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Le Casse-Noix, bistrot gourmand.
56 rue de la Fédération, 75015 Paris
Tél. : 01 45 66 09 01. Site Web.
Fermé samedi et dimanche.

Avis rapide

Le Casse-Noix, c’est un bon bistrot gourmand/gastro dans le 15e nord, limite 7e. Le chef, Pierre-Olivier Lenormand, est passé par la Régalade et propose une cuisine de bistrot revisitée, assez classique mais maline. Une très bonne adresse de quartier. Budget : menu déjeuner à 25€,  menu-carte (E+P+D) à 32€, ardoise avec suppléments.

Buzz 2010-2011

Ouvert fin novembre 2010 (sources : LesRestos.com), le Fooding y va parmi les premiers. 6.2 chez John Talbott. FoodInandOut trouvera l’adresse très recommandable début décembre 2010. Barbra Austin suivra. Deux cœurs décernés par le FigaroScope début 2011, suivi de près par Pudlo. L’Express Styles n’arrive que fin janvier 2011,  Table à Découvert en février 2011, comme l’Hôtellerie-Restauration. Quant à Philippe Toinard et Télérama, ils finissent par en parler en mars 2011. Le Casse-Noix est référencé sur ParisbyMouth. Plus récemment, Bout de ma Langue en parle en octobre 2011, et FlavieauResto en novembre 2011.

Motivations

C’est justement avec la pétillante Isabelle du blog « le Bout de ma Langue » que je découvre le Casse-Noix. Travaillant avenue de Suffren, c’est une habituée du Casse-Noix, où elle déjeune au moins une fois par semaine. De là à dire que le Casse-Noix est à Isabelle ce que le Pied de Cochon (vénérable institution des Halles en pseudo déperdition) est à son paternel…

Bref, dans ce quartier, entre le Champ de Mars et le métro aérien, mais pas très bien desservi par le métro, je dois vous avouer que je suis souvent passé en voiture (entre autres parce que le garage Volkswagen Suffren est quasiment en face du Casse-Noix) et que je suis allé 2-3 fois chez une ostéopathe et puis c’est à peu près tout. Même l’Unesco n’est pas si proche que ça! Tout ça pour dire que je n’avais pas de raison particulière de déjeuner dans ce coin, en temps normal. Mais j’aime bousculer mes habitudes et découvrir de nouveaux quartiers et de nouvelles adresses. L’Antre Amis, initialement envisagé comme lieu de déjeuner, était encore en vacances.

Déjeuner du mardi 10 janvier 2012

Après avoir garé mon vélib’ à l’angle Suffren Desaix, je continue à pieds pour arriver avec un peu d’avance au Casse-Noix. Je me débarrasse de mon casque, de mon imper et suis installé à la table réservé par « Isabelle ». La décoration est très début-milieu du vingtième siècle, et certains clients aussi! Je trouve ça rafraichissant de trouver des papy (ou quasi papy) gourmands, bien et bons vivants, avec déjà une bouteille de vin ouverte sur la table avant d’avoir commandé à manger. Je les envie presque! À part quelques tables de seniors bon vivants, la clientèle est à dominante masculine, pour une moyenne d’âge de 40-55 ans. Nous sommes de loin la plus jeune table!

Un verre de Viognier (4€) en attendant l’arrivée de ma camarade blogueuse. Je commence à parcourir la carte-menu à 32€, et je prends connaissance du menu déjeuner (entrée+plat ou plat+dessert à 20€, entrée+plat+dessert à 25€). Comme dans la majorité des cas, la commande d’un verre entraine, dans les quelques minutes qui suivent l’arrivée des personnes attendues. C’est magique! Le verre de vin blanc est accompagné d’une terrine moderne et légère de mousse de foies de volaille. Isabelle arrive, est tout de suite reconnue, fait la bise, on nous apporte deux verres de vin blanc d’apéro. En effet, « habituée » n’est pas un vain qualificatif.

Nous avons tous les deux le temps pour E+P+D, nous choisissons au menu à 32€.

Terrine du Casse-Noix au foie gras, mélange de salade à l’huile de noix (belle tranche, sérieux et consistant) pour I. Soupe de topinambour parfumée à l’huile de truffe et sua majesta « il nero » pour moi : une bon plat d’hiver qui se mange bien. La texture aurait pu être plus épaisse et consistante, mais le côté plus léger se défend aussi. Une boule/quenelle de crème fraiche fond au centre. Quelques bons petits croûtons pas encore détrempés et quelques touches discrètes d’huile de truffe rendent la soupe plus goûteuse. Une bonne entrée en matière.

Sur les conseils d’I, je la suis pour le plat principal : poitrine de cochon ibaïona, navet cuisiné comme une choucroute. I avait, dès la commande demandé si elle pouvait avoir de la polenta à la place du navet. Souhait exaucé. Le cochon est bien sous tous rapports, la plancha l’a bien saisi et rendu croustillant à l’extérieur, l’intérieur est cuit mais moelleux et le gras parfois fondant. La poitrine exprime du caractère et des goûts sauvages. Le navet en choucroute est intéressant, l’exercie de style est bien réussi, mais je comprends que l’on s’en lasse. Il faut vraiment être fan de choucroute et de navet pour en manger chaque semaine! Un bon plat de bistrot mouvance basque-canaille. Mention spéciale aux moutardes artisanales.

Le vin blanc terminé, nous sommes passés, entre l’entrée et le plat, au Crozes Hermitage (7€ le verre) : il ne manque pas de tenue.

Pour finir, ce sera le riz au lait, caramel beurre salé, en version jumbo, pour I. Rien à dire sur ce riz au lait, servi dans une grande soupière : généreux, copieux et goûteux, encore un exercice de bistrot maitrisé haut la main.

Mon gâteau mi-cuit au chocolat de St-Domingue, glace à la vanille bourbon maison joue plus dans la cour des grands (plus complexe, mais tellement commun). Bon goût de chocolat, belle texture, glace tout à fait honnête, mais résultat comparativement moins réussi que ce qui a précédé. Je salue l’effort du fait maison, mais c’est ce dessert qui m’a le moins emballé parmi ce que j’ai pu goûter. Pas besoin de café, juste le temps de finir notre discussion, de régler et de papoter encore jusqu’à la station Vélib’.

Bilan

82€ pour ce déjeuner (un menu E+P+D + un verre de vin chacun, un verre offert et un verre de blanc juste pour moi), relativement varié, classique, mais pas trop, bon et plutôt copieux : c’est tout à fait bon. À ce prix-là, dans le 8e, ce serait une très bonne affaire. En plus la cuisine, même si elle parait assez classique, est légère et bien digeste. Si vous êtes dans le coin, que vous voulez bien manger du classique, profiter d’un bon petit vin, n’hésitez pas!

À l’arrivée, le Casse-Noix est et reste bien dans le 15e. Donc si l’on me demande si j’y retournerai souvent, je réponds honnêtement que non : hélas, pas dans le bon quartier pour moi.