jan 03

Je vous souhaite plein de bonnes et belles choses pour 2013.

Ce que je souhaite aux blogs pour 2013, c’est que les journalistes, bloggueurs et chroniqueurs restaurants sur internet apprennent à vérifier au minimum ce qu’ils écrivent. Qu’ils aillent chercher de l’information de première main. Par exemple, comme expliquer que le nom de famille du chef du restaurant Garance (34 rue Saint Dominique),  ouvert fin 2012, se retrouve amputé de ses deux dernières lettres : le pauvre Guillaume Iskandar (Alexandre) est devenu « Guillaume Iskand ».

Cela a commencé avec Anne Demay sur son blog, (10/11/2012), et Yves Nespoulous dans le Fooding (12/11/2012). Puis Monsieur A dans le Carnet des Fines Gueules (20/11/2012) et Pudlowski sur son blog (4/12/2012). Et ça continue : Bruno Verjus sur son blog (25/12/2012). À quoi attribuer cette « erreur »? Une ouïe défaillante? ou une coquille pour les premiers à publier, un copier-coller trop rapide pour les suivants?

Une simple recherche sur Internet aurait pourtant permis d’éviter cette erreur grossière (ex: le site du restaurant, Facebook, Twitter du chef).

Merci à Alain Neyman, Sophie Brissaud, et François Audouze pour l’orthographe correcte.

Oanèse Le Maout, ChrisoScope liked this post
juil 24

La Tour d’Argent
15 Quai de la Tournelle  75005 Paris

Tél. : 01 43 54 23 31. Site Web.

juin 16

Dans le but de maximiser l’impact des billets publiés sur ce blog, je teste un nouveau format, que j’espère simple et concis. Commençons aujourd’hui par le fameux restaurant Laurent, situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Elysées. C’est en lisant cet article chez Morgon que m’est venue l’idée de revenir plus tôt que prévu de ma retraite momentanée.

  • avant tout, le quartier n’est vraiment pas top, et étant donnée l’adresse, on se doute que c’est tout sauf une pépite bien cachée
  • ensuite, c’est vraiment cher, trop cher pour un restaurant qui n’a qu’une étoile Michelin, mais dont les prix sont plutôt dans la fourchette haute 2-3 étoiles,
  • de plus, c’est un des restaurants préférés de François Hollande, qui a visiblement beaucoup d’humour, mais qui, physiquement, semble montrer quelques problèmes avec la nourriture
  • enfin, le Laurent a déjà sa clientèle d’habitués, qui passe ses additions en notes de frais, donc le personnel en salle risque de vous prendre de haut si vous débarquez sans être annoncés.
  • en bonus, en plus, les chauffeurs de ces habitués attendent très souvent comme des misérables dans leurs voitures, souvent garées en double file, à deux cents mètres de l’Elysée, quartier où la densité d’agents de polices dans la rue est trop élevée et très anormale, en tout cas inefficace.

Je ne vous donne pas l’adresse, ni le numéro de téléphone du Laurent, si vous voulez vraiment bien manger et dépenser de l’argent dans le quartier, allez plutôt au Bristol ou à la limite chez Ledoyen.

juin 15

Cette histoire pénible et douloureuse s’est déroulée il y a bientôt un an. Elle n’a, certes, pas grand chose à faire sur ce blog, mais il me fallait bien un support, donc voilà.

Grand deux pièces à vendre

Les propriétaires de l’appartement que nous occupions (mes parents) avaient décidé de le mettre en vente, puisque nous déménagions (enfin !). Pour cela, ils l’avaient montré à quelques agences immobilières du quartier et décidèrent de confier un mandat à Alexandre Ferey, de l’agence immobilière Isambert, située rue du Bac.

Motivations principales : agence (située 25 rue du Bac) à deux pas de l’appartement, avec une bonne réputation et l’agent prétendait pouvoir en tirer un prix plus élevé que ses concurrents consultés et mis en concurrence.

Le brave homme s’empressa alors de faire signer un mandat d’exclusivité aux vendeurs, probablement alléchés par la promesse d’en tirer un meilleur prix qu’avec les autres.

Acheteurs, où êtes vous?

L’annonce de vente fut affichée en vitrine de sa boutique, et elle fut peut être diffusée via d’autres canaux (visiblement peu efficaces, à en juger par le nombre de visites).

Quelques jours passèrent, puis une semaine, puis deux… Toujours aucune visite. Visiblement, Monsieur Ferey avait (volontairement?) eu les yeux plus gros que le ventre et surestimé le prix de vente. Pour avoir cherché un appartement pendant plus d’un an, je peux écrire que quand une offre m’intéressait, il fallait dégainer son téléphone, tenter d’en savoir un maximum au téléphone et tenter de décrocher un rendez-vous. Si l’offre correspondait à peu près à l’annonce et que le prix était correct, il fallait vite décider de faire une offre ou de laisser filer l’affaire.

Visiblement, l’annonce rédigée par ce baratineur n’attirait pas grand monde. Hop, une première baisse du prix fut demandée aux vendeurs…

Jusqu’à présent cela ne me dérangeait pas plus que cela. Certes, je n’approuvais pas la stratégie du vendeur (en contradiction avec les conseils donnés ici), mais ce n’étaient pas mes affaires, ni mon problème.

Deux visites et un cambriolage!

Et puis, tout à coup, plus de deux semaines après avoir « fait entrer le bien », Monsieur Ferey nous contacte un petit peu en avance pour nous annoncer deux visites mercredi 13 juillet 2011, le matin et à midi. Les horaires nous convenaient, puisque nous partions quelques jours en Bretagne, et qu’il avait les clés. Nous donnâmes donc le feu vert et l’informions de notre de retour le 18 juillet).

La première visite ayant lieu quelques minutes après notre départ, nous avions laissé l’appartement de la façon la plus présentable et la plus avantageuse qui soit (compte tenu de nos contraintes, l’appartement était surchargé, raison de notre déménagement proche) : volets roulants ouverts, rideaux ouverts, pour laisser entrer la lumière (appartement au premier étage). Ayant aperçu l’agent immobilier dans la rue juste au moment de partir, deux fenêtres furent laissées ouvertes (une des trois fenêtres du séjour et celle de la cuisine, en mode oscillo-battant). Histoire de se rassurer, nous lui avions demandé peu après notre départ, par un message SMS, de bien tout refermer à la fin de ses visites. Il accusa réception : « bien noté ».

Monsieur Ferey entra donc chez nous à deux reprises ce mercredi 13 juillet 2011. D’après ce qu’il nous dit à posteriori, c’était pour faire visiter l’appartement à des collaborateurs et autres vendeurs de son agence. Nous n’avons jamais réussi à savoir qui était vraiment entré chez nous pendant notre absence, sous la resposnabilité de Monsieur Ferey. Après sa deuxième et dernière visite, il partit et referma la porte d’entrée à clé. S’il avait refermé la fenêtre du séjour donnant sur la rue de Beaune, il avait laissé la fenêtre oscillo-battante de la cuisine ouverte. Il n’avait pas non plus jugé utile de baisser les volets, ni de tirer les rideaux.

Certes, on peut mettre ça sur le compte d’un oubli, d’une négligence. Mais cela en dit long sur le personnage : baratineur, er irresponsable ! Et quel sens de l’observation! quelle attention! l’appartement ne fait pourtant que 55m2 et comporte cinq fenêtres.

N’importe quelle personne dotée d’une intelligence normale et d’un minimum de conscience aurait pris 3 minutes pour vérifier que tout est bien fermé. Et n’importe quelle personne un peu plus intelligente que la normale aurait pris l’initiative de fermer les volets ou de tirer les rideaux, ou au moins d’appeler les occupants partis pour le week end pour leur demander s’il est judicieux et approprié de le faire. Visiblement, Monsieur Ferey n’y avait pas pensé (à fermer les volets) : on ne lui avait pas demandé. Et pour les fenêtres : il n’a pas vu. Monsieur a réponse à tout ! Au téléphone, il eut même le toupet de me dire qu’il n’était pas entré dans la cuisine (qui comporte deux parois vitrés ce qui la rend visible depuis l’entrée et le couloir!), et que ce n’est pas de sa faute!

Résultat : que ce soit depuis la cour intérieure ou la rue, n’importe quel observateur attentif avait pu remarquer que notre appartement était inoccupé pendant le week end du 14 juillet. Cependant, il fallait bien connaitre l’immeuble et notre appartement et avoir un œil assez attentif pour remarquer, depuis le palier de l’immeuble, ou depuis la cour intérieure, que la fenêtre de notre cuisine était restée ouverte en mode oscillo-battant.

Alors qu’en temps normal (fermées convenablement), les fenêtres double vitrage sont un moyen assez efficace contre les intrusions, en mode oscillo-battant, c’est autre chose. Il suffit de faire levier au niveau de la « faiblesse » (en bas, du côté opposé aux charnières) et hop, ça saute et la fenêtre est complètement ouverte. Cela crée donc un accès « facile » à un appartement.

Malheureusement, cela ne manqua pas. À notre retour lundi en fin d’après-midi, nous avons eu confirmation de ce que nous avaient annoncé plus tôt dans l’après-midi deux personnes de confiance : notre appartement avait été cambriolé et mis sans dessus-dessous, tous les bijoux (de ma femme, de ma fille, la montre ayant appartenu à mon grand-père décédé), les petits objets de valeur et la majorité du cash (en USD, GBP, CHF et EUR) avaient été volés!

La sensation de se retrouver dans un cauchemar, qui avait commencé trois heures plus tôt en voiture au moment du premier coup de fil, que l’on avait essayé de modérer en espérant que les malfaiteurs n’aient pas tout trouvé et emporté. Hélas, une énorme tristesse, une colère immense en découvrant et en comprenant ce qu’il s’était passé : la fenêtre de la cuisine n’avait pas été pas fermée correctement, ce qui avait constitué une voie royale pour les cambrioleurs

Troublantes coïncidences

J’avais habité cet appartement depuis 2001-2002, je l’ai géré et je suis parti plusieurs fois les weeks ends et souvent en vacances pour plusieurs semaines. Conscient qu’il s’agit d’un premier étage, donc plus vulnérable au vol, je vérifiais toujours que la porte d’entrée était bien fermée, que les fenêtres étaient entièrement fermées, les volets roulants baissés et les volets tirés (pour éviter que l’on voit ce qu’il se passe depuis la rue, mais aussi pour protéger l’intérieur du soleil et de la lumière). Je n’avais jamais eu aucun problème, mais parfois quelques inquiétudes (des appartements de la rue et de l’immeuble, généralement aux derniers étages, avaient été cambriolés il y a quelques années).

Monsieur Ferey refusa d’admettre une quelconque responsabilité (directe ou indirecte) dans ce cambriolage. Pour lui, on ne lui avait pas demandé de fermer les volets et de tirer les rideaux, il n’avait pas vu qu’il avait laissé une fenêtre ouverte, il ne voyait pas non plus de lien de cause à effet entre le fait qu’il était la dernière personne responsable à avoir pénétré dans notre appartement par la porte principale et le cambriolage qui eut lieu peu de temps après. Ce qui nous était arrivé semblait lui faire ni chaud ni froid.

Ce lundi là, ce courageux personnage n’avait pas le temps de passer chez nous avant 20 heures. Cependant, il avait eu amplement le temps de contacter les vendeurs (qui se trouvaient à l’étranger au moment des faits), pour tenter de se dédouaner et nous faire porter la responsabilité. Et il prétexta une excuse vaseuse pour ne pas se présenter à l’heure dite.

Morale et conclusion

Cette histoire nous a coûté très cher, à la fois parce que ces objets volés avaient une valeur pécuniaire, mais surtout parce que beaucoup étaient des cadeaux, avaient une vieille histoire et nous étions très attachés. Et s’il faut bien sur relativiser et accepter la malchance et les coups du sort, ce cambriolage horrible que nous avons subi n’aurait sans doute jamais eu lieu sans la négligence de Monsieur Ferey.

La Police accomplit son devoir en passant pour constater les faits, mais la Police Scientifique confirma, hélas, que ces salauds avaient des gants dès le début, rendant les recherches impossibles. Hélas, aucun témoignage fiable de la part des voisins.

Attention aux fenêtres oscillo-battantes, fermez les quand vous sortez de chez vous, même pour quelques minutes. Si vous vendez votre appartement, ne jamais faire confiance à un idiot, ne jamais faire confiance à un idiot, surtout quand vous avez un à priori négatif sur lui, avant même de l’avoir rencontré! Si vous n’avez pas le choix, ne laissez pas vos clés, et ne laissez pas entrer des quasi inconnus chez vous si vous êtes absents.

Je sais, ce sont des évidences, mais il ne faut jamais les perdre de vue et ne jamais baisser la garde. On ne se remet que petit à petit d’un cambriolage, et, hélas, on n’oublie jamais complètement.

avr 11

C’est Paris Al Dente, le guide des bonnes adresses italiennes à Paris, qui m’a donné l’idée de passer rue Mandar, dans le deuxième arrondissement de Paris, entre les rue Montmartre et Montorgueil. Une rue que j’emprunte très rarement, puisqu’elle n’est pas « utile » si l’on traverse le quartier d’est en ouest ou inversement (par soucis d’efficacité, on préfèrera emprunter, plus au nord, les rues Léopold Bellan puis Saint Sauveur, ou la rue Tiquetonne, plus au sud , avec les excellentes boutiques Royal Cheese).

Paris Al Dente vante les mérites de la Salumeria Rossi & Co, qui contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, est un vrai restaurant napolitain, utilisant des produits bio (à tester prochainement). En allant repérer cette adresse recommandée, je découvre que plusieurs autres cafés/bars/restaurants sont installés aussi dans cette rue.

Je vous passe les « Palmiers du Sinaï » (restaurant dit « oriental », dont la carte propose des plats du Liban, d’Egypte, mais aussi des tagines, des bricks et des vins du Maghreb!), même si les avis sur internet sont plutôt bons…

Le Tea Corner est un salon de thé, comme son nom le laisse deviner. Pascale Weeks et Afrosomething aiment bien, et, là encore, les avis sur internet sont globalement bons. À tester pour un goûter après la piscine? Nettement plus proche que le Queen Ann!

Le plus intrigant étant le Pouchla Byens Ro (rien que le nom vaut un détour!). Un pub/bar (bières allemandes, néerlandaises et irlandaises) Kurde!

Si quelqu’un est déjà allé à l’une de ses adresses, merci de bien vouloir partager vos précieuses informations!

avr 10

Les grandes heures de l’Atelier Robuchon Rive Gauche sont-elles derrière lui? Bien que la qualité de l’assiette et des produits restent excellents, j’ai été déçu par le reste lors de notre dernier déjeuner. D’abord, les prix ont sensiblement augmenté (ex: les desserts de 12 à 17€, l’entrecôte maintenant à plus de 50€…). Ensuite, après l’ouverture de l’Atelier de Robuchon au Drugstore Publicis sur les Champs Elysées et des départs/rotations de personnel, les équipes en salle et en cuisine m’ont semblé plus jeunes, moins appliquées et moins rigoureuses. Plus d’une demi-heure pour obtenir nos premières entrées, poussant à la consommation et traitant tous les clients comme des touristes gogos, pas vraiment ressenti la tension, l’énergie et le charisme qui émanent d’habitude de la cuisine ouverte. Enfin, la clientèle est très nettement composée de touristes.

Suis-je le seul à avoir remarqué ces changements à l’Atelier? Est-ce parce que j’y vais habituellement le dimanche et que les équipes du vendredi n’ont rien à voir? Toujours est-il que je n’ai pas retrouvé les excellentes prestations habituelles. Depuis que l’Atelier s’appelle St Germain, a-t-il hérité des mauvaises habitudes des cafés touristiques (Flore, Deux Magots), en se disant que le nom et la réputation de l’adresse étaient faits et figés et que les touristes fortunés continueraient de venir y dépenser leur argent de tout façon? Je suis preneur d’autres avis récents.

Seul point positif (peut-être une conséquence des points négatifs précédents) : l’accueil est devenu poli, voire gentil et les réservations sont plus faciles à obtenir.

Notre déjeuner du vendredi de Pâques 2012 en images.

L’Atelier de Joël Robuchon.
5 rue de Montalembert, 75007 Paris. (ouvert tous les jours de 11h30 à 15h30, puis de 18h30 à minuit)
Tél. : 01 42 22 56 56.

avr 07

Et je n’ai rien lu dessus! Samedi après-midi, arrivé seul et en avance pour les bébés-nageurs, j’ai eu le temps d’observer les vitrines de la rue Léopold Bellan, en face du gymnase/centre/piscine Jean Dame (rien à voir avec JCVD).

Je ne vous présente plus l’Hédoniste. Nous y retournerons déjeuner dès que l’arrivée d’H sera un peu mieux digérée et que nous serons mieux organisés. Je connais la Mauvaise Réputation de réputation parce qu’ils m’ont « invité » à venir découvrir leur adresse, mais, manque de bol, ils sont fermés le samedi au déjeuner.

C’est au numéro 26 qu’il y a du nouveau : l’ancien Matsuri a été remplacé par un italien, nom administratif « Il Veneto », qui est, en fait, depuis le 5 mars 2012 la nouvelle adresse d’Il Campionissimo. Campionissimo déménage de quelques centaines de mètres, puisqu’il était anciennement rue Montmartre, dans un local pas très sexy : une salle-couloir tout en profondeur, avec très peu de lumière naturelle… Ici, ils semblent avoir accordé plus d’importance à la déco, puisque les salles sont assez aérées, avec du mobilier contemporain. Sur leur site web (pas très beau, ni pratique), ils parlent de 400m2, avec une école de pizzaïoli!

Ce sera l’occasion de leur donner une nouvelle chance. Sans aller aussi loin que Food’up! Food’down!, qui l’avait trouvé Nullissimo, notre unique visite avait été loin d’être concluante. Le four électrique faisant vraiment des ravages, le tout était sec et sans grand intérêt (alors que le pizzaïolo de la Réginette se débrouille plutôt bien avec son four électrique; avec un four à bois, il pourrait exprimer tout son talent!). Avec un peu de chance, Arlette et Gino, les patrons, vice-champions du monde 2009, ont réussi à équiper la nouvelle adresse d’un four à bois, voire à gaz, comme chez O’Scia.

À suivre, si quelque a déjà testé la nouvelle adresse, je suis preneur de ses retours.

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mar 26

Le 39V, restaurant français, terrasse
39 avenue George V (entrée par la rue Quentin Bauchart), 75008 Paris.
Tél. : 01 56 62 39 05 . Site Web. Fermé le week end.

Emballé par le lieu, déçu par l’assiette

Le 39V, de Frédéric Vardon, ancien de Ducasse, est installé au dernier étage d’un bel immeuble du Triangle d’Or. Lieu insolite pour Paris, décoration moderne, qui tranchent assez avec la cuisine réalisée par le chef et son équipe : plus que classique et très copieuse, loin de l’impression de légèreté qu’évoque le cadre. Les prix, eux, ne sont pas légers : il faut bien payer le loyer et se mettre au niveau d’autres simple étoilés Michelin. Je n’ai pas été emballé par la cuisine, alors que le cadre est unique.

On en parle pas mal

Ouvert en 2010, le 39V est vite récompensé : une étoile Michelin, trois étoiles FigaroScope, des éloges de François Simon (très Ducassien), Alain Fusion aime à la Folie, deux toques G&M, mais aussi le Fooding. Yawye est plus modéré : 14/20. Sans surprise, le 39V reste dans la galaxie Ducasse, puisqu’il est affilié aux Châteaux et Hôtels Collection.

Déjeuner du 13 mars 2012

C’est en compagnie de Vincent Delmas, du blog www.critique-gastronomique.com que je découvre cette adresse. Pour notre première rencontre, j’avais pour contrainte de ne pas trop m’éloigner du bureau. Vincent m’avait communiqué sa to-do list dans le coin. J’avais croisé avec ma liste et avait proposé, dans l’ordre : Kei, Akrame et le 39V. Vincent bénéficie d’un service de concierge (via une carte de paiement) et parvient à décrocher, la veille, une table pour deux, au comptoir, au 39V.

Nous nous retrouvons donc à l’accueil du restaurant, autour de midi trente. L’accueil consiste en décliner le nom utilisé pour la réservation, laisser ses affaires au vestiaire et attendre quelques instants que l’ascenseur arrive pour nous faire monter au dernier étage. Tiens, un point commun (et pas mal de différences surtout) avec la Tour d’Argent, article à venir.

The Ring

Le restaurant est en fait un anneau de verre teinté, avec une petite terrasse et l’espace du puits de lumière/courette intérieure au centre. La partie vitrée et « ouverte » donne en fait sur l’intérieur de l’anneau (i.e. le centre du cercle). Un petit côté panoptique. Une fois sorti de l’ascenseur, on trouve, dans le sens des aiguilles d’une montre : les cuisines, la salle à manger semi-privée (à l’écart de la salle à manger principale, mais pas complètement isolée, puisqu’il y a « droit de passage » ), les WCs, la salle à manger principale, qui permet d’accéder à une petite terrasse (idéale pour l’apéritif ou les fumeurs), et on termine la boucle avec le bar. Le bar étant adossé à la partie extérieure de la couronne, un comptoir avec tabourets hauts, donnant sur le centre du cercle, permet de servir quelques couverts de plus. C’est là que nous sommes installés. La vue donne donc sur les cuisines, le salon « privatif » et la terrasse, sans oublier une espèce de boule métallique au centre de l’anneau. Sur la « table » la mise en place est résolument contemporaine-chic.

Propositions et choix

Au déjeuner, un menu dégustation,  « Saveurs d’Hiver » à 85€ (en cinq services), un menu en deux services à39,5€, en trois services pour 49,5€.  À la carte, les entrées sont à 15-30€, les plats à 35-50€ et les desserts à 15€. Les propositions, dans l’ensemble, sont plutôt classiques, les intitulés mettant en avant le produit noble le mode de cuisson et les accompagnements et ou sauces.Les tarifs sont très Triangle d’Or, sans surprise.

Vincent n’étant pas fan de menus dégustation au déjeuner, et n’ayant pas, de mon côté, forcément tout le temps nécessaire pour en profiter raisonnablement, notre choix se porte sur le menu déjeuner, E+P+D à 49,50€. Deux propositions pour l’entrée, deux pour le plat, dessert unique. Cela permet de balayer l’ensemble des possibilités offertes dans ce menu d’ « appel » .

Une Chateldon (5,5€), un verre de St Joseph blanc (11€) pour moi.

Round 1 : entrées déroutantes

Un « velouté d’asperges, sot-l’y-laisse juste rôti, crème truffée » pour Vincent. Apparence classique, mais pas super esthétique : la crème est partie un peu dans tous les sens. Au gôut, c’est trop salé, selon l’intéressé. Mon jambon-beurre n’est pas très original dans le concept. La réalisation, semi-destructurée, l’est un peu plus, même si j’avais déjà vu cette idée chez Yannick Alléno, au Meurice (beurre au jambon de Paris). Au Meurice, ce n’est présenté que comme du beurre à tartiner, ici, c’est carrément une entrée : quelques mini tranches de jambon blanc (bon, mais à peine une vraie demi-tranche) deux petits cornichons coupés en quatre, du beurre au jambon, du beurre aux cornichons, trois petites tranches de pain. Mouais, amusant et pas mauvais du tout, mais servir ça dans un restaurant de ce standing, ça me laisse un peu perplexe.

Round 2 : plats roboratifs

Cabillaud rôti, épinards et émulsion de Jamon Bellota pour Vincent : encore une fois, trop salé pour l’intéressé. Le morceau de poisson servi est impressionnant, c’est copieux, et plutôt difficile à terminer.

Mon agneau en gigot et épaule, petites pommes de terre, ne paie pas de mine sur la photo. Bon, il me surprend par sa relative simplicité, des quantités abondantes. Les petites pommes de terre sont superbement cuites, très bon goût et belle texture, bien qu’un peu trop grasses (parce qu’un peu trop grasses?). J’en viendrai presqu’à bout, alors qu’il est rare que je ne termine pas mon assiette au déjeuner.

Les portions généreuses sont une bonne chose, on sait ce que l’on paie, mais pourquoi ne pas proposer des plats moins copieux, plus légers, pour mieux coller au cadre et à l’idée que l’on est tenté de se faire de cet endroit (aérien, ouvert, livre)?

Round 3 : faux tiramisu

Intitulé tiramisu au caramel et speculoos, je ne me souviens même pas s’il contenait au moins de l’œuf. Bref, ce n’est pas la première fois que l’on détourne le tiramisu dans ce quartier. La dernière fois, à l’Aubrac, il m’avait laissé un meilleur souvenir, même s’il n’était pas plus fidèle à la recette originale qu’ici. En fait, on ne sent que le caramel et les speculoos écrasés. La crème/mascarpone sert uniquement de support, d’éponge pour le caramel très puissant.

V termine par un thé (7€).

Accueil et service

Si la jeune femme à l’accueil en bas joue plutôt bien son rôle, les serveurs qui se sont occupés de nous manquaient d’aisance et d’assurance, ce qui peut s’expliquer par une relative jeunesse. Quelques imprécisions, interversion de couverts, lenteur à apporter l’addition à la fin. Rien de très méchant, mais c’est très certainement perfectible…

Bilan

Un bel endroit, original et rare à Paris. La rencontre avec Vincent était fort intéressante, mais ce que nous avons mangé et le service n’étaient pas à la hauteur de mes espérances. Pour une soixantaine d’euros par personne, c’est un peu dommage! Peut-être que j’avais lu trop vite les avis, ou peut-être que le cadre et les lieux m’ont fait oublier ce que j’avais lu. Le contraste est probablement volontaire, mais ça n’a pas fonctionné sur moi. Je voyais une cuisine à l’image des lieux : contemporaine, un poil futuriste, enjouée, aérienne. Nous avons eu du bon classique, une belle cuisine bourgeoise avec des produits de qualité. Impossible de ne pas repenser à Maxan, à quelques dizaines de mètres d’ici : la cuisine est dans le même esprit, bien réussie, l’ensemble est cohérent et les tarifs sont moins abordables (tant pis pour la déco de l’espace du 39V). C’est d’ailleurs chez Maxan que je pense retourner et pas au 39V, la prochaine fois.

Vincent, lui, compte donner une seconde chance au 39V en y retournant pour manger à la carte, à suivre sur son blog, donc…

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