fév 13

Table du Lancaster by Michel Troisgros
7 rue de Berri, 75008 Paris.
Tél. : 01 40 76 40 76. Site Web.

Cher et pas convaincu!

Michel Troisgros, chef trois étoiles à Roanne, descendant d’une lignée prestigieuse, essaime des restaurants dans sa région d’origine, en Asie et à Paris. Un nom légendaire, un mythe. Si la maison-mère vaut probablement le détour, je dois vous avouer que j’ai été assez déçu de mon déjeuner à la Table du Lancaster (une étoile Michelin) à laquelle il prête son nom et sa marque. Beau cadre (beau patio très tranquille), service très pro, mais assiettes pas particulièrement bouleversantes et tarifs très restaurant d’hôtel cinq étoiles, c’est à dire trop trop cher…

Bouche à oreille présent mais assez faible

Située dans l’Hôtel Lancaster Hospes, à deux pas des Champs-Elysées, la Table du Lancaster, par Michel Troisgros, jouit d’une étoile Michelin depuis 2005 (ouvert en 2004). La carte est signée Michel Troisgros et réaliséepar le chef Julien Roucheteau (qui jouit tout de même d’une certaine liberté). François Simon semble bien aimer cet endroit, puisqu’il le hâche menu une première fois en 2009, puis à nouveau en 2010, moins d’un an plus tard. Alain Fusion aime passionnément. Thierry Richard prétend que c’est une de ses tables préférées. Pudlo trouve ça « piquant » . Pour Rabaudy, c’est un must. Un Epicurien à Paris est fan.
Quatre étoiles (sur cinq) et 8,4/10 sur LaFourchette, 3/5 sur L’internaute (avec quelques avis assez cinglants, qui plombent bien la moyenne). 4/5 également sur Viamichelin. Un étrange 18/20 sur iTaste (score maximum attribué, alors qu’il y a aussi un 14).

Une explication à posteriori (après y avoir déjeuné), pour justifier le peu d’échos vraiment emballant est que la clientèle cible (déjeuners d’affaires, cadres sup-sup), ne regarde pas les prix et ne s’exprime pas beaucoup sur internet.

Déjeuner du 25 mai 2011

À la carte, on peut très facilement dépasser la centaine d’euros, sans boissons. Pour rester raisonnables, bous avons donc choisi le menu déjeuner (à l’époque à 52€, maintenant à 56€, entrée, plat, dessert, verre de vin, café), en prenant chacun une proposition différente pour voir le maximum de choses. Le vin compris dans la formule s’est transformé en une bouteilles entière (moyennant complément). Le plateau de fromages à plus de vingt euros/personne fait mal à l’addition. Quant au coefficient sur l’eau, il est bien gonflé aussi. À l’arrivée, le menu à 52€/personne qui semble une aubaine, nous amène à une note gonflée de près de 50%. C’était loin d’être rempli.

Belle grande table. Nappe blanche épaisse et immaculée. Petit ruisseau-fontaine au milieu du patio. Calme. C’est sur, on ne se sentirait plus à Paris, et ce serait top, si les autres clients n’étaient pas tous en cravate (il devait y avoir une ou deux femmes très apprêtées), et si les tarifs n’étaient pas si Triangle d’Or. Pas de souvenir très détaillé de ce que nous avons mangé, je donnerai donc ce qu’il me reste, c’est à dire surtout des impressions d’ensemble.
L’ambiance rustique chic est annoncée dès le début avec les amuse-bouche chichiteux présentés sur une ardoise. Pain et beurre pas mal du tout.

Pré-entrée colorée, fraiche, de saison, légère, mais peut-être pas assez goûteuse.

Entrées : d’un côté, une entrée autour du thon (très bon), toujours dans des couleurs printanières, même si la présentation est un peu précieuse. De l’autre : une entrée surprenante (ravioles au jambon), amusante, mais à l’aspect un peu déroutant pour une adresse de ce standing, même si c’est plutôt bon. Hum, on est loin de la claque que l’on espérait prendre!

Pour les plats : le lapin est joliment présenté par tronçons éparpillé un peu partout dans l’assiette. Bonne viande, mais quelle est cette composition? Quant à mon plat, avouez que la présentation n’est pas très sexy. Impossible de me souvenir de quoi il s’agit exactement, mais l’accompagnement à droite, bien que joli,  était banal en bouche et il y avait trop de sauce.

Joli chariot de fromages, mais loin d’être cadeau.

Le dessert en face, autour de la fraise est la suite logique et graphique du lapin : de jolies couleurs réparties sur la surface de l’assiette. Amusant, mais pas vraiment épatant. Mon dessert, au contraire, est carré et concentré au centre de l’assiette.

Les mignardises sont assez réussies.

Bilan

Un voyage qui dure un peu plus d’une heure trente. C’est très joli, l’endroit est agréable et le service bien élevé, mais l’assiette ne m’a pas emballé. C’était bon, plutôt généreux mais rien de magique, souvent inégal et le dressage de l’assiette est bateau! L’étoile Michelin est méritée, mais sans plus. L’addition est gonflée (même en prenant le menu déjeuner, on dépasse vite les 75€/personne). On a l’impression de payer l’adresse, le cadre et le décorum, alors qu’avec un nom comme Troisgros on aimerait que la star soit avant tout l’assiette.

Est-ce plus impressionnant à la carte (à plus de 100€/tête)?. Peut-être, mais peu de chance d’y retourner à nouveau, même si le patio est superbe!

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fév 01

Villa Spicy, restaurant
8 avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris.
Tél. : 01 56 59 62 59. Site Web.

Chronique archive, sur un déjeuner à la Villa Spicy pendant la semaine du goût 2009. Je travaille à quelques minutes de la Villa Spicy (appartenant à deux Blanc) depuis mi-2007. Jamais vraiment tenté par leur pan-carte affichée à l’angle Roosevelt Ponthieu, nous succombons finalement pendant la semaine du goût 2009.

Ce n’était pas mauvais, mais nous n’avions pas été convaincus : le rapport qualité/prix, l’accueil et le service étaient alors meilleurs au Libre Sens, qui était, un peu moins cher pour la formule déjeuner.

20091012 villa spicy 01 entree chevre  Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope) 20091012 villa spicy 01 entree lentilles Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

Un engagement bio à la mode : c’est bien, mais ce n’est pas tout!

Une cuisine d’inspiration méditerranéenne traditionnelle/classique (avec un effort sur la sélection des produits), pas mauvaise, mais finalement assez banale…

20091012 villa spicy 02 canard Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

20091012 villa spicy 02 pasta Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope) 20091012 villa spicy 02 poulet puree Villa Spicy : de leffort, mais bof! (ChrisoScope)

Vue de l’extérieur, ça n’a pas l’air d’avoir beaucoup changé (le chef est le même depuis mai 2009), si ce n’est peut-être, un effort pour baisser les prix.

Je vois ici que les plats ne sont pas devenus plus follichons.

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jan 17

Il Caffè, Thierry Costes et Thierry Burlot
9 rue du Colisée, 75008 Paris.
Tél. : 01 53 75 42 00. Site Web.

Avis rapide

J’avais bien aimé le Caffè de Thierry Burlot et de Thierry Costes lors de ma première visite, en novembre 2011. Je déplorais l’absence de menu ou de formule à midi pour alléger un peu la note. Puis, quelques semaines plus tard une formule à 29€ (entrée+plat ou plat+dessert) faisait son apparition. Bonne idée, restait à trouver l’occasion d’y retourner. Cette seconde visite fut, hélas, moins réussie que la première. Les quelques ratés ou déceptions dans la réalisation des plats (pâtes trop cuites, sabayon trop liquide) ne sont pas acceptables quand on paie plus de 55€/personne!

Déjeuner du mardi 17 janvier 2012

Ce midi, après le dernier rendez-vous échographie (chez un échographe d’origine Libanaise et Juif-assez rare pour être remarqué), O et moi n’avons eu que quelques mètres à faire pour entrer au Caffè. Bonne nouvelle pour eux, c’était nettement plus rempli que lors de ma première visite. La première table proposée, sous une plante, n’étant pas géniale, nous sommes installés dans la première « petite » salle, située en entrant, derrière le comptoir d’accueil. Le comptoir, comme chez Blend est assez bas. Serait-ce pour que les clients puissent profiter des décolletés des hôtesses et serveuses?. J’ai l’impression d’être assis plus bas que dans la salle principale ; les tables font plus tables de café que de restaurant. J’avais bien aimé la banquette et les grandes tables en marbre de la dernière fois.

C’est une jeune femme brune et svelte qui s’occupera de nous, même si un jeune serveur (qui n’avait pas l’air de bien maitriser la carte), le responsable de salle et une autre hôtesse en chef nous serviront également. En ayant les oreilles indiscrètes, nous apprendrons que le chef, Thierry Burlot, n’est pas en cuisine aujourd’hui.

La carte a connu quelques changements : cette formule à 29€ qui change toutes les semaines (entrée+plat ou plat+dessert), puis la carte qui commence par les desserts (10-16€). Douze entrées à 11-72€ (caviar de Venise), 12 plats (15-38€). O choisit une entrée et un plat au menu, j’opte pour la carte. Nous commandons une carafe d’eau. Point de carafe, mais un service à la demande, à partir d’une jolie carafe toute simple en verre teinté/fumé.

Entrées : pas mal du tout

St Jacques, en carpaccio, avec de l’orange et de la courgette (12€ avec la formule) pour O. Frais bon, mais assez simple et un peu riquiqui. Scampi pour moi : des langoustines « toutes fraiches », en carpaccio aussi, avec de l’aubergine (chips de peau et pseudo ratatouille) et de fines feuilles de salade verte (19€). Frais assez consistant, agréable, même un peu moins d’huile d’olive aurait probablement permis de plus profiter de la chair délicate des crustacés émincés. Bonne aubergine. Par contre, le citron dans un plastique transparent, je ne trouve pas ça chic, et en plus ça ne retient pas les pépins. Ce n’est pas mal du tout pour commencer!

Plats : hauts et bas

O n’a pas de chance avec ses Taglioni (pâtes fraiches, ragu Bologne, et tétragone, 17€ avec la formule) : elles sont trop cuites, et n’ont ni tenue, ni consistance. Hésitations, puis je l’encourage, arpès avoir goûté et confirmé, à signaler qu’elles sont trop cuites. Elles sont donc remportées en cuisine par l’hôtesse-chef, qui dira que d’habitude, on les trouve pas assez cuites. Puis elle revient en expliquant que ce sont des pâtes fraiches, ce qui explique qu’elles ne soient pas aussi fermes que des pâtes sèches. O confirme qu’elle veut bien leur donner une seconde chance en reprenant le même plat.

Pendant ce temps, j’attaque ma Milanese (cotelette de veau panée, accompagnée d’un bouquet de salade-tige et d’un gratin de pâtes, 29€). La côtelette est tendre, goûteuse et généreuse. C’est très bon! Le bouquet est frais et très bien assaisonné. La galette de pâtes n’est pas mal, mais un peu fade, dommage, ça baisse un peu le niveau de ce plat.

Des taglioni reviennent au milieu de la côtelette. Moins cuits, même s’ils pourraient être plus al dente. Nous tenons peut-être une explication : les premières bouchées sont brulantes, l’assiette aussi. Les pâtes continuent de cuire dans l’assiette. Une attente un peu plus longue que prévu sur le passe, et c’est le drame! Dommage, parce la cuisson des pâtes est souvent essentielle pour déterminer le sérieux et la qualité d’un bon restaurant italien. Cela passe, mais après rattrapage. Bonne sauce.

Dommage pour le raté des pâtes. Sans cela, les plats étaient plus que convenables.

Desserts : déception!

Le Zabayon (13€) fait rêver, sur le papier. À Paris, ceux du Perron et du Mori Venice Bar sont excellents. Nous en espérions un du même accabit, après un sabayon décevant chez Astier il y a deux jours. Hélas, le sabayon est en fait un gratin de fruits. Ce n’est pas monté, c’est liquide. Impardonnable!

Ma Pina (ananas rôti, glace vanille,16€) n’est pas mal du tout. Bien rôti, bonne glace vanille, le tout baignant dans un jus agréablement parfumé et légèrement alcoolisé. Mais pourquoi diable est-il à 16€? Voyage-t-il en première classe depuis sa région d’origine?

Un dessert raté et un autre trop cher : hum hum!

Bilan

Le cadre est sympathique, même si l’on est mieux assis dans la salle principale. Service OK, mais sans plus. Des propositions alléchantes, mais des réalisations et des préparations inégales et approximatives, c’est dommage, lorsque l’on paie 112€ à l’arrivée. C’est assez frustrant de vivre une telle déception, surtout que le premier repas s’était très bien passé (à part le tiramisu version 1, complètement effondré, mais vite changé). Était-ce un jour sans? Sans chef? Sans maitrise et discipline suffisantes en cuisine? Je n’en sais rien et je n’attends pas vraiment de réponse. Ce manque de constance et une telle volatilité pénalise les restaurants, puisque leurs fiabilité et crédibilité en prennent un coup. Des pâtes trop cuites! Cela faisait longtemps que l’on ne m’avait plus fait le coup à Paris? Et que penser des desserts? Trop ambitieux, trop chers!

Si la première impression est très importante, la deuxième visite l’est encore plus. Si c’est à peu près fidèle aux attentes et que cela se passe bien, cela peut déboucher sur une confiance et une longue série de repas, où l’on dévient plus indulgent au fil du temps. Mais si la deuxième visite ne se passe pas très bien, elle risque bien de devenir et de rester la seconde et la dernière. Dommage, ça avait plutôt bien commencé…

déc 15

L’Empire du Huitième, restaurant Corse, lounge.
11 rue Jean Mermoz, 75008 Paris.
Tél. : 01 43 59 21 47. Site Web.

J’aimais bien l’Empire du Huitième (dont j’ai parlé en juillet et décembre 2007). J’y suis moins allé en 2010 et en 2011. Mes deux dernières visites (un pot de départ et un déjeuner, seconde moitié de 2011), n’ont pas été très concluantes.

Pendant le pot, le service n’était pas très réactif, ni très affable. Pendant le déjeuner, même si je salue la baisse de la formule midi (de 24€ pour entrée+plat à 20€ maintenant), je déplore la baisse de la qualité des produtis utilisés et servis. Serveur limite nonchalant. Feuilleté de brebis grossier, peu de fromage, enf ait. La viande du Corsica burger (demandé saignant) fait penser à du congelé. Les patates compensent un peu, mais le pain/blini a été plus léger. Enfin, le cheesecake n’est pas mal, mais sans plus et sans touche Corse.

Pour une petite quarantaine d’euros par personne au déjeuner (Orezza, formules entrées+plat à 20€, desserts en plus, vins au verre et café), on s’attend à une expérience plus concluante. il y a visiblement eu du changement depuis 4 ans, mais pas forcément dans le bon sens. Les avis précédents sont donc à pondérer par le ressenti des dernières visites.

nov 14

Deuxième visite dans ce bar à jamon de la rue de Ponthieu. Les deuxièmes fois sont toujours plus délicates. En effet, on a plus d’attentes, un début d’habitude et d’exigence.

Le Bellota est redoutable, ça n’a pas changé. Nous avons, cette fois, testé les plats chauds qui sont bons et sympathiques. C’est avant tout le produit qui est mis en avant, la préparation est classique et simple mais bien exécutée. La crème catalane reste de très bon niveau. C’est une autre serveuse, espagnole, cette fois, et le patron, qui se sont occupés de nous.

En partageant le Bellota, en prenant chacun un plat chaud, un verre de vin pour moi et en partageant une crème pour finir, on parvient à abaisser la note moyenne par personne [>40EUR/personne). Mais on reste encore sensiblement au dessus du prix d'un repas moyen "ordinaire". La formule ou les sandwiches devraient permettre de s'en sortir à moindre coût. À suivre...

nov 08

El Sol, bar, épicerie, restaurant espagnol
22 rue de Ponthieu, 75008 Paris.
Tél. : 01 45 63 89 19. Site Web.

Dans le style bar-épicerie-resto espagnol à Paris, je connaissais déjà Da Rosa (surcoté! et trop cher), et Bellota Bellota (trop cher, et qui sert essentiellement des tapas sous vide) : deux adresses où il vaut mieux acheter son jambon et aller le manger chez soi. D’une part ça revient un peu moins cher, et d’autre part le service et l’accueil sont nettement en dessous de ce que l’on est en droit d’espérer lorsque l’on paie ces prix. Ne lisant pas la presse qui a parlé d’eux, et n’ayant rien lu sur cette adresse parmi les media que je consulte, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais donc quelques réticences à entrer chez El Sol, rue de Ponthieu, alors que je passe devant plusieurs fois par semaine depuis la rentrée (l’adresse a ouvert en seconde partie de l’été 2011).

Et puis, ce vendredi 4 novembre 2011, seul, je décide de prendre des risques inconsidérés et de tenter ma chance. J’entre, suis chaleureusement accueilli et m’installe au bar (ce n’est pas plein, on m’a aussi proposé une vraie table). Tout de suite, José, le patron me propose un verre de vin : blanc fruité (Bianca, cépage verdejo de la Rueda, 6,5€). Pas donné, mais plutôt bon. Un peu plus cher, cela dit, qu’au Caffè, où mon blanc de Vénétie  était à 5€ le verre, mais plus abordable que chez Tico (où les prix sont vites passés d’un peu plus de 5€ à près de 10€). Mon autre verre de vin, rouge, Pagos de Araiz (rouge de Navarre), sera facturé à 6,3€, mais servi très généreusement. Nez très prometteur, mais un peu light en bouche, pas forcément adapté à la fin du jamon et au dessert…

Décidant de me lâcher en cette fin de semaine, je commande une assiette de Jambon Bellota (27€) et des Navajas (couteaux galiciens, 11€). Un peu anxieux à l’idée de ne pas pouvoir finir ce que j’ai commandé, je me suis vite rassurée dès la première bouchée de jambon. Pour varier un peu les plaisirs, j’en prends avec les doigt, à la fourchette, avec pain, sans pain, avec écrasée de tomates ou sans. Un mélange de puissance et de finesse grandioses. Alors que dans certaines adresses le jamon est coupé archi fin, tel une feuille de papier au gras translucide, les tranches sont ici plus épaisses, ce qui permet de prolonger le plaisir. Les couteaux ne sont pas mal, mais il vaut mieux les partager à 2-3 plutôt que de se prendre une assiette en solo. L’alliance terre mer ajoute encore un peu de relief à ce repas agréable à base de très bons produits.

Je ne résiste pas à la crème catalane (6,5€), tout à fait mangeable, au bon goût d’œuf et servie tiède.

Service attentif et bienveillant du patron, José Maria, et d’une blonde qui a du répondant. Par rapport aux deux adresses citées plus haut, cela fait une belle différence.

À l’arrivée, c’était bon, pour essentiellement des produits bien sélectionnés. Je n’ai pas vraiment testé leur cuisine, à part le dessert, honorable.

On s’en tire à 57,3€, c’est à dire trois fois le prix d’un déjeuner ordinaire dans le quartier, ou près de six fois celui d’une formule sandwich boisson dessert. Ce n’est pas rien, et c’est en ligne avec les Bellota Bellota et da Rosa. Et c’est à peu près le prix par personne du déjeuner chez Kunitoraya 2. Pas grand chose de comparable, sauf le budget et les tapas. Contrairement à Kunitoraya 2, j’étais rassasié physiquement et mentalement en sortant d’El Sol. Et l’adresse peut être plus accessible : 7€ le sandwich de Bellota avec une boisson à emporter. Sur place, il existe une formule (plutôt simple) à18€ le midi.

À refaire bientôt pour goûter leurs plats chauds, et aussi acheter du jamon pour la maison.

nov 02

Caffè
9 rue du Colisée, 75008 Paris.
Tél. : 01 53 75 42 00. Site Web.

Couverture médiatique

Avec une bonne attachée de presse (Maryse Masse), le Caffè a déjà eu droit à des articles par : Le Fooding, le 23 septembre, Food Reporter mi-octobre,  Caroline Mignot sur hotellerie restauration le 22 octobre, Trish Desseine le 24 octobre, Pudlo et le FigaroScope le 25 octobre (déco by Mahdavi?), Alain Fusion sur LesRestos.com, YAWYE le 27 octobre…

Les images

Avis

Remplace l’Appart- Thierry Costes et Thierry Burlot – Italien – Accueil et service de bon niveau – Déco rétro reposante (au rez-de-chaussée) – Carte amusante : on commence par nous proposer des desserts sur la première page – Propositions de classiques italiens, de régions diverses, légèrement re-liftés – Demander du vin au verre – Produits de qualité – Bonne réalisation – Compter au moins 60€/personne – Nettement plus chic que le Bistrot Napolitain, plus abouti que le Romantica Caffè de la rue de Ponthieu (tarifs à peu près comparables). Niveau assez proche du NoLiTa, ce dernier étant un peu plus onéreux et prétentieux.

>Bonne adresse, où je risque cependant de ne pas aller souvent car pas de formule à midi…

oct 31

Oth Sombath
Restaurant gastronomique thaï
185 rue du Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 56 55 55 . Site Web.

Trois ans déjà!

Ouvert le 31 octobre 2008, Oth Sombath est le restaurant du chef éponyme, ayant pour associé Eddy Mitchell, dans un décor moderne-épuré signé Patrick Jouin. Oth Sombath, c’est un chef au talent éprouvé, qui a fait ses armes et contribué à lancer et développer les « Blue Elephant » en Europe, puis qui est passé par le Banyan (« meilleur thaï de Paris« ), et par Saint Tropez, avant d’ouvrir cette adresse parisienne…

Lu et entendu

Trois cœurs décernés par le FigaroScope début novembre 2008, meilleur Thaïe fine un mois après. L’Express a senti un grand potentiel, malgré quelques ratés, fin 2008. Et un bon article dans Stiletto.Mi 2010, c’est Télérama qui trouve l’endroit « bien », début 2011, quelques lignes dans Grazia. Quelques collègues, notamment O et M, y ont déjeuné quelques fois, que ce soit avec des clients ou en profitant d’une promotion La Fourchette et m’en ont dit du bien.

D’après ce que j’ai lu, Oth Sombath parait tirer le meilleur de produits de qualité classiques français pour les magnifier dans des compositions traditionnelles Thaï revisitées. C’est aussi (ou c’était) le créneau retenu par d’autres bonnes adresses de cuisine asiatique, comme chez Vong, Yugaraj (où l’on abuse du name dropping de fournisseurs)… Pas de gluten, ni de glutamate de sodium.

Situations(s)

Oth Sombath est donc dans ma target list depuis un moment, sans forcément trouvé le temps ou l’occasion d’y aller. Il faut dire que l’emplacement n’est pas forcément pratique :

  • pas loin de mon lieu de travail, mais tout de même à pas loin de 10 bonnes minutes à pied, donc pas top pour déjeuner.
  • dans un quartier auquel on ne pense pas forcément en premier pour sortir le soir et bien manger.

Le quartier induit presque surement une majoration des tarifs (par rapport à une prestation comparable dans un quartier plus populaire) ; et la présence de grandes tables étoilées ne rend pas la tâche ni l’existence faciles aux bons restaurants. En effet, l’addition peut vite se rapprocher de celle d’un étoilé. Cela risque de pénaliser ceux qui n’ont pas la chance d’avoir été « élus » par le Guide Rouge (ce n’est pas un quartier où le Fooding a une grande influence).

Je pense notamment à la Villa (clientèle drainée par les propriétaires, où l’on mange fort convenablement) et aux restaurants du Royal Monceau (clientèle de l’hôtel+nom ; peut être une étoile en 2012?) qui sont à peu près dans la même situation. L’Arôme, que je ne fréquente plus depuis leur entourloupe à la TVA, s’en sort grâce à son étoile Michelin. Et, dans une moindre mesure, à Tico, qui propose de bonnes choses, mais où l’addition s’envole vite aussi.

Invitation et dégustation

L’occasion de tester enfin Oth Sombath se présente sous forme d’une invitation de l’ami Fabien Nègre. Un diner en compagnie d’autres bloggueurs, chroniqueurs sur internet et sur d’autres médias. Un menu en cinq services (+ amuse bouche et shot d’adieu) permettant de nous initier et de nous familiariser avec la cuisine légère, nette et savoureuse d’Oth Sombath. Menu accompagné de vins bien choisis par le sommelier Wilfried Roux.

20110923 Oth Sombath 00 table Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Décor et ambiance

En ligne avec le quartier, la déco est moderne, les références à la Thaïlande sont discrètes et plutôt conceptuelles. Le lieu s’étend sur trois niveaux : bar/lounge, WC et vestiaire au rez-de chaussée, une première salle à manger à mi-chemin, côté rue, et enfin une espèce de grande caverne blanche, la deuxième salle à manger, au fond de laquelle se trouvent les cuisines. Pas de photos, parce qu’elles ne rendent pas bien.

Service plus européen qu’asiatique (les Thaïs se cantonnent en cuisine), accueil plus féminin que masculin. Sans surprise, l’ambiance n’est pas celle d’un petit restaurant de quartier convivial, mais l’on ne souffre pas non plus de la froideur ni de la morgue qui sont monnaie courante dans des établissements haut de gamme. Les autres clients, ce soir-là, consistaient en quelques tables de couples, ou des tablées avec plus de convives, avec une dominante de quarantenaires aisés.

Amuse bouche étonnant

Derniers arrivés de la bande, nous avons juste le temps de saluer les connaissances et les nouvelles têtes, puis de nous asseoir en bout de table. L’apéro commence légèrement et de façon rafraichissante avec du champagne Pierre Paillard.

20110923 Oth Sombath 01 amuse bouche riz poulet Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)
Dans nos assiettes, une bouchée froide de poulet et riz, avec, si je me souviens bien, de la pomme verte. Original et déconcertant, mais qui a l’avantage de donner rapidement le « la ».

Hoy Shell terre et mer

La première entrée : deux belles noix de saint Jacques rôties, capturées par un ravioli géant (feuille de riz), avec une gelée de tomates. Sauce coriandre puissante sans être écrasante, chou rouge légèrement acide et fines pousses. L’ensemble est un beau voyage dans la diversité des textures et saveurs. Cuisson impeccable des noix, texture impeccable.

20110923 Oth Sombath 02 st jacques roties sauce coriandre Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Dans nos verres, un vin de Corse : Sartène blanc, Sant Armettu (2009), agréablement minéral et costaud.

Pet Tom K(h)a aérien

En seconde entrée : l’incontournable velouté au lait de coco. Souvent proposé avec du poulet, ou éventuellement  des crevettes. Ici, c’est avec un magret de canard archi saignant, en fines lamelles. Velouté bien onctueux et crémeux, pas de grumeaux contrairement à ce qu’on pu écrire certains grincheux. Même la petite écume de coco, qui apparait au départ comme un gadget, fait son effet. Le magret est d’une tendreté appréciable, le velouté réchauffe mais n’arrache pas, c’est bien équilibré. Sa légèreté nous fait décoller. De fins dés de légumes et herbes complètent l’ensemble. Je me demande s’il n’y avait pas une touche de galanga, aussi.

20110923 Oth Sombath 03 veloute lait coco magret canard Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Côtes de Provence rosé, Bertaud Bélieu « prestige, 2010. Fruité, frais, il se marie bien avec le magret dont il partage la robe.

Pla Yang

Ce plat est déjà plus intrigant : une pochette surprise verte, toute en longueur. En trois coups de couverts à poisson, on déballe délicatement le paquet…

20110923 Oth Sombath 04 daurade royale aromates thai feuille bananier Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Pour découvrir le plat de poisson : une belle daurade royale aux arômates thaïs grillée en feuille de bananier, sur un lit de fines nouilles thaïs. La chair du poisson est cuite de manière impeccable, les morceaux sont nets et goûteux judicieusement relevés par les herbes et épices. Les pâtes sont imbibées de sucs et de jus, léger goût caramélisé. Un très bon poisson.

20110923 Oth Sombath 04 daurade royale aromates thai feuille bananier 2 Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Neua Luk Wa

Pour terminer notre voyage dans le salé, une viande avec ce filet de veau parfumé à la banane et au cumin, accompagné de riz blanc. Le veau est tellement rosé qu’il a été pris pour du bœuf par certains. Archi tendre, son goût moins marqué que du bœuf permet à la sauce banane cumin de le sublimer. Cuisson à nouveau impeccable, saveurs au rendez-vous.

20110923 Oth Sombath 05 filet veau parfume banane cumin Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Dans nos verres, un rouge du Lubéron, Grand Deffand, Château la Verrerie 2006. Le Syrah tient bien tête à la viande quasi rouge.

Desserts

Trois petits desserts pour finir :

  • un genre de nem/beignet à la banane, sauce vin rouge et gingembre
  • Ta Ko thaï : crème de coco à la châtaigne d’eau (chinoise), encerclé d’une feuille de pandanus,
  • un nem au chocolat, à tremper dans un genre de crème anglaise (version Thaï?).
À part le Ta Ko, on s’éloigne un peu de la tradition thaïe, qui comme beaucoup de cuisines asiatiques de l’est, ne brille pas par ses desserts. Le résultat est pourtant réussi, le goût des produits classiques ressort bien, et l’originalité, le Ta Ko, surprend agréablement…

20110923 Oth Sombath 06 desserts Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Dans nos verres, du Maury blanc vintage, Mas Amiel. Si leur rouge est un marronnier, ce blanc est plus original, plus frais et plus léger. Le champagne fait même son retour dans certains verres.

En bonus, une petite crème aux fruits de la passion, accompagnée d’un digestif, histoire de bien finir la soirée.

20110923 Oth Sombath 07 fin Oth Sombath, high thaï (ChrisoScope)

Tarifs

Au déjeuner, 28€ pour entrée et plat, ou 35€ en ajoutant un dessert. À la carte, compter au moins 60€ (entrées autour de 20€, plats vers 30+€ et desserts à11-12€). Le menu dégustation (proche de ce à quoi nous avons eu droit, mais sans les boissons) est à 70€. Comme indiqué plus haut, j’ai eu la chance d’être invité, dans le cadre d’une soirée découverte, avec d’autres amateurs de bons restaurants qui partagent cette passion sur des blogs, sites web ou autres média… Quoiqu’il en soit, le coût du dépaysement apporté par un diner chez Oth Sombath, même s’il n’est pas particulièrement abordable, est comparable à ce qu’on peut payer dans d’autres restaurants de Haute Cuisine à Paris. Et c’est nettement meilleur marché qu’un voyage en Thaïlande.

Bilan

Une soirée réussie où l’on a très bien mangé, bu à gogo et devisé en compagnie d’autres bons mangeurs. La cuisine proposée m’a plu, et je regrette de ne pas avoir trouvé d’occasion d’y être allé plus tôt. Une autre visite s’impose avant la fin de l’année, en conditions normales, pour confirmer cette première très bonne impression.

Merci à Fab le GO, à Oth Sombath et à ses équipes en cuisine et en salle!

Certes je ne connais pas très bien la cuisine thaïlandaise : je ne suis jamais allé en Thaïlande. J’ai tout de même testé quelques adresses généralement bien cotées, à Paris (Baan Boran, Wassana, Erawan), voire Lille (Banyan époque Oth Sombath), aux US, en Jordanie, au Vietnam ou au Liban. Ou alors des adresses sous influence thaï (Ze Kitchen Galerie) et d’autres adresses plus ou moins authentiques (Bon…), ainsi que quelques asiatiques proposant notamment du thaï. Et je dois dire qu’Oth Sombath se détache nettement, notamment grâce à la qualité des produits et des réalisations, l’inventivité des recettes, le service et le cadre.

Enfin, certains peuvent reprocher à l’adresse de proposer des préparations moins épicées et plus light en piments que certaines adresses à la déco plus ethnique. C’est vrai, il m’arrive souvent, dans des thaïs moins haut de gamme de tomber sur un morceau de piment très fort qui, au mieux, me fait transpirer et au pire me gâche la digestion pendant quelques jours. Je ne considère pas que s’arracher la gueule et les boyaux avec des piments soit de la gastronomie. Et bien je suis content de ne pas avoir eu à souffrir de cela chez Oth Sombath. Mais je peux comprendre que certains masos puristes trouvent ça trop light pour leurs palais désensibilisés.

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