
Ristorante Crotasc (fermé lundi et mardi)
Via Don Primo Lucchinetti, 63 23020 Mese (SO)
Tél. : +39 0343 41003. Site Web.
Il y a des adresses qui marquent durablement! Retour en mai 2010, très exactement deux mois avant la naissance d’A. O et moi profitions d’un de nos derniers voyages à deux. Italie, régions des lacs, et plus exactement celui de Côme au bord duquel nous étions hébergés. Arrivés à l’extrémité nord de l’étoile à trois branches, nous remontons une rivière en direction des Alpes. Nous sommes à présent dans la Valteline. Avec l’aide du Guide Michelin, nous dénichons une adresse sympathique (une fourchette rouge), programmons le GPS et hop. Il fait plus frais, autour de nous c’est plus vert. Nous atteignons enfin Crotasc, restaurant installé au dessus d’une cave/domaine vinicole : Mamete Prevostini.

La voiture garée, nous ne savons pas encore si c’est ouvert. Un peu de fumée se dégage du bâtiment, c’est bon signe. Nous montons les marches, passons une première salle dont la décoration ne laisse aucune place au doute. Bouteilles exposées, vins Riedel de dégustation dédiés, on est bien dans une Cantina. Avec une femme enceinte de sept mois, une dégustation de vin ne serait pas judicieuse. Heureusement, le restaurant est ouvert et il y a une table pour nous. La décoration du lieu est assez éclectique. Une vieille salle à l’ancienne qui a pu être une grange, qui fait office de salle à manger, et une partie plus moderne, où ont lieu les dégustations de vins ainsi qu’une annexe de la salle à manger.

La carte (accessible en ligne) propose sept vins (pas uniquement maison) au verre et quelques suggestions de saison (à la carte ou menu à 48€). La vraie carte des vins tient sur 21 pages, à des prix plutôt doux, comme c’est souvent le cas en Italie! Sept entrées sont proposées (10-15€), sept primi (10-13,5€) et sept secondi piatti (20-27€). Ajoutons un menu à une quarantaine d’euros, des assiettes de fromages (8-16€). Ayant faim, mais ne voulant pas passer deux heures à tables, nous optimisons nos choix.
À table, ça hésite entre contemporain et ancien. Ces petits pots donnent une sacrée touche!

Le pain n’est jamais le fort des restaurants italiens. Celui-ce, pour une fois, était plus que correct. Autre détail que j’apprécie en Italie : on boit en général de l’eau locale, qui n’a pas parcouru des centaines de kilomètres pour remplir les caisses d’un grand groupe agro-alimentaire. Ici, de la Levissima, bien légère.

Nous partageons une assiette de charcuteries : tagliere di prelibatezze (assiette de délices, 13,5€). Du saucisson, de la viande séchée (façon grisons) de cerf, de la coppa maturée et de la bresaola de chevreuil! Avec du pain de seigle! Une injection de bonheur! Un verre de vin rouge local, pour goûter. Pas mal du tout, à refaire dans des conditions plus propices.

Mais le plus beau et le plus bon restent à venir : O hésite, et finit par trancher, duo de gnochettis et de pizzocheris. Round 1, les gnochettis de Mese (localité où est situé le restaurant), dans leur bain de beurre fondu, parfumé à la sauge. Irrésistible. Il m’arrive de rêver de cette assiette!

Quant à mois, ayant découvert les pizzocheris (avec choux et patates) lors d’un voyage précédent, je m’y consacre pleinement. Là encore, un grand moment, provoqué par un plat tout simple, classique et traditionnel, mais bien foutu et sacrément efficace! Splendide! Les Italiens font du sarrasin un bien meilleur usage que les Japonais. Même si j’aime bien les soba, les pizzocheris, c’est autre chose.

O est calée après ses deux assiettes. Je décide d’explorer les fromages de chèvres locaux (14€). Du miel de rhododendron et de la mostarda apportent des touches sucrées/liquides à ces fromages fins, mais parfois un peu secs. On est loin d’un camembert coulant, mais certains sont crémeux à souhait!

Prendre un dessert aurait vraiment été déraisonnable et pure gourmandise. Pour une fois, nous avons résisté. On s’en tire à un peu plus de 23€/personne. Cela ne fait pas cher les souvenirs. Après cela, nous roulerons jusqu’en Suisse. Grâce à ces excellentes pâtes (et au reste) nous pourrons surmonter le froid et la neige!
Comme quoi, lorsque c’est bon, bien fait, simple et sans prétention, ça me convient très bien! Il faudra s’arranger pour y retourner.
Un autre avis, avec des photos (en italien).





















