Fin 1996, vacances de Noël au Liban. Au lieu de faire des maths et de la physique, histoire de progresser un peu (après une série de 3, 5, 5, 3 / 20 en maths inoubliable), je découvre internet avec une connexion à 28.8kbps!
Je m’amuse rapidement à monter mon site perso, le Chrisos Web. Je réalise très vite que ma petite vie de taupin n’intéresse pas grand monde, malgré mon humour et des sujets passionnants (écriture de soi, hamburger manging contest, ou concerts de la taupe…).
Pour faire de l’audience, je m’oriente alors vers d’autres types de contenus, dont je perçois très vite le potentiel : des photos de belles et jolies jeunes femmes plus ou moins célèbres (super models, mannequins, actrices, stars du petit écran, Playmates et même quelques stars du X). Pas beaucoup de texte, des galeries par thématiques (habillée, nue, lingerie, swimsuit…), quelques centaines de vedettes, des milliers de photos. Le Chrisos Hot a vécu de 1997 à 2005. La gestion de ce site et des galeries photos étaient un bon moyen d’exploiter et de faire progresser ma mémoire visuelle
Le ChrisoScope est né en 2006, sur une thématique moins racoleuse, plus personnelle. Au départ, il n’y avait même pas de photo, la seule image étant un scan de l’addition. Puis les photos de plats, de la salle ou même des WC sont devenues la norme. Mais assez peu de photos de personnes, contrairement au Chrisos Hot.
Et puis hier, invité par A, avec O, au très bon et très agréable Citrus Etoile, j’ai eu une impression de déjà vu en rencontrant Elizabeth Épié, l’épouse du chef-propriétaire qui veille sur la salle et l’anime.
Cet après midi, en faisant une recherche rapide sur le Citrus Etoile, je découvre que Madame Épié est née Nottoli. Elizabeth Nottoli! Une sculpturale célébrité autrefois dans le Chrisos Hot! Amusant non, comme ces deux sujets à priori éloignés se rejoignent!
En me relisant, c’est vrai que les « Cinq Bonnes raisons de ne pas manger au restaurant Laurent (75008) » sont un peu vaches, mais j’espère, justes quand même (c’est surtout contre les tarifs, le service et la clientèle que j’en ai redire). Toujours est-il que, via commentaires Facebook, Louise, de Raid-Pâtisseries me demande mon avis sur leurs palmiers (palmiers pour lesquels elle vient d’effectuer un Raid comparatif et dégustatif, auquel je n’ai, hélas, pas pu participer). Pas de souvenir de leurs palmiers lors de ce diner frustrant d’il y a quelques années. Le chef Alain Pégouret intervient de façon plutôt élégante, nous apprenant que 450.000 palmiers sont écoulés chaque année au restaurant Laurent (soit plus d’un millier par jour, presqu’une usine!), et proposant de répondre aux questions de Louise.
Ce lundi, en début de soirée, gentil mail de Louise nous annonçant qu’elle a une boite de palmiers pour nous! Moins d’une demi-heure après, grâce aux moyens modernes de communication (e-mail, SMS), et de transport (métro ligne 9), la boite de palmiers, qui avait quitté l’avenue Gabriel il y a quelques instants à peine, revenait dans son 8e arrondissement natal, changeait de mains sur le quai de la station St Philippe du Roule, et continuait sa route vers Montreuil. Sorti à Bonne Nouvelle, la boite de palmiers terminera sa courte, mais glorieuse vie dans le 10e arrondissement, à quelques centaines de mètres de l’église Saint Laurent (saint patron des cuisiniers et des pâtissiers, avec saint Honoré).
Alors certes, les palmiers n’ont pas une forme complètement classique de palmiers, ce seraient plutôt des « palmettes ». En ouvrant la boite, on sent un bon goût de beurre, bien dense, qui rappelle un peu l’odeur d’un kouign-amann. On s’inquiète un peu des calories que l’on risque de prendre, mais, en soupesant une de ces petites bêtes, on découvre que ce n’est vraiment pas lourd. Une bouchée suffit à confirmer que la texture est légère et aérienne, le goût présent et plaisant, sans être imposant, ni lassant. Ces palmiers sont très réussis et se mangent par pure gourmandise. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas mangé d’aussi bons, très longtemps même (je ne pense pas en avoir mangés de tel précédemment).
Comme quoi on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Merci beaucoup à Louise et à Laurent Pégouret pour cette découverte. Reste à savoir si on peut en acheter en « vente à emporter ».
Restaurant Laurent
41 avenue Gabriel, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 25 00 39. Site Web.
La semaine dernière (mardi 6 mars 2012), j’ai eu la chance d’être invité à participer à une découverte/dégustation de vins de Sauternes-Barsac au restaurant « Hélène Darroze » , 4 rue d’Assas, 75006 (dont Oanèse vous avait parlé il y a un peu plus de deux ans).
Les vins de Sauternes, très (parfois trop?) sucrés, et à boire en accompagnement bateau d’un foie gras en entrée? Tellement has been! Les bons vins de Sauternes ne sont pas que du sucre, ils regorgent d’arômes fruités. L’Organisme de Défense et de Gestion de l’appellation Sauternes Barsac s’est donné pour mission de redorer le blason de ces vins à la belle robe, et c’est dans l’esprit de donner un nouveau regard sur ces vins qu’était organisé ce déjeuner-dégustation.
Au programme, six plats et deux desserts (le tout en version tapas/dégustation) élaborés par la Chef étoilée du Sud-Ouest (dont l’oncle, Claude, est chef étoilé à Langon, à 10km de Sauternes), en accord avec des vins (blancs, bien sur) de Sauternes et Barsac. Un apéritif déjeunatoire de luxe, pour redécouvrir ces vins de Bordeaux, les seuls Blancs de la région reconnus en 1855. En la bonne compagnie de mes amis M, A et WM. Une expérience ludique, expérimentale, et exploratrice. Au delà de l’appariement suggéré, chacun était libre de goûter le vin souhaité en même temps que tel ou tel plat : ce qui donne un grand nombre de possibilités et, à l’arrivée, des sensations riches et variées, à l’image de ces vins blancs! Une expérience intéressante, même en se trompant de vin!
Parmi les bonnes choses mangées et bues :
- Betteraves multicolores, confites et crues, artichauts épineux croquants, burrata, poutargue royale, lomo Iberique : extra de fraicheur et d’apparente simplicité, très bien (voir recette en bas de page)
- Raviole d’oignons doux des Cévennes caramélisés gratinée au parmesan Reggiano, vinaigrette à la truffe noire du Périgord : un joli contraste de doux et d’aigre
- Foie gras de canard des Landes rôti, purée de pois chiche, échalote confite et raisins de Corinthe, jus aux épices du Sultan : le foie gras est un grand classique du Sud Ouest d »Hélène Darroze, agréablement re-visité en version Méditerranée
- Joue de boeuf de Chalosse confite aux agrumes, céleri, sauce teriyaki, chantilly de stilton : peut-être la proposition qui m’a le moins emballé, j’ai trouvé la réalisation joue+teriyaki trop puissante et un peu salée.
- Noix de Saint-Jacques rôtie aux épices Tandoori, mousseline de carottes, réduction de cébette à la coriandre fraîche : après les alliances Sud-Ouest Méditerranée du foie gras, la St Jacques voyage en Inde et Asie du Sud Est. L’accord fontionne bien également
- Crème mascarpone parfumée à la vanille de Tahiti, biscuit aux amandes, sorbet et meringue au cassis, violettes cristallisées : une belle fin douce (que l’on « bissera » allègrement). La crème est très très bien vanillée, c’est un régal. Le cassis apporte une jolie touche de sucré acide.
- Dans nos verres : du Château Laville 2005 (fruité épicé), du Château Suduiraut 1999 (très grand intensité, une découverte pour moi, je ne savais pas qu’un vin pouvait être aussi intense en odeurs fruitées, pas évident à saisir, mais engageant), et d’autres encore…
La recette suivante illustre le mieux, selon moi, la richesse du nez et les notes fruitées des vins de Sauternes. Visiblement simple et joliment colorée, elle cache en fait une belle complexité et un savant équilibre de saveurs et textures.
Betteraves multicolores, confites et crues, artichauts épineux croquants, burrata, poutargue royale, lomo Iberique

Par Hélène Darroze, quantités pour 8 personnes
Pour les betteraves :
800 g de petites betteraves de plusieurs couleurs : violettes, blanches, roses, jaunes
15 cl d’huile d’olive d’assaisonnement
Sel
Piment d’Espelette
Peler les betteraves à l’aide d’un économe et les passer sous un filet d’eau au cas où il resterait de la terre.
Envelopper chaque betterave dans une feuille d’aluminium avec quelques gouttes d’huile d’olive de cuisson, du sel et du piment d’Espelette.
Les cuire en robe des champs dans un four à 160 °C pendant 45 minutes à 1 heure 30 selon leur grosseur. Une fois cuites, les laisser refroidir avant de les retirer de leur papillote et de récupérer le jus qu’elles auront rendu pendant la cuisson.
Puis les tailler en quartiers. Faire réduire le jus de betterave de cuisson de manière à ce qu’il soit légèrement sirupeux.
Au moment de servir les assaisonner de fleur de sel, de piment d’Espelette et d’huile d’olive.
Pour les artichauts :
8 pièces d’artichauts épineux (ou à défaut artichauts poivrade)
1 citron
5 cl d’huile d’olive
Sel, piment d’Espelette
Tourner les artichauts. Puis les détailler en deux moitiés de manière à retirer le foin.
Tailler alors chaque moitié en deux puis chaque quart encore en deux de manière à obtenir 8 huitièmes d’artichaut.
Les conserver dans de l’eau froide citronnée de manière à ce qu’ils ne noircissent pas. Au moment de servir, égoutter les artichauts et les assaisonner de sel et piment d’Espelette et d’huile d’olive.
Dressage :
2 Burrata
80 g de poutargue royale taillée en fines lamelles
80 g de lomo de porc ibérique taillé en fines lamelles
1 petite betterave violette taillée en fines lamelles à l’aide d’une mandoline
1 petite betterave rose taillée en fine lamelles à l’aide d’une mandoline
5 cl d’huile d’olive
Fleur de sel
Feuilles de mizuna
Verser le jus de cuisson des betteraves réduit dans le fond de chaque assiette. Puis déposer les betteraves cuites,
harmonieusement, entremêler avec les morceaux d’artichaut.
Déposer des petites touches de crème de buratta. Parsemer de copeaux de poutargue, de lomo et des betteraves crues. Ajouter les feuilles de mizuna, parsemer de fleur de sel et verser un cordon d’huile d’olive.
Bilan
Tout en restant dans la modération chaque fois qu’il s’agit de vins et autres boissons alcooliques, et même si je ne suis pas vraiment fan, à priori, de ce type de vins, je dois avouer que l’expérience m’a donné envie d’aller plus loin et de retenter l’expérience. À la cave, quelques bouteilles de Sauternes appartenant à ma chère et tendre femme, attendent depuis quelques temps déjà. Une bouteille de 2010, offerte à l’issue de ce déjeuner (merci pour le « pot de vin »
), les a d’ailleurs rejointes. Nous « expérimenterons » avec plaisir dès qu’elle pourra à nouveau boire du vin. En faisant une recherche sur internet, je découvre que la blogueuse culinaire Mamina était aussi de la partie.
Merci à Stéphanie pour l’invitation, aux Vignerons de Sauternes et Barsac-ODG pour les vins et à Hélène Darroze pour l’accueil chez elle et son menu accord mets et vins. Pour les sportifs bons-vivants, un marathon Sauternes aura lieu le 2 juin. Plus d’informations et de recettes dans le dossier de presse.
Bar-Restaurant Galopin
34 Rue Sainte-Marthe 75010 Paris, France
Tél. : 01 42 06 05 03
Le Galopin, ouvert à l’automne 2011 par Romain Tischenko, chef remarqué grâce à un concours de cuisine à la télévision, est une très bonne adresse pour bien manger (cuisine contemporaine assez inventive, mais lisible) à des prix tout à fait raisonnables.
Pourquoi? Comment?
Repéré au moment de son ouverture, il y a quelques mois déjà, via le Fooding (présent à l’ouverture), Adrian Moore, l’Art de Manger, le FigaroScope (2 cœurs), Hungry for Paris… Des rappels plus récents, toujours dans la même veine, chez FoodUp!FoodDown!, Pudlo, Ptipois, aTabula… Proposé une première fois par Mix pour un diner bloggueurs, nous nous retrouverons finalement chez Bang! La deuxième fois sera la bonne, quand, en ballotage face à l’Office, rue Richer, le Galopin l’emporte définitivement en proposant une heure d’arrivée acceptable (21h, vs 19h30 ou 21h30 à l’Office) et une grande table d’hôtes pour 8 convives, là où c’est plus difficile à l’Office, où il fallait laisser une caution/garantie sous forme de chèque. Bref, de prime abord, le Galopin s’avère plus sympathique et accueillant que l’Office (que l’on testera donc une autre fois).
Bon bobo
Alors certes, la rue Ste Marthe, c’est mignon tout plein, mais ce n’est pas non plus la porte à côté. Et puis les grandes tables pour groupes au Galopin, elles sont en sous-sol, dans une cave sèche et saine, rustique et fonctionnelle, mais un peu bruyante… L’accueil et le service sont gentils et efficaces. Les autres clients sont quasiment tous des bons bobos, et ne viennent pas forcément du quartier. À midi, on peut déjeuner pour 19€ (plat+dessert), 21€ (entrée+plat) ou 24€ (entrée+plat+dessert), ce qui est un peu plus abordable que dans deux gros nids à bobos du 75011 (Septime et le Dauphin). Le soir, c’est menu en sept plats, à 44€/personne.
Diner du jeudi 1er mars 2012
Ce soir-là, nous avons plus que bien diné et nous sommes régalés avec les petites assiettes du chef, décrites au menu de façon laconique, succession d’ingrédients principaux séparés par des virgules, écrits à la main d’une écriture juvénile.
- Betterave, citron : la betterave, en purée et en morceau, se cache sous une demi-boule aérienne de citron ; de saison, léger, fin, précis, avec ces petites graines qui décorent le dessus et amènent une touche de croquant discret. L’ingrédient mystère qui relève le tout est une bonne bouchée d’anguille!
- Bouillon, Parisien : le chef est passé chez William Ledeuil, chef étoilé de Ze Kitchen Galerie dans le 75006. C’est assez flagrant à travers ce bouillon aux accents asiatiques, malgré les Parisiens (champignons de Paris). Puissant, efficace, savoureux et léger, ça y est, décollage imminent!
- Daurade, Panais, Poireaux : la montée en puissance et l’étalage des talents du chef ne s’arrête pas, on atteint encore un niveau supplémentaire avec cette superbe daurade à la chair crue, très bien mise en valeur par une composition végétale où la pomme verte croquante et légèrement acide s’intercale entre les dés de panais et le poireaux en sauce. Une vraie réussite en bouche grâce à un jeu de textures très malin.
- Bar, Crosne, Soubrassade (Porc) : une belle composition, sans faille, mais qui m’a moins touché que ce qui a précédé, rien de bien grave.
- Veau de lait, Coquillage, Cresson : on se rattrape et on termine le salé en beauté avec ce veau archi tendre. Les bulots cuits surprennent initialement, mais trouvent très vite leur légitimité et leur place dans ce plat de viande, on se régale toujours ; même si on ne comprend pas vraiment l’intérêt de cette sauce au cresson. Apportée à côté, elle aurait été oubliée au moment du dressage. Peut-être que notre dosage n’était pas bon, en tout cas le cresson fut l’incompréhension de la soirée : heureusement qu’il a été oublié, c’était bien meilleur sans!
- On nous propose de choisir entre quelques fromages ou deux desserts : unanimité pour les desserts!
- Poire, Amande : poire fruit et amande en glace, avec du crust/crumble, c’est bon, bien frais et léger, peut être un peu trop léger?
- Praliné, Citron : une fin en apothéose, cela ne paie pas de mine, mais c’est juste, avec la daurade, le deuxième point culminant de la soirée, excellent dosage, légèreté remarquable, saveurs exquises. Quel dommage qu’il soit servi en si petite quantité! C’est son principal défaut!
Bilan
Une grosse cinquantaine d’euros par personne : en plus des six menus à44€/personne, il y a eu de l’eau gazeuse maison (3€ la Fresh), des bières (3,5€ le demi de Heineken) et 30€ de vin (un blanc sympathique, mais dont je n’ai pas relevé le nom).
C’est tellement rare les tables qui font l’unanimité (en bien) que l’on a toujours peur d’être déçu lorsque l’on y va enfin. Bien sur, ce n’est pas parfait, mais le Galopin a très bien tenu ses promesses et réussi quasiment en sans faute. J’aurais bien aimé une salle du bas un peu moins bruyante, et une assise plus confortable. Le menu dégustation imposé est plutôt réussi : bonne variété d’un plat à l’autre, bon dosage au niveau des portions et proportions, mais je ne peux pas m’empêcher d’imaginer ce qu’aurait pu être un diner en trois-quatre services, avec des assiettes plus copieuses et un peu plus construites. Le chef en a l’air capable, je lui souhaite donc de ne pas s’enfermer dans la facilité et le mimétisme. Adresse encore jeune, déjà approuvée et appréciée, à suivre… Bravo le Galopin!
Le même diner, vu par : Alain, Aude, Fabrice, Oanèse (à venir)…
Big Fernand, l’Atelier du Hamburger
55 rue du Faubourg Poissonnière, 75009 Paris.
Tél. : 01 47 70 54 72. Site web. Facebook.
Troisième et dernier venu de la New Wave of Paris Hamburgers, Big Fernand est, à mes yeux, l’adresse la plus réussie et la mieux équilibrée. Une organisation efficace qui limite le temps d’attente et permet à l’ensemble de la commande d’être prête au même moment et donc de manger chaud. Des portions gourmandes et assez copieuses pour bien manger et ne plus avoir faim avec un burger, une frite et une boisson, (on peut ajouter un dessert pour quelques euros de plus). Des produits de qualité, des recettes réussies ou la possibilité de composer le burger de son choix… Pas de problème de digestion, un accueil et un service agréables, un cadre sans prétention et confortable. Une adresse recommandée et hautement recommandable!
Bouche à oreille?
Big Fernand a pris son temps pour ouvrir, finalement le 18 janvier, d’abord au déjeuner uniquement, puis également (depuis début février) au diner, et très bientôt samedi midi et soir aussi.
Presque-Moi, ma chère et tendre, semble la première à en avoir parlé (le 19 janvier). LeFooding y a envoyé YN qui est un peu blasé (visite le 19 janvier). Annouchka a bien aimé. Cocottes en Stock compare Big Fernand à Blend et donne ce premier gagnant (fin janvier). FoodParis voit en Big Fernand le meilleur burger de Paris catégorie Fast-Food. Quelques jolies photos chez My Little Bazart. Une vidéo du Point début février, une honorable deuxième position (8/10) décernée par le FigaroScope et un cœur attribué par E. Rubin. Parisbouge s’y met aussi.
Take away
Je n’ai pas testé Big Fernand version sur place, mais deux fois, le soir, en version take away. Le restaurant, situé entre les rues de Paradis/Bleue/Papillon au nord et Richer-Petites Ecuries au sud, est à la limite entre le 75009 et le 75010. Le local est tout en profondeur, puisque la largeur sur rue n’est pas immense. Tout de suite en entrant, sur la gauche, un comptoir/vitrine réfrigérée qui présente les boissons maison, stockées dans de petites bouteilles en verre rétro (façon mini bouteille de limonade), boissons à base de lait, eau plate, gazeuse aux saveurs plutôt douces.
Derrière le comptoir, une équipe de trois/quatre gaillards moustachus, chemises à carreaux et casquette ouvrière. L’un d’eux s’occupe de la prise de commande, et de la préparation des boissons et desserts ; les autres s’affairent pour réaliser les commandes et finir la préparation et la remise. La décoration de la salle est fonctionnelle, sobre, avec pas mal de bois. Un banc permet d’attendre dehors s’il y a beaucoup de monde au comptoir. Les deux soirs où j’y suis allé, il y avait quelques personnes avant moi. On prend le temps de choisir son menu, d’observer les moustachus en action, de trouver qu’utiliser un appareil à raclette pour faire fondre le fromage est une bonne idée… Entre le début de commande, le règlement, la préparation et le retrait de la commande, moins de cinq minutes s’écoulent. On ne sent pas le temps passer, puisqu’entre les quelques échanges avec le chef commande puis avec le moustachu qui finit d’emballer nos sandwiches tout chaud, on ne s’ennuie pas.
Il convient de préciser à la commande si l’on emporte ou mange sur place. Les burgers ou formules à emporter sont 1€ moins chers que ceux consommés sur place. On ajoute 3 euros au prix d’un burger pour se retrouver avec frites et boisson fraiche, et encore deux euros de plus pour un dessert. Ce qui met la « petite formule » à 13-15€, et la grande à 15-17€ (tarifs à emporter, ajouter un euro de plus pour manger sur place).
Il faut compter 10-12€ le burger. Quatre compositions : Philibert, au poulet, Big Fernand, au boeuf, Victor, au veau et Alphonse, à l’agneau, sont proposées, mais l’on peut également choisir les ingrédients qui entreront dans la préparation de son burger (d’où l’appellation « atelier »). Cela laisse beaucoup de possibilités! Les fromages sont français et non pasteurisé, la viande est de qualité, préparée sur place, pas grasse et cuite comme il faut. Le poulet est un vrai morceau de poulet, avec une forme, une texture, une consistance, et du goût. L’agneau et le veau sont assez délicats et doux. Le boeuf a de la gueule. Les burgers tiennent bien en main, ont une vraie présence en bouche, nourrissent leur homme (ou femme), sans peser sur l’estomac après (contrairement aux gras burgers du Camion qui Fume). C’est très bon et très bien!
Les frites (fernandines) supportent assez bien cinq bonnes minutes de trajet à l’extérieur par moins quelques degrés, mais sont probablement meilleures sur place. Les desserts sont encore en rodage. Ils ne sont pas mauvais pour l’instant, même s’ils pourraient avoir plus de personnalité, ils peuvent mieux faire (c’est peut-être le seul point sur lequel Blend fait mieux que Big Fernand).
Big Fernand est ouvert depuis moins d’un mois et monte encore en puissance (ouverture le soir, puis le week end, bientôt du vin et des bières pour accompagner les burgers). C’est prometteur et j’espère que la progression et la stabilisation en vitesse de croisière permettront de maintenir la qualité, la bonne ambiance et des tarifs pas donnés pour de l’emporté (41€ la première fois, 37€ la deuxième, pour grosso modo, trois burgers, deux frites, une ou deux boisson ou un dessert), mais justifiés par la qualité des produits et de la prestation.
À continuer de suivre…
| L’Assiette Champenoise Arnaud Lallement 40 Avenue Paul Vaillant Couturier 51432 Tinqueux. Tél. : 03 26 84 64 64. Site Web. |
L’Amphitryon Jean-Paul Abadie 127 rue Colonel Jean Muller 56100 Lorient. Tél : 02 97 83 34 04. Site Web. |
Contexte
Le face à face de l’été 2011 : un déjeuner à l’Assiette Champenoise d’Arnaud Lallement, comparé à un déjeuner à l’Amphitryon de Jean-Paul Abadie. Quelle drôle d’idée me direz-vous? Comment peut-on comparer deux expériences à priori très différentes? Même s’il est vrai que chaque adresse et chaque chef ont leurs spécificités, je ne peux pas m’empêcher de trouver des similitudes qui vont au delà d’avoir deux étoiles Michelin chacun…
En ce qui nous concerne, nous avons déjeuné deux fois dans chacune de ces deux adresses : à l’Amphitryon en août 2008 (avant le mariage de S&M), puis en juillet 2011 ; et à l’Assiette Champenoise en janvier 2008 (pour mon anniversaire) et en août 2011 (pour ma fête). Nous avons dormi, à chaque fois à l’Assiette Champenoise après le déjeuner. Tous les deux sont des adresses que nous avons beaucoup appréciées lors des premières visites, et que nous étions impatients de revoir l’été dernier.
Lieux et environnements
Niveau géographie, c’est Est (la banlieue de Reims, en Champagne) contre Ouest (la banlieue de Lorient, en Bretagne).Tinqueux, PAris et Lorient sont d’ailleurs alignés!
L’Assiette Champenoise est plus accessible de Paris (moins d’une heure trente de route), alors qu’il faut plus de trois heures et demie en train, et plus en voiture pour atteindre l’Amphitryon. Point commun entre les deux : leurs situations en périphérie de villes de tailles moyennes, genre zone commerciale ou zone industrielle. Autant dire que l’environnement ne fait pas rêver. Pourtant, les deux parviennent à nous isoler et à nous couper de la réalité moche et grise, et nous transportent dans des lieux agréables et accueillants. Il suffit de franchir la porte de l’Amphitryon ou le portail de l’Assiette Champenoise pour que la magie apparaisse. Si l’Assiette Champenoise dispose d’un petit parc joliment arboré, la salle de l’Amphitryon n’a pas vraiment de vue sur l’extérieur (et ce n’est pas un mal, un parking Décathlon, ce n’est pas très trippant). Même si la salle de l’Amphitryon est assez épurée, il y a une plus grande impression d’espace à l’Assiette Champenoise.
On est dans une véritable bulle de couleurs modernes, de pâtes de verre, de mobilier design (et pas de nappe sur la table à forme allongée non identifiée!) à l’Amphitryon. À l’Assiette Champenoise, les derniers travaux ont plutôt donné un coup de jeune au bar, aux chambres (pas encore toutes refaites, lors de notre visite) et aux suites, alors que la salle à manger a une connotation plus classique et compose avec l’histoire du lieu (grandes tables rondes ou carrées, épaisses nappes blanches) : Château de la Muire.
En salle
Niveau ambiance dans la salle, c’était le déjeuner du samedi dans les deux cas, ce n’était plein ni à l’un ni à l’autre, mais comme c’est plus grand à Tinqueux, cela se voyait plus. Voisins bien éloignés à Tinqueux, quelques couples relativement âgés 45-60 ans à Lorient. Il faisait assez chaud en Champagne, et la climatisation de la salle n’était pas optimale ; ce qui a perturbé un peu notre appétit vers la fin du repas. Pas de problème de température à signaler à Lorient, où le climat est toujours tempéré.
Rien à redire sur le service en salle chez l’un ou chez l’autre. C’est pro, attentif, efficace. En cherchant un peu, on pourra toujours trouver que ça flottait un peu en fin de repas (comme nous.
Les chefs
Jean-Paul Abadie, né en 1958, originaire de Lannemezan, a vite quitté sa région d’origine, pour se former et travailler à Vichy, Versailles, Strasbourg, Quiberon, avant de se fixer, en 1985 à Lorient, où il ouvre, avec sa femme Véronique, l’Amphitryon en 1985. Première étoile Michelin en 1990, seconde en 2002, chef de l’année G&M en 2004. Sa cuisine est vivante, contemporaine et inventive. Simple mais pas simpliste, elle s’appuie sur des produits admirablement mis en saveur et en valeur grâce à des accords malins. Géographie oblige, la mer n’est pas loin et ses produits sont donc logiquement magnifiés. L’adresse est très personnelle, avec un effort particulier sur la décoration, la mise en place. Seul chef deux étoiles de Bretagne, Jean-Paul Abadie est aussi porte-parole et meneur de l’Association Tables et Saveurs de Bretagne.
Arnaud Lallement est né en 1975. Après l’école hôtelière de Strasbourg, il s’affine chez Roger Vergé, Alain Chapel et Michel Guérard. Retour au restaurant familial (l’Assiette Champenoise a été créé par son père, Jean-Pierre, en 1987). Il devient chef des cuisines à 24 ans, décroche sa première étoile à 26 ans, en 2001, et sa seconde étoile en 2005 (à trente ans, donc!). Sa cuisine se présente de façon plus conventionnelle et classique. Des produits de grande qualité, une très grande maitrise, des goûts justes, une générosité qui touche. Plus de technicité et de complexité que chez Abadie.
Niveau tarifs, les menus dégustation, comme la carte, sont plus abordables à Lorient qu’à Tinqueux, probablement parce que ce premier est plus éloigné de Paris, et peut être aussi parce qu’il a moins de concurrence dans la région. À Reims, les Crayères, Relais et Châteaux, sont l’Hôtel-Restaurant de luxe (même si l’on mange mieux à l’Assiette), avec les tarifs qui vont avec. Et comme vous prendrez probablement du Champagne à Tinqueux, la note boisson comprise risque d’être encore plus élevée. Rien n’empêche de prendre du Champagne à Lorient, mais c’est moins dans l’esprit…
Photos du menu dégustation à l’Amphitryon
Photo des menus dégustations à l’Assiette Champenoise
Bilan : difficile de lutter contre une première fois quasi parfaite!
Deux très bons déjeuners. Très bons, certes, mais pas parfaits et un peu frustrantes ces deuxièmes visites. Sans doute la somme de moins de surprises, encore plus d’attentes après des premières très réussies et une mémoire qui a tendance à idéaliser en enjoliver, plus quelques petites déceptions : pas de farandole des desserts en été à l’Assiette Champenoise, salle un peu trop chaude ; service pro mais pas d’échange à l’Amphitryon, et moins d’émotions fortes que par rapport à la première fois…
L’Amphitryon pourrait être dans le Fooding, alors que l’Assiette Champenoise est plus classique et plus bourgeois.
Autant les premières visites nous avaient laissés archi-enthousiastes, à la limite de l’extase, autant ces deux déjeuners, bien que de très haut niveau, m’ont laissé un peu sur ma faim. Et je ne parviens pas à les départager, juste vous dire que ces deux deux étoiles sont nettement plus ma tasse de thé que Gill. Et qu’à mon avis, les deux étoiles sont méritées mais que les troisièmes ne me paraissent pas à l’ordre du jour à très court terme.
Il faudrait donc y retourner une troisième fois (l’hiver prochain à l’Assiette Champenoise? peut être cet été à l’Amphitryon?), pour trancher de façon plus nette! Ce sera une autre histoire!
Le Versance, restaurant
16 rue Feydeau 75002 Paris – Entrée par le 1 rue des Panoramas
Tél. : 01 45 08 00 08. Site Web.
Ouvert midi et soir du mardi au vendredi, et samedi soir.
Ouvert en 2006, situé entre la Bourse et les Grands Boulevards, le Versance, restaurant du chef voyageur Samuel Cavagnis, propose une belle et bonne cuisine de gourmet dans un cadre agréable et relaxant. Formules déjeuner à 32€ (entrée+plat ou plat+dessert, dans les deux cas avec un verre de vin) et à 38€ (entrée+plat+dessert et un verre de vin). À la carte, entrée+plat+dessert dans une fourchette 60-80€. Les prix peuvent en effrayer plus d’un, mais ils sont nettement justifiés : bel espace entre les tables, service aux petits soins, et, le plus important, très de superbes assiettes, avec d’excellents produits, savant mélange de classique et d’inventif, avec l’utilisation fine et modérée de produits asiatiques. Très bien pour un déjeuner d’affaires ou pour fêter une belle occasion en couple ou entre amis.
Avis en vrac lus sur le Versance
Trois coeurs décernés par le FigaroScope fin 2006. Le FigaroScope en parle à nouveau en 2007, dans un dossier sur les cocottes. Alain Fusion aime beaucoup. Test Internaute en 2007 : « étoile montante », Miaam trouve le Versance très bien. L’Express en parle en 2008, le présentant comme l’anti Bigarrade, qu’ils trouvent surcotée. Le NemàlaChoucroute y mange début 2010. Télérama lui attribue un « Bien » fin 2010. Olivia Ruiz en est fan. Nourritures terrestres et spirituelles, après y avoir mangé, en groupe, des plats pas forcément pour elle, veut y retourner pour y manger des plats à sa guise.
Trois couverts Michelin, deux toques Gault et Millau. Sur L’Internaute, sur CityVox, TripAdvisor, Qype, iTaste, presque tout le monde approuve, sauf un eu deux « malheureux » utilisateurs de SmartBox et LaFourchette (très beau 8.7/10). Unanimité positive sur Mmmm!!!.
Cinq ans de patience!
Pour ma part, cela fait depuis février 2007 que le Versance est dans ma wish-list. L et C y étaient allés il y quelques temps déjà et avaient apprécié. Le Versance restait dans ma liste, mais sans jamais trouver ni provoquer l’occasion d’y manger. La faute au quartier, et peut-être aussi à l’absence d’écho percutant depuis quelques temps, que ce soit dans la presse ou sur les blogs. Il aura fallu déménager Rive Droite, un carrot cake maison préparé par O pour attirer C (qui garde alors A pour la soirée) pour découvrir enfin le Versance. Parmi la short list d’adresse que j’ai proposées, c’est le Versance qu’elle choisit. Une fois décidés, nous avons de la chance, puisque nous réservons le jour même, pour le diner. Autant dire qu’il y avait à la fois beaucoup d’attentes et finalement pas beaucoup d’attente… Notons la possibilité, très pratique, de réserver en ligne (via LaFourchette).
Préliminaires
Après être allé voir à quoi ressemble Chez Plume (une rôtisserie-resto-rapide pour les bozos zobos et autres food martyrs de la rue des Martyrs : tarifs effrayants, pas d’intérêt pour moi, puisqu’à plus de 15 minutes à pied dma rue, qui compte pas moins de trois bouchers de tradition française, sans compter les hallals et autres exo-folkloriques), je retrouve O rue de Paradis et nous marchons ensemble vers les Grands Boulevards. Nous arrivons au Passage des Panoramas vers 19h30, avec une heure d’avance sur notre réservation. Nous nous occupons en goûtant les Gyozas du tout frais Gyoza Bar (intérêt discutable) puis en faisant un petit tour. Les gyozas terminés, il est 19h50, nous observons les derniers préparatifs avant la mise en place du soir. Un tour de Bourse et puis nous revoilà.
Versance, le sens
Une recherche sur internet nous apprend que la versance est une conduite (emportée). Disons que ça rime avec Astrance.
Accueil et service
Nous ne somme même pas les premiers arrivés! Nous donnons notre nom de réservation, laissons nos manteaux, bombe et parapluie au vestiaire, et sommes conduits à notre table, une belle table ronde très confortable pour deux, au rez-de-chaussée (le haut était quasi privatisé par un groupe, dont une table de six apparentée, et pas toujours distinguée, occupait également le rez-de chaussée). Nous déclinons l’apéritif, O demande une carafe d’eau, qui arrivera vite.
Tout au long du repas, le service sera attentif et bienveillant. Au départ un peu distant (tout à fait normal), nous discuterons un moment avec le directeur de salle en fin de repas : prendre l’addition en photo l’avait intrigué, nous avons alors « avoué » tenir des blogs qui parlent, entre autres de restaurant. C’est alors qu’il nous a dit, entre autres, beaucoup apprécier le style et la justesse de Mr. Lung, et qu’il aimerait bien qu’il visite bientôt le Versance pour lire son avis critique. Me demandant notre avis sur notre diner, nous lui avait donc qu’il était très bon. La seule réserve concernait la température des deux verres de vins, trop froide au début. Quant à l’a-priori sur les tarifs à la carte et le rapport qualité/prix, je lui ai avoué que c’était au départ une appréhension, mais qu’après ce dîner, l’addition relativement élevée se justifiait par la qualité des produits et des préparations servies, le cadre agréable et le service. O se verra même offrir un joli petit flacon de miel « maison » (ou plus exactement du miel de l’oncle du chef).
Versance, le Lieu
Le Versance s’appelait autrefois le « Petit Coin de la Bourse » (de Guy Girard, où travailla aussi le Maitre Cuisinier de France Guy Gâteau, qui passera ensuite chez Alain Chapel), une adresse très vingtième siècle qui connut son heure de glore dans les années 60-70-80. La décoration du Versance a été modernisée en 2006 par le Studio Marioton-Jones : des éléments d’époque (début du XXe siècle donc) ont été conservés, rénovés, et des ajouts contemporains judicieux les mettent en valeur en apportant un côté fonctionnel et pratique. Résultat chic et élégant : belle hauteur sous plafond, joli salon pour l’apéro ou le digestif, et agréable espace entre les tables. Le cadre est celui d’un restaurant de standing, on est très loin du bistrot. Mon appareil photo se fait vieux et ne réagit pas très bien le soir, lorsque la lumière est discrète, pour voir à quoi ça ressemble à l’intérieur, allez voir sur leur site.
À table, c’est cohérent avec le reste, belle nappe blanche épaisse et immaculée, couverts en argenterie, verres en cristal. Sous la jolie assiette de présentation en verre soufflé transparent, une feuille de fougère.
Le Chef du Versance : Samuel Cavagnis
Ce qui est certain, c’est que le chef, Samuel Cavagnis a vu le monde et du monde (un aperçu de son parcours sur LaRadioduGoût) avant de se fixer au Versance. Il a tenu un blog, les coulisses du Versance, sur lequel on peut retrouver quelques extraits de ses notes de voyage, et des photos de ce qu’était le Versance avant 2006. Fan de cassoulet et membre de son académie. Il participe à cinq émissions de « Pas la peine de crier » fin 2010. Enfin, le chef est sur Qooq où il partage des recettes.
La carte
La carte propose pas mal de choix : cinq entrées (19-26€), une petite dizaine de plats (poissons et viandes, 27-39€) du fromage de chèvre M. Chevenet (11€), cinq desserts (une douzaine d’€uros). Pour la version en ligne, c’est ici ; pour la carte du diner du mercredi 25 janvier 2012, c’est là (et c’est un peu flou). Là encore, il y a le choix, on est bien dans un restaurant et pas un bistrot à la mode avec menu unique imposé par l’humeur du chef. Des produits nobles et de saison, des intitulés de plats détaillés, on sait où l’on va, ce qui rassure tout de suite.
Nous commandons nos entrées et plats, et je prends un verre de Viognier (6€), servi trop froid au début, mais plutôt agréable au bout de 5 minutes.
Amuse bouche
Un velouté de chou-fleur ultra léger en texture (mais au goût bien marqué), sur une gelée de petits crustacés. Bon, précis, rafraichissant et tonifiant. Cela commence très bien.
Entrées
Soufflé suissesse au haddock, perles de hareng, mousseline de pommes de terre et œuf de caille (19€), servi copieusement dans une belle cocotte. Un soufflé suissesse? Un soufflé qui est démoulé à mi-cuisson, pour être terminé nappé de fromage (gruyère), sur un fond de crème fraîche [source : Roux]. L’œuf de caille est servi dans un œuf de poule et amélioré aux perles de harengs (œufs) et mousseline. Entre les deux, de très belles mouillettes. O se régale et est agréablement surprise par les quantités. C’est chaud, bon, consistant et assez ludique, avec une cuiller rose funky. On pioche à gauche à droite et miam! Une très belle entrée, originale et bien trouvée
Langoustines aux deux façon : en tartare au combawa et papaye, puis juste saisies aux épices et consommé au thé (25€). Je suis les conseils du serveur : commencer par le tartare pour laisser le temps aux crevettes dans le verre à cocktails de finir de cuire dans le consommé. Le tartare est délicieusement frais et intelligemment relevé par les fruits asiatiques, texture, saveurs, contrastes qui mettent bien en valeur la chair crue du crustacé. Très léger. Les deux langoustines « saisies » sont enrobées d’une très fine couche d’épices (et fine panure?) qui les relève judicieusement. Le consommé (de crustacés, sur fond de thé) est riche en saveurs et bien présent, mais avec très peu de matière grasses (on est loin de la bisque). En y repensant, le consommé était particulièrement concentré (peut-être même un petit peu trop à la fin, au fond du verre), ce qui laisse une touche un peu forte en bouche, une fois terminé. Rien de bien grave, mais je pense qu’il faut, une autre fois, soit ne pas terminé le fond du verre, soit garder une bouchée de langoustine pour après la dernière gorgée. Une entrée qui met bien en valeur les langoustines.
Plats
Je commande un verre de Chateauneuf du Pape blanc (16€). Comme pour le premier verre, dommage qu’il n’ait pas été servi quelques degrés moins frais. Une fois à bonne température, il était irrésistible.
Filet de biche, pomme Anna au coing et chorizo, crêpes de potiron et sauce betterave (39€, photo trop floue sans flash!) pour O. Biche bien cuite et tendre, bien mise en valeur par le lit de betteraves et la sauce betterave. Les pommes Anna seraient-elles une spécialité du quartier de la Bourse? J’en avais mangé au Café Moderne aussi! Cette fois, elles sont proposées en version revisitée, avec du coing et de fines tranches de chorizo (avec chips de betterave sur le dessus). Trois petites crêpes de potiron terminent le tableau aux couleurs automne-hiver. Une composition recherchée à la réalisation cohérente et au résultat concluant. Du classique revisité et enrichi d’idées malines et bien vues.
Cela faisait un moment que je n’avais plus mangé de ris de veau. La pomme de ris de veau croustillant café, crème de topinambour et chou pack-choï braisé (37€) était excellente. Le ris de veau cuit impeccablement, bien croustillant et incrusté de bris de graines café, apportant des petites touches croquantes qui renforcent le croustillant. L’intérieur du ris est moelleux, fondant, loin de tout sécheresse et d’amertume. Tout simplement savoureux. La petite pomme de terre farcie au jus de romarin, en forme de champignon, est une petite merveille, cuisson « à la limite » de la patate (juste équilibre entre encore un peu de consistante et fondant), et le jus est remarquablement bien dosé, ce qui s’échappera ira agréablement finir de parfumé et de relever le ris. Le topinambour et le chou apportent une touche de saison végétale. La crème est impeccable et le chou apporte texture et peps à ce plat. Si j’ai préféré l’entrée d’O à la mienne au premier round (plus original et surprenant), je me suis réjouis de mon choix pour le plat.
Desserts
O n’a plus très faim, je lui force un peu la main en suggérant de partager deux desserts. Nous ferons presque du moitié/moitié.
Escapade à la fête foraine : gaufres; banane et noix de coco, sauce chocolat (12€). Vue d’un angle un peu différent. Dire qu’au début je pensais qu’il ne s’agissait que de gaufres! Belle surprise. Barbe à papa rose, gaufres, beau chocolat chaud, mini pomme d’amour (à la banane), entremet banane et fins morceaux de noix de coco, c’est en effet la fête! Un dessert feu d’artifice, joli, ludique, qui fait plaisir à voir. Plaisir des yeux, mais aussi du nez et du palais. Idée simple en soi, mais magistralement interprétée et réalisée. On ne peut pas s’empêcher de penser aux desserts de l’Assiette Champenoise (déjeuner de janvier 2009).
Pain perdu et mangue fraiche, glace au yaourt et mousse de lait de chèvre (12€) : moins spectaculaire que l’escapade, mais redoutablement efficace et réussi. Un beau morceau de pain perdu bien épais, savoureux mais pas écœurant du tout, très habilement allégé par quelques morceaux de mangue juste mure et fraiche, un incroyable cylindre de glace au yaourt (qui vaut bien Grom). La fine mousse de lait de chèvre aère encore l’ensemble, mais ne tient pas très longtemps. Un autre dessert régressif malin. Le chef sait jouer sur les cordes sensibles et c’est diablement réussi. Égalité pour les deux desserts. Quand je pense que ces deux merveilles sont proposées à 12€ chacun et que les desserts de la Maison d’Aubrac, à près de 10€ chacun étaient à des centaines de kilomètres de ceux-ci, je ne peux pas m’empêcher de trouver le rapport qualité prix du Versance très bon!
La carte des cafés et infusions nous est proposée, avec un texte, sur deux pages intéressantes décrivant le chef et son parcours (également disponible et plus lisible en ligne, sur le site du Versance). Il commence à se faire tard, nous ne sommes toujours pas café, et nous faisons l’impasse sur une tisane, même si la carte est alléchante.
Un petit granité aux agrumes termine ce très bon diner. Une judicieuse touche de fraicheur et de légèreté. Car, si, pris séparément, chaque entrée, plat ou dessert est bien dimensionné, léger mais copieux, lorsque l’on met tout cela bout à bout, c’est un repas complet, plus qu’honorable!
Bilan-Conclusion
166€ pour ce très bon diner, soit une moyenne de 83€/personne, pour entrée+plat+dessert chacun, une carafe d’eau et deux verres de vin blanc pour moi. Pas donné au point de revenir y diner toutes les semaines, mais tout à fait logique lorsque l’on tient compte du lieu, du cadre, de l’assiette et du service. Le Versance ne nous a pas déçus, la soirée fut excellente (merci!). Je ne peux pas m’empêcher de comparer le Versance à l’Arôme (qui a une étoile Michelin). Certes, je ne vais plus à l’Arôme depuis juillet 2009 et la baisse de la TVA. Je ne suis peut être pas encore assez critique pour le Versance (ça viendra avec plus de visites), mais je trouve qu’on y mange aussi bien qu’à l’Arôme (en tout cas à l’époque où j’y allais), et qu’en plus le cadre y est plus agréable (moins d’avidité au Versance) et le service plus rassurant. On n’est pas si loin d’un Auguste, lui aussi étoilé. Est-ce ce côté restaurant, rassurant, et non bistrot qui bloque le guide rouge qui essaie de surfer sur les modes du moment?
Le Versance est un endroit attachant, où l’on se sent vite en confiance, confortable et à l’aise. J’espère y retourner bientôt. En tout cas je ne laisserai pas passer cinq ans de plus avant d’y manger à nouveau!
AAA, c’est fini?
La France est orpheline de son AAA, on plus exactement de celui de S&P, puisque Fitch et Moodys n’ont pas (encore?) dégradé la note de la dette souveraine française. Notre bon président Nicolas Sarkozy devrait tirer les leçons de son échec, et, tel Lionel Jopsin, se retirer de la vie politique (et publique), pour se consacrer entièrement à sa fille Giulia. Peut-être que la perte du AAA lui sera bénéficiaire et qu’elle ne finira pas aussi mal que ses trois grands demi-frères… ou pas!
En attendant, les marchés n’ont pas trop mal réagi. Le LTRO de la BCE de (Super) Mario Draghi assure et porte ses fruits : on a collé une belle rustine, regonflé les pneus et c’est reparti pour un tour. Mais attention, ce n’est qu’une jolie rustine, ça ne suffira pas! Comme vous le savez, le ChrisoScope pousse à la consommation et à la relance de l’économie depuis des années. S’il y a bien un secteur d’activité qui ne peut pas être délocalisé, c’est bien celui de la restauration, de l’hôtellerie (je devrais avoir droit à un crédit d’impôts pour ma contribution et mes dépenses). Cela fait des années que je soutiens la production française (et européenne) de qualité et que je pointe du doigt et déplore les combines mesquines (TVA à 5.5%, flambée des prix, arnaques en tous genres…). Heureusement qu’il n’y a pas que cela!
Bienvenue à la CCC ( « Cauwe’s bier – T’ beste bier ! » i.e. « La bière Cauwe – La meilleure bière » )
CCC, c’est vraiment un très mauvais score de crédit, ce n’est pas le pire (D pour défaut), mais on n’est pas loin du tout. Laissons tomber le bling-bling et la superficialité du AAA (surfait) et parlons aujourd’hui de la CCC ou Triple C (Triple C sur Facebook). Triple C pour Cauwe, Copains et Convivialité. Cauwe, c’est une famille de brasseurs belges, la famille de Maxime. Maxime a laissé tomber son boulot d’auditeur pas très trippant pour lancer ce projet ambitieux, avec son ami Fabien Le Régent.
(AAA->CCC, vous avez compris le rapport?)
Triple C, c’est une bière belge à la fois ancienne (depuis 1795) et nouvelle (restylée et relancée en 2010), que l’on trouve déjà dans une dizaine de bars bobo/cools/à bières de la capitale française (plan sur googlemaps). Je suivais ce projet depuis quelques temps (je connais et fréquente Maxime Cauwe depuis quelques années) et j’aime bien ces idées de petites entreprises qui ont une âme, et encore mieux, une histoire. Je vous invite à parcourir la page Facebook pour plus de description. J’ai eu l’occasion de goûter la Triple C la semaine dernière, chez Jeannette (rue du Faubourg St Denis) en compagnie de Maxime.
Premières impressions
Autant dire que cela faisait longtemps (cf. le « bonus » en fin de note) que je n’avais pas bu de vraie bonne bière lorsque j’ai découvert et dégusté une Triple C (6,5€ chez Jeannette, 4,5€ au Café Rouge un peu plus au nord, rue de Paradis) avec Maxime la semaine dernière. Emballage sobre et classique, net sans fioritures ni préciosité. « Triple » pour triple dose de malt. La bière (fabriquée par un brasseur artisanal Belge) vit encore, puisqu’elle re-fermente dans sa bouteille : cela se voit bien au moment de la servir (avec précaution et patience pour éviter les débordements).
Impatient, je n’ai pas pris le temps d’étudier son nez et l’ai tout de suite goûtée en bouche. On sent qu’elle est nettement plus alcoolisée que la moyenne (8°, en fait), que son seul point commun avec une bière blonde, c’est le nom et quelques ingrédients. Cela m’évoque tout de suite une Leffe Triple (ce qui n’est pas surprenant, puisque c’est le même principe de fabrication). Il faudra se refaire une dégustation comparative (avec de la Tripel de Westmalle, notamment) pour mieux cerner ses nuances et spécificités, mais j’ai cru discerner plus de finesse et de légèreté dans la Triple C que dans les Triples de ma jeunesse et de mes souvenirs. C’est bon, cela se boit très bien (c’est plus cher qu’une bière de « base », mais cela se comprend : meilleure qualité et plus d’alcool, donc pas besoin d’en boire autant). Le projet, l’esprit (la distribution dans des adresses testées et approuvées par le duo Maxime et Fabien) et le challenge (se faire référencer et lutter face à des réseaux de distribution déjà bien établis et puissants) sont intéressants!
À suivre et à approfondir, à l’occasion d’une prochaine dégustation au Café Rouge (rue de Paradis, 75010). Qui pour?
Bien entendu, la Triple C, comme toutes les bonnes choses, s’apprécie avec modération et lucidité!
Bonus : Digressions justificatives sur ma crédibilité et ma légitimité à parler de bière
Même si je ne parle pas beaucoup de bière sur ce blog, j’en fus assez grand consommateur et prescripteur il y a 10-15ans, pendant ma vie étudiante. À Nice déjà, je m’amusais à choisir et acheter des bières plus originales que les classiques « Kro », 1664, Heineken et autres Corona. Avec plus ou moins de réussite, certes, mais l’idée était avant tout de découvrir, déguster (ou pas, remember la Bière du Démon et autre équivalent allemand à 13°, imbuvable, on aurait dit de la mauvaise huile d’olive alcoolisée!). J’ai même tenté de faire de la chimie, mais tout ce que j’ai réussi à faire, c’était transformer la bière en urine (meilleur cas) ou en vomi (berk). Bref, mon petit frigo d’étudiant était souvent bien rempli et il y avait le choix!
Ensuite, à Rennes, je me suis retrouvé co-animateur, économe et acheteur à la Coopé, le bar étudiant de mon école d’ingénieurs. Même si la majorité des « clients » venaient boire une binouze pas chère au bar (genre Kro ou pire) et que l’on se fournissait en grande surface, il y avait pas mal de choix, notamment parmi les bières belges : Leffe, Affligem, Chimay, Trappistes, Gueuze, Kriek, Westmalle et autres abbayes… En proposant ces bières à peine plus chères que les « bases », l’idée était de faire découvrir autre chose. Cela marchait assez bien!
Après cela, j’ai été plus passif. Il faut dire qu’en soirée, une pinte = un A/R aux WC, que je sors nettement moins souvent. Depuis quelques années déjà (pour des raisons de compatibilité de goûts conjugaux), je n’ai que très rarement des bières dans mon réfrigérateur. Un demi ou une pinte dans un café-resto de temps en temps, une bouteille de Peroni Nastro Azzuro au Bistrot Napolitain, une bière japonaise ou chinoise dans des bouis-bouis, ça ne vole pas très haut, et ça n’est pas très original. La présence de deux marchands de bières aux Marchés Saint Quentin et Saint Martin n’ont pas infléchi ma politique vis à vis de la bière : no beer at home!

Discutons...