attachés. Et s’il faut bien sur relativiser et accepter la malchance et les coups du sort, ce cambriolage horrible que nous avons subi n’aurait sans doute jamais eu lieu sans la négligence de Monsieur Ferey.

La Police accomplit son devoir en passant pour constater les faits, mais la Police Scientifique confirma, hélas, que ces salauds avaient des gants dès le début, rendant les recherches impossibles. Hélas, aucun témoignage fiable de la part des voisins.

Attention aux fenêtres oscillo-battantes, fermez les quand vous sortez de chez vous, même pour quelques minutes. Si vous vendez votre appartement, ne jamais faire confiance à un idiot, ne jamais faire confiance à un idiot, surtout quand vous avez un à priori négatif sur lui, avant même de l’avoir rencontré! Si vous n’avez pas le choix, ne laissez pas vos clés, et ne laissez pas entrer des quasi inconnus chez vous si vous êtes absents.

Je sais, ce sont des évidences, mais il ne faut jamais les perdre de vue et ne jamais baisser la garde. On ne se remet que petit à petit d’un cambriolage, et, hélas, on n’oublie jamais complètement.

mai 09

La naissance de H, une semaine à l’hôpital, le printemps, une certaine fatigue, une lassitude certaine, une monotonie ambiante, l’envie de changement… plein de raisons, plus ou moins bonnes, qui me donnent envie de prendre un peu de distance et de recul face aux blogs restos, auxquels je contribue depuis environ 6 ans…

Ce blog restera donc en jachère pour quelques temps, quelques semaines, quelques mois… Je continue à suivre et à lire ce qu’il se passe chez les autres, mais je sature un peu et je n’ai plus très faim ni envie de nouveauté, alors que le changement, c’est maintenant…

Rendez-vous dans quelques temps.

En attendant, je vous invite à sortir vos briquets et à entonner l’hymne du changement, made in Germany.

 


mar 18

C’est vrai ça, tous les ans, des petits « malins » (François Simon, Stéphane Riss et d’autres) se prennent au jeu des pronostics, avec des méthodologies et des sources encore plus obscures que les critères du Michelin lui-même. Fuites savamment orchestrées? Ensuite, un grand nombre de blogueurs et journalistes se sentent obligés de donner leurs avis et souvent expliquer que le Michelin ne sert à rien, est dépassé, à la traine, d’une autre époque… Ce qui n’empêche pas nombre de ces détracteurs de publier le classement intégral : ce serait dommage de se priver de trafic à si bon compte.

Pour le Fooding, il y a également beaucoup de bruit. Ils ne font pas l’unanimité contre eux, au contraire, ils ont plein de zélateurs et de fans dévoués pour relayer l’information. Et, de temps en temps, j’ai l’impression qu’ils (très habiles en communication) provoquent volontairement des polémiques (ex : le Dauphin, fin 2011) pour entretenir le buzz.

Si l’on parle de ces deux guides, forcément imparfaits, mais pas si mal que ça, c’est parce que ces deux là sont les seuls à compter en France.

Par analogie, si l’on ne parle presque pas du Pudlo, du Lebey, du Gault & Millau, de Champérard, d’Omnivore et des World’s 50 Best Restaurants, c’est parce que, justement, ces guides ne servent pas à grand chose, et que tout le monde s’en fout, parce que pas grand monde ne les lit… De modestes tentatives d’explications!

  • Le Lebey n’est pas mal, mais on peut se contenter d’en acheter un tous les 3-4 ans. Leur guide en ligne est payant ; ils sont discrets et ont autant de charisme qu’un poisson rouge! Lebey n’est plus derrière le Lebey, mais il n’y a pas eu de grands bouleversements, à part, une petite présence web (enfin!). Je vous laisse regarder les adresses proposées autour de la Gare de l’Est (Ma Sa et le Safran, respectivement dans le 17e et le 18e), pour vous apercevoir qu’il y a encore du progrès à attendre!
    Disclaimer : j’ai acheté quelques Lebey, le dernier il y a plus de 4 ans.
  • Pudlo aime tout dans son guide, son blog est plus intéressant, puisqu’il est gratuit, qu’il y a des images, et que, de temps, en temps, il se lâche (énorme moment avec Périco Légasse au Tarmac).
    Disclaimer : j’ai acheté un ou deux Pudlo avant 2005.
  • Gault & Millau : les cousins de LaFourchette. Un nom qui ne veut plus rien dire puisque les deux fondateurs n’ont plus rien à voir la dedans. C’est bien d’avoir une éthique, mais la Nouvelle Cuisine c’est plus vieux que moi. Le G&M n’a pas apporté grand chose à la gastronomie française depuis bien longtemps. Et une « sélection » de 5000 hôtels et restaurants sur toute la France, c’est trop!
    Disclaimer : jamais acheté leurs guides, ni leurs magazines.
  • Omnivore : si je vous dis qu’il y a Andrea Petrini (que François Simon n’aime pas, et l’autre lui rend bien), Sébastien Demorand et Bruno Verjus dans ce truc, ça vous suffit? La SARL Omnivore a été radiée très récemment! Délocalisation? Non, rapprochement avec le groupe GL Events (mis à jour suite à commentaires).
    Disclaimer : jamais acheté leurs salades, ni participé à leurs mascarades.
  • World’s Best 50 Restaurants : pas vraiment un guide, plus le résultat d’un sondage, auprès d’une petite communauté d’ « experts » con-sanguins et auto-sélectionnés (chefs, critiques, restaurateurs, foudeux), bref, aussi intéressant qu’un micro-trottoir dans un JT.
    Disclaimer : je parcours quand même leur classement une fois par an.
  • Champérard : si je vous dis qu’Alain Bauer, « professeur de criminologie » et Franc-Maçon est derrière ce guide, ça vous suffit?
    Disclaimer : je n’ai jamais touché à ça!
mar 05

Retour dans le septième, avec le 122 Bistrot d’Hier et d’Aujourd’hui, au 122, rue de Grenelle, 75007 Paris (tél. : 01 45 56 07 42, fermé samedi et dimanche), que je voulais tester depuis quelques années déjà. Ouvert en 2009, je suis passé devant plusieurs fois, pour aller à la Mairie du VIIe, chez Auguste… Un article récent de John Talbott, parlant d’améliorations depuis l’arrivée d’un nouveau chef (après vérifications, ce chef semble en place depuis fin 2010), l’avait remis en haut de pile.

Verdict : bon, mais cher. Trop cher même, surtout que les prix affichés sur la carte (au déjeuner, entrée+plat à 35€, entrée+plat+dessert à 39€) ne correspondaient vraiment pas à ce qui était affiché sur leur site web (moins de 30€ au déjeuner-photo datant de fin 2009-site maintenant en travaux?). Isabelle, ma camarade de déjeuner, avait bien lu la même chose que moi sur internet. Sans compter cette histoire de supplément de 6€ pour une entrée (foie gras) qui ne compte pourtant qu’un ou deux euros de plus à la carte que les autres entrées!

En bref, une adresse très Septième, au cadre agréable et chic, au service un peu maniéré et attentif, à la cuisine tout à fait honorable, mais qui n’a pas pour autant laissé un souvenir notable (à part peut-être le baba, pour finir). Le repas était agréable et nous avons bien mangé, mais pas la peine de venir de loin pour manger au 122! Surtout quand on sait que l’on peut payer 35€ chez Auguste, rue de Bourgogne, à trois minutes, pour le menu entrée+plat+dessert au déjeuner!

Leçon à ne pas oublier : toujours vérifier ses sources et recouper les informations, surtout pour les adresses légèrement sous le radar…

Pour une cinquantaine d’euros par personne, vin compris, on s’amuse beaucoup plus au Galopin, dans le 75010. Je vous en parle bientôt.

mar 04

Je n’aime pas quand une personne intervient dans un sujet pour lequel elle est à la fois juge et partie. Il y a clairement un conflit d’intérêt. C’est comme si on demandait à Pirelli (un concurrent direct) de donner son avis sur Michelin et que ces derniers annonçaient que Michelin sera bientôt mort. Non seulement ce n’est pas élégant, mais ça frise la malhonnêteté quand en plus on omet d’indiquer sa position et un éventuel conflit d’intérêt. Voilà pourquoi je ne pouvais pas laisser passer l’intervention récente d’Andrea Petrini contre le Michelin, et la complicité/complaisance honteuse du support qui lui accorde cette tribune.

Le procès (façon soviétique) du Michelin

Dans la première parution d’Alimentation Générale,  pages 70 à 73, un certain André Petrini nous explique que le Guide Michelin, c’est « la gastronomie d’un autre temps ». Sur quatre pages (dont une de titre/photo), ce brave homme se demande « comment ce petit bréviaire connu dans le monde entier a-t-il pu rater à ce point la révolution de velours de la gastronomie mondiale?« .

Il prédit la fin proche de Michelin (« les enfants nous demanderont : « c’était quoi, Michelin? »). L’andouille résume Michelin à un guide rouge et ignore le cœur d’activité de la multinationale : les pneumatiques, dont la firme de Clermont-Ferrand est numéro deux mondial, derrière le japonais Bridgestone, mais devant l’américain Goodyear, l’allemand Continental et l’italien Pirelli. Ce qui n’est pas une mince performance. Sans trop m’avancer, Michelin me parait bien équipé pour survivre. Et je parie que dans 20 ans, Michelin restera plus connu du grand public qu’Andrea Petrini, son œuvre et ses amis réunis.

Andrea Petrini se demande : « qui achète encore le Guide Michelin? » Après avoir écarté les journalistes, les critiques et les cuisiniers en devenir, il prétend que le public l’achète en douce, presque honteux. Ce brave homme ignore peut-être que le Michelin est aussi accessible en ligne, et reste, il me semble, le guide de restaurants le plus vendu en France… Il se contredit à peine quelques lignes plus loin, en écrivant que la parution annuelle du guide papier est systématiquement l’objet de buzz (sur internet ou dans la presse papier) de rumeurs et autres prédictions (d’ailleurs, pourquoi parler de François Simon, largement dépassé par Stéphane Riss? Ah oui, François Simon est journaliste au Figaro…). Les autres guides ne génèrent pas autant d’attentes, ni autant de bruit : pas la même légitimité, ni la même importance? Les étoiles Michelin apportent en général une belle visibilité aux restaurants, une clientèle conséquente, et donc du chiffre d’affaires non négligeable. Peut-on en dire autant de tous les guides et classements?

Je suis peut-être une espèce en voie de disparition, mais je trouve que le Michelin reste une valeur plutôt sure. Pas question de lui faire aveuglément confiance, mais c’est en général un très bon premier filtre pour choisir une adresse pour une région que l’on ne couvre pas régulièrement. Certes, pour Paris, il y a des informations remises à jour plus souvent qu’une fois par an, mais les Fooding, FigaroScope, autres publications dans la presse traditionnelle et les blogs sont souvent biaisées par les nouveautés.

Étant de bonne foi, je déplore (comme Andrea Petrini) une certaine dispersion de nombre de chefs étoilés (« bistrots, et annexes », le pire étant bien sur les conserves, plats surgelés et produits dérivés). Mais est-ce la faute au Michelin? Nous verrons plus bas que certains chouchous d’Andrea Petrini, étoilés ou pas, ne sont pas moins mouillés que certains étoilés Michelin. Quant aux contrats et semaines gastronomiques à l’étranger, si cela contribue à améliorer notre balance commerciale, je ne peux qu’applaudir et très vite me distinguer de ce sombre Petrini. Le rayonnement des chefs français à l’international est la preuve que les français et les chefs étoilés Michelin gardent une place importante dans la scène gastronomique mondiale.

Mauvaise foi

Page 73, on reproche au Michelin d’avoir un biais français et de « rejeter » les cuisines locales. Le Guide Michelin, en conservant ce nom, revendique ses origines et sa « French touch », tant pis si cela ne plait pas à Andrea Petrini. Le Michelin, en Italie, privilégierait les « maisons de tradition », à deux exceptions près. Est-il allé à Piazza Duomo, à Alba (deux étoiles Michelin)? Il reproche au Michelin de se comporter en « bon Gaulois » et de « traiter les autres pays européens comme nos gouvernements d’antan la Françafrique ». Wow! Derek Brown, gaulois? Juliane Caspar, gauloise? Que des non-français se retrouvent directeurs du Guide Rouge montre bien que le Michelin n’est pas comme le décrit Petrini.

Petrini nous apprend, qu’aux quatre coins du globe, des déçus sont impatients que Noma, le restaurant du Danois René Redzepi soit « intronisé ». Et reproche des lenteurs pour reconnaitre les mérites de Bras, Roellinger, Adria et Bottura. Alors qu’il y a des récompenses tellement évidentes et conformistes : les frères Roca, un restaurant de sushis à Tokyo, le 11 Madison Park… Dans un domaine aussi subjectif, rien n’est évident, cher Andrea Petrini. Par ailleurs, certaines adresses ne sont pas dans le Michelin, ne le seront jamais et se débrouillent très bien sans cela et sans figurer dans d’autres guides… Faut-il en déduire, par un raisonnement simpliste, que les guides ne servent à rien?

Il parait que Roellinger, Senderens, Veyrat ou Westermann rendent « étoiles et tablier ». Alain Senderens a restructuré son restaurant, qui a vite retrouvé deux étoiles, Antoine Westermann, lui, est passé de chef à restaurateur (Antoine Westermann n’a jamais renié ses trois étoiles, loin de là). Olivier Roellinger a également voulu passer à autre chose ;  son  restaurant « Coquillage » des Maisons de Bricourt a également une étoile. Quant à Marc Veyrat, le pauvre homme a eu de graves problèmes de santé et l’on peut comprendre qu’il ait d’autres priorités.

Septime de Bertrand Grébaut et le Chateaubriand d’Inaki Aizpitarte sont des adresses bobos chouchous de la galaxie très « parigot-circonscrite » de la gastronomie. Bertrand Grébaut avait très vite obtenu une étoile à l’Agapé, mais, comme Inaki, on ne peut pas vraiment choisir ce qu’on mange chez lui le soir (menu dégustation/carte blanche). La mode est aux menus imposés, certes, mais pour moi cela fait plus cantine (même de luxe) que restaurant. Il faut avoir le choix et pouvoir décider de choisir entre la carte et un ou plusieurs menus. Le menu unique arrange bien les chefs et restaurateurs, mais c’est le client qui paie, et il a le droit d’avoir le choix. Enfin, si je n’ai jamais diné chez Septime (seulement déjeuné), j’ai quelques fois diné chez Inaki : c’est très bon, mais inégal, et c’est archi bruyant.

Un « expert » qui tombe à pic

Pour finir, Andrea Petrini nous « rassure » en nous disant que ce n’est pas une attaque personnelle contre le Michelin, mais que les autres guides : Gault & Millau, L’Espresso, Good Food Guide et Lo Mejor de la Gastronomia sont tous dépassés. C’est d’ailleurs un « expert », Stefano Bonilli, qui le dit. Stefano Bonilli qui vient de lancer (en novembre dernier), Gazzetta Gastronomica, un « webmagazine », « avec l’ambition d’être le premier guide de restaurants, italiens mais aussi mondiaux, édité on line ». J’aime beaucoup le blog collectif passionegourmet, mais je ne trouve pas l’idée du webmagazine particulièrement novatrice…

Bref, je ne suis vraiment pas d’accord avec Andrea Petrini qui prédit qu’il reste très peu de temps au Michelin et à ses semblables. Rendez-vous dans quelques années.

Andrea Petrini : multi-cartes?

En attendant, intéressons nous un peu à Andrea Petrini, sa vie, son œuvre. Ne surtout pas le confondre avec Carlo Petrini, de Slow Food, qui ne joue pas dans la même catégorie.

Italien vivant à Lyon, chauve (Emmanuel Rubin le tacle bien sur cette vidéo), est très impliqué dans Omnivore, co-organisateur de CookItRaw, a écrit pour Slate. Un peu longue, son apologie du classement San Pellegrino des Cinquante meilleurs restaurants (World’s 50 best restaurants), auquel il participe en tant que président de la section française (à la place de François Simon). D’ailleurs, ce « classement » (dont Andrea Petrini explique le principe ici), est pure blague, mélange de mauvais genres et de conflits d’intérêts : c’est le président de chaque pays qui choisit les autres membres du jury, dont des chefs! pas mal de monde en commun avec les chefs Omnivore : Sulpice, Piège, ).

Andrea a plein d’amis sur Facebook, et visiblement un très beau réseau et un homme très pris. Mais pas si pris que ça : en plus d’Omnivore, il trouve aussi le temps de contribuer au Fooding. Il a même twitté, pendant une petite semaine, en 2010! Andrea Petrini a également contribué au Gambero Rosso (c’est là qu’il a rencontré l’expert, Stefano Bonilli qui prédit la fin des guides). Bref, Andrea Petrini travaille ou a travaillé pour des guides, mouvements ou tendances clairement concurrents du Michelin.

Qu’il ait le droit d’exprimer son point de vue, même si il n’évolue pas beaucoup, c’est son droit, mais le minimum serait d’indiquer qu’il ne s’agit pas d’un observateur neutre et bienveillant, mais bel et bien d’un concurrent, voire opposant farouche au Michelin. Cela permettrait aux lecteurs de nuancer ses propos et sa position plutôt radicaux face au bon vieux Guide Rouge. Mais il faut croire que quand on n’aime pas, peu importent les moyens… Ce n’est pas le Michelin qui est « imbu de lui-même, installé comme il l’est dans son complexe de supériorité », mais ses pauvres détracteurs qui ne sont même pas capables de trouver les bonnes raisons, et qui usent de procédés qui sont tout sauf transparents et cohérents!

mar 01

Cela fait quelques temps que je trouve l’ « excellent » Bruno Verjus assez puant. J’avais bien eu quelques échos sur sa double casquette (« prescripteur » à travers son blog, et « promoteur » de l’autre), mais je me disais qu’il faisait cela de manière désintéressée, par pure passion.

Le malin était resté assez discret, jusqu’à présent. J’avais bien eu quelques échos d’invitations par ci, d’événements organisés par là, mais rien de complètement factuel… Jusqu’à cette excellente observation de @Antonin Iommi : une photo que je ne peux pas m’empêcher de reproduire ci dessous.

Verjus MUST EAT Connaissez vous Bruno Verjus? Food Intelligence et Must Eat! (ChrisoScope)

Il s’agit d’un extrait du numéro 1 du magazine Alimentation Générale. Sous le titre « Paie ton Guide », Bruno Verjus participe/recrute des chefs et des restaurateurs pour leur apporter de la visibilité et des réservations, moyennant une « participation » de 2400€!

Je pense que tout est dit. Les adorateurs et zélateurs de l’ « excellent » Bruno Verjus devraient finir de se demander si leur chouchou est chroniqueur, critique, ou juste un RP/attaché de presse très malin qui mélange les styles. Comment savoir si, sur son blog, il parle d’une adresse parce qu’il l’a bien aimée, ou parce qu’on lui a donné des incitations (invitations, rémunérations, compensations, échanges de bons procédés…) pour l’ « aimer »?

Disclaimer : je n’ai rien contre les RP et attaché(e)s de presse et maintenant « community managers » dès lors qu’ils indiquent clairement de quel côté ils sont.