fév 09

Fin 1996, vacances de Noël au Liban. Au lieu de faire des maths et de la physique, histoire de progresser un peu (après une série de 3, 5, 5, 3 / 20 en maths inoubliable), je découvre internet avec une connexion à 28.8kbps!
Je m’amuse rapidement à monter mon site perso, le Chrisos Web. Je réalise très vite que ma petite vie de taupin n’intéresse pas grand monde, malgré mon humour et des sujets passionnants (écriture de soi, hamburger manging contest, ou concerts de la taupe…).
Pour faire de l’audience, je m’oriente alors vers d’autres types de contenus, dont je perçois très vite le potentiel : des photos de belles et jolies jeunes femmes plus ou moins célèbres (super models, mannequins, actrices, stars du petit écran, Playmates et même quelques stars du X). Pas beaucoup de texte, des galeries par thématiques (habillée, nue, lingerie, swimsuit…), quelques centaines de vedettes, des milliers de photos. Le Chrisos Hot a vécu de 1997 à 2005. La gestion de ce site et des galeries photos étaient un bon moyen d’exploiter et de faire progresser ma mémoire visuelle
Le ChrisoScope est né en 2006, sur une thématique moins racoleuse, plus personnelle. Au départ, il n’y avait même pas de photo, la seule image étant un scan de l’addition. Puis les photos de plats, de la salle ou même des WC sont devenues la norme. Mais assez peu de photos de personnes, contrairement au Chrisos Hot.
Et puis hier, invité par A, avec O, au très bon et très agréable Citrus Etoile, j’ai eu une impression de déjà vu en rencontrant Elizabeth Épié, l’épouse du chef-propriétaire qui veille sur la salle et l’anime.
Cet après midi, en faisant une recherche rapide sur le Citrus Etoile, je découvre que Madame Épié est née Nottoli. Elizabeth Nottoli! Une sculpturale célébrité autrefois dans le Chrisos Hot! Amusant non, comme ces deux sujets à priori éloignés se rejoignent!

jan 03

Je vous souhaite plein de bonnes et belles choses pour 2013.

Ce que je souhaite aux blogs pour 2013, c’est que les journalistes, bloggueurs et chroniqueurs restaurants sur internet apprennent à vérifier au minimum ce qu’ils écrivent. Qu’ils aillent chercher de l’information de première main. Par exemple, comme expliquer que le nom de famille du chef du restaurant Garance (34 rue Saint Dominique),  ouvert fin 2012, se retrouve amputé de ses deux dernières lettres : le pauvre Guillaume Iskandar (Alexandre) est devenu « Guillaume Iskand ».

Cela a commencé avec Anne Demay sur son blog, (10/11/2012), et Yves Nespoulous dans le Fooding (12/11/2012). Puis Monsieur A dans le Carnet des Fines Gueules (20/11/2012) et Pudlowski sur son blog (4/12/2012). Et ça continue : Bruno Verjus sur son blog (25/12/2012). À quoi attribuer cette « erreur »? Une ouïe défaillante? ou une coquille pour les premiers à publier, un copier-coller trop rapide pour les suivants?

Une simple recherche sur Internet aurait pourtant permis d’éviter cette erreur grossière (ex: le site du restaurant, Facebook, Twitter du chef).

Merci à Alain Neyman, Sophie Brissaud, et François Audouze pour l’orthographe correcte.

juil 24

La Tour d’Argent
15 Quai de la Tournelle  75005 Paris

Tél. : 01 43 54 23 31. Site Web.

juin 16

Dans le but de maximiser l’impact des billets publiés sur ce blog, je teste un nouveau format, que j’espère simple et concis. Commençons aujourd’hui par le fameux restaurant Laurent, situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Elysées. C’est en lisant cet article chez Morgon que m’est venue l’idée de revenir plus tôt que prévu de ma retraite momentanée.

  • avant tout, le quartier n’est vraiment pas top, et étant donnée l’adresse, on se doute que c’est tout sauf une pépite bien cachée
  • ensuite, c’est vraiment cher, trop cher pour un restaurant qui n’a qu’une étoile Michelin, mais dont les prix sont plutôt dans la fourchette haute 2-3 étoiles,
  • de plus, c’est un des restaurants préférés de François Hollande, qui a visiblement beaucoup d’humour, mais qui, physiquement, semble montrer quelques problèmes avec la nourriture
  • enfin, le Laurent a déjà sa clientèle d’habitués, qui passe ses additions en notes de frais, donc le personnel en salle risque de vous prendre de haut si vous débarquez sans être annoncés.
  • en bonus, en plus, les chauffeurs de ces habitués attendent très souvent comme des misérables dans leurs voitures, souvent garées en double file, à deux cents mètres de l’Elysée, quartier où la densité d’agents de polices dans la rue est trop élevée et très anormale, en tout cas inefficace.

Je ne vous donne pas l’adresse, ni le numéro de téléphone du Laurent, si vous voulez vraiment bien manger et dépenser de l’argent dans le quartier, allez plutôt au Bristol ou à la limite chez Ledoyen.

avr 16

L’Antre Amis, bistro gastro
9 rue Bouchut, 75015 Paris.
Tél. : 01 45 67 15 65. Site web. Fermé samedi et dimanche.

En bref

L’Antre Amis, abstraction faite du jeu de mots discutable, est un agréable et recommandable bistrot de quartier, où le chef fait un effort pour privilégier produits de saison, fait maison. La carte-ardoise est courte et efficace. Clientèle de quartier donc (quelques bureaux et l’UNESCO pas très loin), pour cette adresse à la déco rétro. Un rapport qualité prix tout à fait honorable pour l’emplacement. Attention, quand même, certains plats peuvent être trop salés.

Sous-exposition médiatique

L’équipe du Giufeli installé dans le 14e (dans ce qui est brièvement devenu le Nuxis, maintenant le Bistrot des Jumeaux) s’est embourgeoisée en s’installant à deux pas de la place de Breteuil, dans le haut 15e, limite 7e. Bizarrement, la critique n’a pas suivi, puisque l’on trouve peu d’avis en ligne sur ce restaurant. Télérama trouve l’Antre Amis « Pas Mal » (été 2010). Le FigaroScope et lesRestos.com l’ont référencé, mais aucun avis de la rédaction. Les Restos nous apprend que le chef s’appelle Michel Craca, la patronne Gaëlle Potel et que les fromages viennent de chez Marie Quatrehomme. Plus de Cirage a aimé (début 2011). Pas d’avis récent sur CityVox (il semble que les avis concernent l’ancienne formule), à peine plus sur RestoàParis et sur Qype. John Talbott y est allé deux fois pendant l’été 2011, plus enthousiaste la première que la seconde (qui était quand même très bien).

Déjeuner du vendredi 16 mars 2012

J’avais repéré l’adresse la dernière fois que j’avais fait des recherches sur des adresses autour de l’avenue de Suffren, fin décembre 2011. L’Antre-Amis étant fermé début janvier, nous étions finalement allés au Casse-Noix. Ce vendredi-là, jour des 3-4 sorcières, je m’échappe du bureau pour assister à la première visite chez la pédiatre d’H. Tout va bien, il fait un beau soleil de printemps, nous décidons donc de l’emmener pour la première fois au restaurant. L’Antre Amis, dont je ne me souviens pas tout de suite du nom, me revient à l’esprit, il ne reste plus qu’à trouver l’adresse, la rue et tenter. Trois minutes après, nous entrons.

Il y a bien encore quelques places en terrasse, mais avec un bébé de 11 jours, il vaut mieux s’installer à l’intérieur. Un grand comptoir/bar à l’ancienne, ainsi qu’une trancheuse vintage posent un peu l’ambiance. Nous nous installons dans un coin tranquille. Sur la quarantaine de couverts que semble pouvoir accueillir l’Antre Amis, il devait y avoir une grosse douzaine de personnes dehors, et un peu plus à l’intérieur. La salle du fond, pourtant pas désagréable, est resté inanimée. À table, nappe en tissu sur fond de bois old fashion.

L‘ardoise/carte/menu propose une formule « découverte » en trois services à 32€, une formule « dégustation » en cinq plats à 45€ et à 69€ en tout si l’on choisit en plus un accord mets et vins. Cela reste assez abordable. Deux choix d’entrées, trois de plats, une assiette de fromages et deux possibilités pour le dessert. À deux, nous pourrons donc couvrir presque toutes les propositions. Pas trop de suppléments : seule la côte de boeuf de Blonde d’Aquitaine, pour deux, est marquée d’un +25€ (en tout ou par personne?).

Nos choix fais et transmis, nous avons droit à un amuse-bouche qui mérite bien son nom (puisque vraiment amusant) : un club/croque monsieur encore bien chaud-tiède. Sans prétention, mais très bien pour se chauffer et patienter un peu. Mon Riesling sec (pas noté les références, dommage) est vraiment très bien! Heureusement, à 8€ le verre!

O commence avec un bien rouge « tartare de boeuf, copeaux de foie gras et son toast« . Présentation sobre, rectiligne, et à angles droit. Pas très copieux, mais suffisamment riche et goûteux pour une entrée, même si le tartare, agrémenté de câpres, aurait été meilleur avec un peu moins de sel! Pour moi, un « œuf bio cuit à basse température, émulsion cressonnière » , probablement inspiré du recueil « Terroir Parisien » de Yannick Alléno. La cuisson basse température m’amuse toujours, mais elle commence à fait un peu « has been » maintenant, on l’a un peu trop vue et revue… Cela n’empêche pas mon entrée d’être agréable, surprenante et bien fraiche. Le cresson me rappelle notre diner au Galopin, où tout était très réussi, sauf peut être cette petite sauce au cresson qui était trop forte. Je me réjouis (un peu vite, vous comprendrez pourquoi après) de la forme de mon plat à œuf, signé le Creuset? Bref, des entrées agréables, pas forcément révolutionnaires, mais plutôt bien pensées et réalisées.

O enchaine sur le « filet de biche, gratiné de macaronis« . Présentation en parallèle, toujours dans le même type de grande assiette ronde et blanche qu’à l’entrée, pas mal de sauce. Viande bien cuite saignante/rosée et plutôt tendre, bon gratin. Pas très originale mais bien, bref, un bon plat de bon bistrot de quartier. Mon plat, la « lotte cuite tout doucement, farce de champignons sauvages et jambon ibérique, émulsion légère » est un poil plus inventive et audacieuse. Certes, poisson et jamon, ou poisson et chorizo, et aussi les champignons, déjà vus ailleurs,  mais plutôt dans des restos gastros ; saluons donc l’effort d’innover un peu et de proposer une déclinaison bistrot-gastro. C’est joliment bon. Ond écouvre les petite légumes de fin d’hiver, encore croquants. Autant le plat d’O se concentre autour de deux essentiels, autant ce plat est beaucoup plus riche en saveurs et ingrédients. Un contraste surprenant, mais un peu perturbant : le chef aurait donc différents styles? Dur de le cerner! On fermera les yeux sur le fait que nos plats ont chacun été servis dans le même type d’assiette que nos entrées respectives (grand assiette blanche, plate et ronde d’un côté, plat à œufs rouge et noir de l’autre).

O a plus de chance que moi, pour le dessert elle a enfin droit à un autre contenant : une coupe à glace assez élancée contient sa « crème à la vanille bourbon, feuilletage et caramel cassant« .  Une bonne pioche, pas trop sucrée ni écœurante malgré le généreux caramel. Sobre et efficace, digne du gastro. La présentation de la « compotée de rhubarbe au miel de châtaigne, crème et financiers au thé matcha, sorbet perrier-citron« , toujours dans ce satané plat à œufs et son esprit rappellent furieusement mon lotte : ça part un peu dans tous les sens, mais c’est bon, très bon même, et pour le coup bien original et réussi, avec ce mélange de saveurs, textures et températures! Cela détonne et cela dénote assez avec le cadre! Clairement du gastro+.

Service correct, un peu dissipé ou trop occupé ailleurs en fin de service.

Bilan

72€ à deux, avec un menu E+P+D chacun (2*32=64€ et un bon verre de Riesling sec, pas donné, à 8€). Le menu est plutôt une bonne affaire (même tarif qu’au Casse-Noix à midi), et si le choix est limité, les propositions sont plutôt inventives, même si tout n’est pas au même niveau! Dommage qu’il y ait parfois un peu trop de sel. Et dommage aussi que les trois plats que j’ai choisis et mangés aient été tous servis dans le même plat!

Nous n’aurons pas beaucoup d’occasions d’y retourner, sauf peut-être après une visite chez notre pédiatre, et dans ce cas, pourquoi ne pas retenter… Mais ce genre d’adresse pourrait plus intéresser Vanessa, Mix la Malice ou encore Vincent, qui n’habitent pas très loin.

avr 11

C’est Paris Al Dente, le guide des bonnes adresses italiennes à Paris, qui m’a donné l’idée de passer rue Mandar, dans le deuxième arrondissement de Paris, entre les rue Montmartre et Montorgueil. Une rue que j’emprunte très rarement, puisqu’elle n’est pas « utile » si l’on traverse le quartier d’est en ouest ou inversement (par soucis d’efficacité, on préfèrera emprunter, plus au nord, les rues Léopold Bellan puis Saint Sauveur, ou la rue Tiquetonne, plus au sud , avec les excellentes boutiques Royal Cheese).

Paris Al Dente vante les mérites de la Salumeria Rossi & Co, qui contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, est un vrai restaurant napolitain, utilisant des produits bio (à tester prochainement). En allant repérer cette adresse recommandée, je découvre que plusieurs autres cafés/bars/restaurants sont installés aussi dans cette rue.

Je vous passe les « Palmiers du Sinaï » (restaurant dit « oriental », dont la carte propose des plats du Liban, d’Egypte, mais aussi des tagines, des bricks et des vins du Maghreb!), même si les avis sur internet sont plutôt bons…

Le Tea Corner est un salon de thé, comme son nom le laisse deviner. Pascale Weeks et Afrosomething aiment bien, et, là encore, les avis sur internet sont globalement bons. À tester pour un goûter après la piscine? Nettement plus proche que le Queen Ann!

Le plus intrigant étant le Pouchla Byens Ro (rien que le nom vaut un détour!). Un pub/bar (bières allemandes, néerlandaises et irlandaises) Kurde!

Si quelqu’un est déjà allé à l’une de ses adresses, merci de bien vouloir partager vos précieuses informations!

avr 10

Les grandes heures de l’Atelier Robuchon Rive Gauche sont-elles derrière lui? Bien que la qualité de l’assiette et des produits restent excellents, j’ai été déçu par le reste lors de notre dernier déjeuner. D’abord, les prix ont sensiblement augmenté (ex: les desserts de 12 à 17€, l’entrecôte maintenant à plus de 50€…). Ensuite, après l’ouverture de l’Atelier de Robuchon au Drugstore Publicis sur les Champs Elysées et des départs/rotations de personnel, les équipes en salle et en cuisine m’ont semblé plus jeunes, moins appliquées et moins rigoureuses. Plus d’une demi-heure pour obtenir nos premières entrées, poussant à la consommation et traitant tous les clients comme des touristes gogos, pas vraiment ressenti la tension, l’énergie et le charisme qui émanent d’habitude de la cuisine ouverte. Enfin, la clientèle est très nettement composée de touristes.

Suis-je le seul à avoir remarqué ces changements à l’Atelier? Est-ce parce que j’y vais habituellement le dimanche et que les équipes du vendredi n’ont rien à voir? Toujours est-il que je n’ai pas retrouvé les excellentes prestations habituelles. Depuis que l’Atelier s’appelle St Germain, a-t-il hérité des mauvaises habitudes des cafés touristiques (Flore, Deux Magots), en se disant que le nom et la réputation de l’adresse étaient faits et figés et que les touristes fortunés continueraient de venir y dépenser leur argent de tout façon? Je suis preneur d’autres avis récents.

Seul point positif (peut-être une conséquence des points négatifs précédents) : l’accueil est devenu poli, voire gentil et les réservations sont plus faciles à obtenir.

Notre déjeuner du vendredi de Pâques 2012 en images.

L’Atelier de Joël Robuchon.
5 rue de Montalembert, 75007 Paris. (ouvert tous les jours de 11h30 à 15h30, puis de 18h30 à minuit)
Tél. : 01 42 22 56 56.

mar 26

Le 39V, restaurant français, terrasse
39 avenue George V (entrée par la rue Quentin Bauchart), 75008 Paris.
Tél. : 01 56 62 39 05 . Site Web. Fermé le week end.

Emballé par le lieu, déçu par l’assiette

Le 39V, de Frédéric Vardon, ancien de Ducasse, est installé au dernier étage d’un bel immeuble du Triangle d’Or. Lieu insolite pour Paris, décoration moderne, qui tranchent assez avec la cuisine réalisée par le chef et son équipe : plus que classique et très copieuse, loin de l’impression de légèreté qu’évoque le cadre. Les prix, eux, ne sont pas légers : il faut bien payer le loyer et se mettre au niveau d’autres simple étoilés Michelin. Je n’ai pas été emballé par la cuisine, alors que le cadre est unique.

On en parle pas mal

Ouvert en 2010, le 39V est vite récompensé : une étoile Michelin, trois étoiles FigaroScope, des éloges de François Simon (très Ducassien), Alain Fusion aime à la Folie, deux toques G&M, mais aussi le Fooding. Yawye est plus modéré : 14/20. Sans surprise, le 39V reste dans la galaxie Ducasse, puisqu’il est affilié aux Châteaux et Hôtels Collection.

Déjeuner du 13 mars 2012

C’est en compagnie de Vincent Delmas, du blog www.critique-gastronomique.com que je découvre cette adresse. Pour notre première rencontre, j’avais pour contrainte de ne pas trop m’éloigner du bureau. Vincent m’avait communiqué sa to-do list dans le coin. J’avais croisé avec ma liste et avait proposé, dans l’ordre : Kei, Akrame et le 39V. Vincent bénéficie d’un service de concierge (via une carte de paiement) et parvient à décrocher, la veille, une table pour deux, au comptoir, au 39V.

Nous nous retrouvons donc à l’accueil du restaurant, autour de midi trente. L’accueil consiste en décliner le nom utilisé pour la réservation, laisser ses affaires au vestiaire et attendre quelques instants que l’ascenseur arrive pour nous faire monter au dernier étage. Tiens, un point commun (et pas mal de différences surtout) avec la Tour d’Argent, article à venir.

The Ring

Le restaurant est en fait un anneau de verre teinté, avec une petite terrasse et l’espace du puits de lumière/courette intérieure au centre. La partie vitrée et « ouverte » donne en fait sur l’intérieur de l’anneau (i.e. le centre du cercle). Un petit côté panoptique. Une fois sorti de l’ascenseur, on trouve, dans le sens des aiguilles d’une montre : les cuisines, la salle à manger semi-privée (à l’écart de la salle à manger principale, mais pas complètement isolée, puisqu’il y a « droit de passage » ), les WCs, la salle à manger principale, qui permet d’accéder à une petite terrasse (idéale pour l’apéritif ou les fumeurs), et on termine la boucle avec le bar. Le bar étant adossé à la partie extérieure de la couronne, un comptoir avec tabourets hauts, donnant sur le centre du cercle, permet de servir quelques couverts de plus. C’est là que nous sommes installés. La vue donne donc sur les cuisines, le salon « privatif » et la terrasse, sans oublier une espèce de boule métallique au centre de l’anneau. Sur la « table » la mise en place est résolument contemporaine-chic.

Propositions et choix

Au déjeuner, un menu dégustation,  « Saveurs d’Hiver » à 85€ (en cinq services), un menu en deux services à39,5€, en trois services pour 49,5€.  À la carte, les entrées sont à 15-30€, les plats à 35-50€ et les desserts à 15€. Les propositions, dans l’ensemble, sont plutôt classiques, les intitulés mettant en avant le produit noble le mode de cuisson et les accompagnements et ou sauces.Les tarifs sont très Triangle d’Or, sans surprise.

Vincent n’étant pas fan de menus dégustation au déjeuner, et n’ayant pas, de mon côté, forcément tout le temps nécessaire pour en profiter raisonnablement, notre choix se porte sur le menu déjeuner, E+P+D à 49,50€. Deux propositions pour l’entrée, deux pour le plat, dessert unique. Cela permet de balayer l’ensemble des possibilités offertes dans ce menu d’ « appel » .

Une Chateldon (5,5€), un verre de St Joseph blanc (11€) pour moi.

Round 1 : entrées déroutantes

Un « velouté d’asperges, sot-l’y-laisse juste rôti, crème truffée » pour Vincent. Apparence classique, mais pas super esthétique : la crème est partie un peu dans tous les sens. Au gôut, c’est trop salé, selon l’intéressé. Mon jambon-beurre n’est pas très original dans le concept. La réalisation, semi-destructurée, l’est un peu plus, même si j’avais déjà vu cette idée chez Yannick Alléno, au Meurice (beurre au jambon de Paris). Au Meurice, ce n’est présenté que comme du beurre à tartiner, ici, c’est carrément une entrée : quelques mini tranches de jambon blanc (bon, mais à peine une vraie demi-tranche) deux petits cornichons coupés en quatre, du beurre au jambon, du beurre aux cornichons, trois petites tranches de pain. Mouais, amusant et pas mauvais du tout, mais servir ça dans un restaurant de ce standing, ça me laisse un peu perplexe.

Round 2 : plats roboratifs

Cabillaud rôti, épinards et émulsion de Jamon Bellota pour Vincent : encore une fois, trop salé pour l’intéressé. Le morceau de poisson servi est impressionnant, c’est copieux, et plutôt difficile à terminer.

Mon agneau en gigot et épaule, petites pommes de terre, ne paie pas de mine sur la photo. Bon, il me surprend par sa relative simplicité, des quantités abondantes. Les petites pommes de terre sont superbement cuites, très bon goût et belle texture, bien qu’un peu trop grasses (parce qu’un peu trop grasses?). J’en viendrai presqu’à bout, alors qu’il est rare que je ne termine pas mon assiette au déjeuner.

Les portions généreuses sont une bonne chose, on sait ce que l’on paie, mais pourquoi ne pas proposer des plats moins copieux, plus légers, pour mieux coller au cadre et à l’idée que l’on est tenté de se faire de cet endroit (aérien, ouvert, livre)?

Round 3 : faux tiramisu

Intitulé tiramisu au caramel et speculoos, je ne me souviens même pas s’il contenait au moins de l’œuf. Bref, ce n’est pas la première fois que l’on détourne le tiramisu dans ce quartier. La dernière fois, à l’Aubrac, il m’avait laissé un meilleur souvenir, même s’il n’était pas plus fidèle à la recette originale qu’ici. En fait, on ne sent que le caramel et les speculoos écrasés. La crème/mascarpone sert uniquement de support, d’éponge pour le caramel très puissant.

V termine par un thé (7€).

Accueil et service

Si la jeune femme à l’accueil en bas joue plutôt bien son rôle, les serveurs qui se sont occupés de nous manquaient d’aisance et d’assurance, ce qui peut s’expliquer par une relative jeunesse. Quelques imprécisions, interversion de couverts, lenteur à apporter l’addition à la fin. Rien de très méchant, mais c’est très certainement perfectible…

Bilan

Un bel endroit, original et rare à Paris. La rencontre avec Vincent était fort intéressante, mais ce que nous avons mangé et le service n’étaient pas à la hauteur de mes espérances. Pour une soixantaine d’euros par personne, c’est un peu dommage! Peut-être que j’avais lu trop vite les avis, ou peut-être que le cadre et les lieux m’ont fait oublier ce que j’avais lu. Le contraste est probablement volontaire, mais ça n’a pas fonctionné sur moi. Je voyais une cuisine à l’image des lieux : contemporaine, un poil futuriste, enjouée, aérienne. Nous avons eu du bon classique, une belle cuisine bourgeoise avec des produits de qualité. Impossible de ne pas repenser à Maxan, à quelques dizaines de mètres d’ici : la cuisine est dans le même esprit, bien réussie, l’ensemble est cohérent et les tarifs sont moins abordables (tant pis pour la déco de l’espace du 39V). C’est d’ailleurs chez Maxan que je pense retourner et pas au 39V, la prochaine fois.

Vincent, lui, compte donner une seconde chance au 39V en y retournant pour manger à la carte, à suivre sur son blog, donc…