Dans le but de maximiser l’impact des billets publiés sur ce blog, je teste un nouveau format, que j’espère simple et concis. Commençons aujourd’hui par le fameux restaurant Laurent, situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Elysées. C’est en lisant cet article chez Morgon que m’est venue l’idée de revenir plus tôt que prévu de ma retraite momentanée.
- avant tout, le quartier n’est vraiment pas top, et étant donnée l’adresse, on se doute que c’est tout sauf une pépite bien cachée
- ensuite, c’est vraiment cher, trop cher pour un restaurant qui n’a qu’une étoile Michelin, mais dont les prix sont plutôt dans la fourchette haute 2-3 étoiles,
- de plus, c’est un des restaurants préférés de François Hollande, qui a visiblement beaucoup d’humour, mais qui, physiquement, semble montrer quelques problèmes avec la nourriture
- enfin, le Laurent a déjà sa clientèle d’habitués, qui passe ses additions en notes de frais, donc le personnel en salle risque de vous prendre de haut si vous débarquez sans être annoncés.
- en bonus, en plus, les chauffeurs de ces habitués attendent très souvent comme des misérables dans leurs voitures, souvent garées en double file, à deux cents mètres de l’Elysée, quartier où la densité d’agents de polices dans la rue est trop élevée et très anormale, en tout cas inefficace.
Je ne vous donne pas l’adresse, ni le numéro de téléphone du Laurent, si vous voulez vraiment bien manger et dépenser de l’argent dans le quartier, allez plutôt au Bristol ou à la limite chez Ledoyen.
En bref :
- Bonne nouvelle : le vin au verre intéresse !
- Les habitudes de consommation et les automatismes sont tenaces : dès que l’on est en groupe, c’est une bouteille « direct » pour la grande majorité (plus des 3/4 des réponses). Solution plus conviviale? Plus économique? Offre au verre encore trop timide ? Bref, ça n’est pas encore dans les mœurs de la majorité.
- Pourtant, entre 2 verres à 10 euros chacun et 1 bouteille à 20€ = ce sont largement les 2 verres qui l’emportent (un peu plus de 70% des réponses). Boire moins mais mieux, là pour le coup, c’est un acquis. Dommage de ne pas avoir croisé les réponses à cette question avec celles de la précédente pour mieux comprendre ce choix!
- Les amateurs sont prêts à dépenser tout de même pas mal d’argent pour un verre d’exception (près de 75% des réponses entre 10 et 30€).
- À « connaissez-vous les machines de service de vin au verre? » : moitié-moitié. Beaucoup connaissent sans avoir essayé. Certains en pensent grand bien. D’autres défendent le service « humain » ou attachent une grande importance à la présence physique de la bouteille sur la table!
| Le Dauphin, restaurant-bar 131 avenue Parmentier, 75011 Paris. Tél. : 01 55 28 78 88. Femé samedi midi, dimanche et lundi. |
Septime 80 rue de Charonne, 75011 Paris. Tél. : 01 43 67 38 29. Site Web. Ouvert du lundi soir au vendredi soir |
Mise en bouche
Le Dauphin d’Inaki Aizpitarte et Fred Peneau (avec l’ancien second d’Inaki en cuisine au Chateaubriand), avec sa déco marmoréenne et miroitée tendance toilettes du XXe siècle, signée un junior de chez Rem Koolhas, vous ne pouvez pas ne pas connaitre. D’abord parce que c’est Inaki, sinon, parce que c’est Rem. Récompensé d’un prix Fooding avant son ouverture, fin 2010, c’est un bar à vins et tapas le soir, qui propose un court menu (E+P+D avec deux choix maxi) au déjeuner, à27€/personne.
Septime n’a ouvert qu’en 2011, mais était également très attendu. Bertrand Grébaut en cuisine (ancien de Passard, il avait vite obtenu une étoile à l’Agapé), associé à Julien Cohen et co. Distingué par le Fooding fin 2011. C’est un bistrot-resto-gastro-bobo, qui propose, au déjeuner, un menu avec à peine plus de choix qu’au Dauphin, E+P+D à 26€ (ou une carte blanche en cinq étapes à 55€).
Il se trouve que j’ai déjeuné chez Septime, puis au Dauphin, deux vendredi de suite ; vous comprendrez aisément ce qu’il y a derrière ce duel.
Round 1 : emplacement, cadre, ambiance
Petit avantage au Dauphin quant à l’emplacement, puisque l’on est vraiment tout près du métro Goncourt et pas si loin de République. Septime est plus éloigné du métro, et un peu plus excentré. Une fois à l’intérieur, cependant, Septime prend le dessus : la déco n’est pas de Rem Koolhas, mais elle est, à défaut d’être très originale, efficace, propre et bobo ce qu’il faut, mais pas trop. Chez Septime, c’est assez aéré, pas trop bruyant (en tout cas ce jour-là, presque plein). Au Dauphin, le marbre et le miroir réfléchissent les bruits, on n’entend pas son voisin de table sauf s’il se met à hurler.
La clientèle de Septime est un peu moins bobo et probablement un poil moins artiste/créative/profession libérale que celle du Dauphin. Elle est également plus mixte.
Septime est en tête à l’issue de cette première partie.
Round 2 : accueil et service
Au Dauphin, il faut comprendre comment fonctionne cette grande porte, ensuite on essaie de se repérer et de trouver le premier arrivé. Pas super pratique. Chez Septime, l’espace étant divisé en deux (une partie entrée/accueil, avec bar et une grande table d’hôtes, et, ensuite, la salle donnant sur la cuisine ouverte), on s’occupe forcément de nous lorsque l’on arrive. Tout au long du repas, même si ce n’est parfait ni chez l’un ni chez l’autre, on est quand mieux mieux servi, et plus vite, chez Septime. Au Dauphin, le concept de bar central est surement une riche idée en version tapas, mais à midi il faut redoubler d’effort et de patience pour attirer l’attention d’un serveur ou d’une serveuse. Moins castés qu’au Septime, ils s’avèrent très gentils et efficaces lorsqu’on arrive à attirer leur attention ; même s’ils n’ont même pas demandé à Sami, arrivé un peu plus tard, s’il souhaitait un verre de vin… Septime creuse l’écart.
Round 3 : dans l’assiette
C’est plus joli et plus complexe chez Septime, plus limpide et direct au Dauphin. À l’arrivée, même si on mange plus que bien au Dauphin, on s’étonne et on s’amuse quand même plus chez Septime. C’est bien dosé et digeste chez les deux. Je suis bien plus fan du Grébaut version Septime que de la version Agapé quelques années plus tôt. Septime consolide son avance.
Round 4 : vins
Au déjeuner, même un vendredi, ce n’est généralement pas les meilleures conditions pour goûter du vin. Le vin est autour de 5-6€ chez l’un et l’autre (un peu moins cher que dans l’ouest, où j’ai plus d’habitudes, mais pas donné pour autant). Mode opératoire différent d’un endroit à l’autre : je me suis laissé guider chez Septime, avec des choix « découvertes » (Chardonnay du Jura, assez original et rare et rouge de Grèce sortant encore plus de l’ordinaire) et réussis, alors que j’ai choisi à la carte, plutôt classique (Bourgogne blanc!) au Dauphin. Septime loin devant.
Round 5 : addition et bilan
Note un peu plus élevée chez Septime, où j’ai pris deux verres de vin. En ajustant, à prestations égales, on est au même budget, à un euro près. Niveau timing, si vous n’avez pas trois heures de pause au déjeuner, préférez Septime, qui joue beaucoup plus le jeu que le Dauphin (notamment parce qu’il est difficile de capter l’attention du personnel), même si c’est un peu plus loin du centre de Paris. Septime l’emporte sur presque tous les tableaux. C’est un restaurant le jour et le soir, alors que le Dauphin fait restaurant le jour, et bar à tapas le soir : ce changement de format est peut être préjudiciable. En tout cas leur version du déjeuner ne m’a pas emballé (qui peut le plus peut le moins, mais qui ne peut pas le moins…), alors que la prestation Septime, malgré quelques défauts, donne envie de revenir avec plus de temps pour tester le « grand menu ».
Je vous invite à participer à ce rapide sondage sur le vin au verre au restaurant, vos habitudes et attentes. C’est facile et ça prend moins d’une minute sur Survey Monkey.
La participation au sondage permettra de réaliser une étude de marché informelle sur le vin au verre et sur les habitudes des clients sur ce marché. Etude qui sera diffusée dans le dossier de presse des machines de vin au verre Enomatic.
Quatre cartes de dégustation d’un montant de 35 euros (chez Lavinia) à gagner par tirage au sort pour vous remercier (laissez votre mail à la fin du Survey Monkey. Ou une bouteille pour les non parisiens.
Bang! bistrot à viandes du monde et vins nature
112 quai de Jemmapes, 75010 Paris.
Tél. 01 40 40 07 11. Site web.
Bang! est un bistrot à viandes et vins nature ouvert fin 2011, au bord du Canal St Martin. Dans un cadre relativement passe-partout mais clean, avec une jolie terrasse donnant sur le Canal (pour les beaux jours), le couple de propriétaires (lui en cuisine, elle en salle) propose un choix judicieux, avec un bon rapport qualité/prix (moins de 30€ entrée+plat+dessert) de viandes (paraillades ou autres, à base de viandes d’origines française, argentine, écossaise ou US) et de vins « nature ». Une adresse sympathique où nous avons passé une bonne soirée.
Nouveau venu
Ouvert début novembre 2011, par François Di Giugno (le chef, d’origine Sicilienne) et Imina Nial (en salle), que certains ont connus au Mosca Libre (italien et équitable, remplacé par Pantruche, dans le 9e), Bang!, quant à lui, remplace le Poisson Rouge (restaurant que l’on m’avait recommandé, mais que je n’ai jamais eu l’occasion de tester). On trouve pas mal d’informations sur leur site web, ainsi qu’une revue de presse assez exhaustive sur leur page Facebook. Les prix sont assez doux (attention : je n’ai pas beaucoup de références de tarifs dans ce quartier) : à midi, formules à 14€ (entrée+plat ou plat+dessert), à 18€ (entrée+plat+dessert), le soir, formule « E+P ou P+D » à 22€, et pour E+P+D c’est 27€ (avec éventuellement quelques suppléments), paraillades (genre de pierrade) de 17 à 19€. Le poulet vient de la Loire, le canard du Tarn, le Porc d’Aveyron. Le boeuf vient d’Aubrac, d’Ecosse, d’Argentine ou du Kansas, fourni par deux très belles maisons : Hugo Desnoyers et les boucheries nivernaises… Le vin est français et nature, là aussi à des prix plus que corrects (19-~50€). Le dimanche, ils proposent un brunch à 20€ : United States of Flo en parle.
Vanessa y a testé le brunch et les viandes. Parisbouge parle d’un bar à viandes. Télérama trouve ça bien. Très bon score sur Qype, mais attention, il s’agit de premiers avis, assez récents.
De mon côté, c’est un article du Bout de Ma Langue qui m’a donné envie d’y aller. Petite remarque tout de même : si le concept bar à viandes et vins nature est nouveau à Paris, je rappelle qu’au Charbon Rouge, ouvert depuis quelques saisons déjà, on peut manger des viandes du monde (France, US, Argentine et Wagyu) et boire des vins du monde. Mais c’est beaucoup plus cher niveau budget.
Diner de bloggueurs
C’est un passage de Doc ADN à Paris qui inspire l’organisation de ce diner. Le noyau dur de trois Docs (ADN, Mix et moi) ayant trouvé Bang! plus propice à ce diner que Neva Cuisine, j’élargis le cercle en proposant à quelques amis et connaissances mangeurs/bloggueurs. Taux de succès assez bon, puisque nous seront finalement sept : avec Raids-Pâtisseries, Le Bout de ma Langue, Mr. Lung et Coup de Fourchette. Réservation sans problème 5-6 jours à l’avance.
Ayant naïvement pensé que nous pourrions prendre un petit apéro au Verre Volé avant de diner chez Bang!, Doc et Mix n’ont, sans grande surprise, pas trouvé de place. Nous avons donc commencé la soirée chez Bang! Notre table pour 7/8 nous attendait (au fond de la salle), tout en longueur. La salle n’est pas immense, environ deux douzaines de couverts (un peu plus si la terrasse ouvre). Ambiance assez conviviale et bon enfant (ce qui est souvent le cas dans les bonnes adresses qui proposent des vins nature et qui ne se la pètent pas : Racines, si vous m’entendez…), la salle se remplira quasiment vers 21h. Clientèle assez bobo, 30-45 ans, donc du quartier, j’imagine.
Un coup d’œil rapide à la carte des boissons, des paraillades, à la carte de vins (rouges) et au menu Bam Boom Bang! assez varié (cinq entrées, six viandes, un risotto et un thon, fromage de chez Alléosse et trois desserts). Fortement influencés par Isabelle, nous faisons l’impasse sur les paraillades et commandons entrées et plats au menu.
Pour commencer, encornet et piquillos (copieux, très bien cuit et bon, avec un piment qui arrache bien, aurait été parfait si l’assiette avait été chaude, ce qui aurait permis de manger chaud/tiède jusqu’à la dernière bouchée) ou os à moelle (pas goûté, mais avait une belle gueule).
La majorité d’entre nous opte pour la « Rolls », le Black Angus du Kansans, avec sa sauce au cacao et à la sarriette. Garnitures au choix : signalons de très belles et frites maison, une agréable et surprenante purée de carottes au lait de coco et aux agrumes. Pour manger plus « équilibré », faites comme Mr Lung, prenez des légumes avec votre Black Angus bleu. Sinon, lâchez vous un peu et prenez votre Black Angus, avec des frites, et les carottes en plus. À vrai dire, lors de la commande, on nous a demandé la cuisson (saignant), mais sans vraiment préciser le morceau! À l’arrivée, c’est une belle pièce, type pavé, mais ce n’est pas le morceau que je préfère (entrecôte en solo, côte de boeuf à plusieurs, pour le « bon » gras). Bref, même si ce n’est pas ce que je préfère, je me régale quand même! Je fais encore mon difficile : la viande est très bien comme ça, la sauce cacao et sarriette est amusante, mais pourquoi ne pas la proposer à côté? Cela permettrait de choisir la sauce qui nous convient le mieux. Bref, c’était bien, mais ça pourrait encore être plus abouti!
Le burger italien avait l’air sympathique!
Pour finir, certains sont déjà bien calés. D’autres continuent et finissent avec les cheesecake (frais et léger, très bon point pour une fin de repas agréable) et autre tiramisu (revisité, caramel/pralin).
Vins bus, entre autres : Riesling 2008 de Geschikt, Domaine de la Sinne pour démarrer (23€), Mon P’tit Barriot (2010, vin de pays catalan, 23€).
Bilan
288€ à sept, ce qui fait une quarantaine d’euros par personne : 4 menus E+P+D à 27€, 3 E+P à 23€, 5 suppléments Black Angus (à 4€) et quatre bouteilles de vin (23-24€ l’une). Certes, cette moyenne masque tout de même quelques inégalités. Si l’on divise le vin en parts égales, on a une clé de répartition d’environ 13€/personne. Ce qui ferait 36€ pour E+P ex Angus, 40€/pers pour E+P et Black Angus ou E+P+D ex Black Angus et 44€/pers pour E+P+D avec Black Angus.
Certes, nous aurions pu taper plus haut niveau budget vins, c’est vrai. Les vins goûtés, assez éloignés de mes habitudes, n’étaient pas désagréables, certains se buvaient même sans forcer ; donc pas de problème à ce niveau. Le menu E+P+D est copieux et propose de bonnes choses (même si je trouve que le Black Angus mérite un meilleur traitement), simples, sans prétention, mais réussies et agréables. Soirée réussie, grâce à la bonne compagnie et une prestation réussie et sympathique.
Habitant à moins de dix minutes du Bang!, je garde l’adresse en tête pour la prochaine fois que j’aurais un besoin urgent de rouge et de viande rouge dans le quartier.
Maison de l’Aubrac, organic steakhouse « de la fourche à la fourchette ».
37 rue Marbeuf, 75008 Paris.
Tél. : 01 43 59 05 14. Site Web.
Ouvert tous les jours, 24h/24.
En bref
La Maison de l’Aubrac n’est pas une adresse récente, je ne pense pas non plus qu’elle soit très hype de nos jours. C’est plutôt une adresse classique, à deux pas des Champs-Elysées, où l’on peut manger une bonne, voire très bonne viande de bœuf élevé dans la région de Laguiole. Evitez la salle au rez-de-chaussée avec son décor flippant de chalet cheap et bruyant. Préférez le premier étage, moins touristique, plus clair, à la décoration plus contemporaine. On vient ici pour la viande, donc ne vous dispersez-pas, car les tarifs ne sont pas cadeau (40-50€ pour une belle entrecôte!).
Maison de l’Aubrac : organic steakhouse
Bientôt 15 ans que Christian Valette, aveyronnais de Laguiole en Aubrac, et son épouse Élisabeth ont repris en main l’affaire familiale. Une montée en puissance et en prestations, avec croissance externe (DeVeZ, Café la Bucherie), déclinaisons autour de l’Aubrac (Aubrac Corner, Salons 37…), et passage à une dimension quasi industrielle : centralisation de la cuisine avec Aubrac Traiteur. En parallèle, une intégration verticale (de la fourche à la fourchette), avec un développement et une rationalisation de la ferme des Vialars, où sont élevées les bêtes qui seront débitées en steaks dans à Paris [source : Site Web]. Cette démarche d’industrialisation à petite échelle (en essayant de conserver les avantages du fait maison et de la qualité, tout en bénéficiant d’économies d’échelle et d’une plus grand assise financière) rejoint, d’une certaine façon, le business-model des boulangeries ++, comme celles d’Eric Kayser, qui leur fournit le pain. Pas facile de garantir un niveau de qualité constant et cohérent 7/7, 24h/24!
Cadre et décor
À moins d’une minute des Champs-Elysées, la salle du rez-de-chaussée, avec sa déco en bois grossier, type chalet cheap, vous dépaysera très vite. Si, au moins, c’était confortable, on comprendrait, mais même pas. Donc laissez la salle aux touristes, longez le bar à votre gauche, jetez un œil à la vitrine de maturation des viandes, et prenez l’escalier qui vous conduit au premier étage, avec une salle plus claire, plus aérée, à l’ambiance plus sereine et à la déco plus actuelle. Fermez les yeux sur le set de table, en papier avec des messages qui changent régulièrement. Et ne vous formalisez pas trop avec la triste serviette en papier blanc (même pas particulièrement épaisse).
L’essentiel est dans le bœuf !
Sauf si vous n’avez pas mangé depuis deux jours, faites l’impasse sur les entrées et allez droit au but : la viande. Les propositions « standard » à la carte sont déjà tout à fait correctes (viande rassie trois semaines, mais si vous voulez vous lâcher un peu, passer du côté obscur de la tranche, demandez ce qu’ils ont en viande plus vieilles (4-5 semaines de maturation, moyennant un supplément de ~13% par semaine). Merci Isabelle pour l’info! Si vous êtes fainéant ou mauvais en calcul, vous pouvez demander la carte dédiée ou aller la choisir dans la vitrine. L’entrecôte de « base » est à 38€, elle passe à 41,60€ avec de l’aligot à la place de patates usuelles. Pour une dizaine d’euros de plus (52€), vous avez droit à de la 5S (cinq semaines).
Si vous êtes curieux de connaitre les différences entre la 3S et la 5S, il suffit de partager. Qui est qui?
À gauche (cliquer sur les images pour les voir en grand), le standard, trois semaines, à droite, la vénérable 5 semaines. La vénérable est un peu plus petite (pas ratatinée pour autant), elle a perdu de l’eau, mais concentre les saveurs et s’est vraiment bien détendue : superbe tendreté et explosion des goûts et sucs en bouche. La jeunette ne se bat pas avec les mêmes armes, mais présente une légère résistance qui n’est pas désagréable du tout, elle est plus facile que la vieille carne. Pas vraiment besoin de rajouter de sel à la vieille (fleur de sel déposée en fin de cuisson), alors que la « petite » se relève bien avec quelques grains de sel bien placés. C’est très bon, et, bien que ce soient de belles bêtes, on en vient à bout sans se forcer.
L’aligot est sympathique et bon, mais a tendance à refroidir vite et à se figer un peu, au bout de 5-10 minutes, l’empêchant de filer à jamais. Notez la présence incongrue et saugrenue de salade et de verdure « décoratives ».
Une dégustation comparée intéressante et instructive, avec une viande top qui tient toutes ses promesses.
Desserts bons, mais intitulés et présentation à revoir!
Technique de vente et d’incitation à la consommation efficace : on nous apporte un joli plateau avec un échantillon des desserts du jour (préparés par la chef pâtissière). Pain perdu à la brioche (9,30€) tout à fait convenable (en qualité et quantité), mais pourquoi le servir dans une assiette transparente? Pour mieux profiter du set de table? Quant au « tiramisu » aux pommes et gingembres caramélisés, il est bon, frais et assez léger, mais il n’a de tiramisu que le lointain aspect (pas l’impression qu’il y ait des œufs, pas de café du tout, ni biscuits/boudoirs). Bref, ou bien c’est le nom, ou bien c’est la présentation qui ne va pas, mais dans les deux cas, c’est bon. Après, est-ce que ça vaut vraiment 9-10€ le dessert? Quand je compare aux desserts du Versance, mangés le soir même (12€ le dessert), la réponse est clairement que le rapport qualité+inventivité/prix ne joue pas en faveur de la Maison de l’Aubrac… Mais bon, on ne va pas trop chipoter non plus, la prochaine fois, une visite à la Maison du Chocolat sera plus efficace!
On ne sera pas trop regardant sur la bouteille de Quézac en plastique (6,8€!) ni sur le verre de vin : AOC Faugères, Cistus blanc, 2009, Château la Liquière, agréablement frais et fruité ; vendu 12€ la bouteille, mais qui m’a fait mal à la tête une bonne partie de l’après-midi.
Bilan
Les viandes sont extra et valent bien leur pesant d’euros. Le reste est bon, mais ce n’est clairement pas leur core business, ni leur competitive advantage, donc, on peut s’en passer sans rater grand chose. Le service était assez efficace, plus à l’écoute qu’au rez-de-chaussée en tout cas. À l’arrivée, on est à 65€/personne pour ce déjeuner avec une viande et un dessert chacun, une eau et un verre de vin. On pourra faire du cost cutting et limiter la note à une cinquantaine d’euros par personnes en ne gardant que l’essentiel. À refaire dans quelques temps. Ce qui est évident, c’est que, si je ne suis pas complètement réconcilié avec la Maison de l’Aubrac, cela se réchauffe. Il faudra se pencher plus sérieusement sur la question en retournant aussi au Charbon Rouge et au Griffonnier.
Petite liste, non exhaustive, de restaurants où j’ai mangé récemment, accompagnée d’une description rapide et de quelques photos…
Café Chic
Le Café Chic (126 rue du Faubourg St Honoré 75008 Paris, Tél.: 01 45 63 69 69), c’est un bar resto avec terrasse (bien exposée, plein sud), avec une carte simple et efficace. Je l’ai évité pendant plusieurs années (à tort), puisque je voyais ça comme une alternative à la Cantine du Faubourg (lieu assez show-off, où l’on mange mal et cher). J’avais tort sur certains points : à midi, c’est tout à fait correct pour manger des classiques (tartare, club sandwich…) à une vingtaine d’euros le plat. Le service, que je redoutais très costien (jolie, pétasse et conne), fut attentif, attentioné, tout à fait convenable. Même les desserts (~10€) se mangent sans trop d’effort. Le cadre correspond plus à une atmosphère soir/nuit que jour.
Restaurant de l’hôtel Montalembert
Le bar et restaurant de l’hôtel Montalembert (3 rue Montalembert 75007 Paris, tél. : 01 45 49 68 68), c’est notre ancien « rade » de quartier à l’époque de la rue de Beaune, un grand classique. La carte alterne entre classiques de bar d’hôtel (club sandwich, salade césar…) et préparations plus originales, à vocation gourmet. Jamais déçus, même si l’addition n’est jamais légère (on dépasse vite les 80€ pour un repas à deux). Calme, tranquillité, quelques stars discrètes du quartier…
L’Hédoniste
J’ai parlé de l’Hédoniste (14 rue Léopold Bellan, 75002 Paris. Tél. : 01 40 26 87 33) début janvier, nous y sommes retournés deux semaines après, pour notre plus grand plaisir. La carte avait déjà bien bougé, nous permettant d’alterner entre « reprises » et nouvelles découvertes. À propos de découverte, j’y ai goûté le « Glou Bulles », un rosé pétillant de la vallée du Rhône, très surprenant! Et le gaspacho d’ananas est remarquable, pour finir!
Restaurant Astier – repas de groupe au premier étage
Astier (44 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. Tél : 01.43.57.16.35), j’y avais bien déjeuné début 2011. À la recherche d’une bonne adresse ouverte le dimanche, pour un groupe d’une quinzaine de personnes, et pour un budget raisonnable, c’est une bonne pioche. La cuisine, style bistrot légèrement réinventé, est simple et efficace. Le cadre est 100% bistrot tradi. Service efficace et dynamique. Dans l’ensemble, ce n’est pas mal du tout, même si la configuration une grande table tout en longueur n’est pas optimale pour un groupe de plus de 8 personnes. Entrée+plat+fromage+dessert dans un menu spécial groupe à 35€ sans les boissons.
Shang Palace, salon privé
Pour un beau voyage à 8-12 personnes, réservez un salon privé au restaurant Shang Palace, installé dans le luxueux hôtel Shangri-La (10 avenue d’Iéna 75116 Paris, France. Tél. : 01 53 67 19 92). Faites vous plaisir, grâce à une cuisine chinoise bonne, goûteuse et digeste. Niveau budget, ils sont assez souples (compter tout de même au moins 70-75€ personne, sachant que l’on peut dépasser le double en se faisant plaisir sur les boissons, le thé étant l’option raisonnable et économique), on vous proposera initialement, deux menus-types, mais on peut personnaliser jusqu’au bout et se faire plaisir. Un salon confortable, avec une grande table ronde, des beaux canapés, table basse, vestiaire intégré. Très bien avec des enfants en bas âge, qui peuvent se promener dans la salle sans danger et sans gêner.
En baisse : Tong Yen traiteur et Busgy
Tong Yen traiteur (rue de Ponthieu, 75008) me dépanne de temps en temps au déjeuner. Après plusieurs mois de non fréquentation, j’y ai pris du porc sucré à emporter deux fois depuis le début d’année. Je ressens une certaine lassitude. J’ai l’impression que c’est moins bon qu’avant… On refera un test à la fin du printemps.
Je mets Bugsy (rue Montalivet, 75008) dans le même lot, puisque c’est aussi une adresse pour le déjeuner que je fréquente depuis 2007. Là encore, je change, ils changent (notamment la qualité des steak hachés de leurs burgers). Il faut avouer que le principal avantage de leurs double cheese bacon burgers (14,5€) c’est que ça nourrit. Mais avec une viande trop sèche, parce que cuite à point au lieu de saignant, ce n’est vraiment pas top et j’ai du « mouiller » au ketchup. On me verra encore plus rarement au Bugsy!

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