jan 12

Après Oth Sombath, qui a fermé mi 2012, c’est AntePrima, la sympathique cantine-club-buffet de la rue du Faubourg Saint Honoré, que j’ai trouvé fermée fin 2012. Il semblait y avoir d’assez gros travaux.
Mon dernier déjeuner là-bas date de l’été dernier. C’était pour moi une adresse « durable ». Visiblement, les foodies ne passent pas souvent dans ce coin de la rue du Faubourg Saint Honoré. Je n’ai pas trouvé grand chose sur le web. Alors, rénovation ou changement d’enseigne?

ChrisoScope liked this post
juil 02

En me relisant, c’est vrai que les « Cinq Bonnes raisons de ne pas manger au restaurant Laurent (75008) » sont un peu vaches, mais j’espère, justes quand même (c’est surtout contre les tarifs, le service et la clientèle que j’en ai redire). Toujours est-il que, via commentaires Facebook, Louise, de Raid-Pâtisseries me demande mon avis sur leurs palmiers (palmiers pour lesquels elle vient d’effectuer un Raid comparatif et dégustatif, auquel je n’ai, hélas, pas pu participer). Pas de souvenir de leurs palmiers lors de ce diner frustrant d’il y a quelques années. Le chef Alain Pégouret intervient de façon plutôt élégante, nous apprenant que 450.000 palmiers sont écoulés chaque année au restaurant Laurent (soit plus d’un millier par jour, presqu’une usine!), et proposant de répondre aux questions de Louise.

Ce lundi, en début de soirée, gentil mail de Louise nous annonçant qu’elle a une boite de palmiers pour nous! Moins d’une demi-heure après, grâce aux moyens modernes de communication (e-mail, SMS), et de transport (métro ligne 9), la boite de palmiers, qui avait quitté l’avenue Gabriel il y a quelques instants à peine, revenait dans son 8e arrondissement natal, changeait de mains sur le quai de la station St Philippe du Roule, et continuait sa route vers Montreuil. Sorti à Bonne Nouvelle, la boite de palmiers terminera sa courte, mais glorieuse vie dans le 10e arrondissement, à quelques centaines de mètres de l’église Saint Laurent (saint patron des cuisiniers et des pâtissiers, avec saint Honoré).

Alors certes, les palmiers n’ont pas une forme complètement classique de palmiers, ce seraient plutôt des « palmettes ». En ouvrant la boite, on sent un bon goût de beurre, bien dense, qui rappelle un peu l’odeur d’un kouign-amann. On s’inquiète un peu des calories que l’on risque de prendre, mais, en soupesant une de ces petites bêtes, on découvre que ce n’est vraiment pas lourd. Une bouchée suffit à confirmer que la texture est légère et aérienne, le goût présent et plaisant, sans être imposant, ni lassant. Ces palmiers sont très réussis et se mangent par pure gourmandise. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas mangé d’aussi bons, très longtemps même (je ne pense pas en avoir mangés de tel précédemment).

Comme quoi on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Merci beaucoup à Louise et à Laurent Pégouret pour cette découverte. Reste à savoir si on peut en acheter en « vente à emporter ».

Restaurant Laurent
41 avenue Gabriel, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 25 00 39. Site Web.

Sév Rine, Oanèse Le Maout liked this post
juin 16

Dans le but de maximiser l’impact des billets publiés sur ce blog, je teste un nouveau format, que j’espère simple et concis. Commençons aujourd’hui par le fameux restaurant Laurent, situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Elysées. C’est en lisant cet article chez Morgon que m’est venue l’idée de revenir plus tôt que prévu de ma retraite momentanée.

  • avant tout, le quartier n’est vraiment pas top, et étant donnée l’adresse, on se doute que c’est tout sauf une pépite bien cachée
  • ensuite, c’est vraiment cher, trop cher pour un restaurant qui n’a qu’une étoile Michelin, mais dont les prix sont plutôt dans la fourchette haute 2-3 étoiles,
  • de plus, c’est un des restaurants préférés de François Hollande, qui a visiblement beaucoup d’humour, mais qui, physiquement, semble montrer quelques problèmes avec la nourriture
  • enfin, le Laurent a déjà sa clientèle d’habitués, qui passe ses additions en notes de frais, donc le personnel en salle risque de vous prendre de haut si vous débarquez sans être annoncés.
  • en bonus, en plus, les chauffeurs de ces habitués attendent très souvent comme des misérables dans leurs voitures, souvent garées en double file, à deux cents mètres de l’Elysée, quartier où la densité d’agents de polices dans la rue est trop élevée et très anormale, en tout cas inefficace.

Je ne vous donne pas l’adresse, ni le numéro de téléphone du Laurent, si vous voulez vraiment bien manger et dépenser de l’argent dans le quartier, allez plutôt au Bristol ou à la limite chez Ledoyen.

avr 16

L’Antre Amis, bistro gastro
9 rue Bouchut, 75015 Paris.
Tél. : 01 45 67 15 65. Site web. Fermé samedi et dimanche.

En bref

L’Antre Amis, abstraction faite du jeu de mots discutable, est un agréable et recommandable bistrot de quartier, où le chef fait un effort pour privilégier produits de saison, fait maison. La carte-ardoise est courte et efficace. Clientèle de quartier donc (quelques bureaux et l’UNESCO pas très loin), pour cette adresse à la déco rétro. Un rapport qualité prix tout à fait honorable pour l’emplacement. Attention, quand même, certains plats peuvent être trop salés.

Sous-exposition médiatique

L’équipe du Giufeli installé dans le 14e (dans ce qui est brièvement devenu le Nuxis, maintenant le Bistrot des Jumeaux) s’est embourgeoisée en s’installant à deux pas de la place de Breteuil, dans le haut 15e, limite 7e. Bizarrement, la critique n’a pas suivi, puisque l’on trouve peu d’avis en ligne sur ce restaurant. Télérama trouve l’Antre Amis « Pas Mal » (été 2010). Le FigaroScope et lesRestos.com l’ont référencé, mais aucun avis de la rédaction. Les Restos nous apprend que le chef s’appelle Michel Craca, la patronne Gaëlle Potel et que les fromages viennent de chez Marie Quatrehomme. Plus de Cirage a aimé (début 2011). Pas d’avis récent sur CityVox (il semble que les avis concernent l’ancienne formule), à peine plus sur RestoàParis et sur Qype. John Talbott y est allé deux fois pendant l’été 2011, plus enthousiaste la première que la seconde (qui était quand même très bien).

Déjeuner du vendredi 16 mars 2012

J’avais repéré l’adresse la dernière fois que j’avais fait des recherches sur des adresses autour de l’avenue de Suffren, fin décembre 2011. L’Antre-Amis étant fermé début janvier, nous étions finalement allés au Casse-Noix. Ce vendredi-là, jour des 3-4 sorcières, je m’échappe du bureau pour assister à la première visite chez la pédiatre d’H. Tout va bien, il fait un beau soleil de printemps, nous décidons donc de l’emmener pour la première fois au restaurant. L’Antre Amis, dont je ne me souviens pas tout de suite du nom, me revient à l’esprit, il ne reste plus qu’à trouver l’adresse, la rue et tenter. Trois minutes après, nous entrons.

Il y a bien encore quelques places en terrasse, mais avec un bébé de 11 jours, il vaut mieux s’installer à l’intérieur. Un grand comptoir/bar à l’ancienne, ainsi qu’une trancheuse vintage posent un peu l’ambiance. Nous nous installons dans un coin tranquille. Sur la quarantaine de couverts que semble pouvoir accueillir l’Antre Amis, il devait y avoir une grosse douzaine de personnes dehors, et un peu plus à l’intérieur. La salle du fond, pourtant pas désagréable, est resté inanimée. À table, nappe en tissu sur fond de bois old fashion.

L‘ardoise/carte/menu propose une formule « découverte » en trois services à 32€, une formule « dégustation » en cinq plats à 45€ et à 69€ en tout si l’on choisit en plus un accord mets et vins. Cela reste assez abordable. Deux choix d’entrées, trois de plats, une assiette de fromages et deux possibilités pour le dessert. À deux, nous pourrons donc couvrir presque toutes les propositions. Pas trop de suppléments : seule la côte de boeuf de Blonde d’Aquitaine, pour deux, est marquée d’un +25€ (en tout ou par personne?).

Nos choix fais et transmis, nous avons droit à un amuse-bouche qui mérite bien son nom (puisque vraiment amusant) : un club/croque monsieur encore bien chaud-tiède. Sans prétention, mais très bien pour se chauffer et patienter un peu. Mon Riesling sec (pas noté les références, dommage) est vraiment très bien! Heureusement, à 8€ le verre!

O commence avec un bien rouge « tartare de boeuf, copeaux de foie gras et son toast« . Présentation sobre, rectiligne, et à angles droit. Pas très copieux, mais suffisamment riche et goûteux pour une entrée, même si le tartare, agrémenté de câpres, aurait été meilleur avec un peu moins de sel! Pour moi, un « œuf bio cuit à basse température, émulsion cressonnière » , probablement inspiré du recueil « Terroir Parisien » de Yannick Alléno. La cuisson basse température m’amuse toujours, mais elle commence à fait un peu « has been » maintenant, on l’a un peu trop vue et revue… Cela n’empêche pas mon entrée d’être agréable, surprenante et bien fraiche. Le cresson me rappelle notre diner au Galopin, où tout était très réussi, sauf peut être cette petite sauce au cresson qui était trop forte. Je me réjouis (un peu vite, vous comprendrez pourquoi après) de la forme de mon plat à œuf, signé le Creuset? Bref, des entrées agréables, pas forcément révolutionnaires, mais plutôt bien pensées et réalisées.

O enchaine sur le « filet de biche, gratiné de macaronis« . Présentation en parallèle, toujours dans le même type de grande assiette ronde et blanche qu’à l’entrée, pas mal de sauce. Viande bien cuite saignante/rosée et plutôt tendre, bon gratin. Pas très originale mais bien, bref, un bon plat de bon bistrot de quartier. Mon plat, la « lotte cuite tout doucement, farce de champignons sauvages et jambon ibérique, émulsion légère » est un poil plus inventive et audacieuse. Certes, poisson et jamon, ou poisson et chorizo, et aussi les champignons, déjà vus ailleurs,  mais plutôt dans des restos gastros ; saluons donc l’effort d’innover un peu et de proposer une déclinaison bistrot-gastro. C’est joliment bon. Ond écouvre les petite légumes de fin d’hiver, encore croquants. Autant le plat d’O se concentre autour de deux essentiels, autant ce plat est beaucoup plus riche en saveurs et ingrédients. Un contraste surprenant, mais un peu perturbant : le chef aurait donc différents styles? Dur de le cerner! On fermera les yeux sur le fait que nos plats ont chacun été servis dans le même type d’assiette que nos entrées respectives (grand assiette blanche, plate et ronde d’un côté, plat à œufs rouge et noir de l’autre).

O a plus de chance que moi, pour le dessert elle a enfin droit à un autre contenant : une coupe à glace assez élancée contient sa « crème à la vanille bourbon, feuilletage et caramel cassant« .  Une bonne pioche, pas trop sucrée ni écœurante malgré le généreux caramel. Sobre et efficace, digne du gastro. La présentation de la « compotée de rhubarbe au miel de châtaigne, crème et financiers au thé matcha, sorbet perrier-citron« , toujours dans ce satané plat à œufs et son esprit rappellent furieusement mon lotte : ça part un peu dans tous les sens, mais c’est bon, très bon même, et pour le coup bien original et réussi, avec ce mélange de saveurs, textures et températures! Cela détonne et cela dénote assez avec le cadre! Clairement du gastro+.

Service correct, un peu dissipé ou trop occupé ailleurs en fin de service.

Bilan

72€ à deux, avec un menu E+P+D chacun (2*32=64€ et un bon verre de Riesling sec, pas donné, à 8€). Le menu est plutôt une bonne affaire (même tarif qu’au Casse-Noix à midi), et si le choix est limité, les propositions sont plutôt inventives, même si tout n’est pas au même niveau! Dommage qu’il y ait parfois un peu trop de sel. Et dommage aussi que les trois plats que j’ai choisis et mangés aient été tous servis dans le même plat!

Nous n’aurons pas beaucoup d’occasions d’y retourner, sauf peut-être après une visite chez notre pédiatre, et dans ce cas, pourquoi ne pas retenter… Mais ce genre d’adresse pourrait plus intéresser Vanessa, Mix la Malice ou encore Vincent, qui n’habitent pas très loin.

mar 26

Le 39V, restaurant français, terrasse
39 avenue George V (entrée par la rue Quentin Bauchart), 75008 Paris.
Tél. : 01 56 62 39 05 . Site Web. Fermé le week end.

Emballé par le lieu, déçu par l’assiette

Le 39V, de Frédéric Vardon, ancien de Ducasse, est installé au dernier étage d’un bel immeuble du Triangle d’Or. Lieu insolite pour Paris, décoration moderne, qui tranchent assez avec la cuisine réalisée par le chef et son équipe : plus que classique et très copieuse, loin de l’impression de légèreté qu’évoque le cadre. Les prix, eux, ne sont pas légers : il faut bien payer le loyer et se mettre au niveau d’autres simple étoilés Michelin. Je n’ai pas été emballé par la cuisine, alors que le cadre est unique.

On en parle pas mal

Ouvert en 2010, le 39V est vite récompensé : une étoile Michelin, trois étoiles FigaroScope, des éloges de François Simon (très Ducassien), Alain Fusion aime à la Folie, deux toques G&M, mais aussi le Fooding. Yawye est plus modéré : 14/20. Sans surprise, le 39V reste dans la galaxie Ducasse, puisqu’il est affilié aux Châteaux et Hôtels Collection.

Déjeuner du 13 mars 2012

C’est en compagnie de Vincent Delmas, du blog www.critique-gastronomique.com que je découvre cette adresse. Pour notre première rencontre, j’avais pour contrainte de ne pas trop m’éloigner du bureau. Vincent m’avait communiqué sa to-do list dans le coin. J’avais croisé avec ma liste et avait proposé, dans l’ordre : Kei, Akrame et le 39V. Vincent bénéficie d’un service de concierge (via une carte de paiement) et parvient à décrocher, la veille, une table pour deux, au comptoir, au 39V.

Nous nous retrouvons donc à l’accueil du restaurant, autour de midi trente. L’accueil consiste en décliner le nom utilisé pour la réservation, laisser ses affaires au vestiaire et attendre quelques instants que l’ascenseur arrive pour nous faire monter au dernier étage. Tiens, un point commun (et pas mal de différences surtout) avec la Tour d’Argent, article à venir.

The Ring

Le restaurant est en fait un anneau de verre teinté, avec une petite terrasse et l’espace du puits de lumière/courette intérieure au centre. La partie vitrée et « ouverte » donne en fait sur l’intérieur de l’anneau (i.e. le centre du cercle). Un petit côté panoptique. Une fois sorti de l’ascenseur, on trouve, dans le sens des aiguilles d’une montre : les cuisines, la salle à manger semi-privée (à l’écart de la salle à manger principale, mais pas complètement isolée, puisqu’il y a « droit de passage » ), les WCs, la salle à manger principale, qui permet d’accéder à une petite terrasse (idéale pour l’apéritif ou les fumeurs), et on termine la boucle avec le bar. Le bar étant adossé à la partie extérieure de la couronne, un comptoir avec tabourets hauts, donnant sur le centre du cercle, permet de servir quelques couverts de plus. C’est là que nous sommes installés. La vue donne donc sur les cuisines, le salon « privatif » et la terrasse, sans oublier une espèce de boule métallique au centre de l’anneau. Sur la « table » la mise en place est résolument contemporaine-chic.

Propositions et choix

Au déjeuner, un menu dégustation,  « Saveurs d’Hiver » à 85€ (en cinq services), un menu en deux services à39,5€, en trois services pour 49,5€.  À la carte, les entrées sont à 15-30€, les plats à 35-50€ et les desserts à 15€. Les propositions, dans l’ensemble, sont plutôt classiques, les intitulés mettant en avant le produit noble le mode de cuisson et les accompagnements et ou sauces.Les tarifs sont très Triangle d’Or, sans surprise.

Vincent n’étant pas fan de menus dégustation au déjeuner, et n’ayant pas, de mon côté, forcément tout le temps nécessaire pour en profiter raisonnablement, notre choix se porte sur le menu déjeuner, E+P+D à 49,50€. Deux propositions pour l’entrée, deux pour le plat, dessert unique. Cela permet de balayer l’ensemble des possibilités offertes dans ce menu d’ « appel » .

Une Chateldon (5,5€), un verre de St Joseph blanc (11€) pour moi.

Round 1 : entrées déroutantes

Un « velouté d’asperges, sot-l’y-laisse juste rôti, crème truffée » pour Vincent. Apparence classique, mais pas super esthétique : la crème est partie un peu dans tous les sens. Au gôut, c’est trop salé, selon l’intéressé. Mon jambon-beurre n’est pas très original dans le concept. La réalisation, semi-destructurée, l’est un peu plus, même si j’avais déjà vu cette idée chez Yannick Alléno, au Meurice (beurre au jambon de Paris). Au Meurice, ce n’est présenté que comme du beurre à tartiner, ici, c’est carrément une entrée : quelques mini tranches de jambon blanc (bon, mais à peine une vraie demi-tranche) deux petits cornichons coupés en quatre, du beurre au jambon, du beurre aux cornichons, trois petites tranches de pain. Mouais, amusant et pas mauvais du tout, mais servir ça dans un restaurant de ce standing, ça me laisse un peu perplexe.

Round 2 : plats roboratifs

Cabillaud rôti, épinards et émulsion de Jamon Bellota pour Vincent : encore une fois, trop salé pour l’intéressé. Le morceau de poisson servi est impressionnant, c’est copieux, et plutôt difficile à terminer.

Mon agneau en gigot et épaule, petites pommes de terre, ne paie pas de mine sur la photo. Bon, il me surprend par sa relative simplicité, des quantités abondantes. Les petites pommes de terre sont superbement cuites, très bon goût et belle texture, bien qu’un peu trop grasses (parce qu’un peu trop grasses?). J’en viendrai presqu’à bout, alors qu’il est rare que je ne termine pas mon assiette au déjeuner.

Les portions généreuses sont une bonne chose, on sait ce que l’on paie, mais pourquoi ne pas proposer des plats moins copieux, plus légers, pour mieux coller au cadre et à l’idée que l’on est tenté de se faire de cet endroit (aérien, ouvert, livre)?

Round 3 : faux tiramisu

Intitulé tiramisu au caramel et speculoos, je ne me souviens même pas s’il contenait au moins de l’œuf. Bref, ce n’est pas la première fois que l’on détourne le tiramisu dans ce quartier. La dernière fois, à l’Aubrac, il m’avait laissé un meilleur souvenir, même s’il n’était pas plus fidèle à la recette originale qu’ici. En fait, on ne sent que le caramel et les speculoos écrasés. La crème/mascarpone sert uniquement de support, d’éponge pour le caramel très puissant.

V termine par un thé (7€).

Accueil et service

Si la jeune femme à l’accueil en bas joue plutôt bien son rôle, les serveurs qui se sont occupés de nous manquaient d’aisance et d’assurance, ce qui peut s’expliquer par une relative jeunesse. Quelques imprécisions, interversion de couverts, lenteur à apporter l’addition à la fin. Rien de très méchant, mais c’est très certainement perfectible…

Bilan

Un bel endroit, original et rare à Paris. La rencontre avec Vincent était fort intéressante, mais ce que nous avons mangé et le service n’étaient pas à la hauteur de mes espérances. Pour une soixantaine d’euros par personne, c’est un peu dommage! Peut-être que j’avais lu trop vite les avis, ou peut-être que le cadre et les lieux m’ont fait oublier ce que j’avais lu. Le contraste est probablement volontaire, mais ça n’a pas fonctionné sur moi. Je voyais une cuisine à l’image des lieux : contemporaine, un poil futuriste, enjouée, aérienne. Nous avons eu du bon classique, une belle cuisine bourgeoise avec des produits de qualité. Impossible de ne pas repenser à Maxan, à quelques dizaines de mètres d’ici : la cuisine est dans le même esprit, bien réussie, l’ensemble est cohérent et les tarifs sont moins abordables (tant pis pour la déco de l’espace du 39V). C’est d’ailleurs chez Maxan que je pense retourner et pas au 39V, la prochaine fois.

Vincent, lui, compte donner une seconde chance au 39V en y retournant pour manger à la carte, à suivre sur son blog, donc…

ChrisoScope liked this post
fév 13

Table du Lancaster by Michel Troisgros
7 rue de Berri, 75008 Paris.
Tél. : 01 40 76 40 76. Site Web.

Cher et pas convaincu!

Michel Troisgros, chef trois étoiles à Roanne, descendant d’une lignée prestigieuse, essaime des restaurants dans sa région d’origine, en Asie et à Paris. Un nom légendaire, un mythe. Si la maison-mère vaut probablement le détour, je dois vous avouer que j’ai été assez déçu de mon déjeuner à la Table du Lancaster (une étoile Michelin) à laquelle il prête son nom et sa marque. Beau cadre (beau patio très tranquille), service très pro, mais assiettes pas particulièrement bouleversantes et tarifs très restaurant d’hôtel cinq étoiles, c’est à dire trop trop cher…

Bouche à oreille présent mais assez faible

Située dans l’Hôtel Lancaster Hospes, à deux pas des Champs-Elysées, la Table du Lancaster, par Michel Troisgros, jouit d’une étoile Michelin depuis 2005 (ouvert en 2004). La carte est signée Michel Troisgros et réaliséepar le chef Julien Roucheteau (qui jouit tout de même d’une certaine liberté). François Simon semble bien aimer cet endroit, puisqu’il le hâche menu une première fois en 2009, puis à nouveau en 2010, moins d’un an plus tard. Alain Fusion aime passionnément. Thierry Richard prétend que c’est une de ses tables préférées. Pudlo trouve ça « piquant » . Pour Rabaudy, c’est un must. Un Epicurien à Paris est fan.
Quatre étoiles (sur cinq) et 8,4/10 sur LaFourchette, 3/5 sur L’internaute (avec quelques avis assez cinglants, qui plombent bien la moyenne). 4/5 également sur Viamichelin. Un étrange 18/20 sur iTaste (score maximum attribué, alors qu’il y a aussi un 14).

Une explication à posteriori (après y avoir déjeuné), pour justifier le peu d’échos vraiment emballant est que la clientèle cible (déjeuners d’affaires, cadres sup-sup), ne regarde pas les prix et ne s’exprime pas beaucoup sur internet.

Déjeuner du 25 mai 2011

À la carte, on peut très facilement dépasser la centaine d’euros, sans boissons. Pour rester raisonnables, bous avons donc choisi le menu déjeuner (à l’époque à 52€, maintenant à 56€, entrée, plat, dessert, verre de vin, café), en prenant chacun une proposition différente pour voir le maximum de choses. Le vin compris dans la formule s’est transformé en une bouteilles entière (moyennant complément). Le plateau de fromages à plus de vingt euros/personne fait mal à l’addition. Quant au coefficient sur l’eau, il est bien gonflé aussi. À l’arrivée, le menu à 52€/personne qui semble une aubaine, nous amène à une note gonflée de près de 50%. C’était loin d’être rempli.

Belle grande table. Nappe blanche épaisse et immaculée. Petit ruisseau-fontaine au milieu du patio. Calme. C’est sur, on ne se sentirait plus à Paris, et ce serait top, si les autres clients n’étaient pas tous en cravate (il devait y avoir une ou deux femmes très apprêtées), et si les tarifs n’étaient pas si Triangle d’Or. Pas de souvenir très détaillé de ce que nous avons mangé, je donnerai donc ce qu’il me reste, c’est à dire surtout des impressions d’ensemble.
L’ambiance rustique chic est annoncée dès le début avec les amuse-bouche chichiteux présentés sur une ardoise. Pain et beurre pas mal du tout.

Pré-entrée colorée, fraiche, de saison, légère, mais peut-être pas assez goûteuse.

Entrées : d’un côté, une entrée autour du thon (très bon), toujours dans des couleurs printanières, même si la présentation est un peu précieuse. De l’autre : une entrée surprenante (ravioles au jambon), amusante, mais à l’aspect un peu déroutant pour une adresse de ce standing, même si c’est plutôt bon. Hum, on est loin de la claque que l’on espérait prendre!

Pour les plats : le lapin est joliment présenté par tronçons éparpillé un peu partout dans l’assiette. Bonne viande, mais quelle est cette composition? Quant à mon plat, avouez que la présentation n’est pas très sexy. Impossible de me souvenir de quoi il s’agit exactement, mais l’accompagnement à droite, bien que joli,  était banal en bouche et il y avait trop de sauce.

Joli chariot de fromages, mais loin d’être cadeau.

Le dessert en face, autour de la fraise est la suite logique et graphique du lapin : de jolies couleurs réparties sur la surface de l’assiette. Amusant, mais pas vraiment épatant. Mon dessert, au contraire, est carré et concentré au centre de l’assiette.

Les mignardises sont assez réussies.

Bilan

Un voyage qui dure un peu plus d’une heure trente. C’est très joli, l’endroit est agréable et le service bien élevé, mais l’assiette ne m’a pas emballé. C’était bon, plutôt généreux mais rien de magique, souvent inégal et le dressage de l’assiette est bateau! L’étoile Michelin est méritée, mais sans plus. L’addition est gonflée (même en prenant le menu déjeuner, on dépasse vite les 75€/personne). On a l’impression de payer l’adresse, le cadre et le décorum, alors qu’avec un nom comme Troisgros on aimerait que la star soit avant tout l’assiette.

Est-ce plus impressionnant à la carte (à plus de 100€/tête)?. Peut-être, mais peu de chance d’y retourner à nouveau, même si le patio est superbe!

ChrisoScope liked this post
jan 11

L’Hédoniste, bar à vins et bistrot chic et gourmand
14 rue Léopold Bellan, 75002 Paris.
Tél. : 01 40 26 87 33. Site Web. Page Facebook.

Ouvert le 30 novembre 2010, par Arthur Pétillault, avec le chef Sébastien Dubrulle en cuisine, l’Hédoniste a très vite rencontré le succès et a eu droit à de nombreux articles et critiques élogieux. Alain Fusion a aimé passionnément. Télérama a du y aller parmi les premiers et a trouvé l’Hédoniste « bien ». J’avais prédit un Hit (et j’ai tapé dans le mille, pour une fois). DocADN analyse leur cave. Mr Lung n’est pas entièrement conquis lors de son premier déjeuner, mais reconnait le besoin d’une vraie bonne table dans ce quartier.

Début janvier 2011, John Talbott lui décerne un bon 6.5, le FigaroScope 2 cœurs. Fin janvier, Coup de Fourchette salue une adresse digne de ce nom dans le quartier et François Simon a franchement bien aimé. Début avril 2011, Alexander Lobrano n’est pas fan du nom, mais aime beaucoup la cuisine. Des amateurs de vins approuvent la table et les bouteilles. Fin avril 2011, Table à Découvert n’est pas complètement enthousiaste. Fin 2011, Juliet Shield, une veille peau, n’a pas accroché. G&M lui a décerné deux toques.

L’Hédoniste, c’est aussi une cave à vins nature, où des dégustations et découvertes  sont souvent organisées.

Plus d’un an après l’ouverture, nous retrouvons avec plaisir Arthur en salle et Sébastien en cuisine. Le duo fonctionne bien et l’on se régale à chaque fois, avec la carte courte qui change très souvent. Dernier repas, samedi 7 janvier 2012, du très bon! Le menu à 35€ au déjeuner (entrée+plat+dessert) est extra! Voici les photos de ce que nous avons goûté.

Je vous invite à aller lire la chronique d’Oanèse. Ce déjeuner nous a coûté 76€ (deux menus à 35€+ deux verres de vin dont un offert, merci!).

En semaine, on peut manger à moindre frais : formule entrée+plat ou plat+dessert à 19€, entrée+plat+dessert à 24€. Le soir, compter une cinquantaine d’euros pour E+P+D à la carte. Choix original et intéressant de vins nature, accueil toujours chaleureux. L’Hédoniste n’est pas un hit, c’est un incontournable dans le quartier!

Louise Chauchard liked this post
nov 28

L’Alivi, restaurant corse
27 rue du roi de Sicile, 75004 Paris.
Tél. : 01 48 87 9020. Site Web.

En bref

Une bonne adresse corse dans le Marais, ça existe, ça s’appelle l’Alivi. L’ambiance et la cuisine, bonne, sans prétention, permettent de s’évader quelques heures sur l’île de beauté. Le prix (compter au moins 50€ pour un repas complet avec boissons) est justifié par de bonnes assiettes et l’utilisation de bons produits frais. Mentions particulières à deux plats « fusion » réussis : le Corsica Burger et le cheesecake aux canistrelli. Des vins corses intéressants, à des coefficients doux.

Flashback

L’Alivi est un restaurant corse (depuis 1996) qui figure sur ma wish-list (pas remise à jour) depuis 2006! Je ne sais plus comment il s’était retrouvé là, probablement un bon article lu dans la presse de l’époque. Et puis je dois avouer que l’adresse s’était retrouvée un peu perdue dans la pile. Pour moi, le Marais n’est pas synonyme de quartier où l’on mange bien (à quelques exceptions près), et ce n’est pas non plus un quartier où je m’aventure spontanément ou sans motif sérieux. Bref, l’Alivi était sorti de mon radar. Les avis sur l’Alivi sont globalement bons sur Qype, Mmmm!!!, un peu moins sur L’Internaute (et l’information n’est plus très à jour). L’Alivi est classé deuxième sur CityVox (catégorie restaurants corses à Paris), entouré par les Villa Corse Rive Gauche et Rive Droite.

L’occasion fait les larrons

Jusqu’au jour où mon ami Fabien « Fabulous » Nègre de Paysages Culinaires m’a annoncé qu’il m’invitait à un diner découverte dans un restaurant corse du Marais… L’Alivi! L’occasion de tester enfin cette adresse! Et en bonne compagnie, puisqu’étaient présentes les personnes aux manettes de Slurpitudes, des Délices de Vanessa, de Mr. Lung, de Coup de Fourchette et de Presque-Moi (mon épouse adorée), et quelques autres éminents connectés gourmands, les cerveaux derrière LesRestos.com, RestoàParis.com et Foodreporter.fr.

Que sais-je de la cuisine corse?

C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de restaurants corses chroniqués sur ce blog. En plus de l’Empire du VIIIe, d’À la Châtaigne, j’ai mangé un certain nombre de fois dans une autre adresse du 75008, au bar corse l’Elysée Saint Honoré, même si je ne lui ai jamais consacré d’article (c’est plus un bar qui sert à manger des plats corses qu’un restaurant à part entière). Ajoutons également un diner à la Villa Corse 15e il y a quelques années, et, pour finir, ou plutôt pour commencer, un séjour d’une dizaine de jours en Corse en 2000. De bons produits, des fromages bien dosés, de la charcuterie rustique mais goûteuse. Des ressemblances logiques avec les cuisines italiennes, en version un peu plus brute, peut être…

À l’Alivi, le chef s’appelle Joseph Poggi, et le patron Saveriu Cacciari et sont tous les deux originaires de Bastia.

Situation et cadre

En ce soir de début de semaine, nous perdons d’abord un peu de temps à cause des rues en sens interdit du Marais, puis à chercher une place pour laisser nos Vélibs. Nous trouvons enfin de la place, le long du BHV, et il ne reste plus qu’à marcher quelques minutes pour atteindre notre objectif : cette petite enclave corse en plein marais. L’air étant assez frais, nous ne nous attardons pas à l’extérieur, juste le temps de jeter un œil à l’agréable petite terrasse, exposée sud/ouest et donnant sur la rue piétonne cloche-perce. La terrasse est bordée de bacs à plantes, dans lesquels poussent des oliviers (oliviers=alivi, pluriel d’alivu, en corse).

À l’intérieur, la déco est sobre, de type bistrot, avec un plafond haut et de belles poutres, pierres et briques apparentes, carrelage old school au sol. Quelques affiches vantent les mérites de la Corse ou de ses produits… Une douzaine de couverts dehors, un peu plus du double à l’intérieur.

Ambiance

En ce lundi soir, c’est plein, quelques tables de deux avec des couples de 30 à 50 ans, quelques tables avec des jeunes femmes, une autre avec une petite bande de copains. C’est plutôt détendu et décontracté. Des polyphonies corses faisaient office de fond sonore à 20h. À 20h30, le bruit dans la salle se suffisait à lui même. C’est une salle ancienne, donc pas beaucoup d’absorption des sons, disons que l’on peut suivre sans problème la conversation des voisins directs, mais qu’il est plus difficile de discuter avec une personne assise deux places plus loin. Quelques insouciants qui n’avaient pas réservé leur table ont du passer leur chemin et se rabattre sur un autre restaurant du quartier. Service avec l’accent mais pas trop. Cool, mais efficace.

Avertissement/Disclaimer

Nous avons eu droit à un menu découverte, de plus, la carte à base de produits frais, change fréquemment, ce qui peut expliquer pour quoi certains plats décrits ou sur les photos ne sont pas réalisés et servis de la même façon lorsque commandés à la carte. Nous avons été invités et avons eu droit à un menu spécial, mais le restaurant fonctionnait normalement et je n’ai pas vu de différence de traitement flagrante avec les autres clients, si ce n’est que nous avons eu droit à des vins « haute fourchette de prix », en mode open bar.

Apéro

Une fois installés, celles et ceux qui peuvent boire de l’alcool commencent l’apéritif avec du Cap Corse Mattei, un cousin insulaire des vermouth Lillet, Noilly Pratt, Martini, version rouge… De l’Orezza (fines bulles) ou de la Zilia (plate) pour les raisonnables et/ou futures mamans.

Entrées : croustillant de brebis et risotto coppa/champignons

On démarre avec un croustillant au fromage de brebis, légumes et huile d’olive. Servi sur une ardoise. Le croustillant triangulaire est très agréable, le fromage est limite fondant, encore un peu consistant, mais surtout pas brulant. Le croustillant est joliment doré, encore chaud, ferme et croquant. C’est bon. Les légumes sont simples et bons. Je les aurais encore plus appréciés en version light, plus secs et légers. Le chef distribue généreusement sa bonne huile. Point trop n’en faut. Sur les ardoises, ça rend le noir luisant et c’est encore plus flagrant.

Dans nos verres, on ne se paie pas non plus nos têtes, puisque nous avons droit à un vin blanc Capitoro cuvée Louis Bianchetti 2008 (Ajaccio, 45€ – le 2009 est à 24,9€ sur 1855, le 2008 à 19€ sur une boutique de produits corses en ligne, soit un coefficient raisonnable et rare à Paris). Belle couleur, nez marquant et poignant ; la bouche suit aussi.

La seconde entrée est un joli risotto coppa et champignons. Le Risotto est cuit comme il faut. La coppa, croustillante et bien salée, est une bonne idée. Les tranches et morceaux de champignons sont de tailles variables (gage du fait maison), et il semble qu’il y en ait différentes variétés. Cela semble induire quelques subtiles différences de goût et de texture, qui élargissent le spectre déjà présent (du riz souvent fondant à la coppa presque croquante), mais laisse aussi un peu perplexe. Dans l’ensemble, l’essentiel est là et c’est honnête.

Niveau vin, on passe au rouge, naturel, avec la cuvée Carco 2009 d’Antoine Arena (Patrimonio), 42€ à la carte (vendu à 24€ chez un caviste, trouvé à 21€ sur un site de vente en ligne, soit encore un coefficient très sympathique), rouge cuvée : le top de LA référence des vins corses. Un cépage indigène, le nielluccio, une puissance qui me rappelle de très bons vins du sud de la vallée du Rhône.

Corsica burger

Bravo d’avoir joué le jeu et d’avoir accepté de servir un burger pendant cette découverte/dégustation! C’est une preuve d’ouverture, mais surtout l’illustration qu’il n’y pas de pièges, ni de facilités, à la carte. La présentation sur une ardoise lui convient mieux qu’au croustillant. Un bon pain style ciabatta, un beau lit d’oignons, de la coppa et du fromage corse fondu, entourent très bien la belle viande bien saignante et tendre. Et une sauce du soleil pour corser le tout. Comme ma chère femme, je me suis régalé.

Le Carco convenait très bien!

Poisson

Pour le dernier plat, nous avons droit à du poisson. L’enchainement usuel, crustacés, poissons, puis volailles ou viandes est bouleversé, mais ça ne dénote pas vraiment. Filet de loup et polenta au romarin, un bel accord mer-terre méditerranéen. Polenta réussie, le romarin est présent et parfume sans écraser tout le reste. Le filet de loup est cuit comme il faut, la chair est encore légèrement élastique et résistante. C’est bon, bien pensé (avec une touche d’originalité), bien réalisé (cuisson et textures maitrisés). Seul bémol:  encore une ardoise!

Trio de fromages corses (trois saveurs d’Alata)

Sans surprise, nous avons droit à un échantillon de trois fromages corses : A filetta, u muntagnolu et brebis aux herbes (12€ à la carte). Trois tranches accompagnées de confiture de figue (et d’huile aux herbes, superflue!). Si le brebis aux herbes est assez gentil, les deux autres sont du genre puissant. Une puissance qui est bien matée par la douceur des figues. C’est tout ce que j’aime, et je n’hésite pas à faire la poubelle de table en quémandant les morceaux que mes camarades, au gabarit plus petit que le mieux, ne terminent pas. Hop, hop.

Merci d’avoir abandonné les ardoises! Dommage pour la petite touche d’huile parfumée en trop.

En accompagnement, un verre bien servi de Rappu, du Clos Nicrosi. Un vin étonnant, qui parait muté, mais qui ne l’est pas, même s’il rappelle un peu le porto. En fait, c’est un cousin des sherry espagnols. Cela change des Maury!

Dessert : cheesecake aux canistrelli

J’avais à côté de moi deux afficionados qui ont été convaincus par l’interprétation locale du cheesecake (que l’on trouve de plus en plus souvent au restaurant, alors qu’il était cantoné aux dinners US il y a encore quelques années). L’utilisation de canistrelli parfume la pâte à l’anis. Encore une touche d’originalité bien placée. Le cheesecake (10€), en version individuelle ronde, se laisse manger avec plaisir, par simple gourmandise. Le coulis de fruits rouges est discret et a le bon goût d’exister sans dominer ni écraser tout le dessert. Mon deuxième coup de cœur de la soirée, avec le burger!

Je passe mon tour pour le café (Costadoro) ; et me « contente » d’un dernier verre pour la route, un limoncellu bien frais, histoire de se réchauffer avant de sortir affronter le froid parisien.

Budget

Comme précisé plus haut, nous avons été invités. Difficile de dire combien nous aurait coûté ce diner. En effet, les portions ont été adaptées à la dégustation, donc allégées pour certaines préparations. La carte affiche des entrées de 10 à 16€ (charcuterie qui se partage), les plats sont à 19-24€, les fromages à 12€ et les desserts à8-10€. Soit une fourchette de 37-50€ en prenant une entrée, un plat et un dessert/fromage à la carte. Au menu (deux choix d’entrées, plats et desserts), on est à 29€ pour entrée/plat ou plat dessert et à 34€ pour entrée+plat+dessert. Vins corses de 28 à 45€ la bouteille. Ce qui amène à un budget de 50-65€/personne en se faisant plaisir. Soit l’ordre de prix à payer pour une bonne soirée dans un bon bistrot/gastro.

Pas donné (ah, l’inflation!), mais on peut très facilement manger très mal dans le quartier, pour une somme pas très éloignée. Donc les tarifs me paraissent justes vu la prestation.

Bilan

Une soirée très agréable, grâce à la compagnie, l’ambiance détendue et chaleureuse, le service calme attentif et efficace, une bonne cuisine d’inspiration corse avec des touches bien vues d’originalité et de contemporanité. Aucune prétention, si ce n’est que d’allier des fondamentaux de la cuisine corses à d’autres bonnes idées culinaires de méditerranée et d’ailleurs (belle ouverture avec le burger et le cheesecake), tout en respectant et en utilisant habilement l’identité et la spécificité des produits corses. J’ai également bien apprécié la petite initiation aux vins corses. Cela donne envie d’en découvrir plus. Bref, une bonne adresse, pas gastronomique mais bistronomique et conviviale. De quoi bien se réchauffer le corps et l’esprit, le temps d’un diner…

Merci à l’équipe de l’Alivi pour cette belle soirée, et à Fab’ pour la bonne initiative!