
Gordon Ramsay au Trianon Palace / La Veranda
1 Boulevard de la Reine, 78000 Versailles.
Tél. : 01 30 84 55 55. Site Web.
La Veranda, la brasserie du Trianon Palace, by Gordon Ramsay (biographie par JC Ribaut, du Monde), a ouvert fin janvier 2008. Le communiqué de presse doit à peu près ressembler à ça. C’est Jérôme Legras, passé par des Four Seasons, qui est en charge des cuisines de la Veranda, sous le contrôle de Simone Zanoni, chef du restaurant gastronomique.
Déjà pas mal d’avis sur l’Internaute, avec un consensus plus que moyen. Pour Pudlo, c’est un « évènement ». François Simon, a descendu le gastro parce que ce n’est pas Gordon Ramsay en cuisine, parce que la salle n’est pas à son goût, parce que c’était mieux avant… Il a juste oublié que le chef italien, Simone Zanoni, dirigeait les cuisines du trois étoiles à Londres. FS trouve la Véranda plaisante (en vidéo), Aude y a eu droit à un traitement de reine. Je ne suis pas le seul à me poser des questions sur l’objectivité de certains critiques établis. Le Timesonline résume d’ailleurs leurs avis.
Ptipois y est allée un dimanche au déjeuner, avec Julot les Pinceaux et John Talbott, et n’en dit que du bien. Leur T-bone de veau semble exceptionnel. Caroline Mignot y est allée un samedi soir début juin, a trouvé ça plutôt bon, un peu cher et n’est pas fan du service.
Pour ma part, c’est en compagnie d’Oanèse et de Monica, un samedi midi gris et pluvieux, que j’ai pris le train de Saint Lazare pour découvrir la Véranda.
Après une bonne douzaine de minutes de marche, nous franchissons le portail du Trianon Palace, tout nouveau, tout beau et prenons à gauche. Nous passons l’entrée, la réception est à gauche, un grand et haut couloir, avec des fenêtres donnant sur une terrasse à droite alors qu’à gauche ce sont des tables basses et fauteuils (coin bar). L’entrée des deux restaurants est à gauche. La première salle est celle du gastro, certes, un peu sombre, nous la traversons rapidement, devancé par un jeune serveur qui nous conduit, à travers la grande salle donnant sur la Véranda, à notre table.
Le temps est variable, il y a quelques tables dehors, sous de grands parasols (parapluies?) clairs, notre table est à l’intérieur, à l’opposé de l’entrée et des cuisines. Cela permet à Monica et Oanèse d’avoir une vue sur l’ensemble de la salle, alors que moi, en inclinant un peu la tête à droit, je vois un peu de jardin. Loin d’être la meilleure table, mais ce n’est pas si mal. Déco très moderne et pas vraiment sobre, mais ça passe. Serviettes en coton blanc, mais pas de nappe, grandes tables en bois sombre. Jolis verres de marque en cristal, Spiegelau. Hélas, mon verre à vin n’est pas net : sans doute une marque de rouge à lèvres waterproof super résistant qui n’a pas été enlevé au lavage et qui n’a pas été détecté lorsque la table a été mise.

Je demande gentiment à notre serveuse de me le remplacer. Elle me demande de façon un peu abrupte « quel est le problème? », je lui montre la trace, pourtant assez flagrante et elle prend le verre pour le remplacer rapidement. Pff, relax! Nous demandant ce que nous souhaitons boire, nous demandons une carafe d’eau et la carte des vins. La carafe d’eau mettra beaucoup de temps à arriver, ce sera une petite carafe, ce qui nous forcera à demander plusieurs fois son renouvellement. Par la suite, elle arrivera souvent trop pleine (tellement pleine qu’on ne peut pas se servir sans en renverser). C’est très dommage, c’est presque mesquin. Pendant que nous avons les cartes, quelques petites choses pour se mettre en appétit : de bonnes petites olives noires et une espèce de mélange non identifié, avec un vague goût de tarama…

La carte fait très brasserie du monde, c’est assez varié. Les entrées vont de 16 à 24€ (caviar osciètre Petrossian à 160€ les 30g et 250€ les 50g), les plats, de 24 à 35€ (la côte de veau a disparu!), les desserts (sur une autre carte, très rare) à 10€ (fromages à 12€). Les légumes en supplément rappellent que l’on est dans une chaîne américaine, pour une clientèle américaine. Cela traine un peu, mais ce n’est pas désagréable au début, c’est le week end, l’endroit est agréable. En plus de la serveuse, un maitre d’hôtel s’occupe de nous pour la commande. Il fait les choses bien, puisqu’il note qui a pris quel plat. Hum, ça s’annonce bien. La commande prise, il part la transmettre et nous laisse avec la carte des vins.
La clientèle est loin de remplir toutes les tables, mélange d’étrangers et de Versaillais. Ce n’est ni très jeune, ni très funky.
La carte des vins est loin d’être donnée, je reconnais un vin bu chez moi il y a peu avec un coefficient supérieur à 3,5. Il revient au bout de quelques minutes avec la carafe d’eau riquiqui. Nous prendrons une bouteille de côtes du Rhône (villages, mais ce n’était pas signalé sur la carte!) à 43€ (château Gigognan, Bois des Moines, 2005). Quelques minutes après avoir commandé le vin, la serveuse revient avec du pain chaud et du beurre (doux, de chez Bordier) et nous demande, à nouveau sur un ton pas très doux, si nous avons commandé à boire. Nous l’informons de la commande prise par son collègue. Ils ne se parlent donc pas? Surprenant, vraiment!

Le pain n’est pas mal du tout, surtout parce qu’il est encore tout frais. Mangeurs de pain que nous sommes, nous n’aurons pas beaucoup de chance là non plus : une fois le pain terminé, et après en avoir demandé, nous attendrons encore un moment avant d’en avoir à nouveau, chaud, mais un peu en retard. Là encore, un couac.

Les plats arriveront juste avant la bouteille de vin (heureusement agréable). Calamar farci + tentacules frits et un peu cachés sous une bonne salade verte (19€) pour Monica. C’est bon!

Tagliatelles à la sauce tomate légèrement relevée et homard bleu (25€) pour Oanèse. J’ai bien aimé, les pâtes sont extra, même si c’est vrai que le homard mérite d’être mieux mis en valeur (trop cuit?).

Risotto à la chicorée de Trévise et parmesan à l’huile de chorizo (19€). Petite déception, nous n’avons pas au spectacle vu sur le blog d’Aude. Ce n’est pas bien grave, parce que c’est un délice. L’huile/jus de chorizo, quelle belle idée! Cuisson nette et franche, bien lié, onctueux. Mais oui, le chef est italien.

Good, les entrées sont bien réussies, à part quelques ratés de service et des détails, tout va bien. On continue avec le cou d’agneau de Lozère braisé, accompagné d’une purée de pommes de terre légèrement relevée à l’estragon, deux petites carottes simplement cuites et des mini rondelles d’oignons frites (24€) pour Monica. La viande fondante, ce n’est pas mal, mais c’est la purée que j’ai particulièrement appréciée.

Pluma d’iberico (26€), avec une purée de cèleri, des champignons de Paris et quelques lamelles de pancetta, pour Oanèse et pour moi. J’ignore si c’est propre à ce morceau (triangulaire et aplati, au bout du filet), mais c’était assez disparate, avec une succession de bouchées un peu sèches et ferme avec des parties plus tendres et plus savoureuses. Accompagnements OK.

Clin d’œil : le moulin à poivre de la marque Romsey.

Oui, je parle du moulin à poivre, il faut dire qu’entre le moment où nous avons fini nos plats et la desserte, il s’est écoulé un peu de temps. Rien de méchant, là encore, juste ce qu’il faut pour profiter de l’endroit. La table débarrassée, nous demandons la carte des desserts. Il eu fallu préciser trois cartes, parce que nous n’en aurons que deux pour trois. Encore un détail, qui ne fâcherait pas dans une adresse de quartier à moins de 6-7€ le dessert. Dans ce contexte, ça fait un peu de peine pour eux. Il faut dire que s’ils font pareil avec toutes les cartes, ce n’est pas étonnant.
Hésitant, n’arrivant pas à opter pour un dessert, nous prenons notre temps. Dix minutes passent. Je ne trouve toujours pas mon bonheur. Je suggère alors de laisser tomber le dessert ici, puisque j’ai l’impression qu’en face non plus, elles ne sont pas très emballées. On verra bien quand quelqu’un viendra s’occuper de nous. Dos à la salle, je ne peux pas faire grand chose. La table à ma droite (des Versaillaises de 30 à 60 ans, un peu berk) arrivée bien après nous, a l’air d’être servie correctement. Mais aucun serveur ne pense que l’on aurait envie de quelque chose…
Après 20 grosses minutes, je me lève pour aller faire un tour aux toilettes (directement à gauche en entrant dans le bâtiment, avant la réception). La déco est originale, mais je ne suis pas fan. Les deux filles trouvaient que ça faisait un peu salon de beauté, notamment à cause des fauteuils. Chez les hommes, il n’y a qu’un grand WC aménagé pour les handicapés. Pourquoi pas, c’est très bien, mais pourquoi ne pas avoir installé un urinoir, ça éviterait d’avoir encore à attendre pour se soulager. Cela pourrait aller s’il y avait du savon à proximité directe du lavabo dans les WC. Encore un oubli, c’est dommage. Heureusement, il y a un vrai lavabo avec un grand miroir, du savon liquide (pas forcément pratique pour les handicapés) et des serviettes épaisses… en papier. Peut-être que je me fais une trop haute idée des hôtels Westin, mais avec la déco « esthéticienne », je trouve que ça fait cheap.
À mon retour à table, j’apprends que la serveuse est enfin passée, elle a essuyé un premier refus mais revient à la charge en me demandant à moi, si je souhaite un dessert. Je lui dit que ce n’est plus la peine et demande l’addition. Un peu dépitée, elle s’excuse et repart. Quelques instants après, elle nous apporte quelques macarons (chocolat+coco?) froids, un peu trop selon moi. Je ne sais pas si c’est volontaire ou s’il sortait juste du froid… Même ça, ce n’est pas top. L’addition arrive, je vérifie et paf, à nouveau une erreur : des apéritifs que nous n’avons jamais commandés, ni jamais eues, ni jamais bus. Faisant signe à la serveuse, elle constate que « décidément, nous n’avons pas eu de chance ».

Sans doute… C’est quand même très dommage… Un peu plus de 60€/personne, près d’une heure et demie de transport, pour de très bonnes entrées, des plats pas mal, du vin bon mais surtaxé et une impression de gâchis. Je n’attendais pas beaucoup, mais quand même. Le cadre a beau être très agréable, je reste sur un goût amer, à cause du service. Selon Oanèse, qui était mieux placée que moi, il y avait de nettes tensions entre notre serveuse et son collègue, qui avaient l’air de ne pas s’adresser la parole. il y avait aussi une table de pseudo vip sur laquelle semble s’être concentré Dimitri (le maitre d’hôtel, qui serait en fait chef de salle). Ils font ce qu’ils veulent, mais ça ne doit pas rejaillir sur la qualité de leur service. C’est assez rare, nous n’avons rien laissé comme pourboire.
Gordon Ramsay veut rester au Trianon Palace pour au moins dix ans, espérons qu’avec le temps le service s’améliore franchement et qu’il devienne à la hauteur du reste, pour tous les clients. D’autres ont eu plus de chance que nous, donc si vous êtes dans le coin, pourquoi pas, mais ce n’est pas la peine de venir de très loin exprès, le risque d’être déçu ne vaut pas la peine d’être pris.