jan 24

Sur Mesure, par Thierry Marx, à l’hôtel Mandarin Oriental (Ouvert du mardi au samedi inclus).
251 rue Saint Honoré, 75001 Paris.
Tél. : 01 70 98 73 00. Site Web.

Thierry Marx, ancien chef deux étoiles, chantre de la cuisine moléculaire, tendance techno-émotionnelle, est de retour dans sa ville natale pour diriger les cuisines du Mandarin Oriental, ouvert au début de l’été 2011. Médiatisé et très exposé, Thierry Marx crée de fortes attentes et ne laisse pas indifférent. Pour l’avoir rencontré brièvement, je l’ai trouvé très posé et plutôt réservé, une force tranquille, assez éloigné du personnage de télévision. C’est peut-être ce paradoxe que ne parviennent pas à saisir les journalistes pros, qui ont descendu le restaurant Sur Mesure et Thierry Marx dès l’ouverture. De mon côté, je suis allé diné chez Thierry Marx fin décembre 2011, en bonne compagnie, avec des amis et j’ai passé une excellente soirée, malgré quelques imperfections. Alors que j’avais un peu d’appréhension après avoir été déçu par la trop grande complexité de la cuisine de Pierre Gagnaire, j’ai adhéré beaucoup plus facilement au Marxisme, que j’ai trouvé plus efficace, direct…

Mandarin Oriental Paris

Le Mandarin Oriental de Paris a ouvert ses portes après plusieurs années de travaux. Situé rue St Honoré, à deux minutes de la rue de Castiglione, de la place Véndôme et du jardin des Tuileries, il est voisin de Palaces historiques parisiens : Meurice, Ritz, Crillon et de grands hôtels de luxe américains comme le Park Hyatt, le Westin ou le Marriott Renaissance Vendôme. L’hôtel Vendôme, le Costes, Le Grand Hôtel (InterContinental) et le Scribe (Sofitel) ne sont pas très loin non plus. Après la réouverture du Raffles Royal Monceau et du Shangri-La, le Mandarin Oriental est le troisième projet d’un grand groupe hôtelier asiatique à Paris. Grande couverture médiatique, là aussi (lire cet article du Figaro Magazine).

Querelles de critiques?

Critiques pros peu enthousiastes

Personnalité complexe saisie par Fabien Nègre dans ses portraits de chefs, Thierry Marx aime les défis, repart d’une feuille blanche, et remet en jeu ses deux étoiles Michelin. L’accueil de la critique gastronomique pro n’a pas été tendre…

Sur Direct 8, un François Simon en perte de vitesse « dézingue » Sur Mesure en vidéo et l’assassine dans le texte. Pudlo a goûté, à peu de choses près, au même menu et est globalement positif, mais pas si enthousiaste que ça. F-R Gaudry n’a pas vraiment aimé non plus. Pas moyen de trouver la chronique complète annoncée par Alexander Lobrano (juste une liste de quelques plats, alors qu’il n’a clairement pas apprécié le Camellia, la brasserie du Mandarin Oriental). Elle ne figure pas sur ParisbyMouth non plus. Patrick Faus est probablement le plus enthousiaste du lot.

Mais blogueurs et amateurs plutôt conquis

Assiettes du Chef y a déjeuné (gagnante d’un concours blog cuisines) et a apprécié. Alain Fusion aime à la folie. Silencio a passé un très bon moment, Nana aussi. Elodieblabla est ravie d’avoir rencontré son idole. Epicurieuse a passé un grand moment, malgré de la déception. Sur Mesure est le deuxième restaurant préféré du « Gastronome » à Paris. Mes petits Cailloux a fait un beau voyage grâce à Thierry Marx.

Six avis sur L’Internaute, avec un score très moyen de trois étoiles sur cinq (plusieurs déçus). 4/5 avec deux avis sur CityVox.

Dîner « Fabien Nègre », en mémoire de Benjamin-Emmanuel ROYAARDS, édition 2011

La soirée du 20 décembre 2011 chez Thierry Marx était prévue depuis le 9 septembre. Plus de trois mois d’attente. Fabien nous avait organisé une grande soirée dégustation, vins, eaux et cafés compris pour 300€ par personne; i.e le menu dégustation 9 plats à 180€ + une formule à 120€ pour les boissons (environ une bouteille par personne). Premier arrivé du groupe, vers 20h15 (Vélib garé au niveau du Costes), j’entre enfin dans le hall du Mandarin Oriental. Quand je pense que je suis passé devant presque tous les jours en vélo, pendant quatre ans, il était temps. Porte tambour (pas feng-shui, contrairement au Shangri-La, il faut dire que les propriétaires du groupe Mandarin Oriental sont d’origine écossaise), hall d’entrée grandiose/moderne (il fait pleine nuit dehors). Je suis fluidement dirigé vers le restaurant Sur Mesure. Au passage, je suis efficacement débarassé de mon imper et de mon casque, déposés au vestiaire.

Accueil et service

Dans les autres grands hôtels il y a une certaine rigueur, voire rigidité dans la tenue vestimentaire des jeunes femmes qui assurent l’accueil. La jeune, assez grande et jolie jeune femme se tenant derrière le comptoir à l’entrée du restaurant ne semble pas soumise à ces même règles, puisque sa tenue est plus détendue et contemporaine, assez proche du dress-code Costes (robe pas trop longue, talons plus hauts que la moyenne…). Le service en salle est, lui, soumis à un uniforme moins fantaisie… C’est David Biraud, sommelier (MOF 2004) et ancien du Crillon qui dirige la salle. Service bien rodé, pas de remarque particulière à formuler. La jeune sommelière qui s’occupera de nous était plutôt sympathique et soucieuse de nous faire découvrir, deviner et apprécier les vins choisis par D. Biraud pour nous. Ces vins sont entreposés dans sa belle cave moderne (et design), située au sous-sol.

Décoration

Installé à la première grande table ronde (à droite en entrant dans la salle à manger, j’ai le temps d’observer la salle, qui est en fait un grand carré dont le centre est évidé et qui est en fait une cour intérieure, inacessible, mais vitrée et visible depuis toutes les tables. Un air de vaisseau spatial, renforcé par la déco, qui a été commise par Patrick Jouin et Sanjit Manku. Autant dire que l’on reconnait très vite la touche de Jouin : il y a de grandes similitudes avec la décoration d’Oth Sombath. Honnêtement, je ne suis pas très fan de ce blanc et de ces effets de drapé, et j’ai peur que ça ne vieillisse pas très bien…

Heureusement, nous avons une table ronde, ce qui est appréciable pour faciliter les conversations et échanges avec les cinq autres convives qui ne tarderont pas à arriver. Et surtout, cela permet de faire abstraction de la déco. J’ai également le temps de visiter les toilettes, assurément funky avec leurs grosses écailles rouges!

Clientèle

Pour les raisons données plus haut (forme de la salle, table ronde), chaque tablée est relativement isolée des autres, ce qui permet une certaine discrétion voire de faire comme s’il n’y avait personne d’autre. On aime ou pas… En quelques mots, la clientèle à 35-55 ans en moyenne, avec souvent des tables mêlant parisiens trendy et touristes ou étrangers de passage. Assez chic, mais tout le monde n’était pas aussi hype que la déco!

Chef

Thierry Marx viendra nous saluer (grâce à Fabien) en début de service. Plus petit que je l’imaginais, et moins charismatique qu’à la télé. Plutôt posé et pas très bavard, j’ai quand même réussi à échanger quelques mots avec lui sur le vélo (je l’ai aperçu quelques fois à vélo le matin). C’était le début de service et il n’avait pas, logiquement, beaucoup de temps pour papoter. Dommage que nous n’ayons pas eu droit à un coucou en partant…

Menu

  1. Chips : des mises en bouche assez frugales/plutôt légères – Le ton est très vite donné. Chez Thierry Marx, point de plateau TV, de ronde des amuses-bouche ou autre dinette des saveurs… Au Sur Mesure, pas de place au superflu ni aux excès. Quelques chips de couleurs et saveurs différentes, pas en nombre ni en quantité suffisant pour que chacun de nous six puisse goûter à tout. Un peu frustrant, tout comme l’absence de pain. Si l’on en veut vraiment (ou plus), je pense qu’il faut réclamer. Ce soir, je suis en visite guidée, donc je suis. Voyons ce que donnera la suite!
    Champagne Inflorescence de Cédric Bouchard : Blanc de noir (pinot noir), de l’Aube, plutôt original, avec de très fines bulles, discrètes. Pur, avec une bel effet en bouche.
  2. Navet Kabu structure et déstructure (bonite, St Jacques, foie gras et pousses). Argh! En voyant les trois ramequins transparents arriver, avec l’équivalent d’une petite bouchée au centre de chacun, on se demande si l’on a vraiment bien fait de venir. Et puis, dès la première bouchée, on se sent rassuré. Cela a l’air léger, mais en bouche ça explose! Nous voilà rassurés. Le petit navet blanc est prétexte à un joli exercice technique, puisqu’il est préparé, marié, magnifié avec trois ingrédients plus puissants.
  3. Soufflé démoulé, potimarron / truffe. Cela part un peu dans tous les sens. Excellent pain moelleux, sous forme de mini cylindre moulé. Un soufflé au légume de saison, une belle ligne de truffe, du jamon croustillant  et une langoustine panée juste saisie. Assemblage compliqué qui laisse d’abord sceptique, avant de vite nous convertir au bout de quelques essais-mélanges. L’assemblage est bel et bien composition, on se détend, et on joue sur les saveurs, textures et odeurs. J’apprécie beaucoup le fait d’avoir un guide papier, et des ingrédients facilement identifiables et discernables. Le voyage se fait dans la confiance, sans jamais de sentir perdu ou égaré.
    Saint Joseph
    blanc Yves Cuilleron « Saint Pierre » 2009 : que de la Roussane, de la puissance, et du bon gras. Le béotien que je suis avait cru reconnaitre un Viognier peu fruité (je ne suis pas le seul)…
  4. Foie gras poëlé, chou-fleu / pomme et citron confits, chou fleur en semoule. Hormis le choix de la couleur de l’assiette (probablement pour le contraste), j’ai beaucoup apprécié la lisibilité de ce plat. Encore une fois, les ingrédients sont identifiables, leur assemblage puis composition fonctionne bien et fait plaisir. Le chou fleur finement rapé en neige est amusant, je m’amuse depuis ce diner à raper cru pas mal de légumes (à tort et/ou à travers). Cela donne une belle fraicheur, du croquant et de l’amusant. Le foie gras est nickel, la pomme et le citron sont à côtén sous forme de compotée sucrée acide. Dans chaque plat, il y a une recherche d’équilibre et de complétude dans l’espace saveurs : sucré, salé, amer, acide (je ne crois pas en l’umami, i.e. 5e saveur, qui est un fourre-tout nippon ni mauvais) ; textures et odeurs.
    Fiefs Vendéens
    Hauts des Clous – Domaine St Nicolas 2009. Par élimination on arrive à la Loire, on trouve le Chenin, mais langue au chat pour l’appellation! Joli jaune oxydatif. Belle réponse au citron et au foie gras, assez doux.
  5. Semi-Pris de coquillages, longuet Caviar (de Sologne). La photo ne rend pas hommage à ce plat, un des moments de grâce de cette soirée. Des coquillages sans leurs coques, pris dans une gelée, mais aussi une émulsion, avec une tartine de pain brioché et beurré décoré de caviar. Morceaux de betteraves multicolores picklés. Frais iodé, malin ; excellent!
    Sancerre « Nuance », domaine Vincent Pinard 2010 ; 100% Sauvignon, jolies notes acidulées rappelant les agrumes. Très bon accord avec les coquillages, et amusant clin d’œil locavore Sancerre-Sologne.
  6. Risotto de soja aux huîtres, truffe noire. Le soja est taillé en tout petit et fait office de riz. Les huîtres sont cuite et apportent variation de texture, iode et surprise. Une émulsion recouvre le tout et aère l’ensemble. De très fines lanières de truffe noire exhaustent cette composition, moins bluffante que la précédente, mais assez entêtante.
    Mâcon Verzé – Domaine Leflaive 2005. 100% Chardonnay, bio, bien sur. Je parviens à identifier un Bourgogne (quelle chance!), mais je ne suis pas assez calé pour la géographie plus fine… Acidulé (plutôt citron jaune), sec. Plus de profondeur et de champ que le Sancerre.
    Légère baisse de cadence, puisqu’un moment assez long s’écoulera avant que la suite ne se déroule.
  7. Cabillaud, Daikon / grenade, déclinaison cresson, joli jeu de formes et de couleurs (je n’ai pas goûté), ou
    Langoustine, carotte rôtie / Fregola di sarda : longueur et parallélisme, sous la mer et sous la terre, avec de la légèreté aérienne. Belle mise en valeur de la langoustine avec deux accompagnements somme toute assez simples, une belle carotte et des petites pâtes sardes. Bon, assurément, mais pas forcément aussi marquant que les deux propositions précédentes.
    Riesling  du domaine Albert Mann, cuvée Albert, 2008. Toujours des touches d’agrumes, mais cette fois sur fond plus léger et fruité. Pas mal vu, avec un plat poisson/crustacé avec plus de quantités et plus de textures qu’auparavant.
  8. Cochon de lait confit / croustillant, salsifis / châtaignes, du joli petit cochon préparé de deux façons différentes, avec fruits et légumes de saison (pas goûté), ou
    Canard sauvage, pomme, poire / confiture Piquillos : présentation assez originale, canard vraiment bien saignant. Le canard est souvent associé à un fruit (pêches) ou du miel. Ici, c’est un peu plus original mais cela ne m’avait pas emballé au point de le choisir. Ce que j’ai goûté était très bien préparé, mais ce n’était pas le plat le plus marquant de la soirée.
    Boeuf béarnaise, pomme de terre : un intitulé simple, classique, pour une interprétation finalement assez fidèle et réussie. La béarnaise est cachée dans un cromesquis. La préparation de la pomme de terre, pas en purée, pour une fois, me plait bien. J’en aurais bien mangé plus!
    VDT Les Rouliers Henri Bonneau. Du rouge, essentiellement grenache et cinsault, bien relevé, un côte du Rhône discret et modeste, par son appellation « vin de table », mais qui est assez proche d’un Chateauneuf du Pape.
  9. Sweet Bento & Ylang-ylang. Choix imposé, avec un deux petites boites (pour le sweet bento). C’était bon, mais je n’ai plus les détails en tête, hormis l’utilisation très réussie de l’avocat en dessert.
  10. Forêt noire, plutôt épurée, version zen haute couture (pas goûtée) ou
    Tatin Spirit : une réinterprétation light, puisque beaucoup moins riche et copieuse que l’original, jeux de formes, textures, température, saveurs et couleurs réussi. Ou comment faire tout compliqué une recette traditionnelle souvent maltraitée. La fourchette à trois dents a un look et une agressivité appréciables, tel un trident qui pourfend les desserts. Le point de satiété est quasiment atteint avec la fin de ce dessert, jolie performance de Maitre Marx.
  11. Nous passons au bar pour prendre le café, thé ou infusion. En effet, nous sommes les derniers clients encore présents au restaurant, à minuit trente. Une tisane pour moi. Quelques chocolats (excellents) nous sont proposés.

Après cela, il ne reste plus qu’à payer, retrouver son vestiaire (légère débandade à ce niveau, après minuit), se partager par destinations pour rentrer et trouver des taxis (si vous avez un numéro prioritaire, il peut être utile, sinon on vous en commandera un). Vue la pluie, le froid et l’alcool c’est la seule solution raisonnable après 1h. Un malheureux, croisé à la borne de la rue de Castiglione, attendait depuis plus d’une heure avec sa valise. Dommage pour lui, il n’a pas voulu attendre avec nous notre taxi devant le 2 Place Vendôme (en face du 1 Place Vendôme), arrivé quelques minutes après.

Budget

300€ par personne (+un peu de pourboire et un taxi pour rentrer), c’est un sacré budget (180€ pour les plats et 120€ pour les boissons), digne d’un deux étoiles+/trois étoiles. Pour une soirée d’exception, une fois par an, avec des amis, ça passe! On peut bien sur s’en sortir à moins cher en buvant plus raisonnablement (nous avons bu un peu plus d’une bouteille de vin par personne, en moyenne).

Bilan

Une très bonne soirée, merci à l’équipe du Sur Mesure, en salle et en cuisine, à Fab pour l’idée et l’organisation (même s’il nous avait vendu 20 plats au début!), et aux camarades de diner pour l’ambiance et l’échange. Je n’ai pas, volontairement, retranscrit l’ambiance entre nous et toutes les méchancetés et médisances que nous avons pu sortir, mais, verre de vin après verre de vin, l’atmosphère chaleureuse et amicale s’est bonifiée. Je pense que ça aurait été aussi bien s’il n’y avait pas eu quelques temps morts. En commençant vers 20h45, je pense que nous aurions pu avoir tout terminé et réglé vers minuit. Vu la bonne compagnie, ce n’est pas grave. Heureusement que c’était la fin d’année et qu’il n’y avait pas de rendez-vous importants le lendemain matin. Cela dit la nuit, bien que courte, s’est plutôt bien passée.

L’absence d’amuse-bouche (bonus) en début de repas a pour corollaire l’absence de mignardises à la fin. On est tellement habitué à en avoir dans les grands restaurants, que le vide est d’abord assez criant, tel un reflexe ou telle l’impression de sentir encore un membre absent/amputé. Puis on rationalise : nous avons bien, très bien mangé, nous n’avons plus faim, donc pourquoi prendre le risque de se laisser tenter et de succomber à des excès? Il y a un côté ascétique dans la jouissance et dans le plaisir que l’on atteint chez Thierry Marx. Mais pour les atteindre et les saisir, il faut faire l’effort de laisser de côté certains à priori. Sur les neuf propositions goûtées ce soir, un plat m’a laissé sur ma faim : la langoustine. Presque tout le reste était digne de deux et quelques fois trois étoiles. J’ai trouvé la cuisine de Marx beaucoup plus lisible, intelligible que ce que je redoutais. Pas de chimie inutile, pas de mystification ni d’embrouilles. Au contraire, on identifie très clairement les produits. J’aime savoir et comprendre ce que je mange. J’ai l’impression d’avoir plutôt bien compris et apprécié le Marxisme. Je pense qu’il devrait se voir décerner les deux étoiles qu’il avait en Gironde. Pour la troisième, il y a du potentiel, mais il manque peut être un peu de régularité et encore quelques plats phares. À suivre…

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jan 23

Bar-Restaurant de l’Hôtel Vendôme « 1 Place Vendôme »
1 Place Vendôme, au premier étage de l’hôtel, 75001 Paris.
Tél. : 01 55 04 55 60 . Site Web.

J’ai déjeuné (invité par Alain Neyman, du site LesRestos.com, qui m’a aussi dépanné sur des photos pour cet article) au restaurant de l’Hôtel de Vendôme en mai 2011. J’avais été très agréablement surpris. Je suis toujours méfiant quand un Hôtel de Luxe ne se contente pas d’avoir un restaurant d’hôtel (ouvert tous les jours, carte et prestations en général classiques, et tarifs élevés), mais prétend proposer un restaurant gastronomique. Ce déjeuner-découverte m’avait bluffé. Bien sur, l’adresse et le cadre gonflent la note, mais les talents du chef Nicolas Rucheton étaient une très belle révélation (ça valait bien une bonne étoile Michelin). Mention spéciale aux desserts!

Je lis ici qu’il a annoncé son départ pour ouvrir un restaurant dans le Nord. Souhaitons lui bonne chance et tenons nous au courant de l’ouverture de sa nouvelle adresse. Dans la région, la Grenouillère, malgré la déco a toujours pour chef le petit Alexandre Gauthier et ça a toujours l’air aussi léger. Après le départ de Benoit Bernard de la Laiterie de Lambersart, ce serait bien d’avoir au moins une bonne adresse!

Merci Alain pour cette belle découverte!

Si déjeuner au 1 Place Vendôme était une belle expérience lorsque ce chef était là, dimanche et lundi, en son absence, pour le service « bar » uniquement, ce n’était pas aussi emballant. Je me demande même s’il n’était pas déjà parti lors de notre déjeuner du lundi 19 décembre 2011.

L’emplacement et la déco « haute couture » de la salle limitent les dégâts!

 

nov 07

Kunitoraya 2
5 rue Villedo, 75001 Paris.
Tél.: 01 47 03 07 74. Site Web.

Adresse encensée par la critique : Fooding, plusieurs mentions dans le FigaroScope (Rubin, Simon) adresse de la semaine dans l’Express, Pudlo préfère le déjeuner. Personne de ParisbyMouth n’y est allé. Adrian Moore, souvent caustique, ne se mouille pas. Même un blog en général assez fiable,  Food’up! Food down, et un autre très japonisant, Oishii Desu, approuvent!

C’est après avoir lu l’avis de cette dernière que F propose d’y déjeuner. Nous y sommes donc ce mercredi 2 novembre 2011, au déjeuner. Si la déco change des bouibouis nippons de la rue Ste Anne, les tarifs aussi. C’est une ancienne brasserie relookée. Je ne sais pas comment c’était avant, mais là, on dirait qu’ils ont utilisé le même carrelage blanc que dans les stations de métro. C’est net et plus propre. Les toillettes,  en début de service, en tout cas, étaient nickel. C’est bien, mais ça ne fait pas tout! À midi trente, c’est presque vide, mais ceux qui n’ont pas réservé se font refouler

La cuisine est au fond de la salle. Deux bento lunches (la formule menu la plus onéreuse au déjeuner), à 46€ l’une (grosse inflation, puisque les articles les donnaient à 37€). La bière Yebisu est à 7€ ; et un supplément pour remplacer du surimi par un vrai poisson dans les nouilles chaudes (+3€). Le café est à 3€. En tout, 112€ pour ce déjeuner pour deux, à l’issue duquel j’avais encore faim. J’ai erré désespérément dans les rues à la recherche d’un dessert…

Le service, 100% nippon, n’est pas méchant pour autant, mais c’est toujours très difficile de comprendre ce qu’ils essaient de nous dire.

Menu en trois services : un plateau de tapas variés pour commencer (mais pas de Jamon, ni de patatas!), des tempuras et un morceau de poisson cuit, enfin, des nouilles -udon- chaudes ou froides). On s’amuse au début à essayer de deviner ce que sont les bouchées, c’est amusant et dépaysant, parfois bon, souvent pas mal, mais sans plus. En fait, l’ensemble manque un peu de relief, et pour ce prix là, ça ne me convient pas!

sept 26

Le Meurice, restaurant gastronomique
228 rue de Rivoli, 75001 Paris.
Tél. : 01 44 58 10 55. Site Web et cartes.

Prémices

Presque tout ce qui peut être écrit sur le Meurice et son chef Yannick Alléno l’a déjà été : Luxeat en 2007, diner sur mesure des GoT en 2008, rapport très détaillé (mais non exempt de coquilles et d’approximations) de FoodSnob en 2009, plus expéditif sur A Life worth eating. En septembre 2010, c’était Pudlo, en octobre, c’est la sortie d’un livre, Terroir Parisien auquel a contribué Mr Lung. Certains adorent et crient au génie, d’autres restent hermétiques (bien, mais pas transcendant). Et c’est aussi un peu mon cas…

Parfois, malgré la meilleure volonté au monde, et les plus beaux atouts, ça ne passe pas, à cause de petites choses toutes bêtes (comme ça par exemple). Pour une raison que je n’arrivais pas à cerner, j’avais peu de sympathie pour le Meurice, palace parisien cousin du Plaza Athénée (tous les deux font partie du groupe Dorchester) et pour le chef de son restaurant gastronomique (trois étoiles Michelin), Yannick Alléno (au talent surement aussi grand que son égo). Je passais devant le Meurice presque tous les matins à vélo, et ne me suis jamais enflammé pour ce palace.

L’ancien restaurant du Jardin d’Hiver était un bel endroit à la cuisine délicieusement banale, c’est devenu le Dali. Côté bar, on croise souvent Ardisson et d’autres célébrités dont je ne suis pas fan, le service manque de finesse et les prix sont astronomiques, en haut de fourchette de ce qui peut se pratiquer dans d’autres grands hôtels.

Débuts

Un déjeuner dans leur restaurant gastronomique, pendant la Semaine du Goût 2009, me permet finalement de mettre un nom sur ce que je ressens pour cet endroit : nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre.

O, F et moi étions invités par PY. C’est O qui avait choisi le Meurice, l’Arpège étant déjà complet. Un trois étoiles pour remplacer un autre trois étoiles, nous ne prenions pas beaucoup de risque…

20091014 meurice 0 salle Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

L’endroit n’est pas dépourvu d’atouts. Superbe salle classique, service classique aussi et de très bon niveau (mais assez distant), chef de grand talent, mais aux goûts discutables (comment peut-on aimer la Maison de l’Aubrac?).

20091014 meurice 0 carte Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

La carte (disponible en ligne pour une version à jour- tarifs fin 2009 ici) est joliment détaillée : entrées (60-105€), poissons et crustacés (75-115€), viandes, volailles et gibier (80-120€), desserts de Camille (Lesecq), (29€). Au déjeuner, un menu terroir parisien (relativement abordable, à moins de 80 euros, pour une entrée, mer, terre et dessert). Et bien, sur, un « super » menu menu dégustation (220€ pour 8 services, dont fromage et deux desserts), avec la possibilité de se laisser aussi guider sur les vins (160€ de supplément pour l’accord complet). Cerise sur le gâteau pour un maniaque comme moi, un petit index (un peu snob) des abréviations utilisées.

Arnaque?

On s’aperçoit et on est déçu de l’absence d’effort particulier pour la Semaine du Goût. Leur « participation » à la Semaine du Goût n’est que pur opportunisme (comme au Violon d’Ingres et ailleurs…). Passons! Je décide de remettre les compteurs à zéro et de profiter de cet endroit magnifique, à la cuisine réputée… À table, c’est plutôt classique et sans suprise, à part cette grande sous-assiette dorée, qui restera là pendant tout le repas. Menu terroir parisien pour tous.

20091014 meurice 0 assiette Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Quelques hauts, et pas mal de bas!

Amuse bouche et autres petites bouchées pour commencer tranquillement et se mettre en appétit. Petits dés de saumon fumé avec leur petit chapeau de crème compact et une touche de verdure (« sucette de saumon fumé »). Frais et agréable, mais assez simple… Plus d’originalité à droite, avec une petite mousse dense et sèche sur cuiller, une bouchée florale et un troisième grignotage…

20091014 meurice 01 saumon Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope) 20091014 meurice 02 amuse bouche Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Là encore, niveau beurres, on joue sur la dualité : originalité avec le « jambon beurre » d’un côté (amusant), et le plus classique de l’autre.

20091014 meurice 03 beurres Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Cette mini entrée aux crustacés et aux oursins (produit que l’on ne goûte pas souvent au restaurant, mais que Yannick Alleno semble apprécier) me plait. Une mousse aérienne, onctueuse, fine, au crustacés, renforcée par quelques langues d’oursin (le corail) au goût puissant. Une belle création. Après, ça se gâte un peu, hélas.

20091014 meurice 04 oursin Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Le « pâté Pantin, maraichère de cœurs de salades » est sympathique, bel effort pour ne pas faire oublier ce classique souvent relégué aux présentoirs réfrigérés des traiteurs, à côté des coquilles Saint Jacques à la normande (chez Dalloyau par exemple). Le pâté Pantin est un pâté en croute, cuit au four, sans moule ni terrine et qui se mange tiède (Larousse). Et bien, oui, on est fidèle à la recette, c’est une entrée agréable et sympathique, qu’on apprécierait beaucoup dans un bistrot ou une brasserie. Dans un trois étoiles, je m’attends à mieux! Cœur de laitue, petits oignons et quelques herbes apportent une agréable et simple fraicheur.

20091014 meurice 05 pate pantin Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Effilochée de morue au haricots chevrier. Morue, cabillaud, OK, rien à dire sur la cuisson. Ce plat aurait fait, là encore, fière impression dans un bon bistrot gastro, au Meurice, ça ne m’emballe pas.

20091014 meurice 06 cabillaud Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Aller, on ne m’accusera pas de ne rien aimer, je suis très sensible aux beaux couteaux. Ce Thiers à la lame damassée est très élégant.

20091014 meurice 07 couteau thiers Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Aiguillettes de canard sauvage à l’orange, cuisses en petits boudins noirs, navets fondants et pommes gaufrettes. Encore un grand classique (qui tient plus, cette fois, de la cuisine bourgeoise que de la brasserie ou du bistrot). Mignons jolis et bons, mais pas très copieux. On a quitté le recettes de bistrot pour entrer enfin dans du vrai gastro! Pas trop tôt.

20091014 meurice 08 canard orange navets Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Les fines chips sont top.

20091014 meurice 08 chips Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

La transition vers la fin et le sucré s’effectue à travers ce granité de pamplemousse. Sobre et efficace.

20091014 meurice 09 avant dessert granite pamplemousse Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Les mignardises, sont soignées. On reste dans l’univers gastro/addition à trois chiffres.

20091014 meurice 09 zoom Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Pour le dessert, hélas, on « retombe » dans le registre bistrot/brasserie : fine tarte bourdaloue, poire et crème d’amande (la dernière fois qu’il y avait de la bourdaloue et que je n’ai pas pu y échapper, c’était pour un repas d’équipe chez Renault, en 2004-2005, à Guyancourt). Certes, la réalisation est impeccable et la recette initiale et banale est sublimée, mais je reste frustré par ce sucré.

20091014 meurice 10 bourdaloue Yannick Alléno au Meurice (75001 Paris) : gastro bistronomique (ChrisoScope)

Bilan

J’ai particulièrement apprécié la préparation aux oursins et le canard. Le reste m’a laissé indifférent (amuse-bouche, granité, mignardises), ou dans l’incompréhension (pantin, bourdaloue, éffiloché). Une grande maitrise, mais peu d’originalité. Un registre curieusement (et volontairement?) bistrot (est-ce cela, le terroir parisien), dans un cadre de la palace. Après la vague des bistrots gastronomiques (cuisine recherchée dans un cadre simple, pour une addition pas trop alourdie par le service et la déco), j’ai l’impression que Yannick Alléno tente de lancer un contre courant : le gastro-bistrot, avec un cadre de palace, un service de palace, un prix de palace et des recettes de bistrot. Cela marche peut-être pour certains,  moi je n’y retournerai pas.

juin 10

Souvenir d’une soirée de samedi soir quasi improvisée à la dernière minute, au Spring (rue Bailleul, 75001 Paris) de Daniel Rose et de sa Dream Team. Grâce à F et à des désistements, nous avons droit à un somptueux et copieux menu accord vins et mets, en un peu plus d’une demi-douzaine de services.

Ambiance toujours aussi particulière, mélange de sérieux, solennel et plus détendu. On ne sait jamais exactement à quoi s’attendre, ce que l’on mangera et comment on le mangera. Cet état d’esprit ambivalent se retrouve dès le début sur la table : couverts en argenterie, assez classique, mais pas de nappe. Un peu d’espace, toujours de la convivialité.

20101218 Spring 00 table Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

On démarre avec ces fameuses gougères pour se mettre en bouche.

20101218 Spring 01 gougeres sapin Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

En cuisine, ça n’a pas chômé ; et il s’agit à présent de réaliser les derniers efforts, les finitions, les petits détails qui feront toute la différence, trop tôt pour se relâcher.

20101218 Spring 012 action Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

On début avec des extrêmes géographiques : perles blanches n°2 et Riesling alsacien. Les belles huîtres sont boostées au citron, on se réveille bien.

20101218 Spring 02 huitres Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 02 ostertag Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

20101218 Spring 03 cuisine Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

On reste sur la mer côté assiette (homard breton), et on bouge de quelques centaines de km vers le sud est, avec un Meursault. Moins de brut, beaucoup plus de finesse et de complexité, hop, décollage terminé, déjà en altitude de croisière.

20101218 Spring 03 homard Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 03 meursault Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Attention, pour ce dernier blanc, l’on a descendu la vallée du Rhône, jusqu’à Condrieu. Méga-Bombe que cette tourte de pommes de terre à la truffe noire. Notre coin de table aura droit à triple dose : poum, poum, poum.

20101218 Spring 03 tourte preview Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Face à ce dinosaure de la cuisine ménagère, pré cuisine nouvelle, la poule faisane en deux services, beaucoup plus contemporains, aérés et légers. Fin bouillon, un peu de verdure d’automne et des tranches tendres et savoureuses.

20101218 Spring 04 poule fisanne Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Les cuisses panées sont une sorte de gros bonbon fondant. Et vous reprendrez bien encore un peu de tourte?

20101218 Spring 04 suite cuisses panees Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Du sang, du rouge, du sous bois : côte rôtie et chevreuil bien saignant, jus et grenade. Red is not dead!

20101218 Spring 05 chevreuil Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 05 cote rotie Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

L’overdose de tourte n’est pas loin! Pour le fromage, du Fougerus, cousin artisanal du Brie, avec des quartiers de poires. Une fraicheur et une simplicité bienvenus après ce qui a précédé.

20101218 Spring 06 fromage Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 06 poires citron Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Et dans nos verres, du Champagne (Egly-Ouriet), un Bas Armagnac ou un Calvados. À goûter avec modération et discernement. Âmes sensibles, passez votre chemin, ça ne rigole vraiment plus. Le gras du fromage tient bien tête à ces eaux de vies costaud, l’effet en bouche est intéressant.

20101218 Spring 07 champagne vineux Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 07 bas armagnac Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 07 calvados Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)
Avant dessert : sorbet thym et mandarines, toujours dans la fraicheur, mais aussi une bonne re-programmation des papilles pour terminer tranquillement.

20101218 Spring 08 sorbet htym mandarines Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Triptyque/apothéose à base de glace, de fruit et de chocolat, histoire de terminer en beauté cette dégustation.

20101218 Spring 09 dessert Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 09 super vanille Spring, décembre 2010 (ChrisoScope) 20101218 Spring 10 chocolats Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Dire que je n’avais plus le courage de goûter aux whiskies japonais, quelle honte! Je manque vraiment d’entrainement.

20101218 Spring 09 sofian Spring, décembre 2010 (ChrisoScope)

Belle soirée, riche en émotions et en sensations, grâce à Sofiane, Daniel et à mes deux compères F et JP (que l’on retrouve quelques temps après chez Guy Savoy). Une soirée réussie, c’est une conjonction heureuse et chanceuse de compétence, justesse et maitrise en cuisine, précision et efficacité du servive et compagnie agréable à table. Facile!

Merci à F et à Daniel pour cette très bonne soirée et pour l’invitation!

mar 10

20110309 Baudelaire Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)
Baudelaire, restaurant de l’hôtel Burgundy
6-8 rue Duphot, 75001 Paris.
Tél. : 01 42 60 34 12. Site Web.

À l’occasion d’un repas avec l’ami F, nous déjeunons au Baudelaire, restaurant de l’hôtel ***** Burgundy, lauréat du Michelin 2011, puisqu’on lui a attribué une étoile. C’est mon troisième déjeuner dans un restaurant « une étoile Michelin » en une semaine, après la Braisière vendredi dernier et Drouant dimanche. L’hôtel est situé à deux pas de la Madeleine, à quelques mètres de la rue Saint Honoré. Rénovation onéreuse : spa, cour intérieure transformée en verrière/bar, l’autre cour en petit jardin d’hiver… le style fait un peu penser à l’hôtel Marignan. Le restaurant s’appelle Baudelaire à cause d’une fresque reprenant des vers des Fleurs du Mal (je n’ai pas vu la fresque en question et ai découvert ça en parcourant le site web). On accède au restaurant après avoir passé le hall d’entrée de l’hôtel, puis le bar. Une forte d’odeur de parfum sature mes capteurs olfactifs en traversant le bar.

Je retrouve F déjà installé, avec une bouteille d’Evian (10€), à une table pas très bien placée. Ils n’avaient aucune trace de notre réservation. Pourtant ce sera loin d’être plein, mais nous ne devons pas avoir l’air de VIP. La carte commence par un mot assez long d’Emmanuel Sauvage (une recherche sur Internet nous apprend qu’il s’agit du Directeur Général de l’hôtel), présentant le chef (Pierre Daret, rescapé de Dammam) et le directeur de salle (Bastien Poulvelarie). Puis une carte assez fournie, en deux volets avec neuf entrées (14 à 72€), cinq poissons (28-39€), quatre viandes (29-48€), deux fromages (10-16€) et six desserts par Freddy Monier (16-25€), en plus de ceux proposés sur le chariot (12€). Mentionnons enfin la formule déjeuner : entrée/plat à 42€, à choisir parmi une entrée du jour (18€) et un plat du jour, dessert chariot pour 12€ de plus, en semaine et hors jours fériés.

20110309 Baudelaire 01 chariot desserts Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

F choisit le menu du jour E/P/D, je prends pour ma part l’entrée du jour (courgettes ananas et crevettes), mais je préfère les Saint Jacques à la Daurade Royale (j’en avais mangé samedi chez L&V). Me renseignant sur les vins blancs au verre, on me propose un Sancerre 2002 ou un Sud-Américain Rothschild. Je choisis le Sancerre, mais pas parce que j’approuve John Galliano. Le Bel Echo (New Zélandais, 8€ le verre) inscrit sur l’addition ne semble pas correspondre à ce qu’on m’a servi. Ce que j’ai bu était frais et pas désagréable, mais un peu trop convenu, moins amusant que le Cheverny bu la veille à Jean Drouant.

Deux gressins aux olives croisés sur une petit pot transparent de crème fraiche légère aux herbes. Pas méchant, mais ça me rappelle une de mes entrées préférés à l’Hippopotamus de la Place Masséna de Nice, années 1996-1999 : les œufs pochés crème ciboulette. Certes, c’est ici un peu plus délicat, et ce n’est qu’un amuse-bouche.

20110309 Baudelaire 02 amuse bouche gressins fromage blanc herbes Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Le jeune serveur, qui sera sans doute le plus appliqué et le plus professionnel des différents serveurs s’étant occupés de nous, nous apporte aussi du pain : des mini baguettes pas mauvaises mais pas remarquables et des tranches de pain aux tomates, olives, genre ciabatta, un peu trop dosé en huile, mais plus intéressant que la baguette-mini. Beurre demi sel (OK) ou doux (trop).

20110309 Baudelaire 03 pains Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

L’entrée ne se fait pas trop attendre après l’amuse bouche (juste le temps de finir le pain) et arrive peu après 13h10 (nous sommes ici depuis 12h30). Présentation soignée, entrée légère, équilibrée et fraiche. Les beaux quartiers d’agrumes font joli, mais avec la courgette le mélange est peu à mon goût. Les crevettes se mangent bien. C’est assez fin, mais peut être pas complètement abouti? L’Evian terminé, F se renseigne sur l’eau gazeuse : Badoit Rouge ou Verte sont les premières réponses. En cherchant un peu, on obtient de la Chateldon (10€)…

20110309 Baudelaire 04 courgettes crevettes agrumes Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Les entrées terminées, nous patienterons un assez long moment (un quart d’heure?), le temps que nos plats arrivent enfin. La daurade royale arrive avec ses petits légumes colorés, dont la cuisson est plus réussie que celle du poisson, un peu trop cuit, mais pas mauvais pour autant.

20110309 Baudelaire 05 daurade royale Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Mes Saint Jacques sont cuites honorablement et sont presque toutes surmontées d’une tranche de truffe noire (pas très puissante). J’aime bien la présentation, mais je trouve que la température du plat est un peu trop tiède. La purée de topinambour est classique avec des St Jacques, là aussi, je l’aurais préférée un peu plus chaude… Sympathique, mais pas transcendant non plus.
20110309 Baudelaire 06 saint jacques truffe Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Nous finissons avec deux desserts du chariot, après leur avoir un peu forcé la main pour que ça accélère (il est 13h50). Tarte au citron pour F,

20110309 Baudelaire 07 tarte citron Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

religieuse aux fruits exotiques (ananas, fruit de la passion, si je me souviens bien). Couche extérieure un peu imbibée, limite détrempée, par la ganache agréable parfumée, ce qui donne une texture mi-mi, au résultat mitigé pour moi. J’aurais préféré quelque chose d’un peu plus net! La crème se mangeait bien toute seule, en fait.
20110309 Baudelaire 08 religieuse Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Le « petit café » (6€, tout de même), qui devait arriver tout de suite, arrive en fait après les desserts! Mignardises gentilles, sans plus.

20110309 Baudelaire 09 cafe mignardises Baudelaire, trop cher! (ChrisoScope)

Pas loin de 80€/personne pour ce déjeuner, un peu long, pas vraiment bouleversant dans l’assiette et surtout trop cher pour ce que c’est. Il faut dire qu’à 10€ la bouteille d’eau et 6€ le café et 8€ le verre de vin, on gonfle très vite la note de façon relativement stérile. C’est vrai que je n’ai plus l’habitude des bouteilles d’eau au restaurant, mais j’ai du mal à croire que 10€ pour 75cl d’Evian soit dorénavant la norme dans les restaurants parisiens (à croire qu'il faille s'endetter pour boire, ou même revendre les bijoux en or de belle-maman à Orpostal). Et comme le reste n’avait rien d’extraordinaire, à part peut être le cadre, la prochaine fois, on fera non seulement des économies mais en plus on se fera vraiment plaisir au Passage de Senderens.

août 20

Chez Vong, gastronomies chinoise et vietnamienne
10 rue de la Grande Truanderie, 75001 Paris.
Tél. : 01 40 26 09 36. Site Web.

Un vieil ami

Vong est une des adresses de référence pour les amateurs de gastronomie chinoise à Paris. J’y avais diné avec mon père en 2003 (je suis d’ailleurs le premier à avoir donné un avis sur CityVox), et en avait gardé un très bon souvenir, même si ça ne me paraissait pas donné. Au delà du diner, le nom de la rue « Grande Truanderie » et l’emplacement du restaurant, sous un appartement habité par des amies vers 2000-2003, où j’avais fait quelques soirées mythiques (dont une halloween party, déguisé en Super Man), m’ont marqué durablement. Mais je n’avais pas eu de raison, ni d’occasion d’y retourner. O ayant très envie de manger un canard laqué (et dans une adresse salubre, pas à Belleville), elle demande conseil à A. Ce dernier, gentil comme c’est rare, ne se contente pas simplement de lui conseiller Vong. Mieux que ça, il parvient à nous inviter à un diner organisé (le 25/03/2010) par un autre AN, sur lequel se repose Vong pour assurer sa communication. Le critique gastronomique du journal de référence du soir est également de la partie, accompagné d’un ami, philosophe lucide et déluré.

20100325 chez vong 0 serviette Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Vong fait partie des classiques et des valeurs sures, comme Chen Soleil d’Est (et pas comme Tong Yen, surfait, plus show-off qu’autre chose, par contre le traiteur n’est pas mal), ce qui lui vaut une bonne présence dans les guides papier, mais pas grand chose dans la presse d’actualité… Sur internet, Lilou et Dragounet décrivent très bien le cadre, raffiné et dépaysant, ainsi que leur diner. Sur CityVox, le score moyen est de 3,5/5 : si beaucoup apprécient la cuisine à base de produits de premier choix et le cadre, les prix fâchent un peu, ainsi que certaines différences d’appréciation du service (différences culturelles?). Son de cloche similaire sur l’Internaute et sur Mmmm!!!. Sur RestoàParis, deux archi pour (beaucoup de superlatifs), et un bof (rapport quantité prix en cause). C’est sur Qype que Vong récolte le meilleur score : presque 5/5, avec un seul avis négatif.

Décor hors cadre

Je n’ai pris aucune photo du cadre, pourtant, il vaut le détour, puisqu’il nous transporte instantanément. Tout ça à cinq minutes des Halles! Après avoir patienté quelques instants dans le petit salon à l’entrée, nous sommes installés autour d’une grande table ronde, configuration optimale pour l’ambiance de la table dès que l’on dépasse les quatre couverts.

L’embarras du choix

La carte est riche et variée. La simple lecture de certains noms de plats suffit déjà à évoquer l’évasion et le voyage. Une section propose des spécialités du Viet-Nam : rouleaux, de boeuf ou de crevettes à 8,5€, cha gio, aka nem à 12€, et Banh cuon, crêpe de riz à la vapeur, 18€, soupe de crevette à la citronnelle, 12€, ou soupe Pho, aux pattes de riz et au poulet, 13€, sans oublier le boeuf (22€) au basilic ou en brochettes, et le riz aux crevettes (12,5€). Le reste se concentre plutôt sur les cuisines chinoises. Notons, parmi les choix de potages, hors d’œuvres, poissons et crustacés, le très recherché potage aux ailerons de requin (45€), la salade de bar aux racines de lotus (16€), ou le filet de poisson joyeux (31,5€). Les amateurs de dim sum (bouchées vapeur) trouveront leur compte (ravioli bonheur, pomme d’amour à 8,5€, ravioli Shanghaïen à 11,5€, par exemple). Quelques préparations 100% végétariennes : légumes sautés à la sauce d’huitre (12,5€), légumes de longévité (13€), ou iceberg sauté maison (13€). Parmi les spécialités de la maison, les crevettes joyeuses (23,5€), l’abalone maison (36€), le canard laqué à la Pékinoise (90-115€), ou la poularde de Bresse laquée (sur commande, à partir de deux personnes, 125€) sont à la fois intrigantes et alléchantes. Si le riz nature est à 4€, les autres accompagnements (nouilles ou riz sautés) sont dans la gamme des 10-12,5€. Si l’on n’a toujours pas trouvé son bonheur, peut être qu’on se laissera tenter par un plat à base de viande ou volaille : poulet de Bresse (au citron, en papillote ou à la façon du chef 20,5-21€), de canette de Challans (aux 5 parfums, à l’impériale ou à la sichuanaise 20,5-21€),  ou de boeuf ou veau normand, voire un peu de porc (16,5-22€). Et pour finir, il faut choisir parmi la douzaine de desserts proposés (9,5-13€), tel le gingembre ou litchi, les beignets pommes, bananes ou ananas, flambés ou l’intéressante glace en beignet. Le choix est vraiment ardu!
À midi, pour aller vite et ne pas mettre deux heures à se décider, la formule déjeuner à 23€ (du lundi au vendredi, sauf jours fériés) propose des dims sums, un friand au curry ou un ravioli Shanghaïen et le choix entre deux plats, à base de crevettes, accompagnés de riz nature.

Laissons nous guider

Invités de marque de la maison, nous leur laissons le soin de nous proposer ce que très bon leur semble, tout simplement! Cela démarre en fraicheur, avec délicatesse et une légère acidité, avec des crevettes de Nouvelle Calédonie, façon carpaccio, crues. Service à la « chinoise » : le plat arrive d’abord dans une grande assiette que l’on nous présente, puis service dans l’assiette de chaque convive.

20100325 chez vong 01 crevettes  Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Le têtes de crevettes, cuites, sont également proposées. Comestibles ou simplement décoratives? Je m’étais retenu de poser la question et avait supposé que c’était juste pour le plaisir des yeux. Mais, après en avoir croqué chez Spring, je me demande si nous ne sommes pas, bêtement, et un peu lâchement, en ce qui me concerne, passés à côté de quelque chose…

20100325 chez vong 01 crevettes crues nouvelle caledonie Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Cela dit, étant donné la richesse et la profusion de ce qui va suivre, c’est peut-être un mal pour un bien, surtout que les têtes de crevettes ne sont pas très diététiques.

Des friands de poulet au curry nous font évoluer vers le tiède et le très finement relevé. Inutile de préciser que tout est fait maison, chez Vong. Un côté moelleux rassurant et réconfortant. Pour accompagner, si mes souvenirs sont bons, un vin rouge de la vallée du Rhône, qui se prête plutôt bien à l’exotisme des plats.

20100325 chez vong 02 friand Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Le panier dévoile un assortiment de bouchées vapeur/dim sum. Hop, on pioche, on picore, on tente avec un peu de sauce, sans, à nouveau avec. Difficile de trouver le meilleur mode de dégustation, tellement le résultat est réussi à chaque fois. Là encore, l’absence de glutamate et le fait maison font que Vong a, en fait, très peu de concurrents directs à Paris. Aucune inquiétude sur la provenance, l’hygiène, la qualité et la fraicheur de ces petites délicatesses. Les yeux fermés!

20100325 chez vong 03 panier vapeur Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Potage de wontons, un bouillon à base de poulet et gingembre léger et savoureux, des raviolis chinois fins farcis de porc et de crevette (souvenir d’un cours de cuisine), relevé de fines herbes ciselées. Simple et impeccable.

20100325 chez vong 04 potage Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Les cuisses de grenouilles, avec leur légume sculpté rigolo, sont une autre composition remarquable. Ce croustillant à l’extérieur, entre moelleux et plus élastique dedans me plait toujours autant.

20100325 chez vong 05 grenouilles Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Hop, je récolte même de la part de voisins peu portés sur les batraciens.

20100325 chez vong 05 grenouilles cuisses Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Le rythme est pour l’instant assez soutenu, pas vraiment de temps mort, juste ce qu’il faut pour reprendre son souffle, et hop, on repart sur la suite.

20100325 chez vong 06 canard laque Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Le canard laqué en trois services (voir des vidéos ici) est le clou de la soirée. Découpé et servi en salle, sous nos yeux, par le chef et patron, Vai Kuan Vong, himself. On commence par la peau croustillante, servie sur une fine crêpe, puis on passe au reste, progressivement, calmement. Tout simplement un régal!

20100325 chez vong 06 canard 01 Chez Vong, somptueux (ChrisoScope) 20100325 chez vong 06 canard 02 Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Je profite et abuse de la faiblesse de mes camarades de table pour me goinfrer honteusement! Aucun regret!

20100325 chez vong 06 canard 03 Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Pour que ça reste équilibré, n’oublions pas les légumes et le nouilles, tous deux comme il faut, c’est à dire très bien, mais assez discrets pour laisser la vedette au palmidé : ça en bouche vraiment un coin-coin, voire deux, même!

20100325 chez vong 06 legumes Chez Vong, somptueux (ChrisoScope) 20100325 chez vong 06 nouilles Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Honnêtement, tout le monde avait déjà très bien mangé, tant en qualité qu’en quantité. Ce n’était pas la peine d’en rajouter, mais gourmands (voire morfal) que nous sommes, nous ne résistons pas à la proposition de dessert. Dieu merci, il n’y a pas de fromage!

Je choisis le beignet de glace, un beau dessert compromis/paradoxe : chaud et croustillant à l’extérieur, froid, onctueux et fondant dedans. Avec tout de même, pour la bonne conscience et la déco, un peu de végétal : menthe+ananas. Une très belle fin, qui apaise l’estomac et lui signale que c’est maintenant à lui de jouer et de tout digérer.

20100325 chez vong 07 glace beignet Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Détail du beignet de glace.

20100325 chez vong 07 glace beignet coupe Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Les plus raisonnables ont choisi des fruits, comme cette belle mangue, juteuse et savoureuse.

20100325 chez vong 07 mangues Chez Vong, somptueux (ChrisoScope)

Une belle et douce fin.

Alors

Merci pour cette excellente soirée!

Un diner de roi, du commencement à la fin. Une invitation et une soirée mémorables, tant pour la compagnie que pour la prestation offerte. Bien sur, on peut se dire que ça biaise mon jugement, que, parce que j’ai été invité, je trouve tout bien et que je suis un vendu. Chacun pense ce qu’il veut. Pour ma part, cette soirée m’a conforté dans mon à priori (forgé en 2003, alors client anonyme) : chez Vong, c’est très bien, que ce soit le cadre, l’accueil, le service attentionné, l’assiette de très bon niveau ; ce n’est hélas/heureusement pas donné, ce qui évite une trop grande vulgarisation et popularisation de l’adresse. On reste dans un cadre table raffinée, à réserver à certaines bonnes occasions. On est en droit de s’étonner des prix, sensiblement plus chers que dans un restaurant chinois de base, sauf que, la qualité et les matières premières n’ont rien de basiques, c’est du produit de très haute qualité. Ceux qui n’apprécient pas ou ne veulent pas comprendre peuvent passer leur chemin, les autres apprécient ce lieu unique et si agréable. Comparé à un aller-retour en Chine, ce n’est finalement pas si onéreux, non? J’y retournerai, dans 3 mois, dans 3 ans, ou autre, mais en tout cas j’y retournerai avec plaisir.

Chez Vong va tout juste rouvrir, après quelques semaines de trêve estivale.

juil 30

20100712 Saut du Loup 0 Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Le Saut du Loup. Restaurant du Musée des Arts Décoratifs.
107 rue de Rivoli, 75001 Paris.
Tél. : 01.42.25.49.55. Site Web.

Le Saut du Loup, ouvert début 2007, avait plutôt bien commencé. Sa terrasse jouit d’une situation et d’une vue uniques à Paris. Des débuts un peu poussifs, une espèce d’amateurisme (comment gérer une terrasse à Paris sans tenir compte d’un facteur clé : la météo), mais rattrapé par un service généralement gentil et appliqué, des assiettes correctes et ce cadre splendide! Si ce n’était pas parfait les saisons précédentes (je n’ai pas publié ma mise à jour 2009), avec des hauts et des bas, globalement ça allait.

Cette soirée du 12 juillet n’avait pas trop mal commencé, nous avions rejoint V, déjà installée, qui dégustait un verre de vin du Nouveau Monde (pas terrible ce vin). Notre table n’était pas très bien placée (ça arrive), et en plus,il y a maintenant des mâts qui gâchent la vue, dont un qui me masque la tour Eiffel! Pas moyen de changer!

20100712 Saut du Loup 0 musee orsay clones Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

La carte varie légèrement d’une année à l’autre, pour les choix, mais les prix augmentent honteusement (cf. la version 2009, ici et ). Le club sandwich, maintenant servi avec des frites et de la salade, passe de 16 à 20€, le cheeseburger prend un euro à 22€, le gaspacho change de formule et passe de 9 à11,4€ (alors qu’il a bénéficié de la baisse de la TVA), le tartare mont de 17 à 20€. Ok, certains plats n’ont pas bougé (niveau prix), quelques desserts à l’intitulé à peu près constant ont baissé, mais la tendance est plutôt à la hausse. Je suis d’accord pour payer plus un service ou la qualité en plus, mais pas pour financer la nouvelle voiture du patron!

La commande s’est passée à peu près correctement (du moins, c’est ce que nous avons cru). La suite a été un enchainement de ratés et de déceptions. Heureusement que nous nous connaissons déjà bien, sinon (en cas de rendez-vous galant ou pro), ça aurait pu dégénérer. De quoi perdre toute crédibilité si l’on a conseillé cet endroit.

Nous n’avons surement pas eu de chance avec cet enchainement de catastrophes ce soir là… Ou peut-être sommes-nous trop exigeants? Ou moins gogo que tous les autres clients qui remplissent cet endroit…

Ce sont en général de jeunes et plutôt jolies jeunes femmes qui assurent le service, et qui sont en général souriantes, à défaut d’être très compétentes. Ce soir là, il y a quelques directeurs de terrasse qui brassent le vent, quelques serveuses qui s’occupent d’autres tables, et puis un serveur inefficace, moche quelconque et con incompétent (triste à dire, mais tellement vrai) qui s’occupe de notre table. La table, parlons-en :  elle n’a pas trop changé, mais nous avons maintenant droit à des pochettes couverts, un peu comme dans une cantine ou une vente à emporter.

20100712 Saut du Loup 0 table Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Commande prise vers 20h50, entrées qui arrivent vers 21h15. Et quelles entrées! Regardez-moi la tête de cette salade césar (14€), déjà un peu cuite. Dans la bouche, c’est un peu comme visuellement, ce n’est vraiment pas top!

20100712 Saut du Loup 01 cesar salad Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Deux gaspachos (11,8€) avaient été commandés, mais un seul arrive. Le serveur nigaud voit trois clients à table, seulement deux entrées arrivent, parce que monsieur n’a pas noté correctement la commande. Il retourne donc demander un second gaspacho, qui arrivera plus d’un quart d’heure plus tard (alors que de nombreuses autres tables ont été servies en gaspacho pendant ce temps là). Admirez la présentation de cette soupe froide, éprouvée par le transport, ça a débordé et il y en a partout! Remarquez aussi que la boule de sorbet a déjà bien eu le temps de fondre!

20100712 Saut du Loup 01 gazpacho 01 Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Voici à quoi ressemble le second gaspacho (arrivé sans mot d’excuse de la bouche du serveur connard) : beaucoup plus de glace, beaucoup moins de soupe (ce qui n’empêche pas que l’assiette ne soit pas très nette). Il y a définitivement des artistes en cuisine. Le chef, Patrick Goimbault, a de quoi être fier, tout comme Jean-François Vissac le directeur de cet établissement. Le contrôle qualité et la constance, ça vous dit quelque chose? Sans grande surprise, le goût de ces soupes est aussi quelconque et insignifiant que leur mise en forme!

20100712 Saut du Loup 01 gazpacho 02 Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Le cheeseburger (22€), si l’on fait abstraction de son prix, n’est finalement pas si mal (en relatif, par rapport au reste des plats servis). Pour les pommes allumettes maison, je me demande si « maison » n’est pas la marque d’un grossiste en frites déjà préparées.

20100712 Saut du Loup 02 burger Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Le club Langouste (23€) est simplement lamentable, affligeant. Le bord du pain de mie n’est pas systématiquement retiré.

20100712 Saut du Loup 02 club langouste Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Il arrive avec le pain déjà brisé, peu épais, très chichement garni. La langouste est un peu meilleure qu’un chewing gum déjà mâché depuis 4 heures.

20100712 Saut du Loup 02 club langouste zoom Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Moins d’un quart d’heure après l’arrivée du plat, c’est la capitulation, on ne rêve plus que de partir et moi de relater ce désastre, histoire de me défouler un peu.

20100712 Saut du Loup 03 fin Saut du Loup version 2010, la chute? (ChrisoScope)

Il faudra attendre encore un quart d’heure de plus pour avoir l’addition et près de dix minutes pour pouvoir payer par CB. Près de 120€ pour ce diner bâclé à trois, avec une entrée et un plat chacun, et deux verres de vin (chers et sans intérêt). Le gaspacho arrivé 15 minutes trop tard et à moitié servi a été facturé plein tarif. J’abrège nos souffrances en réglant, sans discuter et sans chercher à parler à gueule de con au gâche soirée de service.

Ouf, ça y est, enfin la délivrance, qu’est-ce que c’est bon! Nous ne pourrons que mieux tomber la prochaine fois.
Même si nous sommes sans doute mal tombés (emplacement pas top, serveur pire que tout, assiettes consternantes), c’était trop de mauvais, et à 40€/tête, c’est juste odieux et inacceptable. Dommage, cette terrasse à 8 minutes de chez moi a un charme fou, mais le risque de passer un mauvais moment gâche tout!

Allez-y à vos risques et périls! Bonne chance!