fév 13

Table du Lancaster by Michel Troisgros
7 rue de Berri, 75008 Paris.
Tél. : 01 40 76 40 76. Site Web.

Cher et pas convaincu!

Michel Troisgros, chef trois étoiles à Roanne, descendant d’une lignée prestigieuse, essaime des restaurants dans sa région d’origine, en Asie et à Paris. Un nom légendaire, un mythe. Si la maison-mère vaut probablement le détour, je dois vous avouer que j’ai été assez déçu de mon déjeuner à la Table du Lancaster (une étoile Michelin) à laquelle il prête son nom et sa marque. Beau cadre (beau patio très tranquille), service très pro, mais assiettes pas particulièrement bouleversantes et tarifs très restaurant d’hôtel cinq étoiles, c’est à dire trop trop cher…

Bouche à oreille présent mais assez faible

Située dans l’Hôtel Lancaster Hospes, à deux pas des Champs-Elysées, la Table du Lancaster, par Michel Troisgros, jouit d’une étoile Michelin depuis 2005 (ouvert en 2004). La carte est signée Michel Troisgros et réaliséepar le chef Julien Roucheteau (qui jouit tout de même d’une certaine liberté). François Simon semble bien aimer cet endroit, puisqu’il le hâche menu une première fois en 2009, puis à nouveau en 2010, moins d’un an plus tard. Alain Fusion aime passionnément. Thierry Richard prétend que c’est une de ses tables préférées. Pudlo trouve ça « piquant » . Pour Rabaudy, c’est un must. Un Epicurien à Paris est fan.
Quatre étoiles (sur cinq) et 8,4/10 sur LaFourchette, 3/5 sur L’internaute (avec quelques avis assez cinglants, qui plombent bien la moyenne). 4/5 également sur Viamichelin. Un étrange 18/20 sur iTaste (score maximum attribué, alors qu’il y a aussi un 14).

Une explication à posteriori (après y avoir déjeuné), pour justifier le peu d’échos vraiment emballant est que la clientèle cible (déjeuners d’affaires, cadres sup-sup), ne regarde pas les prix et ne s’exprime pas beaucoup sur internet.

Déjeuner du 25 mai 2011

À la carte, on peut très facilement dépasser la centaine d’euros, sans boissons. Pour rester raisonnables, bous avons donc choisi le menu déjeuner (à l’époque à 52€, maintenant à 56€, entrée, plat, dessert, verre de vin, café), en prenant chacun une proposition différente pour voir le maximum de choses. Le vin compris dans la formule s’est transformé en une bouteilles entière (moyennant complément). Le plateau de fromages à plus de vingt euros/personne fait mal à l’addition. Quant au coefficient sur l’eau, il est bien gonflé aussi. À l’arrivée, le menu à 52€/personne qui semble une aubaine, nous amène à une note gonflée de près de 50%. C’était loin d’être rempli.

Belle grande table. Nappe blanche épaisse et immaculée. Petit ruisseau-fontaine au milieu du patio. Calme. C’est sur, on ne se sentirait plus à Paris, et ce serait top, si les autres clients n’étaient pas tous en cravate (il devait y avoir une ou deux femmes très apprêtées), et si les tarifs n’étaient pas si Triangle d’Or. Pas de souvenir très détaillé de ce que nous avons mangé, je donnerai donc ce qu’il me reste, c’est à dire surtout des impressions d’ensemble.
L’ambiance rustique chic est annoncée dès le début avec les amuse-bouche chichiteux présentés sur une ardoise. Pain et beurre pas mal du tout.

Pré-entrée colorée, fraiche, de saison, légère, mais peut-être pas assez goûteuse.

Entrées : d’un côté, une entrée autour du thon (très bon), toujours dans des couleurs printanières, même si la présentation est un peu précieuse. De l’autre : une entrée surprenante (ravioles au jambon), amusante, mais à l’aspect un peu déroutant pour une adresse de ce standing, même si c’est plutôt bon. Hum, on est loin de la claque que l’on espérait prendre!

Pour les plats : le lapin est joliment présenté par tronçons éparpillé un peu partout dans l’assiette. Bonne viande, mais quelle est cette composition? Quant à mon plat, avouez que la présentation n’est pas très sexy. Impossible de me souvenir de quoi il s’agit exactement, mais l’accompagnement à droite, bien que joli,  était banal en bouche et il y avait trop de sauce.

Joli chariot de fromages, mais loin d’être cadeau.

Le dessert en face, autour de la fraise est la suite logique et graphique du lapin : de jolies couleurs réparties sur la surface de l’assiette. Amusant, mais pas vraiment épatant. Mon dessert, au contraire, est carré et concentré au centre de l’assiette.

Les mignardises sont assez réussies.

Bilan

Un voyage qui dure un peu plus d’une heure trente. C’est très joli, l’endroit est agréable et le service bien élevé, mais l’assiette ne m’a pas emballé. C’était bon, plutôt généreux mais rien de magique, souvent inégal et le dressage de l’assiette est bateau! L’étoile Michelin est méritée, mais sans plus. L’addition est gonflée (même en prenant le menu déjeuner, on dépasse vite les 75€/personne). On a l’impression de payer l’adresse, le cadre et le décorum, alors qu’avec un nom comme Troisgros on aimerait que la star soit avant tout l’assiette.

Est-ce plus impressionnant à la carte (à plus de 100€/tête)?. Peut-être, mais peu de chance d’y retourner à nouveau, même si le patio est superbe!

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fév 02

Maison de l’Aubrac, organic steakhouse « de la fourche à la fourchette ».
37 rue Marbeuf, 75008 Paris.
Tél. : 01 43 59 05 14. Site Web.
Ouvert tous les jours, 24h/24.

En bref

La Maison de l’Aubrac n’est pas une adresse récente, je ne pense pas non plus qu’elle soit très hype de nos jours. C’est plutôt une adresse classique, à deux pas des Champs-Elysées, où l’on peut manger une bonne, voire très bonne viande de bœuf élevé dans la région de Laguiole. Evitez la salle au rez-de-chaussée avec son décor flippant de chalet cheap et bruyant. Préférez le premier étage, moins touristique, plus clair, à la décoration plus contemporaine. On vient ici pour la viande, donc ne vous dispersez-pas, car les tarifs ne sont pas cadeau (40-50€ pour une belle entrecôte!).

Maison de l’Aubrac : organic steakhouse

Bientôt 15 ans que Christian Valette, aveyronnais de Laguiole en Aubrac, et son épouse Élisabeth ont repris en main l’affaire familiale. Une montée en puissance et en prestations, avec croissance externe (DeVeZ, Café la Bucherie), déclinaisons autour de l’Aubrac (Aubrac Corner, Salons 37…), et passage à une dimension quasi industrielle : centralisation de la cuisine avec Aubrac Traiteur. En parallèle, une intégration verticale (de la fourche à la fourchette), avec un développement et une rationalisation de la ferme des Vialars, où sont élevées les bêtes qui seront débitées en steaks dans à Paris [source : Site Web]. Cette démarche d’industrialisation à petite échelle (en essayant de conserver les avantages du fait maison et de la qualité, tout en bénéficiant d’économies d’échelle et d’une plus grand assise financière) rejoint, d’une certaine façon, le business-model des boulangeries ++, comme celles d’Eric Kayser, qui leur fournit le pain. Pas facile de garantir un niveau de qualité constant et cohérent 7/7, 24h/24!

Cadre et décor

À moins d’une minute des Champs-Elysées, la salle du rez-de-chaussée, avec sa déco en bois grossier, type chalet cheap, vous dépaysera très vite. Si, au moins, c’était confortable, on comprendrait, mais même pas. Donc laissez la salle aux touristes, longez le bar à votre gauche, jetez un œil à la vitrine de maturation des viandes, et prenez l’escalier qui vous conduit au premier étage, avec une salle plus claire, plus aérée, à l’ambiance plus sereine et à la déco plus actuelle. Fermez les yeux sur le set de table, en papier avec des messages qui changent régulièrement. Et ne vous formalisez pas trop avec la triste serviette en papier blanc (même pas particulièrement épaisse).

L’essentiel est dans le bœuf !

Sauf si vous n’avez pas mangé depuis deux jours, faites l’impasse sur les entrées et allez droit au but : la viande. Les propositions « standard » à la carte sont déjà tout à fait correctes (viande rassie trois semaines, mais si vous voulez vous lâcher un peu, passer du côté obscur de la tranche, demandez ce qu’ils ont en viande plus vieilles (4-5 semaines de maturation, moyennant un supplément de ~13% par semaine). Merci Isabelle pour l’info! Si vous êtes fainéant ou mauvais en calcul, vous pouvez demander la carte dédiée ou aller la choisir dans la vitrine. L’entrecôte de « base » est à 38€, elle passe à 41,60€ avec de l’aligot à la place de patates usuelles. Pour une dizaine d’euros de plus (52€), vous avez droit à de la 5S (cinq semaines).

Si vous êtes curieux de connaitre les différences entre la 3S et la 5S, il suffit de partager. Qui est qui?

thumbs Maison de l Aubrac 01 entrecote 3 semaines aligot Maison de lAubrac : du bœuf, rien que du bœuf! (ChrisoScope) thumbs Maison de l Aubrac 01 entrecote 5 semaines aligot Maison de lAubrac : du bœuf, rien que du bœuf! (ChrisoScope)

À gauche (cliquer sur les images pour les voir en grand), le standard, trois semaines, à droite, la vénérable 5 semaines. La vénérable est un peu plus petite (pas ratatinée pour autant), elle a perdu de l’eau, mais concentre les saveurs et s’est vraiment bien détendue : superbe tendreté et explosion des goûts et sucs en bouche. La jeunette ne se bat pas avec les mêmes armes, mais présente une légère résistance qui n’est pas désagréable du tout, elle est plus facile que la vieille carne. Pas vraiment besoin de rajouter de sel à la vieille (fleur de sel déposée en fin de cuisson), alors que la « petite » se relève bien avec quelques grains de sel bien placés. C’est très bon, et, bien que ce soient de belles bêtes, on en vient à bout sans se forcer.

L’aligot est sympathique et bon, mais a tendance à refroidir vite et à se figer un peu, au bout de 5-10 minutes, l’empêchant de filer à jamais. Notez la présence incongrue et saugrenue de salade et de verdure « décoratives ».

Une dégustation comparée intéressante et instructive, avec une viande top qui tient toutes ses promesses.

Desserts bons, mais intitulés et présentation à revoir!

Technique de vente et d’incitation à la consommation efficace : on nous apporte un joli plateau avec un échantillon des desserts du jour (préparés par la chef pâtissière). Pain perdu à la brioche (9,30€) tout à fait convenable (en qualité et quantité), mais pourquoi le servir dans une assiette transparente? Pour mieux profiter du set de table? Quant au « tiramisu » aux pommes et gingembres caramélisés, il est bon, frais et assez léger, mais il n’a de tiramisu que le lointain aspect (pas l’impression qu’il y ait des œufs, pas de café du tout, ni biscuits/boudoirs). Bref, ou bien c’est le nom, ou bien c’est la présentation qui ne va pas, mais dans les deux cas, c’est bon. Après, est-ce que ça vaut vraiment 9-10€ le dessert? Quand je compare aux desserts du Versance, mangés le soir même (12€ le dessert), la réponse est clairement que le rapport qualité+inventivité/prix ne joue pas en faveur de la Maison de l’Aubrac… Mais bon, on ne va pas trop chipoter non plus, la prochaine fois, une visite à la Maison du Chocolat sera plus efficace!

On ne sera pas trop regardant sur la bouteille de Quézac en plastique (6,8€!) ni sur le verre de vin : AOC Faugères, Cistus blanc, 2009, Château la Liquière, agréablement frais et fruité ; vendu 12€ la bouteille, mais qui m’a fait mal à la tête une bonne partie de l’après-midi.

Bilan

Les viandes sont extra et valent bien leur pesant d’euros. Le reste est bon, mais ce n’est clairement pas leur core business, ni leur competitive advantage, donc, on peut s’en passer sans rater grand chose. Le service était assez efficace, plus à l’écoute qu’au rez-de-chaussée en tout cas. À l’arrivée, on est à 65€/personne pour ce déjeuner avec une viande et un dessert chacun, une eau et un verre de vin. On pourra faire du cost cutting et limiter la note à une cinquantaine d’euros par personnes en ne gardant que l’essentiel. À refaire dans quelques temps. Ce qui est évident, c’est que, si je ne suis pas complètement réconcilié avec la Maison de l’Aubrac, cela se réchauffe. Il faudra se pencher plus sérieusement sur la question en retournant aussi au Charbon Rouge et au Griffonnier.

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fév 01

Villa Spicy, restaurant
8 avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris.
Tél. : 01 56 59 62 59. Site Web.

Chronique archive, sur un déjeuner à la Villa Spicy pendant la semaine du goût 2009. Je travaille à quelques minutes de la Villa Spicy (appartenant à deux Blanc) depuis mi-2007. Jamais vraiment tenté par leur pan-carte affichée à l’angle Roosevelt Ponthieu, nous succombons finalement pendant la semaine du goût 2009.

Ce n’était pas mauvais, mais nous n’avions pas été convaincus : le rapport qualité/prix, l’accueil et le service étaient alors meilleurs au Libre Sens, qui était, un peu moins cher pour la formule déjeuner.

20091012 villa spicy 01 entree chevre  Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope) 20091012 villa spicy 01 entree lentilles Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

Un engagement bio à la mode : c’est bien, mais ce n’est pas tout!

Une cuisine d’inspiration méditerranéenne traditionnelle/classique (avec un effort sur la sélection des produits), pas mauvaise, mais finalement assez banale…

20091012 villa spicy 02 canard Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

20091012 villa spicy 02 pasta Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope) 20091012 villa spicy 02 poulet puree Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

Vue de l’extérieur, ça n’a pas l’air d’avoir beaucoup changé (le chef est le même depuis mai 2009), si ce n’est peut-être, un effort pour baisser les prix.

Je vois ici que les plats ne sont pas devenus plus follichons.

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jan 17

Il Caffè, Thierry Costes et Thierry Burlot
9 rue du Colisée, 75008 Paris.
Tél. : 01 53 75 42 00. Site Web.

Avis rapide

J’avais bien aimé le Caffè de Thierry Burlot et de Thierry Costes lors de ma première visite, en novembre 2011. Je déplorais l’absence de menu ou de formule à midi pour alléger un peu la note. Puis, quelques semaines plus tard une formule à 29€ (entrée+plat ou plat+dessert) faisait son apparition. Bonne idée, restait à trouver l’occasion d’y retourner. Cette seconde visite fut, hélas, moins réussie que la première. Les quelques ratés ou déceptions dans la réalisation des plats (pâtes trop cuites, sabayon trop liquide) ne sont pas acceptables quand on paie plus de 55€/personne!

Déjeuner du mardi 17 janvier 2012

Ce midi, après le dernier rendez-vous échographie (chez un échographe d’origine Libanaise et Juif-assez rare pour être remarqué), O et moi n’avons eu que quelques mètres à faire pour entrer au Caffè. Bonne nouvelle pour eux, c’était nettement plus rempli que lors de ma première visite. La première table proposée, sous une plante, n’étant pas géniale, nous sommes installés dans la première « petite » salle, située en entrant, derrière le comptoir d’accueil. Le comptoir, comme chez Blend est assez bas. Serait-ce pour que les clients puissent profiter des décolletés des hôtesses et serveuses?. J’ai l’impression d’être assis plus bas que dans la salle principale ; les tables font plus tables de café que de restaurant. J’avais bien aimé la banquette et les grandes tables en marbre de la dernière fois.

C’est une jeune femme brune et svelte qui s’occupera de nous, même si un jeune serveur (qui n’avait pas l’air de bien maitriser la carte), le responsable de salle et une autre hôtesse en chef nous serviront également. En ayant les oreilles indiscrètes, nous apprendrons que le chef, Thierry Burlot, n’est pas en cuisine aujourd’hui.

La carte a connu quelques changements : cette formule à 29€ qui change toutes les semaines (entrée+plat ou plat+dessert), puis la carte qui commence par les desserts (10-16€). Douze entrées à 11-72€ (caviar de Venise), 12 plats (15-38€). O choisit une entrée et un plat au menu, j’opte pour la carte. Nous commandons une carafe d’eau. Point de carafe, mais un service à la demande, à partir d’une jolie carafe toute simple en verre teinté/fumé.

Entrées : pas mal du tout

St Jacques, en carpaccio, avec de l’orange et de la courgette (12€ avec la formule) pour O. Frais bon, mais assez simple et un peu riquiqui. Scampi pour moi : des langoustines « toutes fraiches », en carpaccio aussi, avec de l’aubergine (chips de peau et pseudo ratatouille) et de fines feuilles de salade verte (19€). Frais assez consistant, agréable, même un peu moins d’huile d’olive aurait probablement permis de plus profiter de la chair délicate des crustacés émincés. Bonne aubergine. Par contre, le citron dans un plastique transparent, je ne trouve pas ça chic, et en plus ça ne retient pas les pépins. Ce n’est pas mal du tout pour commencer!

Plats : hauts et bas

O n’a pas de chance avec ses Taglioni (pâtes fraiches, ragu Bologne, et tétragone, 17€ avec la formule) : elles sont trop cuites, et n’ont ni tenue, ni consistance. Hésitations, puis je l’encourage, arpès avoir goûté et confirmé, à signaler qu’elles sont trop cuites. Elles sont donc remportées en cuisine par l’hôtesse-chef, qui dira que d’habitude, on les trouve pas assez cuites. Puis elle revient en expliquant que ce sont des pâtes fraiches, ce qui explique qu’elles ne soient pas aussi fermes que des pâtes sèches. O confirme qu’elle veut bien leur donner une seconde chance en reprenant le même plat.

Pendant ce temps, j’attaque ma Milanese (cotelette de veau panée, accompagnée d’un bouquet de salade-tige et d’un gratin de pâtes, 29€). La côtelette est tendre, goûteuse et généreuse. C’est très bon! Le bouquet est frais et très bien assaisonné. La galette de pâtes n’est pas mal, mais un peu fade, dommage, ça baisse un peu le niveau de ce plat.

Des taglioni reviennent au milieu de la côtelette. Moins cuits, même s’ils pourraient être plus al dente. Nous tenons peut-être une explication : les premières bouchées sont brulantes, l’assiette aussi. Les pâtes continuent de cuire dans l’assiette. Une attente un peu plus longue que prévu sur le passe, et c’est le drame! Dommage, parce la cuisson des pâtes est souvent essentielle pour déterminer le sérieux et la qualité d’un bon restaurant italien. Cela passe, mais après rattrapage. Bonne sauce.

Dommage pour le raté des pâtes. Sans cela, les plats étaient plus que convenables.

Desserts : déception!

Le Zabayon (13€) fait rêver, sur le papier. À Paris, ceux du Perron et du Mori Venice Bar sont excellents. Nous en espérions un du même accabit, après un sabayon décevant chez Astier il y a deux jours. Hélas, le sabayon est en fait un gratin de fruits. Ce n’est pas monté, c’est liquide. Impardonnable!

Ma Pina (ananas rôti, glace vanille,16€) n’est pas mal du tout. Bien rôti, bonne glace vanille, le tout baignant dans un jus agréablement parfumé et légèrement alcoolisé. Mais pourquoi diable est-il à 16€? Voyage-t-il en première classe depuis sa région d’origine?

Un dessert raté et un autre trop cher : hum hum!

Bilan

Le cadre est sympathique, même si l’on est mieux assis dans la salle principale. Service OK, mais sans plus. Des propositions alléchantes, mais des réalisations et des préparations inégales et approximatives, c’est dommage, lorsque l’on paie 112€ à l’arrivée. C’est assez frustrant de vivre une telle déception, surtout que le premier repas s’était très bien passé (à part le tiramisu version 1, complètement effondré, mais vite changé). Était-ce un jour sans? Sans chef? Sans maitrise et discipline suffisantes en cuisine? Je n’en sais rien et je n’attends pas vraiment de réponse. Ce manque de constance et une telle volatilité pénalise les restaurants, puisque leurs fiabilité et crédibilité en prennent un coup. Des pâtes trop cuites! Cela faisait longtemps que l’on ne m’avait plus fait le coup à Paris? Et que penser des desserts? Trop ambitieux, trop chers!

Si la première impression est très importante, la deuxième visite l’est encore plus. Si c’est à peu près fidèle aux attentes et que cela se passe bien, cela peut déboucher sur une confiance et une longue série de repas, où l’on dévient plus indulgent au fil du temps. Mais si la deuxième visite ne se passe pas très bien, elle risque bien de devenir et de rester la seconde et la dernière. Dommage, ça avait plutôt bien commencé…

déc 15

L’Empire du Huitième, restaurant Corse, lounge.
11 rue Jean Mermoz, 75008 Paris.
Tél. : 01 43 59 21 47. Site Web.

J’aimais bien l’Empire du Huitième (dont j’ai parlé en juillet et décembre 2007). J’y suis moins allé en 2010 et en 2011. Mes deux dernières visites (un pot de départ et un déjeuner, seconde moitié de 2011), n’ont pas été très concluantes.

Pendant le pot, le service n’était pas très réactif, ni très affable. Pendant le déjeuner, même si je salue la baisse de la formule midi (de 24€ pour entrée+plat à 20€ maintenant), je déplore la baisse de la qualité des produtis utilisés et servis. Serveur limite nonchalant. Feuilleté de brebis grossier, peu de fromage, enf ait. La viande du Corsica burger (demandé saignant) fait penser à du congelé. Les patates compensent un peu, mais le pain/blini a été plus léger. Enfin, le cheesecake n’est pas mal, mais sans plus et sans touche Corse.

Pour une petite quarantaine d’euros par personne au déjeuner (Orezza, formules entrées+plat à 20€, desserts en plus, vins au verre et café), on s’attend à une expérience plus concluante. il y a visiblement eu du changement depuis 4 ans, mais pas forcément dans le bon sens. Les avis précédents sont donc à pondérer par le ressenti des dernières visites.

nov 08

El Sol, bar, épicerie, restaurant espagnol
22 rue de Ponthieu, 75008 Paris.
Tél. : 01 45 63 89 19. Site Web.

Dans le style bar-épicerie-resto espagnol à Paris, je connaissais déjà Da Rosa (surcoté! et trop cher), et Bellota Bellota (trop cher, et qui sert essentiellement des tapas sous vide) : deux adresses où il vaut mieux acheter son jambon et aller le manger chez soi. D’une part ça revient un peu moins cher, et d’autre part le service et l’accueil sont nettement en dessous de ce que l’on est en droit d’espérer lorsque l’on paie ces prix. Ne lisant pas la presse qui a parlé d’eux, et n’ayant rien lu sur cette adresse parmi les media que je consulte, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais donc quelques réticences à entrer chez El Sol, rue de Ponthieu, alors que je passe devant plusieurs fois par semaine depuis la rentrée (l’adresse a ouvert en seconde partie de l’été 2011).

Et puis, ce vendredi 4 novembre 2011, seul, je décide de prendre des risques inconsidérés et de tenter ma chance. J’entre, suis chaleureusement accueilli et m’installe au bar (ce n’est pas plein, on m’a aussi proposé une vraie table). Tout de suite, José, le patron me propose un verre de vin : blanc fruité (Bianca, cépage verdejo de la Rueda, 6,5€). Pas donné, mais plutôt bon. Un peu plus cher, cela dit, qu’au Caffè, où mon blanc de Vénétie  était à 5€ le verre, mais plus abordable que chez Tico (où les prix sont vites passés d’un peu plus de 5€ à près de 10€). Mon autre verre de vin, rouge, Pagos de Araiz (rouge de Navarre), sera facturé à 6,3€, mais servi très généreusement. Nez très prometteur, mais un peu light en bouche, pas forcément adapté à la fin du jamon et au dessert…

Décidant de me lâcher en cette fin de semaine, je commande une assiette de Jambon Bellota (27€) et des Navajas (couteaux galiciens, 11€). Un peu anxieux à l’idée de ne pas pouvoir finir ce que j’ai commandé, je me suis vite rassurée dès la première bouchée de jambon. Pour varier un peu les plaisirs, j’en prends avec les doigt, à la fourchette, avec pain, sans pain, avec écrasée de tomates ou sans. Un mélange de puissance et de finesse grandioses. Alors que dans certaines adresses le jamon est coupé archi fin, tel une feuille de papier au gras translucide, les tranches sont ici plus épaisses, ce qui permet de prolonger le plaisir. Les couteaux ne sont pas mal, mais il vaut mieux les partager à 2-3 plutôt que de se prendre une assiette en solo. L’alliance terre mer ajoute encore un peu de relief à ce repas agréable à base de très bons produits.

Je ne résiste pas à la crème catalane (6,5€), tout à fait mangeable, au bon goût d’œuf et servie tiède.

Service attentif et bienveillant du patron, José Maria, et d’une blonde qui a du répondant. Par rapport aux deux adresses citées plus haut, cela fait une belle différence.

À l’arrivée, c’était bon, pour essentiellement des produits bien sélectionnés. Je n’ai pas vraiment testé leur cuisine, à part le dessert, honorable.

On s’en tire à 57,3€, c’est à dire trois fois le prix d’un déjeuner ordinaire dans le quartier, ou près de six fois celui d’une formule sandwich boisson dessert. Ce n’est pas rien, et c’est en ligne avec les Bellota Bellota et da Rosa. Et c’est à peu près le prix par personne du déjeuner chez Kunitoraya 2. Pas grand chose de comparable, sauf le budget et les tapas. Contrairement à Kunitoraya 2, j’étais rassasié physiquement et mentalement en sortant d’El Sol. Et l’adresse peut être plus accessible : 7€ le sandwich de Bellota avec une boisson à emporter. Sur place, il existe une formule (plutôt simple) à18€ le midi.

À refaire bientôt pour goûter leurs plats chauds, et aussi acheter du jamon pour la maison.

nov 02

Caffè
9 rue du Colisée, 75008 Paris.
Tél. : 01 53 75 42 00. Site Web.

Couverture médiatique

Avec une bonne attachée de presse (Maryse Masse), le Caffè a déjà eu droit à des articles par : Le Fooding, le 23 septembre, Food Reporter mi-octobre,  Caroline Mignot sur hotellerie restauration le 22 octobre, Trish Desseine le 24 octobre, Pudlo et le FigaroScope le 25 octobre (déco by Mahdavi?), Alain Fusion sur LesRestos.com, YAWYE le 27 octobre…

Les images

Avis

Remplace l’Appart- Thierry Costes et Thierry Burlot – Italien – Accueil et service de bon niveau – Déco rétro reposante (au rez-de-chaussée) – Carte amusante : on commence par nous proposer des desserts sur la première page – Propositions de classiques italiens, de régions diverses, légèrement re-liftés – Demander du vin au verre – Produits de qualité – Bonne réalisation – Compter au moins 60€/personne – Nettement plus chic que le Bistrot Napolitain, plus abouti que le Romantica Caffè de la rue de Ponthieu (tarifs à peu près comparables). Niveau assez proche du NoLiTa, ce dernier étant un peu plus onéreux et prétentieux.

>Bonne adresse, où je risque cependant de ne pas aller souvent car pas de formule à midi…

déc 31

20101217 Allan s Allans bagels et autres, rue de Ponthieu, 75008 Paris (ChrisoScope)

Allan’s, american diner, bagels
35-37 rue de Ponthieu, 75008 Paris.
Tél. : 01 45 63 24 48.

Les occupants du 35 et du 37 rue de Ponthieu n’ont pas tant de chance que ça. À côté d’un Franprix non désiré, et alors qu’il y avait déjà un « Jour », ISIS (institut de beauté) est remplacé par Allan’s, ouvert, il  me semble, il n’y a pas si longtemps. Plus grand que le Monteko Café (et à la clientèle moins typée), plus chic que Bagel & Co, Allan’s est un diner/bagel shop cacherisant qui surfe sur une tendance du quartier. Ah, oui, et comme ils ont du remarquer que le PDG (où je ne vais plus, frites/patates pas top, et odieuse tentative de s’octroyer le rendu de monnaie) refuser souvent du monde, ils ont une carte burger, sandwiches autres que bagel.

Ce jour-là, alors que j’avais envie de déjeuner rapidement d’un bagel, et que le service était lent et bouché chez Bagel & Co, je suis vite ressorti, pour tester Allan’s. Les formules sont affichées en grand. Prise de commande assez rapide. Une formule New York+ à 9,9€ : un bagel plus, une boisson et un dessert. Formule typique/classique/usuelle dans ce quartier où les actifs pullulent. Je prends ma boisson, énonce mon choix (bagel pavot et pastrami), je paie, je choisis un dessert (un muffin au citron). Hop, on me rend la monnaie et je patiente, alors qu’un employé d’origine étrangère me prépare soigneusement mon sandwich. Poli, cordial, il me le remet tranché en deux et bien empaqueté, avec un sourire. Sandwich minute, préparé sous mes yeux (pas forcément un argument de qualité, Subway fait pareil).

Il ne me reste plus qu’à retourner à mon desk bureau et à déballer le paquet. Le muffin dans un sachet en plastique scellé ne rassure pas!

20101217 Allan s 01 all Allans bagels et autres, rue de Ponthieu, 75008 Paris (ChrisoScope)

Le bagel est plus catholique. Le pain est un peu, mais pas trop, caoutchouteux en apparence, pas mal en bouche, même s’il pourrait être plus léger.

20101217 Allan s 01 bagel Allans bagels et autres, rue de Ponthieu, 75008 Paris (ChrisoScope)

La vue de coupe révèle les différents composants du bagel. On est bien loin des standards New Yorkais niveau quantités. Niveau qualité, ce n’est pas trop mal. Bien sur, ce n’est pas très fin, mais ce n’est pas ce qu’on recherche dans un bagel, n’est-ce pas? La bestiole se laisse finir sans trop forcer.

20101217 Allan s 02 coupe Allans bagels et autres, rue de Ponthieu, 75008 Paris (ChrisoScope)

Pour finir, et comme l’annonçait son emballage, le muffin au citron, industriel et chimique, est sans intérêt.

C’est rapide, propre, pas mauvais, il faut juste éviter les muffins (je ferai mieux une autre fois, pour le dessert). Bien sur, on est loin de ce qu’on peut manger à NY, les bagel ne sont pas aussi frais, et ils mériteraient d’être plus légers. Niveau goût, c’est un peu meilleur que Bagel & Co, mais ça reste un peu en dessous de Monteko. Et cela change un peu d’une formule sandwich, boisson et dessert à 8,5€, chez Julien.