avr 10

Les grandes heures de l’Atelier Robuchon Rive Gauche sont-elles derrière lui? Bien que la qualité de l’assiette et des produits restent excellents, j’ai été déçu par le reste lors de notre dernier déjeuner. D’abord, les prix ont sensiblement augmenté (ex: les desserts de 12 à 17€, l’entrecôte maintenant à plus de 50€…). Ensuite, après l’ouverture de l’Atelier de Robuchon au Drugstore Publicis sur les Champs Elysées et des départs/rotations de personnel, les équipes en salle et en cuisine m’ont semblé plus jeunes, moins appliquées et moins rigoureuses. Plus d’une demi-heure pour obtenir nos premières entrées, poussant à la consommation et traitant tous les clients comme des touristes gogos, pas vraiment ressenti la tension, l’énergie et le charisme qui émanent d’habitude de la cuisine ouverte. Enfin, la clientèle est très nettement composée de touristes.

Suis-je le seul à avoir remarqué ces changements à l’Atelier? Est-ce parce que j’y vais habituellement le dimanche et que les équipes du vendredi n’ont rien à voir? Toujours est-il que je n’ai pas retrouvé les excellentes prestations habituelles. Depuis que l’Atelier s’appelle St Germain, a-t-il hérité des mauvaises habitudes des cafés touristiques (Flore, Deux Magots), en se disant que le nom et la réputation de l’adresse étaient faits et figés et que les touristes fortunés continueraient de venir y dépenser leur argent de tout façon? Je suis preneur d’autres avis récents.

Seul point positif (peut-être une conséquence des points négatifs précédents) : l’accueil est devenu poli, voire gentil et les réservations sont plus faciles à obtenir.

Notre déjeuner du vendredi de Pâques 2012 en images.

L’Atelier de Joël Robuchon.
5 rue de Montalembert, 75007 Paris. (ouvert tous les jours de 11h30 à 15h30, puis de 18h30 à minuit)
Tél. : 01 42 22 56 56.

fév 13

Table du Lancaster by Michel Troisgros
7 rue de Berri, 75008 Paris.
Tél. : 01 40 76 40 76. Site Web.

Cher et pas convaincu!

Michel Troisgros, chef trois étoiles à Roanne, descendant d’une lignée prestigieuse, essaime des restaurants dans sa région d’origine, en Asie et à Paris. Un nom légendaire, un mythe. Si la maison-mère vaut probablement le détour, je dois vous avouer que j’ai été assez déçu de mon déjeuner à la Table du Lancaster (une étoile Michelin) à laquelle il prête son nom et sa marque. Beau cadre (beau patio très tranquille), service très pro, mais assiettes pas particulièrement bouleversantes et tarifs très restaurant d’hôtel cinq étoiles, c’est à dire trop trop cher…

Bouche à oreille présent mais assez faible

Située dans l’Hôtel Lancaster Hospes, à deux pas des Champs-Elysées, la Table du Lancaster, par Michel Troisgros, jouit d’une étoile Michelin depuis 2005 (ouvert en 2004). La carte est signée Michel Troisgros et réaliséepar le chef Julien Roucheteau (qui jouit tout de même d’une certaine liberté). François Simon semble bien aimer cet endroit, puisqu’il le hâche menu une première fois en 2009, puis à nouveau en 2010, moins d’un an plus tard. Alain Fusion aime passionnément. Thierry Richard prétend que c’est une de ses tables préférées. Pudlo trouve ça « piquant » . Pour Rabaudy, c’est un must. Un Epicurien à Paris est fan.
Quatre étoiles (sur cinq) et 8,4/10 sur LaFourchette, 3/5 sur L’internaute (avec quelques avis assez cinglants, qui plombent bien la moyenne). 4/5 également sur Viamichelin. Un étrange 18/20 sur iTaste (score maximum attribué, alors qu’il y a aussi un 14).

Une explication à posteriori (après y avoir déjeuné), pour justifier le peu d’échos vraiment emballant est que la clientèle cible (déjeuners d’affaires, cadres sup-sup), ne regarde pas les prix et ne s’exprime pas beaucoup sur internet.

Déjeuner du 25 mai 2011

À la carte, on peut très facilement dépasser la centaine d’euros, sans boissons. Pour rester raisonnables, bous avons donc choisi le menu déjeuner (à l’époque à 52€, maintenant à 56€, entrée, plat, dessert, verre de vin, café), en prenant chacun une proposition différente pour voir le maximum de choses. Le vin compris dans la formule s’est transformé en une bouteilles entière (moyennant complément). Le plateau de fromages à plus de vingt euros/personne fait mal à l’addition. Quant au coefficient sur l’eau, il est bien gonflé aussi. À l’arrivée, le menu à 52€/personne qui semble une aubaine, nous amène à une note gonflée de près de 50%. C’était loin d’être rempli.

Belle grande table. Nappe blanche épaisse et immaculée. Petit ruisseau-fontaine au milieu du patio. Calme. C’est sur, on ne se sentirait plus à Paris, et ce serait top, si les autres clients n’étaient pas tous en cravate (il devait y avoir une ou deux femmes très apprêtées), et si les tarifs n’étaient pas si Triangle d’Or. Pas de souvenir très détaillé de ce que nous avons mangé, je donnerai donc ce qu’il me reste, c’est à dire surtout des impressions d’ensemble.
L’ambiance rustique chic est annoncée dès le début avec les amuse-bouche chichiteux présentés sur une ardoise. Pain et beurre pas mal du tout.

Pré-entrée colorée, fraiche, de saison, légère, mais peut-être pas assez goûteuse.

Entrées : d’un côté, une entrée autour du thon (très bon), toujours dans des couleurs printanières, même si la présentation est un peu précieuse. De l’autre : une entrée surprenante (ravioles au jambon), amusante, mais à l’aspect un peu déroutant pour une adresse de ce standing, même si c’est plutôt bon. Hum, on est loin de la claque que l’on espérait prendre!

Pour les plats : le lapin est joliment présenté par tronçons éparpillé un peu partout dans l’assiette. Bonne viande, mais quelle est cette composition? Quant à mon plat, avouez que la présentation n’est pas très sexy. Impossible de me souvenir de quoi il s’agit exactement, mais l’accompagnement à droite, bien que joli,  était banal en bouche et il y avait trop de sauce.

Joli chariot de fromages, mais loin d’être cadeau.

Le dessert en face, autour de la fraise est la suite logique et graphique du lapin : de jolies couleurs réparties sur la surface de l’assiette. Amusant, mais pas vraiment épatant. Mon dessert, au contraire, est carré et concentré au centre de l’assiette.

Les mignardises sont assez réussies.

Bilan

Un voyage qui dure un peu plus d’une heure trente. C’est très joli, l’endroit est agréable et le service bien élevé, mais l’assiette ne m’a pas emballé. C’était bon, plutôt généreux mais rien de magique, souvent inégal et le dressage de l’assiette est bateau! L’étoile Michelin est méritée, mais sans plus. L’addition est gonflée (même en prenant le menu déjeuner, on dépasse vite les 75€/personne). On a l’impression de payer l’adresse, le cadre et le décorum, alors qu’avec un nom comme Troisgros on aimerait que la star soit avant tout l’assiette.

Est-ce plus impressionnant à la carte (à plus de 100€/tête)?. Peut-être, mais peu de chance d’y retourner à nouveau, même si le patio est superbe!

jan 23

Bar-Restaurant de l’Hôtel Vendôme « 1 Place Vendôme »
1 Place Vendôme, au premier étage de l’hôtel, 75001 Paris.
Tél. : 01 55 04 55 60 . Site Web.

J’ai déjeuné (invité par Alain Neyman, du site LesRestos.com, qui m’a aussi dépanné sur des photos pour cet article) au restaurant de l’Hôtel de Vendôme en mai 2011. J’avais été très agréablement surpris. Je suis toujours méfiant quand un Hôtel de Luxe ne se contente pas d’avoir un restaurant d’hôtel (ouvert tous les jours, carte et prestations en général classiques, et tarifs élevés), mais prétend proposer un restaurant gastronomique. Ce déjeuner-découverte m’avait bluffé. Bien sur, l’adresse et le cadre gonflent la note, mais les talents du chef Nicolas Rucheton étaient une très belle révélation (ça valait bien une bonne étoile Michelin). Mention spéciale aux desserts!

Je lis ici qu’il a annoncé son départ pour ouvrir un restaurant dans le Nord. Souhaitons lui bonne chance et tenons nous au courant de l’ouverture de sa nouvelle adresse. Dans la région, la Grenouillère, malgré la déco a toujours pour chef le petit Alexandre Gauthier et ça a toujours l’air aussi léger. Après le départ de Benoit Bernard de la Laiterie de Lambersart, ce serait bien d’avoir au moins une bonne adresse!

Merci Alain pour cette belle découverte!

Si déjeuner au 1 Place Vendôme était une belle expérience lorsque ce chef était là, dimanche et lundi, en son absence, pour le service « bar » uniquement, ce n’était pas aussi emballant. Je me demande même s’il n’était pas déjà parti lors de notre déjeuner du lundi 19 décembre 2011.

L’emplacement et la déco « haute couture » de la salle limitent les dégâts!

 

jan 09

Maze Grill (restaurant Gordon Ramsay), steak house et restaurant d’hôtel (Marriott).
10-13 Grosvenor Square London W1K 6J.
Tél. : 020 7107 0000. Site Web.

Où manger une très bonne viande autour de Bond Street, un jour férié (Boxing Day)? Hawksmoor et Goodman, les deux steakhouses de référence à Londres, étant en vacances, nous avons réservé chez Gordon Ramsay, au Maze Grill, ouvert en 2008, qui fait aussi office de restaurant. Une bonne adresse pour manger de la très bonne viande à Londres, mais visiblement pas la meilleure. Le principe des suppléments pour les accompagnements, les sauces, fait vite monter la note.

Situation

La salle donne sur Grosvenor Square et est exposée sud, ce qui donne une belle lumière au déjeuner. En prime, vous pouvez presque espionner ce qui se passe à l’Ambassade US, mais aussi chez les Canadiens et les Italiens. En ce lendemain de Noël, et premier jour des soldes, le restaurant est loin d’être complet. La clientèle est assez invraisemblable et très touriste, tendance yankee plouc : des vieux moches, des gros moches, des jeunes moches et même un Italien avec d’horribles Adidas. Chose assez surprenante,ces clients-crétins ne semblent pas avoir saisi le concept de grill, puisqu’ils sont nombreux à commander du poisson ou des pâtes! On mettra ça sur le compte de la fin d’année, la clientèle usuelle de financiers travaillant dans le quartier (grosse concentration de hedge funds) étant au ski ou à la campagne. J’avais déjeuné au Maze (gastro assez inventif mêlant influences françaises et asiatiques) début décembre, en semaine et c’était presque rempli, ambiance déjeuner affaires. Le contraste fut donc surprenant.

La décoration de la majorité de la salle fait très resto d’hôtel contemporain et relativement sobre. Seule la partie la plus à l’est, sur-élevée, avec les cuisines et la « table du boucher » sont vraiment dans l’ambiance Steak House.

L’adresse avait eu droit à de nombreux papiers depuis l’ouverture : Guardian, Bloomberg, meilleure adresse pour une entrecôte à Londres, Meat Blog, ChowHound, Steak Club (plusieurs avis). Gordon Ramsay a aussi ses détracteurs : un canadien de l’Alberta qui trouve que sa viande n’avait pas de goût, LondonEater ou Chef Sandwich.

Il faut dire que le Maze et le Maze Grill actuels ont perdu leur chef fondateur, Jason Atherton, porti voler de ses propres ailes en 2010.

Carte

Pour les petits budgets, il est possible de déjeuner à 21£ (entrée+plat ou plat+dessert) ou à 24£ (entrée+plat+dessert) en choisissant le Set Menu (i.e. le menu déjeuner). À la carte (à jour), c’est tout de suite plus dispendieux, puisque la viande la moins chère démarre à 18,5£ (sans accompagnement à 4£ l’un, ni sauce à 2,5£ l’une), pour culminer à 85£. Cinq types de viandes sont proposés :

  • Casterbridge (il ne s’agit pas d’une race, mais d’une marque pour le boeuf de qualité élevé en Grande Bretagne), nourri aux céréales, 21 jours de maturation,
  • Hereford (la race de viande anglaise, rousse foncée, tête blanche, de plus en plus sans corne, dont je vous avais parlé il y a quelques années, à l’occasion d’un déjeuner de promotion du boeuf irlandais), nourri à l’herbe, 28 jours de maturation,
  • Aberdeen Angus (la race de vache écossaise, rouge ou noire, elle aussi sans corne, très populaire, puisqu’utilisée notamment chez Marks & Spencer, Burger King…), nourri à l’herbe, 28 jours de vieillisement,
  • Creekstone prime USDA (de la Black Angus élevée aux US, de première qualité, dans une ferme bio, appartenant à un groupe de Private Equity, Sun), nourri au maïs, 35 jours de rassiment,
  • Wagyu « 9th Grade », « Gold Style » (la race des boeufs de Kobé, élevée en Australie). Marbrage niveau 9, sur une échelle pouvant en atteindre 12. Autrement dit : la Rolls du steak.

Niveau pièces, pas facile de s’y retrouver à cause des différentes découpes (France, UK, US), rien ne remplace un beau dessin, dommage qu’il n’y en ait pas à leur carte :

  • rump, découpe anglaise, soit à peu près l’équivalent de notre rumsteak (rump steak), assez maigre,
  • sirloin (mot d’origine française), qui correspond à des découpes différentes selon que l’on soit aux US ou en GB, en gros, ça correspond à tout l’aloyau, mais, c’est en fait plus spécifiquement le faux-filet, voire le contre-filet,
  • rib-eye, entrecôtes,
  • ou bone in rib-eye, qui s’apparente à une côte de boeuf,
  • New-York strip steak, i.e. du contre-filet,
  • fillet, notre filet.

Il est précisé que la viande cuit d’abord sur un feu de charbon, avant d’être finie au broiler (four à rôtir à très haute température, 650°C, qui finit de saisir et de marquer la viande à l’extérieur, alors que l’intérieur reste bien saignant).

Les desserts, anglo-américains, sont à 9£.

Les taxes sont comprises, mais il faut ajouter 12,5% de service à la note totale, et 1€ (facultatifs, mais mis d’office) reversés à Street Smart (aide aux sans-logis).

Notre repas

Service OK, international, formaté UK-US (entrainés, mais pas très malins, au fond). Voyant que O était enceinte, ils insistèrent à deux-trois reprises en nous disant qu’ils pouvaient faire cuire sa viande plus que saignante. Nous restâmes fermes et ne transigeâmes pas. Visiblement, le pain n’est pas un accompagnement, mais un amuse-bouche, puisque l’on nous apporta deux tranches de pain de campagne (avec du beurre) en même temps que les cartes, et que la planche sur laquelle le pain était fut reprise une fois les deux morceaux pris, sans nous demander si nous en aurions souhaité davantage….

Voulant nous consacrer pleinement à la viande, nous partageâmes une salade de poires, noix, pissenlit et sauce au bleu (11£ en version grande). Frais, simple, goûteux, grâce à de bons produits et une sauce bien dosée. Aurait pu être plus généreuse pour une version « grande ». Nous sommes en vacances donc pas pressés. En temps normal, en semaine, je pense que ça mériterait d’être un peu plus rapide.

Ne voyant pas l’intérêt de manger du boeuf US ou Australien à Londres, nous orientâmes nos choix vers l’Angus Aberdeen. Un filet saignant (8oz, soit 230g, 36£) et une sauce au bleu (2,5€) pour O. Une entrecôte saignante (annoncée à 10oz, soit 280g, 30£) pour moi, avec une sauce au poivre (peppercorn, 2,5£). Chacun de nous deux prit des grosses frites (4£ la portion) et nous partageâmes de gros champignons de Paris (Portobello Mushrooms, 4£).

Les viandes arrivèrent sur une grosse planche en bois, chacune avec sa sauce dans une mini carafe en métal. Un couteau à viande, avec étui indiquant le niveau de cuisson était planté dans une entaille de la planche. Une grosse gousse d’ail rôti décore chaque planche. Joli et sobre, mais le premier réflexe en voyant les morceaux de viande fut : « hum, c’est moins copieux que prévu, je risque d’avoir encore faim après… ». Les viandes furent excellentes, archi tendres, bien saignantes à l’intérieur, avec un léger goût de grillé dehors. Chose curieuse, elles rendirent très peu de sang/jus, bien que saignante (peut-être la cuisson-finale à haute température qui assèche?). Surprenant et même agréable (pas de sauce, mais pas sec pour autant). Les sauces n’étaient pas mal, mais superflues. L’ail, fondant et digeste aurait pu suffire. Une fois la viande terminée, il s’avéra que nous aurions pu en manger encore, mais ce que nous avions déjà avalé était déjà nettement suffisant. Rien à dire sur la viande, top!

Les frites ne valent pas celles de nos établissements parisiens favoris (Charbon Rouge, Sévéro, Drouant) : pas assez cuites, ni dorées, un peu mornes. Les champignons, par contre, nous bluffèrent : préparées comme des cèpes, à s’y méprendre!

Par curiosité et gourmandise, je terminai avec un Mississipi Mud Pie (9£) : un gâteau au chocolat compact, dense (moelleux) et pas très fin, une boule de glace vanille et un milkshake fraise. Une autre fois, autant rester sur une touche viandarde et se passer de dessert.

Bilan

Un bon déjeuner, dans un endroit agréable, de très bons produits et une cuisson bien maitrisée. Une autre fois, je pense qu’il est possible d’économiser les sauces, de prendre autre chose que les frites et de sauter le dessert. Clientèle et service passables. 107£+12.5% de service (13.38£)+1£ de StreetSmart =121.38£ (soit un peu plus de 145€ au taux de change en vigueur ce jour là. C’est assez cher, surtout que nous n’avons bu que de l’eau (Evian, 4£). C’est plus cher qu’un diner au Charbon Rouge ou au Sévéro. Une expérience intéressante donc, la viande valait nettement le coup, mais le reste ne suit pas, et les tarifs sont un peu gonflés : une autre fois, il faudra tenter autre chose. Je sais en tout cas que l’Angus Aberdeen servi dans des steak houses à Londres peut être mangeable voire nettement mieux, pas comme dans les horribles Aberdeen Angus Steak Houses. Et ça devrait s’arranger la prochaine fois!

nov 29

Les Ambassadeurs, restaurant gastronomique de l’Hôtel Crillon.
10 Place de la Concorde, 75008 Paris.
Tél. : 01 44 71 16 16. Site Web.

Mythe

Le Crillon fait faisait partie de ces hôtels et restaurants mythiques (mythologiques?) pour moi, puisque, assez jeune enfant, j’avais été favorablement impressionné par les récits au milieu des années 1980, de mon père et de ma mère, qui semblaient le placer en tête de leurs musts pendant leurs brefs et rares séjours passés en couple dans la capitale française. Plusieurs dizaines d’années après, la légende prend du plomb dans l’aile. Sans doute avais-je idéalisé ces quelques adresses de « légende » (l’Espérance de Marc Meneau, le Crillon, le Pied de Cochon et autres cafés de St Germain des Prés et brasseries de Paris…).

Le Crillon et moi

C’est en 2008, à l’époque de Jean-Francçois Piège, que je découvre le Crillon en vrai. J’avais déjeuné au restaurant gastronomique des Ambassadeurs. Nous étions deux, avions choisi le menu déjeuner (amuses-bouches, entrée+plat+fromages+dessert et mignardises) à 88€, pris un verre de vin chacun (16-18€) et partagé une grande bouteille d’Evian (8€), soit un total de 218€, un peu moins de 110€/personne. L’ensemble valait bien deux étoiles, mais pas trois, sauf peut être les desserts, que j’avais particulièrement appréciés.

J’avais pour projet d’y retourner en week end pour le brunch, mais ce n’est que début 2011, sous le « règne » de Christopher Hache, que cela se fait. Ce n’était pas mal, mais avec la façade en travaux, on a un peu l’impression de manger sous terre, malgré les dorures et la hauteur de plafond. Buffet gentil, mais pas super copieux ni varié, et attention, ça charge à fond sur les boissons. Pas mal, mais rien d’extraordinaire au point d’avoir envie de revenir.

Cet été, j’ai déjeuné deux fois au Patio du Crillon. Si ça allait à peu près la première fois, la seconde fois, avec son buffet presque identique à la première fois, son pain pas top et son service un peu maladroit, ce fut trop. Comme beaucoup d’annexes/de brasseries ou de restaurants numéro 2 (ou trois, sachant qu’il y a aussi l’Obé!), cette formule d’été m’a déçu.

Dernière chance

Lorsqu’Alain, du site LesRestos.com, je me dis que c’est l’occasion de la dernière chance. Dernière chance pour moi de saisir les hautes qualités de la cuisine de Christopher Hache, et dernière chance pour lui et son équipe de me convaincre. Hélas, ce ne fut pas le cas! C’est dommage, et un peu triste, puisque, grâce aux relations d’Alain, l’apéritif nous a été offert, ainsi qu’un petit sac avec des goodies (dossier de presse, mais aussi peluche éléphant, bougie parfumée, échantillons de produits de beauté dans une trousse, porte carte…), un peu embarassants!

Parasites

Le Crillon (comme la plupart des « grands restaurants ») organise souvent des repas presse et autres événements de relations publiques. Le but, si je comprends bien, est de faire (re)découvrir le restaurant, la carte et les réalisations du chef et de son équipe. À l’époque d’internet, la notoriété et la bonne réputation d’un restaurant passent notamment par l’e-notoriété. C’est donc assez « naturellement » que des sessions de diners de bloggeurs sont réalisée. La dernière campagne consiste à inviter une demi douzaine de bloggeurs autour de la carte d’automne, faisant la part belle au gibier. Cela se passe dans les cuisines. Première série, mardi 8 novembre avec Stéphanie Biteau (Cockcooning), Stéphane Riss (CuisinerEnLigne), Adèle Hugot (Gossip Food), Laurent Vanparys (Gastros on Tour), Marthe Henry (l’Actu du Vin) et Yann (Yawye). La deuxième session fut annoncée par une Cau naze et réunissait, outre la Cau naze de Sofoodsogood, atabula, Nawal sans ses casseroles,  l’ »homme » des crocs niquent du plaisir, Meg, fondatrice de Paris by mouth et Philippe Toinard (qui ne se fait jamais inviter et paie toujours ses additions- mon œil!). Ce qui est intéressant, c’est que ce sont des bloggeurs qui participent à l’organisation de la soirée, à l’établissement de la liste des invités et qui lancent les invitations. Belle confiance et beau travail de délégation!

M’étant retrouvé bien malgré moi dans cette histoire, spammé par la Cau naze, je me retrouve dans ce sac de nœuds. Pour éviter d’éventuels reproches de mauvaise foi/jalousie/aigreur/vengeance/critique destructive et des biais dans ma critique, nous avons décliné l’invitation à déjeuner, pour rester libre. Dans ce qui suit, je vais d’abord énoncer des arguments factuels, objectifs pour étayer mes propos. Puis je donnerai mon appréciation personnelle, subjective et donc contestable.

Cinq raisons objectives de ne pas s’extasier devant les Ambassadeurs version Christopher Hache

  • Les travaux sur la façade, qui durent depuis plus d’un an privent la salle de presque toute lumière naturelle – courage, ce sera mieux après! Et il y a toujours les lustres au plafond pour vous éclairer!
  • Le pain n’est vraiment pas bon. Le service en salle semble l’avoir intégré, puisqu’il n’en apporte pas assez pour tout le monde (corbeille disposée sur la table), et qu’en plus il n’y a pas de « re-service ». Ce problème sur le pain avait déjà été remarqué lors des deux déjeuners sur la patio.
  • La cuisine de Christophe Hache ne « vaut qu’une étoile » (c’est Michelin qui le dit, pas moi!) – Et je ne pense pas qu’elle mérite mieux actuellement.
  • Cela coûte encore plus cher qu’à l’époque de Jean-François Piège. Si le prix moyen était inférieur à 110€/personne en 2008, nous avons payé 111€/personne cette fois, mais pour moins de prestations qu’en 2009. Le menu actuel, à 68€ ne comprend pas les fromages. Si vous en prenez, vous ajoutez 22€ à la note et vous passez à 90€. 90€>88€, prix du menu mangé en 2008, CQFD. Et je ne parle pas de l’inflation sur le verre de vin : 26€ pour un bon Chablis. Le travers rapporté par Mix la Malice (prix du vin au verre proposé>1/3 du prix du menu) n’est pas un fait isolé!
  • Le cinquième point est une conséquence des troisièmes et quatrièmes points : le rapport qualité prix n’est pas particulièrement séduisant.

Mon avis, subjectif, en vrac

Le service, poli et gentil en apparence, fait un peu faux-jeton et pousse à la consommation. Alors que j’avais signalé que je ne prendrais qu’un verre de vin (coupe de Champagne rosé offerte pour commencer) parce que je travaille après, le sommelier propose un verre de vin sans donner d’information sur son prix. OK, pourquoi pas, mais il est revenu à la charge une fois mon verre bu entièrement. Pas très élégant, même si l’on se doute qu’il doit appliquer des consignes. On ne dit pas « pétivier » pour le fromage qu’on ne connait pas, mais pithiviers.

Le pain, donc, est visiblement préparé tôt le matin. Peut-être est-il bon encore chaud? Tel qu’il était servi à notre table, je n’ai pas apprécié, au point de ne même pas terminer ma mini-baguette, fait rarissime!

Un des trois mini amuses-bouches contenait du sandre, comme un des deux plats proposé dans le menu déjeuner. Un peu de variété ne ferait pas de mal. L’amuse bouche à la feuille de brick était surtout gras! La tartelette à l’encre de seiche était astringente, étouffante.

Le Chablis servi au verre était très bon, nous avons bien fait de suivre les conseils du sommelier sur le contenu. Il nous avait dit que nous aimions le risque, je n’avais pas imaginé que c’était un risque financier qu’il nous faisait courir.

Les entrées étaient réussies, que ce soit le bon foie gras ou le calamar, à la cuisson sans faille. Cela présageait de bonnes choses et promettait pour les plats.

La poule faisane (un petit plomb trouvé dedans), avec son « nem » (dixit Pascal, de RestoàParis.com, le troisième larron de ce déjeuner) de pommes de terres, farci avec les cuisses confites, est une bonne idée. La réalisation fut en deça de nos attentes : contenu du « nem » trop chaud, qui m’a brulé deux fois. Pièce de volaille bonne, mais un peu sèche. La sauce en accompagnement, déposée en live par un serveur une fois l’assiette déposée devant nous, peut mieux faire! Le filet de sandre poêlé, avec son accompagnement « forestière » (champignons et sauce au vin) reste dans l’esprit automne. Je n’y ai pas goûté, mais il n’a pas semblé générer d’extase!

Je n’ai pas trouvé le bonbon glacé au mojito trop chimique (style hollywood chewing gum), mais, cette fois, c’est le froid qui à brulé mon palais!

La présentation du dessert chocolat café est archi classique. Je n’ai pas goûté. L’île flottante revisitée est d’abord amusante visuellement, mais dans la bouche, toujours pas de waw, ni d’exclamation positive. Quant aux mignardises, la mini bouchée cake aux noix était très bonne, le macaron aux figues avait probablement été préparé trop tôt, puisqu’il ne se tenait plus et s’est littéralement désagrégé/écrasé. J’ai été déçu par les desserts cette fois-ci. Curieux et dommage, car j’avais été emballé par les réalisations de Jérôme Chaucesse à l’époque de Piège!

Peut être que pour être vraiment bien servi, il faut manger en cuisine (comme les bloggeurs invités). Quand on lit le compte rendu de Chantal (Assiettes du Chef), on se dit qu’en fait, Christophe Hache et Jérôme Chaucesse doivent concentrer toute leur attention et leurs efforts sur UNE table! Dommage pour les autres qui sont en salle et qui paient leur repas! Ah oui, et je suis prêt à parier, chère Chantal, que la deuxième étoile Michelin n’est pas pour tout de suite!

Hotel de Crillon Ambassadeurs Christopher Hache 0 note Les Ambassadeurs, Hôtel de Crillon : plus cher et moins bien quavant! (ChrisoScope)

Le plus triste, c’est que l’imprimante de leur caisse n’avait plus beaucoup d’encre, ce qui fait que la note ne ressort pas très bien sur ma photo! Globalement, j’ai un peu l’impression d’avoir déjeuner dans le restaurant d’un Relais & Châteaux de province : adresse qui a une belle réputation, où la cuisine vaut une étoile, mais où les prix sont anormalement gonflés et tutoient le tarif 2 étoiles+. Payer plus de 100€ pour un repas à base de menu déjeuner (très loin du menu dégustation) dans un restaurant noté une étoile (et qui les vaut, mais pas plus, selon moi) et ne pas avoir été conquis par l’expérience, je trouve ça dommage et je préfère éviter et me reporter sur des adresses moins prétentieuses et plus portefeuille friendly.

Bref, peut-être que mes exigences étaient trop élevées après avoir lu les avis de Yawye et de Gossip’Food In Paris (et quelques derniers relents de mythologie familiale). Les conditions n’étaient surement similaires (par rapport aux années 80, par rapport à un repas presse en cuisine, avec le chef), mais l’écart entre ce que j’ai lu et ce que j’ai vécu et mangé explique cette déception. Hop, le Crillon sort de mon radar. Et je pense que, contrairement à moi dans ma jeunesse, mes enfants ne saliveront pas pendant des années à l’évocation du nom Crillon, malgré le gentil petit éléphant en peluche offert avec les autres goodies. La vie est injuste et cruelle!

D’autres déçus du Crillon :

oct 17

Le Domaine de la Corniche
5 route de la Corniche, 78270 Rolleboise.
Tél. : 01 30 93 20 00. Site Web.

Souvenir d’un diner début juillet 2011. Invités, via F (disclaimer : un ami), par les propriétaires, pour découvrir ce bel endroit à vue et en vue, nous avons commencé par un apéro puis une virée sur la Seine. En début de soirée, nous expérimentons le Panoramique, sans potion magique, mais avec un nom amplement justifié par la vue sur une boucle de la Seine.

Bien qu’en juillet, le temps est un peu frais pour la terrasse, donc nous nous installons à l’intérieur, juste derrière une baie vitrée, pour profiter du paysage sans risquer d’attraper froid. À table, c’est bourgeois contemporain, plutôt chic et soigné, avec une petite touche de fantaisie (couverts).

20110701 Corniche de Rolleboise diner 01 assiette Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Nous aurons droit à une dégustation amuse-bouche, entrée, poisson, viande, fromage et dessert (soit un équivalent du menu à 52€, sans les boissons), choisis parmi la carte de saison.

Les petites bouchées accompagnant l’apéro laissaient présager de bonnes choses, nous ne fûmes pas déçus, mais si certaines préparations du chef  m’ont plus marqué que d’autres.

L’amuse-bouche à base de tartare de poisson, tendance mariné avec herbes et tuile feuilletée craquante, réveille nos papilles grâce à sa fraicheur.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 02 tartare Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Les choses sérieuses commencent avec cette entrée très graphique alliant intelligemment le King Crab, l’ananas et des petits légumes finement tranchés. Généreux mais léger, goûteux sans être envahissant et sans sombrer dans le travers de l’over-dose de sauce qui aurait tout écrasé et nivelé.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 03 king crab ananas legumes Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Pour l’instant c’était bien, mais sans forcément laisser de grands souvenirs. Le plat de poisson permet justement de monter en intensité et d’atteindre le niveau « plat marquant« . Il s’agit d’un filet de cabillaud cuit à l’unilatérale, et de manière impeccable : un superbe gradient de textures et de saveurs. Des petits morceaux de choux (de différentes variétés et couleurs) et d’autres légumes accompagnent cette belle pièce. Cela fait un ensemble assez beau à regarder et excellent à déguster. Et toujours une grande légèreté.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 04 cabillaud unilaterale choux Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Le plat de viande est lui aussi, de très bon niveau, même si un peu moins marquant que le précédent. Du veau bien rosé en millefeuille, aux dessus et dessous crousti-caramélisés,   accompagné d’avocat quasi guacamole. L’avocat n’est généralement pas un légume (ou plutôt fruit) très léger, mais servi frais, avec une touche de jus de citron, il relève bien et complète le veau.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 05 veau avocat guacamole Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

L’assiette de fromages (issue du plateau de fromages de Claude Joseph, à Vernon) est sympathique, et se laisse manger sans forcer, ce qui a précédé étant plutôt équilibré et très digeste (pas de sauces écœurantes ni de garniture bourre-estomac). Mais on aurait aussi pu s’en passer facilement, sans pour autant mourir de faim.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 06 fromages Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Nous terminons avec une composition noir blanc rouge du chef pâtissier Benoit Weber : fraises des bois, chocolat noir et crème à la vanille parfumée au thé. Élégant, mais je n’ai pas énormément accroché, probablement parce que je ne suis pas fan de l’alliance chocolat noir et crème vanille. L’accord fraises des bois et chocolat me plait plus, mais c’était difficile d’isoler la crème. Pas conquis donc, mais probablement parce que l’accord ne me convient pas intrinsèquement.

20110701 Corniche de Rolleboise diner 07 chocolat fraises bois Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Ultimes gourmandises pour accompagner les cafés : de petites mignardises (pour lesquelles j’ai eu plus d’affinités que pour le dessert) et, pour celles et ceux qui ne conduisent pas et/ou qui dorment sur place : des sucres baignant dans une liqueur corse (costaud, très costaud).

20110701 Corniche de Rolleboise diner 08 mignardises sucres Domaine de la Corniche (Rolleboise 78) : dîner au dessus de la Seine (ChrisoScope)

Ce menu fort agréable fut accompagné de vins judicieusement choisis, mais dont, hélas, je n’ai pas pris de note. Dans l’ensemble, ce que nous avons mangé oscillait entre le bon et le très bon, avec une mention spéciale pour le poisson, puis un tableau d’honneur pour le veau. Je retiens une cuisine assez inventive, à base de produits connus et reconnus. Cuissons très bien maitrisées, résultat digeste et frais.

L’adresse vaut bien un déplacement depuis Paris (pour le dépaysement, on est presque en province, pour le cadre et la cuisine). Cependant, il est probablement plus agréable et plus prudent, pour profiter convenablement du diner et de la cave, de retenir une chambre sur place (hôtel trois étoiles), pour éviter une heure de route tard dans la nuit avant de rentrer à Paris et de rejoindre son lit.

Lire aussi les chroniques de Wonder Sophie,  d’Oanèse (disclaimer : mon épouse), de Mr. Lung (disclaimer : un ami), et regarder son film.

Merci à F pour l’invitation et bien sur, à nos hôtes.

mar 10

20110309 Baudelaire Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)
Baudelaire, restaurant de l’hôtel Burgundy
6-8 rue Duphot, 75001 Paris.
Tél. : 01 42 60 34 12. Site Web.

À l’occasion d’un repas avec l’ami F, nous déjeunons au Baudelaire, restaurant de l’hôtel ***** Burgundy, lauréat du Michelin 2011, puisqu’on lui a attribué une étoile. C’est mon troisième déjeuner dans un restaurant « une étoile Michelin » en une semaine, après la Braisière vendredi dernier et Drouant dimanche. L’hôtel est situé à deux pas de la Madeleine, à quelques mètres de la rue Saint Honoré. Rénovation onéreuse : spa, cour intérieure transformée en verrière/bar, l’autre cour en petit jardin d’hiver… le style fait un peu penser à l’hôtel Marignan. Le restaurant s’appelle Baudelaire à cause d’une fresque reprenant des vers des Fleurs du Mal (je n’ai pas vu la fresque en question et ai découvert ça en parcourant le site web). On accède au restaurant après avoir passé le hall d’entrée de l’hôtel, puis le bar. Une forte d’odeur de parfum sature mes capteurs olfactifs en traversant le bar.

Je retrouve F déjà installé, avec une bouteille d’Evian (10€), à une table pas très bien placée. Ils n’avaient aucune trace de notre réservation. Pourtant ce sera loin d’être plein, mais nous ne devons pas avoir l’air de VIP. La carte commence par un mot assez long d’Emmanuel Sauvage (une recherche sur Internet nous apprend qu’il s’agit du Directeur Général de l’hôtel), présentant le chef (Pierre Daret, rescapé de Dammam) et le directeur de salle (Bastien Poulvelarie). Puis une carte assez fournie, en deux volets avec neuf entrées (14 à 72€), cinq poissons (28-39€), quatre viandes (29-48€), deux fromages (10-16€) et six desserts par Freddy Monier (16-25€), en plus de ceux proposés sur le chariot (12€). Mentionnons enfin la formule déjeuner : entrée/plat à 42€, à choisir parmi une entrée du jour (18€) et un plat du jour, dessert chariot pour 12€ de plus, en semaine et hors jours fériés.

20110309 Baudelaire 01 chariot desserts Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

F choisit le menu du jour E/P/D, je prends pour ma part l’entrée du jour (courgettes ananas et crevettes), mais je préfère les Saint Jacques à la Daurade Royale (j’en avais mangé samedi chez L&V). Me renseignant sur les vins blancs au verre, on me propose un Sancerre 2002 ou un Sud-Américain Rothschild. Je choisis le Sancerre, mais pas parce que j’approuve John Galliano. Le Bel Echo (New Zélandais, 8€ le verre) inscrit sur l’addition ne semble pas correspondre à ce qu’on m’a servi. Ce que j’ai bu était frais et pas désagréable, mais un peu trop convenu, moins amusant que le Cheverny bu la veille à Jean Drouant.

Deux gressins aux olives croisés sur une petit pot transparent de crème fraiche légère aux herbes. Pas méchant, mais ça me rappelle une de mes entrées préférés à l’Hippopotamus de la Place Masséna de Nice, années 1996-1999 : les œufs pochés crème ciboulette. Certes, c’est ici un peu plus délicat, et ce n’est qu’un amuse-bouche.

20110309 Baudelaire 02 amuse bouche gressins fromage blanc herbes Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Le jeune serveur, qui sera sans doute le plus appliqué et le plus professionnel des différents serveurs s’étant occupés de nous, nous apporte aussi du pain : des mini baguettes pas mauvaises mais pas remarquables et des tranches de pain aux tomates, olives, genre ciabatta, un peu trop dosé en huile, mais plus intéressant que la baguette-mini. Beurre demi sel (OK) ou doux (trop).

20110309 Baudelaire 03 pains Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

L’entrée ne se fait pas trop attendre après l’amuse bouche (juste le temps de finir le pain) et arrive peu après 13h10 (nous sommes ici depuis 12h30). Présentation soignée, entrée légère, équilibrée et fraiche. Les beaux quartiers d’agrumes font joli, mais avec la courgette le mélange est peu à mon goût. Les crevettes se mangent bien. C’est assez fin, mais peut être pas complètement abouti? L’Evian terminé, F se renseigne sur l’eau gazeuse : Badoit Rouge ou Verte sont les premières réponses. En cherchant un peu, on obtient de la Chateldon (10€)…

20110309 Baudelaire 04 courgettes crevettes agrumes Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Les entrées terminées, nous patienterons un assez long moment (un quart d’heure?), le temps que nos plats arrivent enfin. La daurade royale arrive avec ses petits légumes colorés, dont la cuisson est plus réussie que celle du poisson, un peu trop cuit, mais pas mauvais pour autant.

20110309 Baudelaire 05 daurade royale Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Mes Saint Jacques sont cuites honorablement et sont presque toutes surmontées d’une tranche de truffe noire (pas très puissante). J’aime bien la présentation, mais je trouve que la température du plat est un peu trop tiède. La purée de topinambour est classique avec des St Jacques, là aussi, je l’aurais préférée un peu plus chaude… Sympathique, mais pas transcendant non plus.
20110309 Baudelaire 06 saint jacques truffe Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Nous finissons avec deux desserts du chariot, après leur avoir un peu forcé la main pour que ça accélère (il est 13h50). Tarte au citron pour F,

20110309 Baudelaire 07 tarte citron Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

religieuse aux fruits exotiques (ananas, fruit de la passion, si je me souviens bien). Couche extérieure un peu imbibée, limite détrempée, par la ganache agréable parfumée, ce qui donne une texture mi-mi, au résultat mitigé pour moi. J’aurais préféré quelque chose d’un peu plus net! La crème se mangeait bien toute seule, en fait.
20110309 Baudelaire 08 religieuse Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Le « petit café » (6€, tout de même), qui devait arriver tout de suite, arrive en fait après les desserts! Mignardises gentilles, sans plus.

20110309 Baudelaire 09 cafe mignardises Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Pas loin de 80€/personne pour ce déjeuner, un peu long, pas vraiment bouleversant dans l’assiette et surtout trop cher pour ce que c’est. Il faut dire qu’à 10€ la bouteille d’eau et 6€ le café et 8€ le verre de vin, on gonfle très vite la note de façon relativement stérile. C’est vrai que je n’ai plus l’habitude des bouteilles d’eau au restaurant, mais j’ai du mal à croire que 10€ pour 75cl d’Evian soit dorénavant la norme dans les restaurants parisiens (à croire qu'il faille s'endetter pour boire, ou même revendre les bijoux en or de belle-maman à Orpostal). Et comme le reste n’avait rien d’extraordinaire, à part peut être le cadre, la prochaine fois, on fera non seulement des économies mais en plus on se fera vraiment plaisir au Passage de Senderens.

juil 16

En plus de son restaurant gastronomique d’anthologie, l’Assiette Champenoise (40 avenue Paul Vaillant-Couturier, 51430 Tinqueux. Tél. : 03 26 84 64 64. Site Web) est un agréable hôtel.

La décoration des couloirs et des chambres est assez originale, voire décalée.

20090124 couloir LAssiette Champenoise, les à côté (ChrisoScope)

La piscine couverte et chauffée est une très bonne idée pour bouger un peu et digérer quand il fait trop froid pour se promener dehors.

20090124 piscine LAssiette Champenoise, les à côté (ChrisoScope)

La salle de petit déjeuner est plus sobre et plus classique, avec, sur les murs, les portraits des fournisseurs.

20090124 salle petit dejeuner LAssiette Champenoise, les à côté (ChrisoScope)

Je n’ai toujours pas narré un excellent déjeuner de fin janvier 2009! Mais je compte bien m’en charger, ainsi que d’autres expériences dans d’autres étoilés, d’ici à fin juillet. Patience!